LE PIGEON BLEU

Le Pigeon Bleu est l'annexe du Merle Moqueur. C'est le rendez-vous solidaire des amis rencontrés au Fou de Bassan. Alors, on rit et on s'amuse au Pigeon Bleu ! NOSE DE CHAMPAGNE

17 mai 2008

SIFFLERA BIEN MIEUX LE MERLE MOQUEUR...


A ma mère

cerise



Le temps des cerises

Paroles: Jean-Baptiste Clément. Musique: Antoine Renard   1867


Quand nous chanterons le temps des cerises
Et gai rossignol et merle moqueur
Seront tous en fête
Les belles auront la folie en tête
Et les amoureux du soleil au cœur
Quand nous chanterons le temps des cerises
Sifflera bien mieux le merle moqueur

Mais il est bien court le temps des cerises
Où l'on s'en va deux cueillir en rêvant
Des pendants d'oreilles
Cerises d'amour aux robes pareilles
Tombant sous la feuille en gouttes de sang
Mais il est bien court le temps des cerises
Pendants de corail qu'on cueille en rêvant

Quand vous en serez au temps des cerises
Si vous avez peur des chagrins d'amour
Evitez les belles
Moi qui ne crains pas les peines cruelles
Je ne vivrai pas sans souffrir un jour
Quand vous en serez au temps des cerises
Vous aurez aussi des peines d'amour

J'aimerai toujours le temps des cerises
C'est de ce temps-là que je garde au cœur
Une plaie ouverte
Et Dame Fortune, en m'étant offerte
Ne saura jamais calmer ma douleur
J'aimerai toujours le temps des cerises
Et le souvenir que je garde au cœur

note: En 1871, cette chanson devint l'hymne des insurgés au cours

 des journées sanglantes de la fin de la Commune

 
 

 

poing


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Interpol, la FARC et Chávez, par Romain Migus

L'ordinateur de Gauche et l'ordinateur de Droite

Raul_ReyesLe 1er mars 2008, 10 bombes GBU 12 Paveway de 227 kilos chacune explosaient en pleine jungle équatorienne rasant toute la végétation aux alentours et laissant des cratères de 2,40 mètres de diamètre et 1,80 mètres de profondeur.[i][1] La Colombie venait de violer la souveraineté de l'Equateur et d'assassiner Raúl Reyes, le principal négociateur pour la libération d'Ingrid Bétancourt et des autres otages retenus par la guérilla.

Au sol, les combattants de la FARC et des étudiants de l'Université de Mexico ne résistèrent pas à un bombardement d'une telle ampleur. En revanche, gisait au beau milieu des cratères, un ordinateur indestructible qui contient, selon Bogotá, des informations cruciales sur les alliances régionales.

Cet ordinateur dont la marque n'est malheureusement pas connue, c'est l'ordinateur de Raúl Reyes. C'est l'ordinateur de gauche.

Rappelons avant d'aller plus loin que les relations avec la FARC sont tout ce qu'il y a de plus normales pour les voisins de la Colombie. L'ancien vice président vénézuélien, José Vicente Rangel, rappelait il y a peu, qu'avant l'arrivée de Chávez au pouvoir, un responsable des FARC disposait d'un bureau au Ministère des Affaires Etrangères vénézuélien, notamment pour traiter des dommages collatéraux du conflit colombien au Venezuela. Imaginez qu'une armée de 15.000 hommes en guerre contre le pouvoir suisse stationne prés du lac Léman. Il y a fort à parier que le gouvernement français, mais aussi les autorités régionales et locales entretiendront des relations avec des responsables de cette armée pour éviter des dérapages en France.

Le Venezuela et l'Equateur : cibles des accusations

Le 3 mars, soit deux jours à peine après l'agression de l'Equateur par la Colombie, le gouvernement de Alvaro Uribe commence à dévoiler une partie du contenu de l'ordinateur de gauche. Les preuves abonderaient pour prouver l'alliance régionale entre l'Equateur et le Venezuela et la FARC.

Dans le cas du Venezuela, Chávez est accusé d'avoir reçu 100 millions de pesos (environ 35.000 euros) de la Guérilla lorsqu'il était en prison (1992-94), et en retour de financer la guérilla pour 300 millions de dollars. De même, le Venezuela est accusé de faciliter le trafic d'armes pour le compte de la FARC voire même d'armer les rebelles colombiens.

En ce qui concerne l'Equateur, les autorités colombiennes accusèrent le Ministre de l'Intérieur équatorien, Gustavo Larrea, de connivence avec la FARC. Une photo prétendument tirée de l'ordinateur de gauche montre Raúl Reyes conversant selon les autorités colombiennes avec le Ministre équatorien. La nouvelle fait le tour du monde, jusqu'à ce que Patricio Echegaray, secrétaire général du Parti Communiste Argentin déclare que c'est lui qui apparaît sur la photo. Qu'importe, le mal est fait. De plus, d'autres documents prouveraient la connivence de Quito avec la FARC.

Les gouvernements équatorien et vénézuélien rejettent ces accusations, soulignant l'invraisemblable indestructibilité de l'ordinateur et le fait que Bogotá ait pu fabriquer des fausses preuves.

Alvaro Uribe va donc faire appel à Interpol pour donner une résonance médiatique mondiale à ses accusations.

Une mission de crise est envoyée à Bogotá. Elle est dirigée par un ancien directeur du département du Trésor états-unien et ancien fonctionnaire du Ministère de la Justice de ce pays: Ronald Kenneth Noble, actuel secrétaire général d'Interpol. Imaginons un instant qu'un ancien fonctionnaire cubain, biélorusse ou iranien ait été nommé chef de cette mission et que son rapport favorise nettement le Venezuela. On peut légitimement penser que la machine médiatique aurait hurlé à la fraude. Mais il est bien connu que les Etats-Unis ne fraudent pas…

Que dit le rapport d’Interpol ? [ii][2] 

- Que les fichiers des ordinateurs, des disques durs externes et des clés USB pèsent 609,6 gigaoctets soit 39,5 millions de pages Word.

En conférence de presse, Ronald Kenneth Noble, a souligné que vu l'ampleur des fichiers cela prendrait plus de "mille ans pour en vérifier le contenu" et qu'Interpol n'avait pas vérifié l'authenticité du contenu des preuves. Autrement dit, ce qu'Interpol peut fait en mille ans, les Colombiens l'ont réalisé en 48 heures, du 1er mars date du bombardement, au 3 mars, date de la première déclaration sur les prétendues preuves de l'ordinateur de gauche. Notons au passage que les informaticiens colombiens allient la rapidité à la chance puisqu'ils ont seulement ouvert des fichiers incriminant le Venezuela et l'Equateur. Rien sur les relations de la FARC avec la France ou le Brésil, par exemple.

Que s'est-il donc passé durant ces 48 heures ? Le rapport d'Interpol est limpide:

- "L’accès aux données contenues dans les huit pièces à conviction informatiques provenant des FARC entre le 1er mars 2008, date à laquelle elles ont été saisies par les autorités colombiennes, et le 3 mars 2008 à 11 h 45, lorsqu’elles ont été remises au Grupo Investigativo de Delitos Informáticos de la Police judiciaire colombienne, n’a pas été effectué conformément aux principes reconnus au niveau international (c'est nous qui soulignons) en matière de traitement des éléments de preuve électroniques (…) En d’autres termes, au lieu de prendre le temps de créer des images des contenus de chacune des huit pièces à conviction saisies en les protégeant contre l’écriture avant d’y accéder, ils ont accédé directement aux données en question."

Bizarrement, c'est précisément durant ce laps de temps où la police judiciaire colombienne attend les ordinateurs que sont révélées les prétendues preuves. C'est-à-dire que ces prétendues preuves ne sont pas le travail scientifique des informaticiens de la police mais d'une officine de l'armée colombienne qui n'a pas pris le soin de créer des images des contenus des documents avant de les ouvrir.

- De plus selon le rapport d'Interpol, des fichiers systèmes ont été créés ou modifiés après le bombardement du camp guérillero:

"83. L’examen de la pièce à conviction N° 26 – un ordinateur portable – a révélé les incidences suivantes sur les fichiers le 1er mars 2008 ou après cette date :

273 fichiers système ont été créés ;

373 fichiers système et utilisateur ont fait l’objet d’accès ;

786 fichiers système ont été modifiés ;

488 fichiers système ont été supprimés."

(C'est identique pour toutes les pièces à convictions: voir les points 84, 85, 86, 87, 88, 89, 90 du rapport)

- Certes le rapport affirme que les fichiers utilisateurs (textes word, photos, etc…) n'ont ni été modifiés ni créés après le 1er mars. Mais dans la même conclusion, Interpol souligne qu'il existe dans toutes les pièces à conviction des milliers de fichiers datés de 2009 ou 2010.

Concernant ces fichiers, Interpol conclut "que ceux-ci ont été créés à une date antérieure au 1er mars 2008 sur une ou plusieurs machines dont les paramètres de date et d’heure système étaient incorrects."

Or comment attester de l'authenticité des fichiers s'il est si simple de changer la date de la création du document ? Autrement dit, l'officine de l'armée colombienne qui a eu pendant 48 heures les pièces à conviction aurait très bien pu créer un document en l'antidatant. Surtout si comme le révèle Interpol les fichiers systèmes ont été modifiés.

Comme on le voit, le rapport d'Interpol soulève plus de questions sur la validité des documents de l'ordinateur de gauche qu'il n'apporte de réponses. Qu'importe, le tsu-na-mi médiatique s'abat déjà sur le Venezuela (mais pas sur l'Equateur, allez savoir pourquoi…). Marie Delcas du Monde [iii][3], confondant le travail de juge avec celui de journaliste, reprend à son compte les accusations du gouvernement colombien, alors que, rappelons-le, d'une part Interpol ne s'est pas prononcé sur le contenu des documents, d'autre part le rapport jette de forts doutes sur l'authenticité de l'origine des documents.

On aimerait que Marie Delcas puisse répondre à l'invitation lancée par le président équatorien Rafael Correa depuis Paris le 13 mai dernier: "Nous ne donnons aucune crédibilité à ces ordinateurs, mais si quelqu'un le fait, alors il devra aussi accorder de la crédibilité lorsque la FARC accuse Uribe d'être un paramilitaire et un narcotraficant". Jusqu'à maintenant, pas une ligne dans le Monde ou dans les autres media sur ce sujet…

Et pourtant…

L'ordinateur de droite

Rodrigo_Tovar_Jorge_40Et pourtant, il existe un autre ordinateur. Celui-là a encore son propriétaire vivant pour authentifier les documents saisis. Cet ordinateur-là appartient au chef paramilitaire Rodrigo Tovar, alias "Jorge 40". C'est l'ordinateur de droite. Dans l'ordinateur de droite, saisi en 2006, ont été trouvées des preuves de plus de 50 assassinats perpétrés par les paramilitaires [iv][4] contre des leaders syndicaux et de mouvements sociaux en 2005 et 2006.

De plus, une liste d'élus colombiens (sénateurs, députés, maires, gouverneurs) parrainés par les paramilitaires va être mise à jour. Des dizaines d'élus bénéficient de la protection, du financement, des contacts et des moyens de pression des paramilitaires. Et plus grave, l'ordinateur de droite compte mêmes des preuves de fraudes électorales organisées par les paramilitaires pour diverses élections dont celle du président Alvaro Uribe.

L'ordinateur de droite va être le déclencheur du scandale de la parapolitique en Colombie. Ce néologisme fait allusion au lien unissant certains hommes politiques, des membres des services secrets, des hommes d'affaires avec les groupes mafieux paramilitaires, connus entre autre pour découper leurs victimes à la tronçonneuse et jouer au football avec leur tête.

A-t-on eu besoin d'appeler Interpol pour prouver l'authenticité des documents trouvés dans l'ordinateur de droite ? Non, car son propriétaire, Jorge 40, a confirmé par la suite l'authenticité des documents.

Mais Jorge 40 ne va pas s'arrêter à ce témoignage. Il confirme l'existence des Accords de Ralito. Une alliance officielle, avec documents signés à l'appui, entre quatre chefs paramilitaires et 29 personnalités politiques (députés, sénateurs, maire, gouverneurs de régions), un journaliste, et deux propriétaires terriens pour "refonder la Patrie" et "protéger la propriété privée". Lors de la signature de ces accords, on a pu noter la présence du conseiller de Nicolas Sarkozy, le bourreau argentin Mario Sandoval [v][5].

Le scandale de la parapolitique touche désormais des ministres et l'actuel vice-président dont la famille possède le seul quotidien de diffusion nationale. Le cercle se réduit autour d'Alvaro Uribe.

Qu'à cela ne tienne, les Etats-Unis viennent d'obtenir l'extradition de Jorge 40 et de 12 autres chefs paramilitaires. Jorge 40 et son ordinateur n'ont désormais plus de compte à rendre à la justice et au Peuple colombien. L'ordinateur de droite était gênant, on a pu le faire disparaître discrètement pendant que tous les media parlaient de l'ordinateur de gauche. Raul Reyes, lui, n'est plus là pour témoigner de l'authenticité des documents de son ordinateur indestructible…

Romain Migus

Notes :

[i][1] Rapport des Forces Armées Equatoriennes, cité par El Commercio: http://www2.elcomercio.com/noticiaEC.asp?id_noticia=178869&id_seccion=4

[ii][2] Rapport d'expertise d'Interpol sur les ordinateurs et le matériel informatique des Farcs saisis par la Colombie: http://www.interpol.int/Public/ICPO/PressReleases/PR2008/pdfPR200817/ipPublicAbstractFR.pdf

[iii][3] Marie Delcas, "Le Venezuela est accusé d'avoir fourni armes et argent aux FARC", Le Monde, 16/05/08.

[iv][4] Pour en savoir plus sur les pratiques des groupes paramilitaires colombiens, lire l'excellent article de Jorge Chavez Morales, "Offensive paramilitaire au Venezuela": http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=32272.

[v][5] Sur ce sujet voir Nora Veiras, "Talento Argentino para el gobierno de Francia", Pagina 12, 16/03/08. http://www.pagina12.com.ar/diario/elpais/1-100805-2008-03-16.html#inicio

Posté par Pingouin

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16 mai 2008

LA MEDIOCRATIE A L'HONNEUR

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       Couronnement  de Sa Majesté Nicolas III, Empereur des français.


TZ.

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14 mai 2008

Devoir de mémoire : qu’a été la dictature de Fulgencio Batista?

FidelLa mafia terroriste de Miami voudrait réécrire l’histoire et, au passage, faire passer des assassins pour des gens de bien ; tourner la page, comme si la tragédie, la douleur, le deuil, l’île ensanglantée par ces barbares, comme si tout cela pouvait être rayé d’un trait de plume. Qu’a été Batista pour Cuba ? La revue Bohemia, aujourd’hui centenaire, circula dans les premiers jours de janvier 1959  avec trois éditions de La Liberté. Nous empruntons à la deuxième édition cet éditorial, qui explique tout.

MAINTENANT que la dictature a été abattue  et que ses responsables sont en fuite, en prison ou morts, les actes de vandalisme perpétrés par ces  brigands qui s’étaient emparés du pouvoir par une nuit sinistre défilent dans la mémoire à la manière d’un cauchemar. Il est consternant de voir à quel point ces gens-là violaient les règles les plus élémentaires de la vie en société.

Ainsi ont surgi nos martyrs : les assassinats endeuillaient Cuba toute entière presque tous les jours.

Pour ces satrapes  grotesques  et tragiques à la fois, il n’était rien de sacré : la vie physique ou morale perdit toute valeur ; la liberté fut systématiquement violée, tout comme la dignité de la personne. Le despote et sa clique avaient fait de la République le fief dont ils étaient les seigneurs armés jusqu’aux dents et prompts à tuer pour un oui ou pour un non.

Pendant deux  années interminables, la censure empêcha  que ces horreurs fussent dénoncées urbi et orbi. Il fallait lire les bulletins clandestins de la Révolution ou écouter les émissions de Radio Rebelde, qui devinrent l’évangile quotidien des citoyens, pour s’informer des méthodes barbares de répression en usage sous Batista et qui n’avaient d’autre but que de le maintenir au pouvoir quoi qu’il en coûtât. Les preuves et les témoignages accumulés au fil du temps sont maintenant connus de tous. Il est inutile de tenter de dissimuler un crime. Les blessures infligées aux martyrs sont comme des voix dénonciatrices qui exigent justice. Il y a les morts enterrés sans même avoir été identifiés  et dont les corps apparaissent maintenant  dans la terre de fosses improvisées ; il y a les victimes de tortures qui montrent aujourd’hui les marques laissées sur leur corps par le supplice ; il y a ceux qui la police politique du tyran a harcelés, humiliés et criblés de coups ; il y a ceux qui ont dû s’exiler pour ne pas mourir entre les griffes des sbires ; il y a ceux qui ont été privés de tout leur bien, mortifiés, insultés, poursuivis avec toute leur famille pour la seule raison qu’ils osaient  vouloir pour la Patrie la liberté, la justice et l’honneur. Tandis que le dictateur et son clan pillaient le Trésor public et se partageaient l’île comme s’il s’agissait d’un héritage, les tueurs à gages apprenaient tous les raffinements des sévices, des tortures et des assassinats : le plus parfait alliage de vol et d’assassinat  jamais connu sous la République.

Il est incroyable que la bête humaine puisse atteindre de telles extrémités de cruauté. Ni le loup ni le chacal ne sont capables d’autant de sauvagerie que l’homme lorsqu’il est mû par l’ambition ou l’appât du gain. Tel fut le cas de Batista. Il avait pris le pouvoir le 10 mars 1952, par la force des armes, avec un seul et unique objectif : mettre à sac le Trésor public, amasser des millions par tous les moyens, y compris les plus sales et même s’il fallait pour cela tuer des milliers de Cubains, ruiner la nation, semer le chaos. On a rarement vu dans l’histoire de cas aussi flagrants d’insolence et de malignité.

La littérature  de la Deuxième Guerre mondiale regorge de pages à vous faire dresser les cheveux sur la tête. On y raconte les atrocités commises par les corps de répression au service d’Hitler. Les camps de concentration, avec leurs chambres de torture, les expérimentations  sur les êtes humains, les exterminations massives restent gravés dans la mémoire de l’humanité : on sait désormais ce dont est capable un fou pour satisfaire ses appétits délirants de domination sur le monde.

Mais Dachau ou Lidice n’étonnent guère les Cubains, car ils ont connu ces horreurs dans la chair. Ici aussi il y a eu des assassinats en masse, des délations, des tortures, des persécutions systématiques, des insultes à la dignité humaine. C’est que les mêmes conceptions de la gouvernance engendrent les mêmes méthodes. Batista avait implanté  à Cuba un régime totalitaire à l’image du régime hitlérien. Il avait bâillonné la volonté populaire, démoli la Constitution, fait du pouvoir législatif et du pouvoir judiciaire des instruments dociles, au service de son gouvernement,  organisé deux simulacres d’élection qui n’étaient que des insultes à  la conscience du peuple, ri de tous les efforts déployés à plusieurs reprises par des Cubains de bonne volonté pour éviter que le drame national n’aboutisse à un bain de sang. On ne peut assujettir un peuple épris de liberté sans couvrir le pays de cadavres, et Batista n’hésita pas un instant à le faire. La vie de ses compatriotes ne faisait pas le poids en face de sa soif de pouvoir. Il s’est proposé de détourner la République au profit de sa fortune personnelle, et  rien ne pouvait s’opposer à ce dessein. Jamais on n’avait vu un tel panachage de  cruauté et d’absence de scrupule s’emparer des rênes du pays.

Cuba a été soumise à ce fléau pendant sept ans. Les images de ce septennat font l’effet d’un cauchemar. On voudrait croire qu’on rêve, mais c’est vrai. Tout ceci s’est passé dans un pays que l’on dit, à juste titre, gai, civilisé, aimable. Les Cubains menaçaient d’y laisser leur bonne humeur coutumière. Des comités de résistance  civique conseillaient au peuple de s’abstenir de toute forme de distraction, mais ce n’était guère nécessaire en ces temps où la jeunesse s’immolait dans le maquis.

Les gens se barricadaient chez eux parce qu’ils ressentaient profondément le deuil qui s’abattait sur tant de foyers, parce que l’angoisse de la patrie était devenue la leur. Les tyrannies prolongées modifient le visage des nations, mais ce qui ne saurait être modifié, ce qui demeure intact malgré toutes les répressions déformatrices, c’est l’héroïsme qui vibre dans les entrailles du peuple. Et c’est justement cela  que Batista n’avait pas prévu. Cet héroïsme s’est incarné  dans la Sierra Maestra et dans l’Escambray, et c’est lui qui a sauvé Cuba.

Et c’est lui qui nous réconforte, au milieu du panorama de désolation que le despotisme a laissé pour tout héritage  aux nouvelles générations. L’héroïsme et l’esprit de sacrifice démontrés dans la lutte doivent se maintenir pour que le pays puisse persévérer dans sa reconquête de la paix. Comme l’a fort bien dit Fidel Castro, c’est maintenant que commence l’étape la plus difficile de la Révolution, celle de sa construction. Parce que la Révolution n’est pas un branle-bas et encore moins l’anarchie. La Révolution est un ordre nouveau, un ordre plus juste, plus humain, plus digne, que nous avons tous l’obligation de construire et de maintenir. Si nous voulons émuler avec les héros de la guerre et nous rendre dignes des martyrs qui ont sacrifié leur vie sur l’autel de la liberté, nous avons le devoir impérieux de collaborer à l’œuvre de la reconstruction nationale sans espérer la moindre récompense : tel est le contenu de notre engagement sacré envers la Patrie.

Les horreurs du passé sont révolues. Il n’est pas question de parler de vengeance, mais de justice. Il faut faire un exemple, pour que ce passé ne nous revienne plus jamais, pour que ces estampes du crime et du pillage n’entachent plus notre histoire. C’est une tâche dans laquelle la Révolution s’engage et qu’elle devra mener à son terme au plus tôt dans un esprit de justice, de sérénité et de dignité. Lorsque ce chapitre sera fermé, nous serons en mesure d’entreprendre tous ensemble de relever la Patrie des ruines du despotisme et d’instaurer dans le pays un tel état de  démocratie, de liberté et de justice que plus jamais  ne pourra germer, sur le sol de la République, la mauvaise graine semée à la volée par Batista et ses acolytes.

CUADRO

Quelques données sur la Cuba que nous a laissée le tyran Fulgencio Batista:

- En 1958, 8% des propriétaires, dont les latifundiaires yankees, possédaient plus de 70% des terres.

- En 1959, lorsque triomphe la Révolution, la dette extérieure se monte à 788 millions de dollars. Le déficit de la balance commerciale avec les Etats-Unis atteignait la somme de 603,4 millions de dollars.

- Cette crise permanente de l’économie cubaine avait pour effet premier que 549 000 personnes sur un total de 2 204 000 travailleurs potentiels étaient au chômage. Les chiffres du chômage  montaient nettement si l’on y ajoutait les travailleurs saisonniers : environ 700 000 coupeurs de canne pour qui la « morte saison » était celle de la faim et de la misère : la récolte sucrière leur assurait du travail à raison de trois mois par an, en moyenne.

- En 1958, Cuba comptait 6 547 000 habitants. Les dépenses de cette année au titre de la sécurité sociale se chiffraient à 114,7 millions (aujourd’hui, le chiffre est de plus de 4,5 milliards).

- En 1958, 8 209 personnes travaillaient  dans la santé publique (aujourd’hui : plus de 500 000), et les dépenses de l’Etat au titre de la santé publique se montaient  à 22,7 millions de pesos (aujourd’hui, cette somme correspond aux frais engagés pour une commune moyenne). Le taux de mortalité infantile était supérieur à 60 pour mille (aujourd’hui, avec une population qui a quasiment doublé, ce taux est de 5,3).

- L’espérance de vie ne dépassait pas 55 ans (de nos jours : 77 pour les hommes et 78 pour les femmes).

- En 1958, il y avait deux millions d’analphabètes et de semi-analphabètes, soit en gros le tiers de la population. Les plus de quinze ans avaient un degré moyen d’éducation correspondant à moins de trois années de primaire. Quinze pour cent seulement des jeunes âgés de 15 à 19 ans suivaient un enseignement quelconque. Les dépenses publiques au titre  de l’éducation se montaient à 77 millions de pesos (l’équivalent des dépenses d’une commune de taille moyenne d’aujourd’hui).

http://www.granma.cu/frances/2008/mayo/vier9/batista.html

Posté par Pingouin

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12 mai 2008

LES AFFIRMATIONS DU PREFET ET LES TEMOIGNAGES...

lundi 12 mai 2008

Grasse : " Que toute la lumière soit faite sur la mort d'Hakim "

http://www.grasse.maville.com/photos/2008/05/12/nm_127264_px_501__w_nicematin_.jpg


 Une foule très dense a parcouru la ville dans le silence hier en souvenir d'Hakim.  :  Photo L.T.

Hier, 14 heures. Du 31 bd Victor-Hugo, domicile de la famille Ajimi, le cortège silencieux démarre. Certains portent des T. shirts « repose en paix ». En tête, le père, la mère, la soeur et les deux frères d'Abdelhakim, 22 ans, décédé vendredi lors de son interpellation. Son portrait est au premier rang. Un silence de plomb règne, alors que la marche traverse le quartier du jeune homme.

« Halte aux violences policières », « Hakim on t'aime, repose en paix », « Que justice soit faite », « Ceux qui gardent la paix tuent nos enfants », « Justice pour Hakim » lit-on, sur les banderoles. Sur celle qui porte la photo d'Albdelhakim est inscrite en arabe la prière des morts. Le musulman mourant doit la prononcer pour reposer en paix.

Devant les assurances Generali, où s'est produite l'interpellation, la foule s'arrête. La famille et les proches, tenant toujours les calicots, disent une prière. L'émotion est tangible.

Le cortège grandit, des poussettes des parents portant de petits enfants le rejoignent. Il longe Exporose puis emprunte le bd Fragonard et poursuit sa route vers le commissariat, but de la marche.

D'après la police, 6 à 700 personnes le composent. Au final, plus d'un millier. Dans la foule, des témoins, les associations humanitaires, le MRAP et la Ligue des Droits de l'Homme, Me Sylvain Pont, l'un des conseils de la famille.

C'est devant le commissariat que les esprits s'échauffent. On scande « Policiers, assassins », Justice pour Hakim », « Responsables en prison », puis des sifflets fusent, quelques coups sont portés contre la porte mais l'imam Djadi s'interpose, appelant au calme. Il est entendu.

Le flot fait demi tour. « A la mairie ! » entend-on, mais la marche continue vers son point de départ. Du haut du Barri, Walid Klai, cousin de la famille, prend la parole. « On veut que la justice condamne les responsables de ce meurtre. Cela demande de la sérénité. Respectez la famille, évitez les débordements, et quelles que soient vos croyances ayez une pensée pour lui ».

Il appelle aux dons, aux témoignages à la police et au soutien de la famille pour laquelle un comité est créé (infos au 0661473917).

Calmement, la progression reprend, pour raccompagner la famille jusqu'à son domicile. Jusqu'aux résultats de l'autopsie de mardi, l'attente sera longue.

Valérie Allasia

Nice-Matin


 

NB: Clicquer sur le lien pour voir la photo de la manif.

Transmis par TZ.

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11 mai 2008

Déclaration du Comité des familles des victimes du sabotage de l’avion civil à La Barbade

PosadaLe 20 septembre 2001, alors que le généreux et travailleur peuple nord-américain était accablé par la douleur d’avoir perdu des milliers de ses fils, comme résultat d’un acte abominable de terrorisme, le président George Bush, dans un discours prononcé devant une séance conjointe du Congrès et du peuple étasunien, a déclaré : « … ce soir nous sommes un pays qui a redécouvert le danger… »

Le peuple de Cuba, solidaire de la douleur des familles des victimes innocentes du 11 septembre a compris, comme aucun autre peuple, les peines et les sentiments éprouvés par le citoyen nord-américain. Cuba comme nation, n’a pas pu dormir tranquillement un seul jour durant les cinquante dernières années, à cause de l’angoisse d’être l’objet d’actes de terreur. Paradoxalement, les terroristes bourreaux qui ont assassiné plus de 3 478 Cubains, se promènent tranquillement dans les rues de Miami, et l’un d’entre eux se vante même de ses actes et affirme que ses crimes ne l’ont pas empêché de dormir comme un bébé.

Ce monstre, responsable de la mort de citoyens sur trois continents, s’appelle Luis Posada Carriles. Cela fera un an, le 8 mai, qu’il circule librement aux Etats-Unis ; un pays qui déclare livrer une croisade contre le terrorisme.

Le gouvernement des Etats-Unis ne respecte pas les textes des accords de lutte contre le terrorisme qu’il a signés, en refusant de juger comme terroriste Luis Posada Carriles. Le gouvernement des Etats-Unis ne respecte pas l’accord d’extradition de 1922 signé avec le Venezuela, en refusant d’accéder à la demande du peuple frère vénézuélien de juger sur son territoire ce terroriste tristement célèbre et qui a fui la justice de ce pays.

Les raisons morales surabondent pour exiger le jugement du monstre qui a fauché la vie de nos êtres chers. Nous ressentons une authentique fierté d’être les fils d’une Révolution qui a prêché l’exemple du respect de la vie humaine.

Cela fera 10 ans, le 6 mai, que notre gouvernement révolutionnaire a alerté l’administration du président Clinton, à travers le prix Nobel de la paix Gabriel Garcia Marquez, que des attentas terroristes contre des avions commerciaux étaient en préparation. L’alerte opportune a empêché à temps que d’autres enfants orphelins pleurent, comme nous avons pleuré nous-mêmes, la mort de nos parents.

Cela fait mal de savoir que dans des prisons des Etats-Unis se trouvent injustement emprisonnés cinq combattants contre le terrorisme, qui ont favorisé, grâce à l’opportunité de leurs informations, cet avertissement qui a épargné des vies humaines.

Que l’auteur intellectuel du plus grand crime contre l’aviation civile dans l’hémisphère occidental soit libre à Miami, est proprement insensé, malgré le fait que les organismes de sécurité fédérale, vu son caractère très dangereux, lui aient interdit de voyager dans des avions commerciaux de ce pays.

Posada Carriles, assassin déclaré et terroriste en activité, peut en revanche jouir de la liberté qu’on refuse aux cinq Cubains combattants contre le terrorisme.

Aujourd’hui, nous réaffirmons devant la communauté internationale que nous ne cesserons pas un seul instant d’exiger que justice soit rendue et que soit jugé le criminel qui ne montre aucun repentir pour son passé terroriste.

Nous exigeons du gouvernement des Etats-Unis, s’il n’a pas la volonté de juger le terroriste notoire, d’accéder à la demande d’extradition vers la République Bolivarienne du Venezuela.

Nous exigeons du gouvernement des Etats-Unis, s’ils refusent de respecter leurs devoirs internationaux, de reconnaître publiquement que¨Posada Carriles est leur terroriste, qu’ils ne peuvent pas abandonner.

Le 2 mai dernier des organisations de la mafia cubano-américaine à Miami, ont accueilli chaleureusement le monstre, qu’ils qualifient de façon significative de « Paladin de la Liberté ».

Monsieur Bush, assez maintenant de tant d’hypocrisie, ça suffit de continuer à tromper votre peuple, reconnaissez une fois pour toutes que Posada Carriles est votre terroriste, que vous avez besoin de son terrorisme. Le 20 septembre 2001 vous avez affirmé que la terreur sans réponse non seulement pouvait détruire des édifices, mais aussi menacer la stabilité des gouvernements légitimes.

Monsieur Bush, reconnaissez une fois pour toutes que vous avez besoin que le terrorisme que pratique votre administration contre Cuba ne reçoive pas de réponse, nous en connaissons parfaitement les raisons, vous l’avez avoué dans le discours que vous avez prononcé le 24 octobre dernier ; vous affirmiez ce jour-là : « Le mot clé pour nos relations futures avec Cuba, n’est pas la stabilité. Le mot clé est liberté ».

Trente ans sont passés depuis le crime abominable commis contre un avion civil en plein vol, de nombreux parents qui ont survécu à la mort de leurs enfants assassinés ne sont plus maintenant parmi nous, ils sont morts avec deux grandes douleurs dans l’âme, la perte de l’enfant cher et l’impunité qui a accompagné le crime commis.

Nous faisons notre la sentence prononcée récemment par notre président,  nous, « Les vivants et le morts »,  nous ne cesserons pas un seul instant de réclamer que soit jugé le célèbre terroriste Luis Posada Carriles. Que personne n’en doute, la soif de justice de l’humanité nous accompagne dans cette juste cause.

QUE JUSTICE SOIT RENDUE !

La Havane. 8 Mai 2008

http://www.granma.cu/frances/2008/mayo/juev8/declaracion.html

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08 mai 2008

De Santa Cruz au Zulia, l'empire étasunien à l'assaut des États-Nations latino-américains, par Romain Migus

Evo_et_Hugo2Le 4 mai 2008, s'est tenu dans le département bolivien de Santa Cruz, un référendum pour approuver un statut d'autonomie pour le département. Précisons avant d'aller plus loin, que la Cour Nationale Electorale bolivienne, organe qui régit les élections selon la Constitution avait déclaré illégale cette consultation. Il s'agissait donc au mieux d'une enquête. Aucun observateur international n'était présent, l'Organisation des Etats Américain (OEA) s'étant même prononcée pour le respect de l'unité de la Bolivie.

Le président Morales avait appelé ses partisans à ne pas légitimer une élection illégale et donc à ne pas participer à cette mascarade de référendum. Au soir des résultats (85% pour le OUI, 15% pour le NON), la chaîne commerciale d'opposition Canal 7, annonçait 40% d'abstention, dans un pays où lorsqu'une élection est légale, le vote est obligatoire. Ce chiffre pourtant annoncé par une télévision en connivence avec l'opposition de Santa Cruz aide à relativiser ce que l'on nous présente comme un raz de marée en faveur du statut d'autonomie. D'autres exits pools, maniés par le gouvernement de Evo Morales font état de 70% d'abstention. Dans un cas comme dans l'autre, le raz de marée indépendantiste est surtout celui d'une minorité. 

L'autonomie des départements boliviens n'est pas chose nouvelle. La loi de décentralisation de 1995 conférait à ces territoires une autonomie au sein de la République. Cette loi sur l'autonomie fut d'ailleurs le résultat d'un travail du Département d'Etat étasunien, par le biais de la USAID, organisme qui gère ses financements internationaux. Le 18 décembre 2005 eurent lieu les premières élections départementales, remporté dans leur majorité par des partis de droite. L'arrivée au pouvoir d'Evo Morales à la présidence de la République de Bolivie en 2006 va coïncider avec une demande accrue "d'autonomie" de la part des dirigeants des régions les plus riches. Pourquoi une telle coïncidence ? 

Autonomie ou Séparatisme ? 

Dés la prise de pouvoir de Evo Morales, la USAID, qui était présente depuis des décennies en Bolivie, va rompre unilatéralement les programmes de coopération avec le gouvernement bolivien pour centrer son travail sur le financement des partis politiques d'opposition, sur un programme d'autonomie régionale, et sur la stratégie à mener pour miner la nouvelle Assemblée Constituante.[1]

Dans le même temps, la National Endowment for Democracy (NED), qui finance l'opposition vénézuélienne et des organisations politiques comme Reporters Sans Frontières, va augmenter ses financements aux groupes d'opposition de la région de Santa Cruz et des 3 autres départements demandant l'autonomie (Tarija, Beni, Pando).

Ces dons de la USAID et de la NED s'élèvent à 120 millions de dollars par an depuis que Evo Morales est président ! A titre de comparaison, le directeur général de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a proposé un fond de 500 millions de dollars pour régler le problème de la faim dans le Monde. Autrement dit, selon ces chiffres, seulement 4 ans de financement des Etats-Unis à l'opposition bolivienne putschiste suffirait à résoudre la famine mondiale.

D'autres organisations étasuniennes comme la Freedom House travaillent aussi à la déstabilisation de la Bolivie. Et le leader d'Otpor-Venezuela [2], Yon Goicochea, a été envoyé pour former les étudiants de Santa Cruz aux techniques de Coup d'Etat soft de l'Albert Einstein Institution.[3]

Mais c'est avec l'arrivée du nouvel ambassadeur états-unien en Bolivie que les choses vont s'accélérer. Le 22 septembre 2006, Philip Goldberg est nommé officiellement à La Paz. Goldberg ne fut pas choisi au hasard. De 1994 à 1996, il était l'assistant spécial de Richard Holbrook, secrétaire d'Etat aux affaires européennes pour cette même période. Les deux hommes qui vont diriger la délégation étasunienne aux accords de Dayton, furent les artisans chargés de conclure l'éclatement de la Yougoslavie.

Philip Goldberg va être nommé en 2004 chef de la Mission diplomatique des Etats-Unis au Kosovo, dans le but de préparer l'indépendance de ce territoire serbe.

C'est fort de cette expérience en matière de séparatisme que Goldberg arrive à La Paz, et travaille avec l'aide de la USAID et de la NED, à l'élaboration des statuts autonomes de Santa Cruz et de la Media Luna.

Qu'on ne s'y trompe pas, il ne s'agit pas d'autonomie mais bien de séparatisme. Pour s'en rendre compte, il suffit de regarder le contenu des Statuts d'autonomie rédigés par les élites de Santa Cruz.[4]

Ces statuts rédigés comme une véritable Constitution quitte au pouvoir national bolivien toutes les attributions qui sont propres à un Etat. Il ne s'agit pas simplement, comme veulent nous faire croire les media occidentaux, de s'arroger le droit de gérer ses ressources et de créer une police régionale. 

Selon ces statuts illégaux, Santa Cruz contrôlerait exclusivement les domaines de l'éducation, les transports, les infrastructures, la culture, les ressources naturelles (dont le gaz, première richesse de Bolivie), la répartition des terres (donnant aux pouvoirs régionaux la possibilité de vendre les terres des parcs nationaux décrétés par le gouvernement bolivien), la légalisation des syndicats, les télécommunications (dont les media; l'attribution de fréquences serait organisée par le gouvernement régional), l'économie, etc. La région disposerait de Pouvoirs Exécutif, Législatif, et Judiciaire qui lui sont propres. Cerise sur le gâteau du séparatisme. Santa Cruz aurait son propre Hymne, son Drapeau et son Blason.

Le précédent de Santa Cruz fera ses émules puisque 3 autres départements ont déjà annoncé qu'ils convoqueront le même type d'élections illégales pour approuver le même type de statuts. Le travail de Philip Goldberg a porté ses fruits… 

De Santa Cruz à la région pétrolière du Zulia 

La réponse de l'opposition vénézuélienne à cette tentative de sécession en Bolivie a été immédiate. Dés le lendemain du référendum illégal à Santa Cruz, le Conseil Législatif de l'Etat du Zulia (CLEZ) a annoncé la tenue d'une session spéciale de l'Assemblée parlementaire régionale sur le thème de l'autonomie. L'orateur invité n'est autre que Nelson Suarez représentant de l'organisation Rumbo Propio. Comme pour donner une dimension nationale à cette tentative de sécession, l'ancien gouverneur de l'Etat de Carabobo et candidat à l'élection présidentielle contre Chávez en 1998, Henrique Salas Römer, affirmait le 7 mai 2008, dans les colonnes du journal El Universal, que l'autonomie est une alternative au gouvernement de Chávez et déclarait: "Ainsi, les revenus pétroliers ne passeront plus par le pouvoir central et iront directement aux régions." [5] Sans commentaires.

Il n'est pas anodin que le parlement du Zulia agit ainsi. C'est l'Etat le plus riche du Vénézuéla grâce notamment à ses revenus pétroliers, et il est contrôlé par l'ancien candidat présidentiel Manuel Rosales [6]. Le fait d'inviter l'organisation Rumbo Propio s'inscrit dans cette tentative de la part des Etats-Unis et des élites vénézuéliennes de détruire l'État-Nation vénézuélien.

L'ancien ambassadeur des Etats-Unis au Vénézuéla (ancien consul à Maracaibo et aujourd'hui en poste à Bogota), William Brownfield, avait déclaré lors d'une visite à Maracaibo en compagnie de Manuel Rosales : "comme vous le savez, j’ai toujours beaucoup aimé la République Indépendante du Zulia". Manuel Rosales n'avait alors pas dit un mot pour défendre l'intégrité de la Nation vénézuélienne.

L'avant-garde de cette tentative d'indépendance est assumé par Rumbo Propio qui, à l'instar de ses collègues de Santa Cruz, a déjà rédigé les statuts "d'autonomie" du Zulia.[7]

Outre la proposition de "privatisations populaires" (sic), ces "statuts" d'orientation clairement néo-libérales proposent d'abolir les impôts pour les entreprises, de privatiser l'éducation, les retraites, la santé, de réserver le maniement des ressources naturelles (comprendre le pétrole) au gouvernement régional et aux multinationales, privatiser toutes les entreprises de l'Etat au profit des entreprises internationales et du gouvernement régional "autonome". L'article 10 précise même "tout ce qui est à l'Etat doit être privatisé". 

Le versant social est transféré aux entreprises privés qui émettront des coupons (sorte de ticket-restaurant) gratuit pour aller chez le médecin ou payer les frais de scolarité privée. Autrement dit, le gouvernement régional achètera ces coupons à des entreprises privées (généralement chez une entreprise amie, ou mieux dans sa propre entreprise) pour les distribuer seulement à ceux qui souffrent d'extrême pauvreté (moins de un dollar par jour). Ceux qui survivent dans la misère avec 1.5 dollars (soit l'équivalent de 4 baguettes de pain ou du prix d'une bouteille de shampoing) par jour n'y auront pas droit !!! 

La permanence de ces statuts "d'autonomie" est assuré par l'article 2§d qui affirme "le droit à une démocratie limitée: aucune majorité populaire, aussi grande qu'elle soit, n'est autorisée à intervenir contre les libertés et les droits que ces [statuts] garantissent aux citoyens". Nous nous demandons légitimement quelles seront alors les personnes en charge de définir "les limites de la démocratie": les propriétaires terriens, les patrons, ou les multinationales ? 

A la différence de la Bolivie, le Vénézuéla est une république fédérale. Le Zulia a déjà son Hymne, son Blason, son Drapeau et ses propres Pouvoirs Exécutif et Législatif. Qu'à cela ne tienne, Rumbo Propio propose dans ces statuts "d'autonomie" la création d'une monnaie propre au Zulia. Pour voyager dans d'autres régions du Vénézuéla, les habitants de la région du Zulia devront passer par des bureaux de change. Il n'est pas précisé si ces bureaux changeront en dollars ou en Bolivars…

Alors, autonomie ou séparatisme ? Déjà, en 2001, le Plan Balboa, un exercice de simulation militaire mené par les forces armées espagnoles et planifié par les Etats-Unis, prévoyait une intervention directe dans la région et l'occupation militaire du Zulia. [8]

Internationale du Séparatisme 

Comme les tentatives de Coups d'Etat ou de déstabilisations économiques s'avèrent infructueuses dans les pays qui entendent rompre avec la domination étasunienne, les séparatismes doivent être vus comme une nouvelle stratégie des Etats-Unis pour affaiblir les États-Nations progressistes de la région et se réapproprier les ressources naturelles. 

Déjà, se met en place, une internationale du Séparatisme. En septembre 2006, comme le note l'avocate Eva Golinger, "Guayaquil fut le lieu du Premier Forum International sur la Liberté et l'Autonomie Régionale" [9] où assistèrent parmi de nombreux participants, le maire de Quito et celui de Guayaquil pour l'Equateur, le secrétaire général de la Préfecture de Santa Cruz et un représentant de Rumbo Propio, l'organisation séparatiste du Zulia. Cette réunion n'a été possible que grâce aux financements de la NED et de la USAID.

Face à cette Internationale du Séparatisme financée par Washington, les peuples des pays concernés ont déjà affirmé leur rejet d'une balkanisation de l'Amérique Latine. Les grandes manifestations en faveur de l'unité de la Bolivie qui ont eu lieu dans ce pays mais aussi au Vénézuéla montrent bien que, plus que jamais, les citoyens des pays latino-américains sont décidés à défendre leur souveraineté et leur intégrité.

Au Vénézuéla, une enquête du Procureur Général de la République était ouverte depuis 2006 contre Rumbo Propio pour trahison à la Patrie. Bien que les preuves soient publiées sur le site web de l'organisation, l'enquête piétine…

Qu'importe, le Peuple veille ! 

Romain Migus 

Notes: 

[1] Interview de Eva Golinger pour Radio Venezuela en Vivo, 04/05/08.

[2] Voir Romain Migus, "Réforme Constitutionnelle et Déstabilisation : Chronique(s) d’une Révolution en marche", Le Grand Soir: http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=5755 

[3] Voir la vidéo de ces formations sur le site du think tank ultralibéral Cato Institute: http://www.elcato.org/node/3228 

Yon Goicochea vient de recevoir le prix "Milton Friedman pour la liberté" (sic) doté d'un montant de 500.000 dollars.

[4] Estatutos del Departamento Autónomo de Santa Cruz (en espagnol): http://www.asamcruz.org/Estatuto%20autonomicode%20scz.htm 

[5] Reyes Theis, "Salas Römer propone proyecto de autonomías como alternativa", El Universal, 07/05/08.

[6] Pour se faire une idée sur le personnage, voir Romain Migus "Le Rose Brun", Le grand soir: http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=4086 ou encore Romain Migus "Des nouvelles du Rose Brun: le Léviathan Manuel Rosales", Le grand soir: http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=4184 

[7] Voir http://www.rumbopropio.org.ve/rumbopropio/11derechos_como_beneficios.php et http://www.rumbopropio.org.ve/rumbopropio/11derechos_beneficios.php 

[8] Voir http://www.aporrea.org/tiburon/n62928.html.

[9] Eva Golinger, "EE UU promueve la desestabilización regional", 23/03/08: http://www.aporrea.org/tiburon/a53665.html

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06 mai 2008

Pétition pour un référendum sur le projet constitutionnel

MarianneL’été prochain le Congrès des parlementaires se réunit à Versailles pour modifier notre Constitution. Cette révision a pour objectif officiel de moderniser et rééquilibrer les pouvoirs au sein de la 5ème République.
Basée en partie sur les 77 propositions du rapport Balladur, nous considérons que la nouvelle mouture constitutionnelle accordera en fait davantage de pouvoirs au Président de la République, continuera à mépriser l’Assemblée Nationale, devenue simple chambre d’enregistrement, et transformera le gouvernement en un vulgaire cabinet présidentiel.

La Vème République, définie sur mesure pour un seul homme, a déjà un demi siècle. Le temps est venu d’adopter une nouvelle organisation adaptée aux réalités (sociologiques, politiques, écologiques, démocratique, laïque…) du XXIème siècle.

Cette « V ème bis » qu’on nous propose ne prévoit aucune refondation permettant de :

• Restaurer un parlement plus fort et représentatif des courants d’opinions,

• Supprimer le vote bloqué et l’article 49.3,

• Elire les sénateurs aux suffrages directs à un scrutin proportionnel, et au moins introduire la proportionnelle dans l’élection des députés,

• Fixer une règle sur le cumul des mandats pour voir des parlementaires et des ministres à 100 % dans leurs missions,

• Créer un « statut de l’élu »,

• Garantir une totale indépendance du CSA,

• Mettre en place un nouvel outil participatif en faveur des citoyens (conseil de la société civil ),

• En finir avec l’impunité politique du chef de l’Etat.

La 5ème République a 50 ans, cette 24ème révision doit être tranchée par référendum. Il est temps que nos concitoyens se réapproprient leur constitution, sans cesse modifiée en catimini par et pour des intérêts à court terme.

Une fois de plus, Nicolas Sarkozy, qui connaît une impopularité historique décide de contourner le vote du peuple le privant de participer à un grand débat sur l’avenir de notre démocratie et de sujets qui ont une influence sur la vie de chacun.

Nous souhaitons une large mobilisation des citoyens et des élus de sensibilités diverses (progressistes, républicains et démocrates) attachés à la souveraineté populaire pour signer cette pétition et défendre ce mouvement afin de convaincre les députés et sénateurs d’imposer un référendum en votant contre cette révision.

Signons la pétition appelant au débat et à l’organisation d’un référendum national.

Pour signer : http://www.la-gauche-cactus.fr/SPIP/

Premiers signataires :

Clémentine Autain (Maintenant à Gauche, 93), Serge Bailleul (Cadre), Bernard Baron (MRC, Cons.Mun. Clermont l’Hérault), Antoinette Barrion (Gauche Cactus, Paris), Catherine Binon (93), Emile Bongiovanni (PCF, CGT), Didier Bous, Florence Bray (Présidente Gauche Cactus, Paris), José Caudron (Nord-Pas de Calais), Jean-Michel Dodd (Gauche Cactus, Paris), Yvan Dupont (MARS/GR, Cherbourg), Jean-Christophe Frachet (Vice Pdt Gauche Cactus, Essonne), Jean-Luc Gonneau (Vice Pdt Gauche Cactus, Paris), Sylvain Guy (MRC, Paris), Jean-Michel Hureau (éditorialiste de Réchauffer la Banquise, MARS/GR, Santiago du Chili), Alain Le Dosseur (Perpignan), François Lucas (Gauche Cactus, Nantes), Jean-Luc Mercier (Professeur, 13), Fatiha Mlati (Vice Pdte Gauche Cactus, Paris), Alain Montaut (CGT), Michel Pillier, Martine Rainaud (Collectifs Unitaires), Claude Rivard (MRC, Gironde), Claude Roddier (MARS/GR, Var), Jacques-Robert Simon (éditorialiste de Réchauffer la Banquise, Paris), Louise Verreault (Gauche Cactus, Paris)…

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05 mai 2008

L’urgence de la solidarité avec la Bolivie !

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Parmi toutes les expériences progressistes en cours en Amérique Latine, qui découlent des victoires électorales des forces les plus à gauche, c’est celle de la Bolivie qui court aujourd’hui le plus grand risque de retour en arrière. Selon de nombreux analystes, le pays voisin serait au bord de la guerre civile. L’oligarchie raciste, qui n’a toujours pas digéré l’élection historique du leader paysan et indigène Evo MORALES, s’emploie de toutes ses forces, par le biais d’un mouvement séparatiste de type fasciste, à faire éclater la nation. Le "référendum sur l’autonomie" du riche département de Santa Cruz, du 4 mai risque de constituer le point culminant de l’affrontement.

À l’origine de cette initiative illégale, contraire à la Constitution et à l’unité nationale, Rubén COSTA, gouverneur de l’Etat et chef des séparatistes, prétend que ce référendum sera le premier pas vers la scission du pays. Trois autres départements (Pando, Tarija e Beni) menacent de suivre le même chemin. Depuis la prise de fonctions d’Evo MORALES, en janvier 2006, la bourgeoisie bolivienne prépare ce coup de force, qui vise à séparer la partie orientale, la "Media Luna", la plus industrialisée et la plus riche en ressources naturelles, de la partie occidentale – plus pauvre et où la population indienne prédomine. Et pour imposer cette partition, elle peut compter sur l’appui déclaré des U.S.A. et a commencé à recruter des mercenaires en vue d’un probable conflit armé.

L’ambassadeur séparatiste

L’interventionnisme du Président-terroriste George Bush est flagrant. La nomination comme ambassadeur en Bolivie du redoutable Philip GOLDBERG apparaît comme une claire provocation. Cet agent de l’impérialisme s’est notamment distingué dans ses actions de soutien au séparatisme dans les Balkans, au sein de la dénommée "Mission Kosovo". Comme le rappelle Stella CALLONI, dans un texte intitulé "contre-insurrection et putschisme", "GOLDBERG est un expert reconnu dans l’exacerbation des conflits ethniques et raciaux et par son action et son expérience dans les luttes ethniques en Bosnie et jusqu’à l’éclatement de l’ex-Yougoslavie". Ses états de service "diplomatiques" comprennent aussi le putsch en Haïti qui a provoqué la chute de Jean ARISTIDES et la militarisation du Plan Colombie.

Selon elle, "il ne fait aucun doute que l’action de GOLDBERG est derrière le processus séparatiste à Santa Cruz de la Sierra", qui a débuté juste après la prise de fonctions de MORALES et qui a déjà provoqué des sabotages et des victimes. "Lors de son arrivée en Bolivie, les patrons croates de Santa Cruz (ses vieux amis) ont structuré le mouvement ‘Nación Camba’. Un des principaux leaders du mouvement, qui dispose aussi d’intérêts au Chili, Branco MARINKOVIC, est un des premiers instigateurs des mesures de déstabilisation, qui ont eu des répercussions sur l’ensemble de la Media Luna", et dispose de liens solides avec l’ambassadeur yankee.

Les manœuvres militaires dans la région

Lors du 17ème sommet Ibéro-américain, qui s’est tenu l’an dernier au Chili, le Président Evo MORALES a présenté aux chefs d’Etat participants plusieurs photos montrant l’ambassadeur GOLDBERG tout sourire aux côtés du chef mafieux et paramilitaire colombien Jairo VANEGAS. D’ailleurs même les fonctionnaires de l’ambassade des U.S.A à La Paz reconnaissent que George BUSH considérait la victoire de MORALES comme "une menace pour la sécurité de la Région" en raison de son "populisme radical" et de ses liens avec Hugo CHAVEZ et Fidel CASTRO. L’ex-secrétaire à la Défense des U.S.A., Donald RUMSFELD, a même précisé que "la Bolivie faisait dorénavant partie de l’axe du mal".

Dans une autre action d’intimidation, les troupes yankees ont réalisé des exercices militaires chez les voisins du Paraguay dès la fin de 2005, lorsque la victoire du leader indien apparaissait comme plus que probable. "Des Forces spéciales des U.S.A. continuent à opérer dans la zone frontière dans des pseudos manœuvres civiques, une vieille tactique contre-insurrectionnelle", dénonce-t-elle. Les Escadrons Opérationnels Avancés (EOA) peuvent s’appuyer sur une forte infrastructure dans ce pays voisin, dont une piste aérienne de 3,8 km sur la base de Mariscal Estigarribia, construite à l’époque de la dictature d’Alfredo STROESSNER. L’arrivée de Fernando Lugo à la présidence du Paraguay menace la permanence de ces accords militaires, ce qui pourrait accélérer le risque d’une aventure militaire en Bolivie.

Groupes fascistes et mercenaires

Ulcérée par les changements progressifs mis en œuvre par le gouvernement MORALES, mais forte du soutien affiché des U.S.A., l’oligarchie raciste s’arme en vue d’un conflit. Manfred REIS, ex-militaire à l’époque de la dictature de Hugo BANZER et autonomiste influent à Cochabamba, a mis sur pied des groupes de jeunes fascistes responsables de violents affrontements qui ont provoqué des morts et des blessés. Il est aujourd’hui réfugié à Santa Cruz. En novembre 2006, l’agence de presse Erbol a révélé qu’un groupe de patrons est parti en Espagne pour recruter des mercenaires. Des propriétaires d’entreprises de "sécurité" ont confirmé ce juteux marché. L’un d’eux a même précisé avoir fourni 650 "combattants, anciens membres des "unités d’élite", qui sont déjà en action dans les zones limitrophes de la Bolivie".

Les putschistes peuvent aussi compter sur le riche soutien financier de l’Usaid et de la NED, organismes des U.S.A. qui financent des organisations non-gouvernementales d’opposition à MORALES. Les services de renseignement gouvernementaux ont récemment établi que des millions de dollars avaient été versés aux leaders séparatistes, à des organisations estudiantines ainsi qu’à des journalistes lors de la campagne contre l’Assemblée Constituante. Ce sont ces financements qui ont alimenté les "opérations civiques de ville morte" et les violents blocus sur les routes. En 2007, le consulat du Venezuela et la résidence d’un médecin cubain ont été la cible d’attentats et une fonctionnaire de l’ambassade des U.S.A. a été arrêtée en possession d’armes et de munitions. Dans ce processus, "les média constituent des soutiens majeurs de la contre-insurrection, appelant à l’affrontement intérieur et à l’intervention extérieure", dénonce CALLONI.

Internationalisme actif et pression

Les manœuvres séparatistes de l’oligarchie bolivienne, qui risquent de prendre une nouvelle dimension après le référendum de mai à Santa Cruz, ont pourtant été condamnées de toutes parts. Même l’Organisation des Etats Américains (OEA), pourtant réputée pour son passé servile au service des U.S.A., a condamné les intrigues putschistes. Lors d’une session extraordinaire tenue à Washington, le 26 avril, l’OEA a apporté son soutien aux institutions démocratiques et au respect de la Constitution et a appelé au dialogue les dirigeants politiques de la Media Luna. Des intellectuels de renom ainsi que des personnalités politiques, sociales et religieuses – entre autres, Pérez Esquivel, Noam Chomsky, Eduardo Galeano et les brésiliens Frei Betto, Oscar Niemeyer et Fernando Morais – ont rendu public un manifeste de solidarité :

"Le processus de changement en cours en Bolivie risque de se voir brutalement interrompu. L’accession au pouvoir d’un Président indigène, ses programmes sociaux et sa volonté de recouvrer la maîtrise des ressources naturelles se heurtent depuis le début à des conspirations oligarchiques et à l’ingérence impériale. Ces derniers jours, l’escalade de la conspiration a atteint son niveau le plus élevé. Les actions subversives et anticonstitutionnelles par lesquelles les groupes oligarchiques prétendent diviser la nation bolivienne illustrent la mentalité fasciste et élitiste de ces secteurs... Face à cette grave situation, nous tenons à exprimer notre soutien le plus résolu au Président Evo MORALES. Nous condamnons également le statut d’autonomie de Santa Cruz, pour son caractère inconstitutionnel et parce qu’il porte atteinte à l’unité d’une nation de notre Amérique".

La grave situation bolivienne, qui constitue un danger pour toute la vague progressiste en cours en Amérique Latine, exige la solidarité active de toutes les forces démocratiques et populaires du continent et du monde. Il est urgent de dénoncer la stratégie séparatiste et putschiste de l’oligarchie bolivienne, appuyée par les U.S.A. en mobilisant les travailleurs, les parlementaires et élus, les média progressistes. Il faut faire pression sur l’O.E.A. et sur le gouvernement LULA afin qu’ils adoptent des positions plus actives et concrètes face à ce risque de retour en arrière dans la région. 

 

Altamiro Borges

Journaliste, membre du Comité Central du PC do B (Parti communiste du Brésil).

Traduction Pedro DA NOBREGA

http://www.vermelho.org.br/base.asp?texto=36971

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04 mai 2008

Claude....

pigeon

Dévoilez-moi l'espoir

 

Dévoilez-moi l’espoir qui vous tourmente,
je vous révèlerai la douleur qui vous ronge,
mais l’espoir est un intime secret
qui brûle comme l’âtre de la mer,
qui lave comme le sel de l’amour
et vous aide à inscrire devant vous
l’étrave de votre vie.
L’espoir guide le bâton
du voyant et du pèlerin,
il est votre utopie et vos multiples forces,
votre étoile que vous découvrez
dans les cours d’eau et sous les écorces,

l’espoir est votre aurore de tous les instants.

Gérard Le Gouic

ta duchesse ...

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03 mai 2008

Misérable impôt ! par Vincent Marot

Imp_ts_2Pour la plupart des représentants de la droite, et en particulier lorsque pointe une élection, l’impôt devient une calamité à éradiquer. A les entendre, il symbolise le mal absolu. Pas un programme sans une promesse démagogique de baisse d’impôt, pas un discours sans une attaque de la gauche, coupable de pactiser avec ce diable. Mais jamais un mot sur les prestations bénéfiques apportées par un niveau de contribution élevé, comme s’il n’y avait aucun lien entre les deux. Pour être élu, on mise sur l’égoïsme généralisé du genre humain plutôt que sur son intelligence. La droite parvient même à renverser les valeurs, et à faire passer pour archaïque ce qui représente pourtant une construction évoluée des sociétés modernes, pour financer, redistribuer, inciter.

La relative complexité de la fiscalité permet aux bonimenteurs populistes de débiter sans vergogne les approximations et les mensonges les plus énormes dans les médias, au nez et à la barbe de journalistes trop souvent passifs et complices. La tâche est d’autant plus facile que le PS a bien du mal à aborder courageusement ce sujet, et à affirmer haut et fort que oui, si les Français souhaitent préserver des services publics et une protection sociale de qualité, sujet d’actualité pour les retraites ou l’assurance maladie, alors il faudra y consacrer une part plus importante du PIB et augmenter les recettes, soit en éliminant des exonérations et des niches fiscales inutiles, soit en modifiant l’assiette des impôts et des cotisations, soit en augmentant leurs taux, sans doute en jouant sur tous ces leviers à la fois. Mesures complémentaires, et non antinomiques, avec la recherche d’économies sur certaines dépenses ou avec le maintien de la compétitivité, si l’on redéfinit intelligemment le financement.

A défaut d’opposition assez solide et courageuse sur ce thème, les propagandistes de l’UMP s’en donnent à cœur joie :

- On vend à tous les Français des baisses d’impôt progressif, alors que par définition elles profitent d’abord aux assujettis des tranches élevées. Plus fort encore, la réalité mathématique, camouflée, est qu’en diminuant les impôts progressifs tout en maintenant le niveau total des prélèvements obligatoires comme cela a été le cas depuis 2002, on transfère une partie de la contribution d’une minorité de Français aisés vers l’ensemble des Français.

- On laisse penser que les Français qui ne paient pas d’impôt sur le revenu ne contribueraient pas, alors qu’en ajoutant TVA, CSG et taxes indirectes, le taux moyen effectif des prélèvements pour le premier décile de la population est supérieur à 40%, et à 50% pour un salarié au SMIC dépensant tout son salaire (source Thomas Piketty, l’Economie des Inégalités).

- On promet de baisser de 4 points le niveau des prélèvements, soit 68 milliards d’euros, promesse inepte et intenable, mais avalée sans critique en son temps.

- On attaque les « charges » qui « pèsent » et « asphyxient » les entreprises, sans jamais expliquer qu’elles sont du salaire socialisé ou différé, et qu’elles ont un lien direct avec le financement déjà précaire des retraites, de la maladie et du chômage.

- Sommet de cynisme, on ose affirmer que la loi sur l’exonération des droits de succession profiterait à tous. On a souvent entendu Nicolas Sarkozy ou ses porte-paroles s’apitoyer d’un ton compatissant sur les plateaux de télévision : « Un père de famille qui a travaillé dur toute sa vie n’aurait pas le droit de léguer le fruit de son travail à ses enfants ? ». Message touchant et vendeur, mais mensonger.  Les chiffres de l’INSEE rétablissent la vérité : en France, 50% du patrimoine est détenu par 10% de la population. Le patrimoine médian est d’environ 100 000 euros. Avant cette loi, 85% des successions étaient déjà exonérées. L’exonération supplémentaire, qui n’a touché principalement que les 15% les plus fortunés, accélère la concentration d’un patrimoine déjà très concentré. Elle ne valorise pas le travail, mais la rente et l’héritage, comme au siècle dernier. Au-delà du caractère archaïque et nuisible de cette loi, des représentants du peuple mentent honteusement, sans contradiction.

Le mal serait moindre si ces promesses et ces mensonges n’étaient pas suivis d’actes. Malheureusement, des lois en découlent et mettent à mal notre économie et notre système de solidarité nationale.


Posté par Pingouin

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30 avril 2008

pour un mois de mai festif et combatif !

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Quelques clochettes de muguet

Gracieux brin de légèreté

Suffisent à nous rappeler

Voici venir le joli mai

Ce mois où les journées s’allongent

Ce mois où les ponts se prolongent

Pour devenir des passerelles

Où l’on se sent pousser des ailes

D’humeur plutôt primesautière

Mais parfois révolutionnaire

Quand soixante huit pavés fleurirent

De colères et de devenir

Pour secouer les vieilles gangues

Qui laissait les pensées exsangues

Quand les luttes se font festives

Et l’imagination s’active

Quand les sourires sont éclos

Et les désirs à fleur de peau

Les rêves n’ont  plus de barrières

Et l’horizon plus de frontières

Quand les lèvres sont de baisers

Autant de fleurs de cerisiers

Et que les cheveux se libèrent

Pour chatoyer dans la lumière

Quand les mains s’ouvrent en présent

Pour des futurs incandescents

Qui refusent la régression

Qui redécouvrent la passion

Qui réinventent des couleurs

De grandes fresques de bonheur

Nous ne pouvons nous résigner