11 novembre 2009
ET SI ON CONSTRUISAIT PLUTÔT DES PONTS !!!
DES NOUVELLES DES MURS (1): CELUI DU SAHARA
Le Président français, Nicolas Sarkozy a lancé un appel pour le démantèlement de tous les murs dans le monde qui séparent les villes et les peuples, à l’occasion du 20ème anniversaire de la chute du mur de Berlin auquel il a assisté aux côtés de la chancelière Angela Merkel et d'autres chefs d'Etat et de gouvernement, dont le président russe Dimitri Medvedev et le Premier ministre britannique, Gordon Brown. "Voilà donc le message que l'Europe réconciliée est fière de porter et d'incarner dans le monde", a précisé M. Sarkozy qui s’est opposé récemment au Conseil de sécurité à l’élargissement du mandat de la MINURSO au Sahara Occidental à la protection et la surveillance des droits de l’Homme, largement violés par le colonialisme marocain depuis son occupation illégale du territoire sahraoui le 31 octobre 1976 avec le soutien de la France. La réconciliation et la paix interviendront le jour où Paris cessera de soutenir l’occupation coloniale marocaine au Sahara Occidental pour permettre à son peuple de s’exprimer librement sur son futur conformément à la doctrine de l’ONU en matière de décolonisation, selon les observateurs. Le nouveau mur Mourad Termoul
LES MURS; LES CONSEQUENCES CIVILES; LA LEGALITE INTERNATIONALE… De son côté, le Maroc après avoir occupé une partie importante des territoires du Sahara Occidental, par la force, et sept ans après d’une guerre fratricide, a développé un système sans précédant no seulement dans le Sahara mais aussi dans le monde à cause des murs. Le gouvernement marocain justifie l’édification de ceux-ci comme par la « nécessité de se défendre ». D’ où la fausse dénomination de « mur défensif » !!! Mais la réalité dément cette hypothèse puisque le mur a pour but : l’expansionnisme, l’annexionnisme et l’implantation de colons, ainsi que de protéger un fait accompli comme l’occupation. L’article 53 de la Convention de Genève analyse aussi avec plus de détails ces problèmes: "Il est interdit que la puissance occupante détruise des biens meubles et immeubles, appartenant individuellement ou collectivement à des particuliers, à l’Etat ou à des collectivités publiques, à des organisations sociales ou à des coopératives, excepté dans le casa où de telles destructions soient absolument nécessaires à cause des opérations armées". On sait que le mur marocain a empêché d’une manière ou d’une autre l’emploi de la part des saharaouis de plusieurs sources de richesse propres du terrain, comme les fontaines d’eau, des terrains fertiles, des pâturages pour le bétail, sans compter l’exil qu’ a supposé le mur pour beaucoup d’ habitants de plusieurs villes saharaouies. Ceci est contradictoire avec le contenu de l’article 52 de la Convention mentionnée ci-dessus qui établit qu’ "Il est interdit toute décision qui tend à provoquer le chômage ou à restreindre les possibilités d’emploi des travailleurs d’un pays occupé dans le but de les pousser à travailler en faveur de la Puissance occupante". Il est considéré que l’occupation de n’ importe quelle région ou zone impliquée dans un conflit militaire est illégale en soi-même vu que la légalité internationale décrit la prise d’in territoire comme une action à caractère temporel et transitoire. Le statut d’un territoire quelconque est déterminé par les parties belligérantes au moyen de négociations directes entre elles ou par la voie d’un référendum dans lequel les personnes d’origine déterminent leur futur –ce qui est accepté par tous les pays du monde, les nations unies ainsi que l’union africaine-. Quand récemment le roi Mohammed VI, a refusé cette idée il a aggravé encore plus la situation. A cela s’ajoute le Droit International qui a ratifié le principe d’illégalité en ce qui concerne l’annexion d’un territoire quelconque manu militari. De telles annexions par la force de territoires d’autrui n’a aucun fondement légal et seront toujours considérées nulles et sans appui. Le Conseil de Sécurité a traité un cas semblable avec la résolution 478 de l’année 1980 ainsi qu’avec la résolution 497 de 1981 quand les forces israéliennes maintenaient l’occupation de Jérusalem et le Golan de la Syrie. Ces résolutions ont nié la légitimité de cette occupation de la part d’Israël et ont conseillé aux pays de ne pas la reconnaître. La paradoxe, ce qui est lamentable, c’est que le mur marocain dans le Sahara occidental, malgré le temps qu’il est construit et les infinités de conséquences qu’il produit non seulement chez les saharaouis mais aussi dans toute la région, n’a jamais été considéré dans le Conseil de Sécurité bien que le président saharaouis a déclaré dans le journal algérien « El Bilad » que les saharaouis pourraient faire appel au tribunal de La Haie au moment jugé adéquate. C’est un devoir moral de tous les saharaouis ainsi que de tous les amoureux de la paix que de concevoir l’importance que ce problème mérite : celui du mur de la honte. Rumbó el Barlev, no fue por las aguas a meridiano día? ¿Existe aún el muro de Berlín, la muralla que dividía el mundo en dos?... Ce mur est un obstacle artificiel construit par la puissance occupante et c’est la cause principale qui empêche la normalisation de la vie dans le Sahara Occidental. En plus de cela, le mur viole gravement les droits des personnes puisqu’il a poussé la population civile à l’ exil, à la séparation, à la discontinuité sociale et culturelle, et tout cela sans oublier l’horrible situation que suppose les millions de mines qui entourent ces constructions fortifiées, qui causent des centaines de victimes (morts et blessés), la majorité d’entre eux, des innocents de part et d’autre de ce mur gigantesque. D’autres murs ont été construits depuis la Préhistoire jusqu’à nos jours, passant par le Moyen Age. Quelle est la légende de chacun ? Qu’est-il arrivé avec la grande muraille de Chine ? Comment ont terminé les « alcalas » de l’Europe médiévale ? Et celles du Japon ? Combien de temps a duré la Ligne Siegfried en Allemagne sous le régime nazi ? Qu’est-il advenu de la ligne Maginot et du Mur de l’Atlantique ? Quel fut le sort de la Ligne Maurice Challe construite par les Français en Algérie ? Comment est tombé le Barlev, ne fut-ce par les eaux en plein jour ? Est-ce qu’il existe encore le Mur de Berlin, qui divisait en deux le monde?... Tous ces murs n’existent plus malgré ceux qui ont ordonné de les construire du fait de la guerre ou de la pression populaire. Est-ce que le mur marocain serait un cas exceptionnel ? Combien ça va durer ? Nous avons la foi et la complète conviction que son démantèlement n’est qu’une question de temps. Quand et comment est-ce que ceci se produira, c’est ce qui reste à connaître. Pour en savoir plus sur le sujet:
"La chute du mur de Berlin sonne aujourd'hui comme un appel, un appel à nous tous à combattre les oppressions, à abattre les murs qui, à travers le monde, divisent encore dix villes, des territoires, des peuples", a martelé M. Sarkozy, dont le pays soutien ouvertement le quadrillage du Sahara Occidental par un mur long de plus de 2.000 Kms, œuvre des stratèges militaires français, qui balafre le pays et le peuple depuis les années 80 du siècle dernier.
Il y a vingt ans le mur de Berlin chutait dans une liesse planétaire. Les verrous et les clivages Est-Ouest tombaient, enfin, sous la pression d’une vox populi qui criait son ras-le-bol de la guerre froide et affichait sa soif de liberté et de démocratie. Tout le monde se mettait à rêver d’un avenir meilleur, et les espoirs les plus fous étaient, donc, permis. De Gorbatchev et sa Pérestroïka au discours surprise du chef d’orchestre de la troupe philarmonique de Dresde, la carte géopolitique du monde subissait ainsi un bouleversement « tectonique ». Le dicton qui disait « A l’Est y’a rien de nouveau » ne trouvait plus sa signification. Les états satellitaires de l’ex Union soviétique faisaient, souverainement, leur premiers pas dans le « monde moderne », enclenchant dans le sillage une chasse sanglante aux tyrans, sous les zooms des caméras de télévisions. Vingt ans après, le monde est il à la hauteur des attentes d’antan ? Il est utile de constater qu’actuellement un autre clivage, sans vases communiquant cette fois, s’est érigé en maitre absolu : L’ordre marchand. Le monde n’est plus divisé par une barrière physique et bétonnée, comme on en voit encore en Palestine avec le « mur de l'apartheid » ou celui de la « honte » au Sahara occidental, mais par un fossé béant qui chaque jour confine des sociétés entières dans des espaces de plus en plus réduits et une misère des plus accablantes. On ne parle plus de restrictions mais de survie y compris dans les pays occidentaux. Le taux de chômage dans les régions d'ex-RDA par exemple est toujours deux fois supérieur à celui de l'Ouest. L’Afrique, quant à elle, croule sous les pandémies et la pauvreté fait effet de tsunami éloignant ainsi le continent des objectifs du millénaire (OMD) pourtant approuvés et consignés dans une enveloppe financière que les pays riches se sont pourtant engagés à apporter. Vainement. La dualité idéologique schématisée par le mur de Berlin a laissé place à une autre confrontation, plus sournoise qu’on pourrait appeler économique barbare, libéralisme sauvage dicté par une poignée d’individus au reste du monde. L’affaire des Subprimes, ou le scandale Murdoch en sont les illustrations parfaites qui ont précipité le monde dans une crise financière qui lamine des pans entiers sur son passage. Le fossé entre pays riches et pauvres et plus que béant. L’Est et l’Ouest, pour reprendre l’idéologie des blocs, se voient pris au piège d’un jeu qui n’est pas prêt de s’arrêter et rendant donc le mur de la misère infranchissable.
Aucune organisation ou instance internationale ne reconnaît la supposé souveraineté marocaine dans le Sahara Occidental puisque le dossier saharaoui est dans l’agenda des Nations Unies depuis 1961, considéré comme un problème de décolonisation.La légalité humanitaire internationale
Il est plus qu’évident que les autorités marocaines profanent gravement les droits les plus élémentaires des personnes à cause de la construction et le maintien de ce mur.
L’article 27 de la IVe Convention de Genève reconnaît : « Les parties en conflit pourront mettre en œuvre, par rapport aux personnes protégées, les mesures de contrôle ou de sécurité qu’elles estimeront nécessaires », mais cette régulation ne justifie pas plusieurs activités que réalisent les forces monarchiques marocaines dans le Sahara Occidental, refusant l’application des droits qui se reconnaissent dans cet article 27.La légalité internationale et l‘ annexion
ALLEMAGNE(S): QUELLE(S) VERITE(S) ?
Une majorité d'Allemands de l'Est nostalgiques de l'ex-RDA
LEMONDE.FR avec AFP | 26.06.09 | 12h38 • Mis à jour le 26.06.09 | 17h26
Près de vingt ans après la chute du Mur de Berlin, le 9 novembre 1989, que pensent les Allemands de l'Est de l'ex-République démocratique allemande (RDA) ? D'après un sondage de l'Institut Emnid publié vendredi 26 juin par le quotidien Berliner Zeitung, une majorité d'entre eux sont d'avis que l'ex-RDA avait "davantage d'aspects positifs que négatifs", alors que leurs concitoyens de l'ouest du pays sont d'un avis contraire.
Il y avait quelques problèmes, mais globalement on y vivait bien", soulignent ainsi quarante-neuf pour cent des 1 208 personnes interrogées dans l'est du pays. Si l'on y ajoute les 8 % de sondés dans les "nouveaux Länder" (Etats fédérés) qui estiment que "la RDA avait surtout de bons côtés [et qu'on] y vivait heureux et mieux que dans l'Allemagne réunifiée d'aujourd'hui", ce sont en tout 57 % des Allemands de l'Est qui défendent l'héritage de l'ancien Etat communiste.
A l'inverse, dans l'ouest du pays, les trois quarts des personnes interrogées dressent un bilan négatif de la RDA. Pour 52 %, l'ex-Allemagne de l'Est avait "surtout des aspects négatifs" et pour 26 % "davantage d'aspects négatifs que positifs". Selon le ministre en charge de l'ex-RDA, Wolfgang Tiefensee, commanditaire de cette étude, ces résultats montrent la nécessité de "ne pas relâcher les efforts pour nous confronter à l'histoire de la RDA".
Selon un rapport officiel présenté début juin, le niveau de chômage demeure presque deux fois plus important dans l'ex-RDA que dans les régions de l'ex-Allemagne de l'Ouest (13,2 % contre 7 %), mêmes si l'Est encaisse "pour le moment" mieux que l'Ouest l'onde de choc provoquée par la crise économique.
Seule la vérité sur la RDA rendra justice à la population et offrira un avenir à l’Allemagne
par Karl Müller
Le 20 janvier, Hans Modrow, qui fut le dernier président du Conseil des ministres de la RDA (République démocratique allemande), avant les élections de la chambre du peuple en mars 1990 – qui furent déjà manipulées par l’Allemagne de l’Ouest – et qui est maintenant président d’honneur du parti «Die Linke» («La Gauche»), s’est adressé au président de l’Allemagne Horst Köhler par une lettre ouverte, à prendre au sérieux (lettre publiée in extenso dans le journal «junge Welt» du 26 janvier).
Hans Modrow met le doigt sur les conséquences d’une présentation faussée de l’ancienne RDA et rappelle les graves erreurs commises lors de ce que l’on appelle à l’Ouest la «réunification», notion largement exagérée.
L’actuel président de l’Allemagne a participé, il y a vingt ans, à cette action; en déclarant, actuellement, en tant que président du pays, que le passé de la RDA devait être éclairci, il a peu contribué à le mettre en lumière. Selon lui «la présentation critique de la sécurité de la société en RDA est à mettre en liaison avec l’insécurité et le déclassement d’aujourd’hui qui trouve sa source dans l’annexion de la RDA à l’Allemagne de l’Ouest.
Il s’adresse directement au président: «Vous portiez, en tant que secrétaire d’Etat au ministère des Finances, une responsabilité dans les actions de la «Treuhandanstalt» (société fiduciaire mise en place pour gérer les biens de la RDA) destinées à précipiter les privatisations, faisant fi du caractère durable qu’aurait dû prendre ce développement économique en Allemagne de l’Est. […] Le résultat en fut que la propriété nationale de la RDA a passé à 85% dans les mains d’entreprises ouest-allemandes, à 10% dans celles d’entreprises étrangères et seulement à 5% dans celles d’entreprises est-allemandes. [souligné par l’auteur]
Modrow exige que la jeunesse actuelle ait le droit d’être informée honnêtement sur les conditions de la séparation de l’Allemagne et de la guerre froide. Il prend comme exemple alarmant l’enseignement scolaire concernant la RDA, qui ne peut que provoquer un conflit entre les générations, et il pose la question de savoir si l’école doit diffuser un savoir qui s’appuie encore, 20 ans plus tard, en parlant des deux Etats allemands d’alors, sur les images de la guerre froide, ce qui ne contribue pas à renforcer le respect et la réconciliation.
Il ajoute encore ceci, à propos des élections à venir: «A mon avis, le président du pays doit prendre ses responsabilités, conformément au style de sa fonction, pour s’opposer à la façon dont se présente cette préparation aux élections, laquelle blesse la dignité des gens de l’Est de l’Allemagne et constitue un manque de respect flagrant.»
Il est vrai que la représentation en Allemagne de l’ancienne RDA est fausse et déformée. Il en résulte que, 20 ans après la chute du mur, beaucoup de gens de l’ancienne RDA sont traités de façon arrogante, comme des citoyens de seconde classe, par des Allemands de l’Ouest imbus d’eux-mêmes. On ne cesse de mener les campagnes pour les élections en s’appuyant sur les préjugés envers la RDA.
Ils sont très peu nombreux les scientifiques qui se sont préoccupés de cette question. Parmi eux, on compte le professeur émérite de l’Université libre de Berlin, Fritz Vilmar, et son équipe de chercheurs, qui ont mené une recherche critique dans les années quatre-vingt-dix et au début de notre siècle; malheureusement, les résultats* sont peu étudiés et encore moins mis en discussion.
Dans son discours lors de la fête de remise du prix des Droits de l’homme de la «Société de protection des droits des citoyens et de la dignité humaine», le 27 novembre 2008 à Berlin, Fritz Vilmar s’est de nouveau appuyé sur les résultats de l’enquête et s’est exprimé ainsi quant à ses motivations: «Des amis communs du régime socialiste furent les premiers, après 1989, à me demander quelle était ma relation à la RDA. Ils ne pouvaient comprendre, disaient-ils, que précisément moi, connu pour être anticommuniste de gauche, j’en arrivais à prendre la défense de la RDA. Je leur ai répondu que je ne m’engageais pas pour le régime du parti communiste (SED), mais contre le régime de pillage des colonisateurs arrogants de l’Allemagne de l’Ouest. Cela signifie que je me suis engagé, depuis le changement, pour les innombrables personnes actives et particulièrement pour les responsables de bonne volonté qui avaient participé pendant quarante ans à la mise en place d’un régime non capitaliste et se trouvaient maintenant aux prises avec la diffamation, prétendant qu’ils étaient des incapables tant sur le plan économique que politique. […] En utilisant la notion agressive de «dé-légitimation» de la RDA on tenta de rejeter dans les décharges de l’histoire l’ensemble du système social, le taxant d’«Etat de non-droit» et de donner libre cours à la destruction de ses institutions. Il suffit d’observer le bradage de l’industrie de l’Allemagne de l’Est par la prétendue «Treuhandanstalt» [société fiduciaire] ou au congédiement de la majorité des professeurs de l’Allemagne de l’Est. […] Nous devons nous efforcer de dépasser, dans la mentalité générale, cette image de noir et blanc idéologique largement répandue. Il ne s’agit ni d’enjoliver les institutions sociopolitiques et les développements en RDA, en ne les interprétant que positivement et en les défendant avec bec et ongles, ni par ailleurs de ne mettre en avant que la répression de l’Etat et l’espionnage des services secrets [Stasi] pour dénigrer les aspects positifs du pays.»
Et puis: «Alors même que la dictature du parti SED à empêché la mise en place d’un système de société socialiste, on ne peut prétendre que les deux se confondent sous l’étiquette de «dictature de la SED»; car, malgré la dictature, il y eut dans le pays un grand nombre d’institutions humaines et socioculturelles qui ont eu un effet durable sur les gens, même parfois à l’encontre des intentions de la direction du parti. Des millions d’hommes et de femmes de la RDA se sont investis dans ces institutions.»
Vilmar cite encore parmi les résultats de son étude: «Il a été démontré qu’un certain nombre d’institutions socioculturelles de la RDA ont donné des idées et servi de modèles aux alternatives sociales en Allemagne de l’Ouest. Toutes les institutions sont une preuve qu’en RDA il y eut des structures de société remarquables et offrant des perspectives et que ce système ne se prête pas à un jugement négatif généralisé.»
Dans la mesure où on prend cette conception au sérieux, il s’agit alors, en révisant l’opinion qu’on se fait de la RDA, de plus que de simplement rendre justice au passé et aux gens qui ont façonné ce passé. Il s’agit aussi de la question de savoir dans quelle direction l’Allemagne doit se diriger. L’Allemagne connaîtra l’échec si on continue, au nom des slogans néolibéraux de «fin de l’histoire» et de «victoire du capitalisme», d’ignorer les vraies conquêtes des populations dans toute l’Allemagne.
Il faut rappeler qu’en Russie, après l’effondrement de l’Union soviétique, 70% de la population a souhaité que les anciennes entreprises étatiques soient transformées en coopératives de production. La grande majorité des Russes voulait prendre en charge les coopératives de production en se fondant sur l’autonomie, la responsabilité individuelle et l’autogestion. Naomi Klein en a parlé dans le chapitre consacré à la Russie dans son dernier livre intitulé «Stratégie du choc. La montée d’un capitalisme du désastre». La direction de la Russie d’alors a, sous l’influence d’instructeurs néolibéraux américains, ignoré cette volonté et la Russie l’a payé très cher.
Ils sont nombreux dans l’ancienne RDA à penser que les idéologues occidentaux ont tenté, après 1990, d’éradiquer le sentiment de solidarité de la population et d’insuffler une nouvelle conception de «lutte des classes», c’est-à-dire d’enfoncer un coin entre ceux qui avaient «réussi» à s’en sortir et ceux qui avaient échoué. Ce n’est toutefois pas compatible avec la nécessité de résoudre les problèmes qui se présentent, dans un sens humain et pour le bien de la société. Une telle stratégie ne sert qu’aux profiteurs de la situation actuelle.
C’est pourquoi nous souhaitons inviter, 20 ans après la chute du mur, les lecteurs et lectrices de contribuer à corriger l’image qu’on se fait de la RDA, ce qui permettrait de mettre en place une conception différente et meilleure pour l’avenir de l’Allemagne. •
*«Die DDR war anders. Kritische Würdigung sozial-kultureller Einrichtungen», 2002, ISBN 3-929532-62-X. [La RDA était différente. Appréciation critique des institutions socioculturelles. 2002]
«Kolonialisierung der DDR. Kritische Analysen und Alternativen des Einigungsprozesses», 1996, ISBN 3-929440-67-9. [Colonisation de la RDA. Analyse critique et vues alternatives du processus de réunification. 1996]
Extraits de http://www.comite-honecker/org/allemagne.htm
Relayé par NOSE DE CHAMPAGNE.
10 novembre 2009
BERLIN, BILIN, NILIN : CES ONZE MURS MURANT LE MONDE QUI RENDENT LE MONDE MURMURANT
Le Mur de Berlin, la « barrière de protection antifasciste » qui était censée protéger le paradis socialiste de l’enfer capitaliste, rasé à Berlin même, se réincarne (ou plutôt se réinbétonne) aux quatre coins de la planète :
- En Palestine, où il est censé protéger « l’Unique Démocratie du Moyen-Orient » du « terrorisme » indigène
- Aux USA, le long du Rio Grande, où il est censé protéger la « bonne Amérique » de l’invasion latina
- À Ceuta et Melilla, où il est censé protéger l’Europe riche de l’invasion des Nègres affamés.
- Au Sahara occidental, où il est censé protéger l’occupant marocain des attaques menées par les indigènes, chassés par l’occupation en Algérie
- Au Pakistan, pour protéger le « pays des purs » des méchants Talibans
- Au Cachemire occupé par l’Inde, pour le protéger des « méchants-terroristes-cachemiris-manipulés-par-le-Pakistan »
- À Chypre, où il est censé éviter aux serviettes grecques de se mélanger avec les torchons turcs
- En Corée, où il est censé protéger le Sud démocratique du Nord totalitaire
- En Arabie saoudite, où il est censé protéger les pétro-princes des pouilleux yéménites
- À Bagdad, où il est censé protéger les « bons Chiites » des « mauvais Sunnites »
- À Belfast, où il est censé éviter aux bons et loyaux sujets protestants de Sa Majesté de se friter avec les papistes républicains
Cela fait onze murs à abattre, onze chaînes de dominos à faire basculer. De toute urgence. Du boulot en perspective pour Angela, Nicolas, Lech, Mikhaïl, Hillary et Barack.
À Nilin, ils ont déjà commencé les travaux de démolition :
« Marquant le 20e anniversaire de la chute du mur de Berlin, les Palestiniens ont démoli ce vendredi dans le village cisjordanien de Ni’lin, un pan de mur construit par Israël. Lors de la manifestation hebdomadaire contre le mur, qui traverse le centre du village situé dans la région de Ramallah et isole les habitants de 60% de leurs terres agricoles, quelque 300 manifestants ont méthodiquement démantelé une section en béton avant que les forces israéliennes n’ouvrent le feu. Ils ont brûlé des pneus et abattu une dalle de béton de huit mètres de haut en s’aidant d’un vérin mécanique pour voiture. «Il y a vingt ans, personne n’imaginait que la monstruosité d’un Berlin divisé en deux pourrait jamais être abattue, mais il n’a fallu que deux jours pour le faire», a déclaré Muhib Hawaja, un des manifestants, au journal israélien Yedioth Aharonot. «Aujourd’hui, nous avons prouvé que nous aussi pouvions l’imposer, ici et maintenant. Ce sont nos terres au-delà de ce mur, et nous n’avons pas l’intention d’accepter son existence. Nous triompherons car la justice est de notre côté.»(Ma’an News Agency/ info-palestine.net, 7 novembre 2009).
Ayman El Kayman, délégué général du SMDM
(Syndicat mondial des démolisseurs de murs)
Coup de dent d'Ayman El Kayman
Mon crocodile préféré relayé par Esteban
09 novembre 2009
SALAH : UN FRANÇAIS MOINS EGAL QUE LES AUTRES, MONSIEUR BESSON ?


Salah HAMOURI est détenu depuis 1702 jours dans une des geôles israéliennes, à Gilboa, dans le sud-est israélien. Il faut obtenir la Libération du jeune franco-palestinien. C’est ce qu’a demandé l’acteur François CLUZET à France 2, et qui lui vaut l’accusation d’incitation à la haine raciste !
http://www.dailymotion.com/video/xb31pm_francois-cluzet-parle-de-salah-hamo_news
Relayé par NOSE DE CHAMPAGNE
08 novembre 2009
BENOIT FRACHON EST INDISSOLUBLEMENT LIE À MONTREUIL, MALGRE UN MAIRE REVANCHARD DE PASSAGE !
Madame la Sénatrice-Maire,
Dans ce grand mouvement réactionnaire contre-révolutionnaire qui abaisse toute notre société et lèse notre peuple, vous avez choisi votre camps et vous jouez votre partition en débaptisant la Place Benoît Frachon, à Montreuil.
Dans cette ville qui abrite un fleuron du mouvement ouvrier français et international, le siège confédéral de la première organisation syndicale française (par l'histoire, par l'audience chez les salariés, et par l'importance de son organisation), vous avez pris l'initiative de cette agression contre le monde du travail.
Le peuple qui résiste aujourd'hui contre la crise et les privilèges, comme il a toujours résisté contre la misère et la tyrannie a perçu votre offense. Nous-mêmes, nous sommes parfaitement conscients que cette insulte a été murement réfléchie et représente le paiement de la courte échelle des privilégiés qui vous ont fait place.
C'est Aimé Césaire lui-même, qui n'a jamais été l'otage de personne et qui ne le sera pas plus de vous-même, qui vous répond dans "Les armes miraculeuses":
"Il neigera d'adorables crépuscules sur les mains coupées
des mémoires respirantes..."
Vous pouvez compter sur notre détermination à vous faire reconduire en toute démocratie, tôt ou tard, là où vous auriez dû rester.
Avec l'expression de nos sentiments syndicalistes vigilants..."
NOSE DE CHAMPAGNE http:// nose2champagne.canalblog.com/; aux bons soins des successeurs d’EDWIGE et ses « grandes oreilles » ;
TZIGANE ET SA TRIBU DE NICE ET DES CARPATHES ;
CLAUDE DE TOULOUSE ;
ESTEBAN DE LA CÔTE D’AZUR http://letacle.canalblog.com/; pour compléter le travail des RG marseillais;
ANNA DE BRETAGNE ;
CRICRI D’ILE DE FRANCE ;
FRANCIS DE CORSE ;
PINGOUIN DE SANTIAGO DU CHILI ;
PEDRO DE NICE ET DE LUSITANIE…
06 novembre 2009
REVOLUTION D’OCTOBRE : « 10 JOURS QUI EBRANLERENT LE MONDE » !







Ce beau titre du communiste américain John Reed résume bien la portée de cette révolution qui reste pour toujours dans l’histoire du mouvement ouvrier, dans le cœur et la mémoire des militants progressistes du monde entier.
En pleine guerre des riches où ce sont les pauvres qui mourraient par millions, la révolution russe s’est déroulée en 2 temps : révolution démocratique bourgeoise conduite par les sociaux-démocrates (mencheviks) et Kérensky en février 1917, et révolution ouvrière et paysanne sociale conduite par les communistes (bolchéviks) en octobre 1917.
En 1 journée, le 26 octobre 1917, le nouveau gouvernement, qui a pris la forme d’un conseil des commissaires du peuple présidé par Lénine, réalise ce que Kérensky n’a pas réalisé en 8 mois: Tout le pouvoir aux soviets, la paix, le pain, le contrôle ouvrier dans les usines, et la terre à ceux qui la travaillent.
La commune avait tenu 100 jours. Lénine a dansé le jour où la révolution soviétique a dépassé cette durée fatidique… 70 ans plus tard, le capitalisme est restauré et les guerres redeviennent nombreuses sur la planète. Il faut trouver ce qui n’a pas fonctionné pour réussir la prochaine tentative de construction du socialisme au service des hommes et de la nature.
NOSE DE CHAMPAGNE
LA RÉVOLUTION D'OCTOBRE : 92ème ANNIVERSAIRE
Interview de l’écrivain Manuel Talens
à l’occasion du 92ème anniversaire de la Révolution d’Octobre
« La Révolution russe a été la preuve tangible dont les parias de la terre avaient besoin pour être sûrs que le rêve de Marx n'était pas irréel »
La Révolution d'octobre a été depuis ses tous débuts une référence pour le mouvement ouvrier international et internationaliste et les organisations socialistes qui n'ont pas cédé face au bellicisme et à l’avidité de conquête des puissants de la terre. Une référence qui est, de plus, chaque année célébrée. Les cérémonies organisées en hommage à cette glorieuse date du 7 novembre, sont dans la mémoire de beaucoup de combattants révolutionnaires. Depuis la désintégration de l'URSS, depuis le triomphe de la contre-révolution capitaliste (sauvage) sur la terre de Gorki et de Maïakovski, ici également, sur cette page rougie, s’est installé l’oubli, un oubli injuste et suicidaire. Aussi, afin que l’on se souvienne de cette date, que l’on apprenne la signification de cette révolution socialiste, nous avons discuté avec l'écrivain, scientifique, traducteur et militant Manuel Talens.
* * *
Il n’y a pas longtemps, tu me rappelais que ton premier roman, La parábola de Carmen la Reina [La parabole de la Reine Carmen], se terminait par les phrases suivantes :
« [À Artefa, un très petit village des Alpujarras (1), on peut entendre les trompettes de l'Apocalypse]… María Espinosa se
trouvait dans la basse-cour, et lançait des graines aux poules ; elle avait rêvé que José Botines lui déclarait son amour en la caressant avec des mots doux à la lumière de la bougie, elle s’était réveillée avec l'esprit si heureux qu'elle en avait oublié d’ouvrir la fenêtre pour aérer la chambre, et elle ne s'était même pas rendu compte que l’azur était couvert par des nuages de plomb qui s’étaient lentement installés pendant la nuit ; mais elle leva le regard lorsqu’elle sentit que ses cheveux de neige commençaient à être mouillés, c’est alors qu’elle vit la lumière d'un éclair tomber sur la croix du clocher ; elle passa par le côté gauche de sa maison pour arriver jusqu'à la place, avec les tympans à moitié sonnés à cause des explosions assourdissantes ; elle sentait une odeur de poudre brûlée et à travers les fenêtres de l'église elle voyait s’échapper les flammes scintillantes ; elle était presque à deux pas de la mort, et cependant elle avait cru entendre dans le bruit des tonnerres le début d'un nouvel espoir ; c’était le 7 novembre de l'année 1917, et au même instant les hordes libératrices sautaient par-dessus les barricades au rythme de la septième et dernière trompette, en avançant victorieuses au milieu de la fumée opaque des canons pour assiéger le Palais d'Hiver… »
Permets-moi de t’interroger justement, presqu'un siècle plus tard, sur ce 7 novembre. Tu parlais d’un nouvel espoir, de hordes libératrices. Que s’est-il donc passé le 7 novembre 1917 ? Pourquoi penses-tu qu'il a représenté un nouvel espoir pour les classes laborieuses du monde entier ?
Puisque ta question est un mélange de fiction et de réalité, ce qui m’enchante d’autant plus que j’ai l’habitude de le faire en tant que narrateur, je vais d'abord ajouter un peu de contexte à cette citation extratemporelle de mon roman, pour mieux situer le lecteur. La parábola de Carmen la Reina se déroule dans la région montagneuse des Alpujarras granadinas (1), ce coin d'Andalousie d'où ma famille maternelle est issue, et évoque la lutte des classes dans un village imaginaire, Artefa, tout au long du XIXe siècle et au début du XXe. La coïncidence précise des dates entre le dénouement apocalyptique des événements à Artefa et la prise du Palais d'Hiver - qui avait marqué la naissance de l'URSS - n'est pas une chose fortuite, mais plutôt un recours rhétorique par lequel j'ai voulu rendre hommage à cet événement historique fondamental qu’a été la Révolution d'Octobre.
Quant à ce 7 novembre, je dois rappeler que la Russie tsariste s’appuyait sur l'ancien calendrier julien, différent du grégorien qui aujourd'hui est utilisé partout. Ce qui a fait que, le 25 octobre, date du triomphe des soviets selon le calendrier prérévolutionnaire, coïncide avec le 7 novembre grégorien. De là vient l’apparente contradiction temporelle d'une Révolution d'octobre qui se commémore en novembre.
J'ajouterai que la toute jeune Union Soviétique a immédiatement adopté le calendrier grégorien, mais sans pour autant cesser de parler de sa révolution comme celle d'octobre. Plus tard, cette confusion a été fixée pour toujours dans l'inoubliable film d'Eisenstein. Aujourd'hui le monde est si globalisé et si uniforme que ces divergences paraissent illogiques, mais à cette époque, pas très lointaine, c’était le contraste entre les pays et les cultures qui était normal, et non pas la similitude. Ceci étant clarifié, revenons à ta question.
Au sujet du 7 novembre 1917 et de son importance historique, des tonnes de pages ont déjà été écrites et, aujourd’hui, ce que je pourrais rajouter à l’occasion de cette interview n'est rien de plus que l’insignifiant avis personnel - sans volonté de convaincre qui que ce soit - de quelqu'un qui a toujours considéré ces faits avec des yeux bienveillants. Aussi, je m'excuse par avance si mes commentaires ne sont pas à la hauteur.
La Révolution russe a été la deuxième de l'histoire, mais la première que le prolétariat ait gagné, puisque la première, la française – de caractère bourgeois - avait laissé intacte la propriété privée capitaliste des moyens de production comme système économique régnant. Par contre, la Révolution russe a été la preuve tangible dont les parias de la terre avaient besoin pour être sûrs que le rêve de Marx n'était pas irréel. Elle représentait le début d'un nouvel espoir, car comment ne pouvait-il pas en être autrement ? Cette fois-ci, le capitalisme exploiteur n’était pas resté en place, mais avait été remplacé par le communisme, merveilleux concept malgré toute la désinformation dont il a eu à souffrir pendant plus d’un siècle, et ce communisme-là signifiait l'égalité dans la répartition des biens terrestres.
Qu'en dernier ressort cet édifice se soit effondré sept décennies plus tard, ne rend pas moins sublime sa construction. Tout au plus cela confirme que les rêves, une fois réalisés, ont besoin de ferveur et de combat quotidiens durant toute la vie pour ne pas s’éteindre.
Donc, le communisme, ce merveilleux concept selon tes dires, serait « l'égalité dans la répartition des biens terrestres ».
Bien sur, il s'agit d'un concept de base du matérialisme historique, qui se dégage de la société sans classe et de la propriété publique des moyens de production. Le paradis, si celui-ci existe, est ici-bas et ne doit pas être seulement pour quelques-uns, mais pour tous. C’est ce qui s’appelle partager, un concept qui est étranger à la nature même du capitalisme. Le message évangélique du christianisme est précisément le même que celui du communisme, à la différence qu'il s’expérimente sur le terrain de la pensée magique pour faire rêver à un hypothétique usufruit égalitaire dans l’au-delà.
Tu t'es référé à un film d'Eisenstein. Lequel concrètement ?
À Octobre, une merveille du cinéma muet, dédiée aux prolétaires de Petrograd, qu’Eisenstein avait filmé en 1927 pour célébrer le dixième anniversaire de la révolution. Beaucoup de combattants qui avaient réellement combattu ont joué leurs propres personnages dans le film, détail historique à ne pas dédaigner, mise à part la maestria démontrée dans ce film par ce cinéaste extraordinaire qu’a été Eisenstein. Il est disponible sur internet, mais au fur et à mesure que le temps passe, il y a chaque fois moins de gens qui sont encore capables d'apprécier une narration cinématographique comme celles d’autrefois, à l’état pur, sans dialogues.
On a parfois entendu affirmer, surtout de la part de ceux qui lui ont été hostiles, que la Révolution russe a été plutôt un coup de main des bolcheviques. Que peux-tu dire de cette appréciation ?
Que nous sommes, ici, sur le terrain de la propagande, dont l'objectif n'est autre que la désinformation. Il est évident que la réécriture de l'histoire de la part de l'adversaire reste accrochée comme un pot de colle à toute entreprise révolutionnaire. Nous avons des exemples très proches : depuis cinq décennies Cuba endure des calomnies, quant au Venezuela, il ne se passe pas un seul jour sans que la presse privée occidentale n’affirme que quoique fasse le gouvernement de Hugo Chávez, c’est mauvais. Il faut apprendre à vivre avec cet obstacle qui pour l'instant paraît insurmontable.
Le supposé coup de main des bolcheviques ne résiste même pas à la plus petite analyse, c’est une insulte à l'intelligence. Il se base sur la fausseté sémantique que toute révolution est un état de pagaille et de désordre, sans tactique réfléchie de combat, qui finit par asphyxier l'ordre légal comme étant le passage précédant le chaos. Avec une prémisse aussi trompeuse il est facile de déduire le sophisme que la prise du Palais d'Hiver - dernière escarmouche révolutionnaire, un prodige de tactique militaire - a été un coup de main de plusieurs centaines de bolcheviques intrépides, qui ont fini par pêcher en eaux troubles.
Il s’agit sans aucun doute d'une thèse réductrice ad infinitum, qui fait intentionnellement abstraction de tout le processus révolutionnaire antérieur, lequel en mars, avait poussé le tsar Nicolas II à abdiquer et à former un fragile gouvernement provisoire de la bourgeoisie capitaliste. En outre, cette thèse, fait complètement abstraction de ce que Petrograd (Saint-Pétersbourg) était déjà sous le contrôle des soviets et ignore, par-dessus tout, l’intelligence de Lénine qui à ce moment le rend maître de l’échiquier.
C’est comme si nous prétendions oublier Fidel Castro et le combat de guérillas qu’il avait initié à partir de la Sierra Maestra et que nous nous focalisions seulement sur la bataille finale de Santa Clara - autre prodige de tactique militaire -, qui avait débouché sur la victoire finale de la Révolution cubaine. Quel est celui qui pourrait dire aujourd'hui avec bon sens que cette Révolution n'a été qu'un coup de main de plus de Che Guevara ? Ce serait absurde et pure supercherie.
Il y a un instant tu parlais de l’intelligence de Lénine. En quoi réside-t-elle ? Dans son audace ? Dans son courage ? Dans ses analyses politiques inhabituelles ? Dans son hétérodoxie ? Il y a eu un Lénine avant et un Lénine après la révolution ?
En général, les grands leaders politiques ou militaires qui en bien ou en mal ont marqué l’histoire – on peut citer Alexandre le Grand, Jules César, Gengis Khan, Hernando Cortés ou, en ce qui nous concerne, Lénine – sont des êtres d’un intelligence supérieure, courageux jusqu’à l’indicible et dotés d’une capacité de stratégie hors du commun.
Naturellement, cette capacité n'est pas un mérite en soi, mais elle l’est lorsqu’elle est consacrée exclusivement à une tâche aussi noble et altruiste que celle de l’amélioration du genre humain. Lénine – de même qu’ensuite Fidel, Ho Chi Minh ou Nelson Mandela- font partie de cette galerie restreinte d'êtres uniques. J’espère ainsi avoir répondu aux cinq premières interrogations que tu me poses dans ta question.
Et, en ce qui concerne le dernier point, la métamorphose me paraît indiscutable entre le leader qui préconisait la lutte révolutionnaire et l'homme d'État qu’il fut ensuite, après la prise du pouvoir. Mais cela entre dans cadre normal de la situation, car les circonstances dans les deux périodes étaient radicalement différentes. Un des exemples de cette évolution a été le rôle, chaque fois plus important, assigné au Parti. De l’entité qu’il était au début, consacrée à l'éducation populaire afin que les masses puissent devenir l'avant-garde du prolétariat, il s’est mis en quête d’exercer le pouvoir. Il est indéniable que la singularité de ce triste paradoxe, profitera ensuite à Staline pour légitimer ses crimes.

L'éducation populaire : « Le livre est ton meilleur compagnon, instruis-toi »
(affiche soviétique, vers 1919)
Quelle attitude les grandes puissances du moment - l'Angleterre, la France, les USA également - ont-elles adopté face aux nouveaux événements ? Les ont-ils laissé respirer ?
Comme on pouvait s'y attendre, l'attitude de ces pays a été l'hostilité totale. Le passage du capitalisme au socialisme n'est pas une chose qui peut rester impunie dans le concert des nations, car cela suppose la perte d'un marché et, en même temps, la possibilité que d'autres peuples soient contaminés par le virus de la révolution. L'Angleterre, la France, les USA et même le Japon, le Canada, la Tchécoslovaquie et l'Allemagne, parmi d'autres pays, se sont empressés de financer les armées de mercenaires nationalistes, tsaristes, anticommunistes et conservateurs dans la guerre civile qui avait éclaté en URSS en 1918 mettant aux prises l'armée rouge avec ce qu’on appelait l’armée des « Russes blancs », c'est-à-dire, le pire du pire de cette société, une espèce de gusanos avant la lettre*. Mais cette tentative contrerévolutionnaire a échoué.
Ce qui est curieux - ou peut-être pas tant que çà – c’est que cette attitude hostile des nations, persiste encore aujourd’hui ; la plus petite tentative dans quelque pays ou continent que ce soit de changer les règles du jeu par d'autres règles plus justes, reçoit toujours en retour la même réponse. L’Amérique latine en connait assez par sa propre expérience. Le Honduras n'est que le dernier exemple d'une longue liste d'interventions contrerévolutionnaires attisées de l'extérieur.
Lénine est mort au début de l’année 1924. Certains ont dit qu'il était mort déprimé, abattu devant l’évolution les événements, pas seulement par les difficultés du processus, mais plutôt par les attitudes de certains de ses camarades. Est-ce que cette hypothèse te semble plausible ?
Personnellement, cet argument me semble être une bêtise magistrale, une de plus parmi les nombreuses qui ont été inventées
afin de ne pas laisser accepter ce qui pour le capitalisme s'avère inacceptable : c'est-à-dire que Lénine était incombustible, comme Mandela, comme Fidel, ou comme Chávez le sera probablement. Quand la réaction ne peut rien faire contre quelqu'un, elle le dénigre. On a dit aussi qu'il est mort de la syphilis. Quelle importance y a-t-il si l’on meurt de la syphilis, d'un accident cérébro-vasculaire ou d'un faux-pas ? Est-ce si difficile d'admettre que Lénine est mort parce que son heure était venue? L’invention d’une dépression tardive, est d’un ridicule, surtout pour quelqu'un qui a survécu à la prison, aux déportations, à l'exil et à toutes sortes d’aléas sans jamais dévier du chemin qu’il avait tracé à l'avance.
Je précise que je ne prétends pas, par là, insinuer que Lénine était insensible à la souffrance. Personne ne l'est.
Pourquoi penses-tu que le processus a pris au bout de quelques années une direction aussi autoritaire ?
Cette partie est celle qui est la plus douloureuse pour l'URSS, parce qu'elle invite à imaginer ce qu’aurait pu être cette grande patrie internationaliste sans Staline dans le paysage, sans l’affaiblissement dans la Seconde guerre mondiale et sans la course à l'armement dans laquelle le pays avait été entrainé durant la guerre froide. C’est comme imaginer un destin différent pour l'Espagne si Franco n'avait jamais existé. Le problème c’est que l'histoire ne permet pas de faire marche arrière pour rectifier les erreurs.
Ce qui est certain - et terrible – c’est que Staline a été un cancer non seulement pour l'Union Soviétique, mais pour l'idée même du communisme comme horizon. Et ceux qui lui ont succédé, sauf peut-être Khrouchtchev, ont été les métastases tardives de Staline, qui ont fini par éliminer l'héritage de Lénine. Mais le communisme ce n'est pas cela. Par chance, Cuba la solidaire, nous montre depuis cinquante ans le visage merveilleux et compatissant du communisme.
Tu viens de citer Khrouchtchev. Comment se fait-il que cette tentative de rénovation, cette autocritique du stalinisme au XXe Congrès qui avait de nouveau libéré tant et tant d'espoirs, n’ait pas donné ses fruits ou que ceux-ci n’aient que très peu duré ?
Je ne suis pas kremlinologue ni rien de ce style-là, de sorte que je ne peux qu’interpréter ce que me suggère mon odorat. Je crois que le XXe Congrès est arrivé trop tard. Si Staline avait été une flor de un día (2) tout aurait pu être évité, mais tu as beau réaliser des choses dignes d'éloges, il n'y a pas de révolution qui puisse résister à vingt-neuf ans de crimes, d’abus et de terreur. Je considère que Khrouchtchev n'a pas du tout réussi à extirper le cancer stalinien et, par conséquent, il n'a pas tardé à se régénérer.
Il y a quelques années à Moscou, on m'a raconté une histoire adorable sur Khrouchtchev, que j’ai reproduis dans une nouvelle. Rappelle-moi de t’envoyer le passage.
(Quelques jours plus tard, Manuel Talens a eu la gentillesse de m'adresser le texte et la photo reproduits ci-dessous) :
[…] C’est ainsi que le lendemain il m'a fait connaître le cimetière de Novodevichi. Les allées aménagées étaient couvertes de neige. Nous errions au milieu des pierres tombales et je n'avais pas pu résister à la vieille tentation de monologuer avec elles, cette fois-ci sur les personnages célèbres qui sont enterrés là et de ce que je connaissais d’eux. Il m’écoutait attentivement et son regard devenait moqueur. Nous arrivons à la tombe de Khrouchtchev. C’est Mei-Ling qui, là, ouvrit ses lèvres pour me dire que l'ancien président de l'URSS n'est pas au Kremlin parce qu’il est mort loin du pouvoir. Depuis que je la connais, c’est la première fois qu’elle m'a adressé plus de cent mots à la suite. J'ai su alors que le mausolée est l’œuvre d'Ernst Neizvstny, un sculpteur que Khrouchtchev avait fait convoquer du temps où il était premier secrétaire du PCUS pour lui reprocher violemment que son art lui semblait contraire aux idéaux du socialisme ; c’est alors que le jeune artiste, au lieu d’être effrayé, lui avait répondu que tout camarade secrétaire qu’il était, il ne connaissait absolument rien à la sculpture. Apparemment, après être tombé en disgrâce, Khrouchtchev avait rappelé le sculpteur et tous les deux avaient établi une certaine amitié, de telle sorte que dans son testament il avait laissé la charge à Neizvstny de sculpter son monument funéraire. Sur celui-ci, de chaque côté du visage réaliste de l'ancien dirigeant, il y a deux grandes figures angulaires abstraites, l’une en marbre blanc et l’ autre en marbre noir, qui comme Mei-Ling me l’a confessé, symbolisent deux oreilles.
- À la fin de sa vie – conclut-elle, Khrouchtchev avait appris à écouter. […]

Tombe de Nikita Khrouchtchev, cimetière de Novodevichi (Moscou)
Il est probable que l'Union Soviétique s’est désintégrée parce que ses dirigeants étaient autistes, ils n'écoutaient personne.
Mais je ne voudrais pas donner l'impression que dans la trajectoire de l'URSS tout me semble négatif. Pour mémoire il restera toujours l'aide qu'elle a apporté à la République espagnole pendant notre guerre civile, l'héroïsme du peuple soviétique dans la Seconde guerre mondiale (les deux choses s’étant déroulées pendant le mandat de Staline, il faut également le dire) et jusqu'à son dernier souffle son appui constant et inconditionnel à Cuba.
Quant au reste, dans les années quatre-vingt, il y a eu plusieurs tentatives pour modifier le cap. La première avec Andropov, qui n'était pas stupide, et ensuite avec Gorbatchev et la perestroïka. Quel est ton avis sur ces nouvelles tentatives ?
Aucun des dirigeants qui ont succédé à Khrouchtchev n’était stupide, mais je suppose qu’aucun d'eux non plus ne croyait comme il fallait croire - avec une conviction inébranlable - à la survie du legs de la révolution. Je ne ressens aucune sympathie si minime soit-elle pour leur mémoire.
Le dernier, Gorbatchev, a été une sorte d'Adolfo Suárez soviétique que le hasard avait catapulté à l'improviste dans un lieu inattendu : d’austère serviteur de l'appareil il s’est vu reconverti en frivole démocrate télévisuel du style occidental. Il a sans doute fait ce qu’il a pu, il a essayé d'ouvrir la fenêtre pour faire entrer de l’air frais, mais l'URSS était déjà moribonde. Un cancer ne se soigne pas avec des cataplasmes et Gorbatchev a du tenir le rôle ingrat d'assister à regret en tant que spectateur à une agonie qui s’accentuait, et insensible à tout traitement.
Il y a une chanson de Jacques Brel, J'arrive, qui exprime bien l'impuissance que Gorbatchev a dû ressentir au fur et à mesure que la situation lui échappait des mains : C'est même pas toi qui es en avance, c'est déjà moi qui suis en retard . Et l’inévitable est arrivé, un jour Eltsine est apparu – arriviste, menteur, voleur, ivrogne et traître – pour lui donner le coup de grâce.
À un certain moment tu t'es référé à l’épine qu’était la guerre froide. J’y reviens. La guerre froide, qui a toujours été très chaude pour l'Occident belliciste, qui avait l'intention d’étouffer l'URSS dès le début, est-ce qu’elle ne lui a pas laissé, peut-être, que très peu de marge de manœuvre ? De fait, dans ces conditions limitées, était-ce possible d’emprunter d’autres chemins ?
Dans des cas comme celui de l'URSS, ma grand-mère disait généralement « entre tous ils l'ont tuée et elle-seule est morte ». Il n’y a aucun doute que les yankees ont eu beaucoup à voir dans cette course à l'armement irréfléchie et dans la stupide compétition spatiale que les USA et l'URSS ont maintenu pendant des décennies.
Je peux comprendre que Washington dépense des sommes colossales (qu'il ne possède pas) pour la conquête de l'espace, parce que finalement il est un empire colonialiste et envahisseur et que le nombre important de ses citoyens pauvres, sans soins médicaux lui importe guère. Mais ce que je ne peux pas comprendre, et jamais je ne le pourrai, c’est que l'URSS ait accepté le défi de jeter dans le caniveau des milliers de millions de roubles en spoutniks, voyages spatiaux et autres galères, tandis que ses citoyens souffraient de privations dans les différentes républiques. Toute ménagère sait quelles sont les priorités et ne viendrait à l’esprit d’aucune d’elle ayant un brin de bon sens d’acheter une Rolls Royce alors que ses enfants n’ont même pas un verre de lait. Je regrette de le dire, mais les dirigeants du Kremlin ont choisi d'acheter la Rolls Royce. Ces délires de grandeur ont laissé filer des ressources qui auraient du être consacrées au bien-être du peuple soviétique, au lieu de les gaspiller de la sorte.
Je ne fais pas partie de ce petit monde, ce que je dis, n’est que mon avis de spectateur : j'ignore quelle était la réelle marge de manœuvre de Moscou et si vraiment c’était nécessaire d'accepter la course aux armements - qui était une fuite en avant, vers la ruine - au lieu de se contenter d'organiser la défense face à de possibles attaques usaméricaines. Mais il me semble que les politiques impériales, même si elles sont imposées de l'extérieur, ne devraient pas avoir de place dans un État révolutionnaire.
En comparaison, ce que fait Cuba me semble, ô combien, plus logique: il consacre ses faibles ressources économiques à fabriquer des vaccins, à former des médecins, des enseignants et des travailleurs sociaux, qu'il met ensuite à la disposition de ses pays frères.
L'URSS a été désintégrée en 1991. À ton avis, quel est l’élément qui a été le plus décisif pour son effondrement ?
Au harcèlement constant de Washington il faut y ajouter les propres erreurs de Moscou : la perte des idéaux, la perpétuation d'une bourgeoisie du Parti éloignée de la réalité quotidienne du peuple soviétique, la ruine économique et morale, la corruption incrustée dans tous les domaines. C’est notre quotidien à nous, que nous ne saurions ignorer dans les démocraties bipartites occidentales. L'Espagne est un bon exemple d'une telle décadence.
Dans mon roman que tu as cité plus haut, juste après les paroles que tu as reproduites et juste avant le point final, le narrateur ajoute : « les hommes ont sans doute été créés pour être brièvement libres l’instant des batailles, et retourner à l'esclavage dès qu’ils enserraient la victoire dans les mains ». Qui peut savoir si notre destin est celui-ci : essayer, échouer, essayer une autre fois, échouer de nouveau et ainsi de suite, sans jamais nous résigner à l'échec. Je suis un pessimiste actif, empli d'optimisme.
Tu dis, essayer, échouer et essayer à nouveau. Aller aux batailles que l’on sait perdues, combattre pour perdre et combattre à nouveau. N'est ce pas un peu absurde ? Le panorama que tu dessines n’est-il littérairement brillant, mais politiquement non viable ? N’y a-t-il pas là, sous-jacente, une philosophie de l'histoire non seulement pessimiste-optimiste mais, disons, très romantique ?
Je reviens à Lénine : deux pas en arrière, un en avant. Pure praxis. Ce qui est absurde serait de renoncer. Il n'y a rien de romantique dans cette manière de penser. Le romantisme me laisse froid.
Vu avec le recul, à partir de notre position actuelle, et en tenant compte des dix ans ou plus de capitalisme sauvage en Russie après la chute de l'Union Soviétique, penses-tu que ce 7 novembre valait la peine ? Crois-tu que les mouvements libérateurs de la terre doivent continuer à garder cette date comme une référence ? En définitive, devons-nous continuer à nous reconnaître dans cette révolution ?
Oui, ça valait la peine. Le critère pour évaluer les faits qui font l'histoire ne devrait jamais être leur succès ou leur échec, mais leur essence, bonne ou mauvaise. Et l'essence de cette révolution, qui a été faite pour améliorer le sort des parias de la terre - j'aime revendiquer l’Internationale -, a été bonne.
Dans la Russie actuelle le capitalisme sauvage a, du jour au lendemain, créé des multimillionnaires. C'est ce qui figure dans les grands titres des Unes de la presse occidentale, tandis que dans les pages intérieures les entrefilets nous renseignent sur l'autre facette, beaucoup plus sinistre : qu’entre 1990 et 2008 l'espérance de vie des Russes - une donnée qui mesure la qualité de vie et qui résume le taux de mortalité pour tous les âges, les deux sexes confondus - a baissé de 69 à 65 ans. Ces 4 années de différence peuvent paraitre mineures, mais elles sont l'expression statistique d'une tragédie humaine de dimensions énormes.
Quant à la question de savoir si nous devons nous reconnaître dans la Révolution d'octobre, je ne saurais pas te dire. La nostalgie me déplaît, parce que le passé n'a jamais été meilleur. Je préfère analyser les faits historiques, à tête reposée, pour ne garder que leurs côtés positifs, mais sans ignorer ce qui est négatif. De plus, aujourd'hui les choses sont très différentes et, du moins pour l'instant et dans certaines circonstances sociales, il s’avère possible de faire la révolution en utilisant le système électoral de la démocratie comme levier, sans avoir recours aux armes. Bien que ce soit beaucoup plus compliqué, bien sûr, car le vote ne permet pas de neutraliser complètement l'ennemi, qui reste toujours tapi en embuscade.
J’aimerais finir par une question sans nostalgie. Comment conçois-tu le socialisme du XXIe siècle ? Quels sont les territoires qui te semblent les plus propices à sa conquête ?
Bien, pour terminer moi aussi, et avant de te donner mon opinion sur le socialisme du XXIe siècle, j’aimerais te dire que j’ai été enchanté de discuter avec toi sur des sujets aussi extratemporels, et décalés du discours actuel comme le sont le marxisme et la Révolution d’Octobre. Et je suis d’autant plus enchanté que cette conversation sera publiée, car de nos jours elle est franchement hétérodoxe, ce qui n’empêche pas que c’est une vertu au milieu d’autant électroencéphalogrammes idéologiques plats [sourire]. La postmodernité, toi tu le sais très bien, a fait des ravages dans les partis traditionnels de gauche et dans la pensée politique des sociétés contemporaines, et le seul fait de parler de ces choses-là s’apparente presque à de la science-fiction. On n’y peut rien !
Je termine donc : le socialisme du XXIe siècle je le conçois parlant espagnol et pas exactement dans notre pays [l’Espagne], mais en Amérique latine. C’est là-bas que réside le futur de l'humanité, si celle-ci peut encore avoir un futur. Nous, nous ne verrons pas son apogée, mais il a déjà commencé. De fait, sa semence avait été officiellement plantée le 8 janvier 1959, lorsque les barbus sont entrés à La Havane. Sans Cuba et son exemple tenace de résistance durant cinq décennies, le socialisme du XXIe siècle, aujourd'hui, ne serait pas possible. Il ne manque plus qu'au moins un des trois géants latino-américains - le Mexique, le Brésil ou l'Argentine –trouve et élise un Chávez, un Evo ou un Correa à sa mesure afin que la locomotive de ce train commence à prendre de la vitesse et devienne impossible à arrêter. C’est une question de temps. Ce jour-là, si j'arrive à y assister, je serai heureux.

Un rêve qui n'était pas irréel…
« Les philosophes n'ont fait qu'interpréter diversement le monde, il s'agit maintenant de le transformer. ». »
Tombe de Karl Marx au Cimetière de Highgate Cemetery à Londres. Photo Patricio Suárez
*Gusanos : vers de terre, terme cubain utilisé pour désigner les anticastristes de Miami. Avant la lettre : En français dans le texte
(1) Las Alpujarras : Région montagneuse du sud de l'Espagne, partagée entre les provinces andalouses de Grenade et d'Almería. Elles se situent sur les flancs sud de la Sierra Nevada.
Les Alpujarras sont divisées en deux comarques : l'Alpujarra granadina, dans la province de Grenade, et l'Alpujarra almeriense, dans la province d'Almería. Cette division a été arrêtée par l’Assemblée d’Andalousie en 1993. Source : Wikipédia
(2) Flor de un día : « flor de la maravilla » ou fleur de la merveille; Plante d’ornement, originaire du Mexique…avec ses tiges se terminant par de grandes fleurs aux pétales couleur pourpre, qui se fanent quelques heures après s’être ouvertes…
Au sens figuré : une personne qui peut subitement passer d’un état de bonté à celui de méchanceté. Source : Real Academia Española.
Traduit par Esteban
Édité par Fausto Giudice
En primeur, à l'attention du blog internationaliste "Le Pigeon Bleu"
Esteban
ESPAÑOL, ENGLISH, DEUTSCH, PORTUGUÊS, ITALIANO
****************
Source : “La Revolución rusa fue la prueba tangible que necesitaban los parias de la tierra para estar seguros de que el sueño de Marx no era irreal”
Article original publié le 6/11/2009
Article également sur Tlaxcala , LE TACLE
Dépenses de l'Élysée : article du Monde
Le montant mensuel brut (soumis à cotisation) de la rémunération du président de la République s'élève, en 2009, à 21 133,37 euros, y compris une indemnité de fonction de 4 226,22 euros. Cela correspond à un montant mensuel net de 19 508,21 euros", selon le rapport du député socialiste Jean Launay sur les crédits alloués à l'Elysée en 2010, examiné, jeudi 5 novembre, à l'Assemblée nationale.
En outre, le député socialiste fait état d'autres chiffres élyséens dans son rapport. Le coût des déplacements de Nicolas Sarkozy, hors activité diplomatique, en métropole et outre-mer a, par exemple, baissé de moitié entre le premier semestre 2008 (1,452 million d'euros) et le premier semestre 2009 (0,738 million d'euros), mais, sur la même période, les dépenses pour la "protection du président" ont crû de plus de 60 % (447 597 euros, contre 272 617 euros).
LE SÉJOUR DE KADHAFI CHIFFRÉ À PLUS DE 20 000 EUROS
Le séjour du dirigeant libyen, Mouammar Kadhafi, à l'hôtel Marigny, qui dépend de l'Elysée, du 10 au 15 décembre 2007, a coûté 22 169,93 euros, une dépense imputable au Quai d'Orsay. Concernant les effectifs de la présidence, ils ont reculé depuis 2007, passant de 1 057 personnes à 1 031 en 2008 puis à 943, au 31 août 2009. En revanche, le parc automobile est resté inchangé, aucune voiture n'ayant été vendue en 2008, avec une valeur comptable de 1 858 576,16 euros.
Mais le député Launay fait également état de recettes. Le président a par exemple remboursé, en 2008, "3 600 euros" au titre des "dépenses à caractère privé". Autre remboursement, celui des plateaux-repas par les conseillers élyséens et le paiement des cartes de vœux imprimées par la présidence, ce qui a rapporté au total 10 660,50 euros. D'autre part, les tournages de films (dont L'Abolition, sur le combat de Robert Badinter contre la peine de mort) au sein de l'Elysée ont rapporté à la présidence 17 300 euros en 2008.
Et toi, pôv' con, t'as une douche à 245 000 €?
Le Pingouin
04 novembre 2009
Privatisation de La Poste
Pour celles et ceux qui ne croient pas encore au projet du gouvernement de privatiser La Poste.....
Lisez ce que disait Henri Guaino en 2002 ( actuellement, conseiller spécial de Sarkozy ) au sujet de " l'ouverture du capital d'EDF "...
http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article2262
Notamment : " Ce qui est sûr, c’est qu’à partir du moment où on a rompu avec le monopole, on a rompu avec le modèle ancien du service public à la française....../.....Là où il y a une hypocrisie assez profonde à mon sens, c’est de laisser croire qu’en ouvrant un peu le capital d’EDF, on va préserver l’essentiel du modèle du service public à la française. Une fois que le capital est ouvert, que ce soit un peu ou beaucoup, minoritairement ou majoritairement, l’entreprise est forcée de se comporter selon les règles de la concurrence et de la rentabilité financière, et non plus selon les règles et les critères du service public. C’est fatal. Donc on se trouve (on l’a vu avec France Télécom), confronté à la situation suivante : si vous n’ouvrez pas le capital vous ne pouvez pas vous étendre, si vous ouvrez un peu le capital vous ne pouvez pas pénaliser les actionnaires qui sont rentrés, donc vous êtes obligés de viser la rentabilité financière, ce qu’on appelle aujourd’hui la création de valeur pour l’actionnaire, et non plus la création de valeur pour la collectivité. Et dès lors que vous avez besoin de capitaux supplémentaires pour vous développer, vous êtes obligés de faire appel au marché. Alors l’Etat peut évidemment souscrire en théorie à des augmentations de capital et garder sa part. Simplement si l’Etat le fait, Bruxelles l’accusera de subventionner une entreprise concurrentielle, et donc de créer une distorsion de la concurrence, un désavantage pour les autres concurrents producteurs et distributeurs d’électricité. Dans ces conditions il sera très difficile à l’état d’injecter les moyens financiers nécessaires dans cette entreprise. D’autant plus que l’Etat, on le sait, a de moins en moins de moyens financiers disponibles pour ce type d’opération. Donc il sera obligé de perdre petit à petit sa part de capital, jusqu’à perdre la majorité. Simplement ça se fera dans la pire des conditions. Moi j’appelle ça la politique du chien crevé au fil de l’eau. C’est à dire qu’à la fin ou bien vous gardez la majorité, mais vous vous sur-endettez comme France Telecom et vous arrivez au bord de la faillite ou bien vous perdez progressivement la majorité, simplement vous la perdez sans avoir fixé avant les règles qui vont régir les rapports entre l’Etat et cette entreprise pour laquelle la collectivité a consenti beaucoup d’efforts, et qui est un outil industriel formidable."
Tout avait déjà été dit !
+ petite vidéo très courte : http://www.dailymotion.com/video/x6q1cb_mensonges-de-sarkozy_news
Transmis par Gilles et relayé par le Pingouin
Voynet veux effacer Benoit Frachon de Montreuil
Madame la Maire
Je viens d'apprendre l'effacement du nom de Benoit Frachon, ancien secrétaire Général de la CGT et personnage historique du mouvement syndical, de la place qui porte encore son nom.
Je suis choqué.
Métallurgiste, président de l'institut d'histoire sociale de la CGT métallurgie, je tiens à vous dire que cette décision touche la CGT Métallurgie particulièrement. Votre réponse dans le Parisien de donner à cette place un nom qui parle aux Montreuillois, en l'occurrence Aimé Césaire pour qui j'ai un profond respect n'est pas convaincante.
Vous devez savoir que le parcours de Benoit Frachon n'est pas celui d'un anonyme mais d'un grand résistant communiste dans la France occupée, initiateur de la réunification de la CGT et menant la lutte contre l'occupant et Vichy durant toute cette période noire.
Benoit Frachon était un habitant de Montreuil, le saviez-vous ?
Il a été le secrétaire général de la CGT de 1945 à 1965 et dernièrement le Maire de Paris a inauguré une rue en son nom.
Nous avions vu des maires de droite débaptiser des noms de dirigeants syndicaux c'est une première à Montreuil .
Puisse votre réflexion évoluer.
Sincères salutations Madame la Maire.
Bernard LAMIRAND
Pour protester :site de la Mairie de Montreuil : http://www.montreuil.fr voir colonne échanger : écrire Madame la Maire
De vert a vert de gris parfois il n'y a pas loin ......
A vos mails contre cette forfaiture et cette volonté d'effacer les Militants ouvriers de la mémoire collective
Relayé par cricri
Mon identité nationale française à moi !!!!!!!!
Ma France
by Jean Ferrat
De plaines en forêts de vallons en collines
Du printemps qui va naître à tes mortes saisons
De ce que j'ai vécu à ce que j'imagine
Je n'en finirais pas d'écrire ta chanson
Ma France
Au grand soleil d'été qui courbe la Provence
Des genêts de Bretagne aux bruyères d'Ardèche
Quelque chose dans l'air a cette transparence
Et ce goût du bonheur qui rend ma lèvre sèche
Ma France
Cet air de liberté au-delà des frontières
Aux peuples étrangers qui donnaient le vertige
Et dont vous usurpez aujourd'hui le prestige
Elle répond toujours du nom de Robespierre
Ma France
Celle du vieil Hugo tonnant de son exil
Des enfants de cinq ans travaillant dans les mines
Celle qui construisit de ses mains vos usines
Celle dont monsieur Thiers a dit qu'on la fusille
Ma France
Picasso tient le monde au bout de sa palette
Des lèvres d'Éluard s'envolent des colombes
Ils n'en finissent pas tes artistes prophètes
De dire qu'il est temps que le malheur succombe
Ma France
Leurs voix se multiplient à n'en plus faire qu'une
Celle qui paie toujours vos crimes vos erreurs
En remplissant l'histoire et ses fosses communes
Que je chante à jamais celle des travailleurs
Ma France
Celle qui ne possède en or que ses nuits blanches
Pour la lutte obstinée de ce temps quotidien
Du journal que l'on vend le matin d'un dimanche
A l'affiche qu'on colle au mur du lendemain
Ma France
Qu'elle monte des mines descende des collines
Celle qui chante en moi la belle la rebelle
Elle tient l'avenir, serré dans ses mains fines
Celle de trente-six à soixante-huit chandelles
Ma France
Jean ferrat a tellement bien ecrit ce que je pense , que je n'aurais pas grand chose à rajouter , mais cette identité française , c'est les etudes , le parti , ma famille qui l'ont créée , les ors de la république n'ont pas fait grand chose pour la faire grandir .
Au départ , mon identité , elle n'est pas d'ici , elle vient de mon pays natal , de sa lumiere de ses parfums et aussi un peu de sa langue , au depart , enfant , je me sentais comme un tunisien français , alors le tunisien tunisien n'existait pas ou plutot n'etait pas accepté dans mon unnivers .
Quand nous sommes rentré en france , je me sentais plus tunisien que français , puisque le sentiment de rejet que j'eprouvais , de la part des enfants de mon age , qui me renvoyais à mon "arabité"" , et plus grave de certains profs qui me parlaient de souks , de gourbis et d'indigenes auxquels ils m'assimilaient !
c'est avec le temps et l'histoire de ma famille que j'ai commencé à me vouloir français , c'est avec mon parti qu'a partir de seize ans je me suis senti pleinement français en faisant voler en eclat tout sentiment nationaliste , et en retrouvant dans l'internationalisme tout ce qui faisait la specificité de mon pays .
Alors M. besson , vos petite manoeuvres , sont oh combien éloignées de ce que je ressents , chantez MA FRANCE , celle des travailleurs , peut etre y retrouverez vous un peu de dignité .
Cloclo , tunisien , toulousain , reunionnais , vietnamien de l'oncle HO , chilien d'Allende , portugais des oeillets ...............................
31 octobre 2009
QU’IL Y AIT DES RICHES, N’EST-CE PAS UN DROIT DES PAUVRES ?
Auteur: Santiago ALBA RICO
J’ai eu l’occasion d’écrire que dans le monde il existe seulement trois classes de biens: universels, généraux et collectifs.
Les biens universels sont ceux qui nous suffisent pour qu’il y ait un exemplaire ou un exemple pour que nous nous sentions universellement tranquilles. Ce sont les choses qui sont là, et qu’il n’y a pas lieu de prendre avec la main ou posséder de manière individuelle : il y a le soleil et il y a la lune, il y a les étoiles, il y a la mer, il y a un Machupichu et un Everest, il y a un Taj Mahal et une Chapelle Sixtine, un Che Guevara et un Saint François, il y a Garcia Lorca et José Marti et Garcia Marquez et Silvio Rodriguez et Cintio Vitier.
Les biens généraux sont ceux, en revanche, qu’il n’est pas nécessaire de généraliser pour que l’humanité soit complète. Il ne suffit pas qu’il ait du pain dans le palais du prince ou qu’il y ait une maison dans le jardin du comte; ce sont les choses qui doivent être ici, que tous nous devons prendre avec la main ou dont nous devons bénéficier personnellement : nous avons de la nourriture, un logement, de l’eau, des médicaments et si nous ne les avons pas c’est parce que quelque chose ne marche pas bien dans ce monde. Ce n’est pas une injustice qu’il y ait un soleil unique ou un unique Guernica de Picasso, mais s’en est une qu’il n’y a pas suffisamment de pain pour tous.
Enfin, les biens collectifs sont ceux dont nous devons bénéficier des avantages, tous à égalité, mais qui ne peuvent se généraliser sans mettre en péril l’existence des biens généraux et des biens universels. Ce sont les biens, en définitive, qu’il est nécessaire de partager. Ce sont, par exemple, les moyens de production, qui ne peuvent se privatiser sans que cela laisse des millions d’êtres humains sans biens généraux (pain, logement, santé). Et il y a aussi certains objets de consommation, dont la généralisation mettrait en péril le bien universel par excellence, source et garantie de tous les autres biens: la Terre même. Nous devons tous avoir du pain et un logement, mais si nous avions tous, par exemple, une automobile, la survie de l’espèce serait impossible. Le moteur à explosion, par conséquent, n’est pas un bien général dont chacun de nous peut avoir un exemplaire, mais un bien collectif dont l’usage doit être partagé et rationalisé.
Tout au long de l’histoire, diverses classes sociales se sont approprié les biens généraux et les biens collectifs, et en cela le capitalisme ne se distingue pas des sociétés antérieures. Plus inquiétant est ce que le capitalisme a fait, ou est en train de faire, avec les biens universels. Je ne me réfère pas seulement à la colonisation de l’espace, à la privatisation des ondes, des graines et des couleurs ou à la disparition d’espèces, de montagnes et de forêts. Je me réfère, surtout, à la dévalorisation mentale dont ont souffert les “universels” sous la corrosion anthropologique du marché. Il est normal de se complaire dans la vision des étoiles; il est normal de se complaire dans le doux balancement de la neige; il est normal de se complaire dans la lecture du Canto General de Neruda. Ou non ?
En 1895, Cecil Rhodes, impérialiste anglais, entrepreneur et fondateur de la compagnie De Beers (propriétaire de 60% des diamants du monde), contemplait enragé les astres de sa fenêtre, “si clairs et si distants”, si loin de cet appétit impérial qui “voulait et ne pouvait se les annexer”.
À une plus petite échelle, un présentateur de la télévision espagnole déplorait en 2005 qu’il ne fallait pas payer pour contempler la neige qui couvrait les champs et les villes d’Espagne, si blanche et si belle, dont le prestige est dégradé par le fait qu'elle s'offre de manière indifférenciée au regard de tous à égalité. Et à une plus petite échelle encore, j’ai connu un poète qui ne pouvait lire les vers de Neruda sans être rendu furieux : “J’aurais dû les écrire moi!”. C’est une chose d’enfants de vouloir la lune et de mères corruptrices de la promettre. Le capitalisme est un infantilisme destructeur. Il isole l’acte puéril d’un enfant mal éduqué et le généralise, le normalise, le récompense socialement. Ce qui est là, ce que nous ne pouvons prendre avec les mains, ce qui est pour cela même à tous, nous appauvrit, nous attriste et ne vaut rien.

"Le Père Noël donne plus aux enfants riches qu'aux enfants pauvres"
Que reste t-il des biens universels? Restent les riches. Les riches sont à tous. Ce qui nous plaît le plus dans le capitalisme n’est pas qu’il produise des voitures, des avions, des hôtels et des machines : c’est qu’il produise des riches. Les orgies babylonesques de Berlusconi, les pensions millionnaires des banquiers espagnols au milieu de la crise, le luxe vulgaire des politiciens corrompus de Valence et Madrid, ne sont pas des taches ou des péchés du capitalisme: c’est pure publicité. La liste des hommes les plus riches du monde élaborée par la revue Forbes n’est rien d’autre qu’une barbare ostentation propagandiste qui génère beaucoup plus d’adhésion au système que l’inégal accès aux marchandises bon marché et banales. Il y a lieu de s'étonner que les femmes latino-américaines, interrogées sur leur “mari idéal”, se l’imaginent usaméricain, blond, aux yeux clairs, grand, chirurgien ou entrepreneur, et bien sûr, millionnaire. Ou que dans la nouvelle Chine le père auquel rêvent les jeunes mères soit Bill Gates. Ou que dans la liste des dix personnages les plus admirés par les hommes usaméricains il n’y ait pas un seul écrivain ou scientifique, presque tous étant des dirigeants ou propriétaires d’entreprises et tous immensément riches. Ou que la revue au plus fort tirage d’Espagne - avec presque 700.000 exemplaires- soit Hola. Ou que les plus fameux feuilletons de la télévision, suivis par des millions de téléspectateurs, consistent en traités d’anthropologie des classes supérieures (leurs habitudes, leurs problèmes, leurs plaisirs).
Si les pauvres ne peuvent partager la richesse, ils peuvent au moins partager leurs riches. S’ils ne peuvent consommer la richesse, ils peuvent consommer les vies de riches. Bill Gates, Carlos Slim, Warren Buffet, Amancio Ortega sont la lune, le Machupichu et le Taj Mahal du capitalisme. Ils sont le soleil et la neige et le Canto General du marché globalisé. Il se peut qu’ils soient les responsables de ce que le monde va mal, mais ils sont aussi les artisans de ce miracle qui fait que nous soyons très contents et que tout nous paraisse bien pendant que nous nous effondrons.
Qui veut l’égalité? L’inégalité, n’est-ce pas un droit des pauvres? Qu’il y ait des millionnaires, n’est-ce pas un droit des mileuristas (1) et des chômeurs? Ne devons-nous pas défendre, armes à la main, notre droit à ce que d’autres soient riches? Ne devons-nous pas leur être reconnaissants pour leurs gaspillages? Ne devons-nous pas au moins voter pour eux?
Cela est le modèle que tentent d’imposer les USA et l’Europe au reste du monde. Non le droit qu’il y ait des étoiles et le Machupichu et les chutes d’Iguaçu et la 9e Symphonie de Beethoven mais qu’il y ait des riches; non le droit au pain, à la maison et aux chaussures mais celui de savoir qui sont et comment vivent les millionnaires.
Révolution ? Le pain et la lune.
(Sachant que “pain”, dans le dictionnaire socialiste, veut dire aussi lait, vêtements, maison, hôpitaux et transports publics et “lune” veut aussi dire mer, musique, vérités et souveraineté politique).
(1) En Espagne, les mileuristas sont des jeunes diplômés qui travaillent pour moins de 1000 euros par mois. (NdT)
Relayé par Esteban hijo del sol
Traduction : Gérard Jugant
Révision : Fausto Giudice
Source : La Calle del Medio N° 18 (Cuba)-Que haya ricos, ¿no es un derecho de los pobres?, Tlaxcala
ECOUTE VOIR COMME CELA SENT BON !
Il y a eu des frégates et des pompes en croco à plusieurs milliers d’euros chaque pompe, et un ancien garde des sceaux condamné par la justice…
Il y a eu un ancien premier ministre, et « meilleur d’entre nous », condamné dans une affaire de financement occulte du parti présidentiel…
Il y a eu un nouveau ministre de la culture, avec un nom d’ancien président, obligé de répondre publiquement sur une sombre histoire de tourisme sexuel qu’il avait lui-même déclenchée…
Il y a eu une affaire de comptes bancaires secrets et des listes de commissions (Clearstream) et un autre premier ministre mis en examen qui attend sa condamnation…
Il y a eu un ancien ministre de la police, et exécuteur des basses œuvres du régime UDR-RPR-UMP, impliqué dans un scandale à base de trafic d’armes et qui nous jure qu’il faut lever le secret-défense ou alors il balance…
Il y a aussi eu un ancien ministre du travail qui aurait pu être suicidé et dont la famille exige qu’on fasse toute la lumière…
Et il y a aussi un ancien président de la république, passé entre deux tours (non, pas le 11 septembre !) de 19 à 82%, actuellement livré à la correctionnelle pour une affaire d’emplois fictifs à son service…
Heureusement, pour la bonne bouche, il reste encore un repas à 5000 € par personne pour 200 convives et un dispositif de douche (pour éviter d’avoir des auréoles sous les bras et sentir le pâté !) à 250000 €, qui montrent qu’on sait encore vivre dans notre douce France !
Et à côté de tout çà, il y a le pauvre bougre de base qui fait au mieux ou au pire avec ses 1000 € par mois pour tenter de joindre son 2° à son 3° voire 4° âge !
« … Si nous sommes écorchés jusqu’au sang,
Pressés comme la grappe pour donner notre vin,
Irai-je jusqu’à dire que c’est de ta faute, non,
Mais tu y es pour beaucoup, mon frère.»,
comme dit si bien Nâzim Hikmet, cet extraordinaire poète européen turc.
Ah oui, j’oubliais de vous dire : cette nuit et toute la matinée, les grues cendrées se sont rassemblées dans le ciel du Perthois pour voler par centaines vers des terres plus hospitalières cet hiver. L’an dernier c’était dans la nuit du 23 au 24… Elle reviendront début mars, pour les régionales !
Le poisson pourrit par la tête, mais "ce soir, j'aime la marine, Potemkine !" (Jean Ferrat).
NOSE DE CHAMPAGNE
Le chomage à La Réunion
Taux de chômage : les précisions de "Témoignages"
Nous avons relaté que le nombre de demandeurs d’emploi estimé par la DTEFP Réunion est de 121.938 personnes (toutes catégories confondues : A, B, C, D, E). La population active estimée par l’INSEE est de 354.000 personnes.
À partir de là, le taux de demandeurs d’emploi est de 37.6 %.
Maintenant, un demandeur d’emploi de la catégorie B par exemple c’est-à-dire un demandeur d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherches d’emploi, ayant exercé une activité réduite courte (i.e de 78 heures ou moins au cours du mois) est-il considéré comme un chômeur ?
Pour l’INSEE « seule la catégorie A (c’est-à-dire un demandeur d’emploi tenu de faire des actes positifs de recherche d’emploi, sans emploi) se rapproche de la définition du chômage au sens du BIT ». Par conséquent toute les autres catégories de demandeur d’emploi (B,C,D et E) ne font pas partie de la définition du chômage au sens du BIT et donc de l’INSEE. Autre exemple, un demandeur d’emploi de la catégorie D (demandeurs d’emploi non tenus de faire des actes positifs de recherches d’emploi en raison par exemple d’un stage ou d’une formation) mais sans emploi ne rentre pas dans la définition du chômage du BIT et de l’INSEE.
Pour résumer toutes les autres les catégories de demandeurs d’emploi (B, C, D et E) ne font pas partie de la définition du chômage au sens du BIT et donc de l’INSEE. Mais ces personnes restent pour autant des demandeurs d’emploi.
Cloclo et ses tongues .
27 octobre 2009
REGIONALES : J’EN AI MARRE !
Le désarrimage de notre parti du parti « socialiste » à l’occasion des élections régionales prochaines, est un des acquis incontestables du Conseil national du 25 octobre 2009. Je tiens cela pour un progrès marquant dans la démarche de redressement entamée par le parti des communistes français.
Je suis l’un des (plus de) 700 signataires du texte N°3 proposé aux débats de notre dernier congrès, et qui a recueilli 25% des suffrages militants. J’ai accompli cette démarche parce que depuis trop longtemps, je remarque que seuls ceux qui refusent les tendances dans le parti n’étaient pas organisés, face à l’immense majorité de ceux qui sont aux commandes de notre déclin, dans un certain nombre de factions à la tête des départements, régions et Comité national.
Je pense qu’il faut faire un bilan honnête de l’étape qui vient d’être franchie ce 25 octobre, et je m’aperçois avec regret que ceux que j’ai soutenus dans leur refus de la liquidation du parti se livrent à une critique systématique qui les conduit directement à la perte de toute crédibilité. Je suis de ceux que cette offre politique centrée sur un Front de Gauche à élargir, satisfait pleinement. Mais examinons les objections (« de gauche ») formulées.
On reproche donc maintenant à la direction du parti de n’avoir pas fixé de cadre national à :
1. la nécessité de dresser un bilan, dans chaque région, du mandat des élus communistes ;
2. la nécessité de tirer des conclusions, dans chaque région, de la participation à la gestion régionale ;
3. la nécessité de bâtir un programme, dans chaque région;
4. la nécessité de définir des alliances, dans chaque région, pour affronter le premier tour et des engagements précis sur le deuxième tour.
Premièrement, je trouve étrange que l’on passe si aisément du reproche de l’autoritarisme centraliste au fait de déplorer l’absence de « moule » national (donc centralisé) à l’élection régionale.
Par ailleurs, il me semble nécessaire, sans sous-estimer la portée de cette échéance électorale, de ne pas semer d’illusions dans l’esprit des militants et des électeurs. Si la France n’est pas une fédération de régions (comme l’Allemagne), les régions ne sont pas des contre-pouvoirs locaux à une politique nationale que beaucoup de citoyens mettent aujourd’hui en cause. Les compétences de chaque niveau ne sont pas les mêmes.
Enfin, sur les configurations régionales multiples qui dissoudraient la stratégie nationale du parti dans des dizaines de stratégies plus ou moins divergentes, et conduiraient donc le parti à la cacophonie, je rappellerais simplement la mise au point très ferme de Marie-George Buffet, qui indique que tout – et n’importe quoi – n’est pas possible. Elle a déclaré notamment : « nous ne serons pas avec Georges Frêche ni au premier ni au second tour », il faut de l’ « éthique en politique ».
Nous avons 2 tâches essentielles :
1. bâtir une réelle alternative à gauche avec une force communiste renforcée ;
2. Battre la droite et l’empêcher de refaire une partie de son retard dans les régions.
Maintenant donc, c’est aux communistes, dans les régions et les fédérations qui les composent, d’exercer leur responsabilité citoyenne. Toute la question est de savoir si les exécutifs départementaux permettront réellement à tous les communistes d’élaborer la politique régionale de leur parti.
NOSE DE CHAMPAGNE
Hommage à Francisco Ferrer y Guardia
Francisco Ferrer
1859-1909
Participez à l’Hommage
qui sera rendu au pédagogue et révolutionnaire,
Pour la commémoration du centenaire de son exécution
à l’initiative de la Libre Pensée, de la Ligue des droits de l’Homme,
de la Ligue de l’Enseignement, de l’Association Ateneo Republicano,
Vendredi 30 octobre 2009 à 18h
Rue Francisco Ferrer à Limoges
(devant l’établissement de restauration rapide)
Le 13 octobre 1909, le grand pédagogue Francisco Ferrer, anarchiste, libre penseur, franc-maçon, fondateur de l’Ecole Moderne est fusillé à Barcelone sur ordre de la monarchie espagnole et de la hiérarchie catholique. La nouvelle se répand comme une trainée de poudre et, dans les heures et les jours qui suivent, on compte des centaines de milliers de manifestants dans le monde entier.
A l’aube du XXème siècle, alors que l’instruction publique est dans un état de misère épouvantable en Espagne et pour l’essentiel de l’enseignement sous le joug de l’église catholique, Francisco Ferrer a une conviction :
« Rien ne sert de vouloir transformer la société, soit par la violence, soit par la réforme, si cette transformation n’est pas faite par des hommes d’esprit libre , instruits, débarrassés des préjugés et des dogmes. Il faut s’attacher d’abord à instruire pour que, grâce aux connaissances, les hommes soient capables de construire leur propre destin individuel et collectif.»
La première Ecole Moderne voit le jour en 1901 à Barcelone avec le soutien du mouvement ouvrier, du mouvement progressiste républicain et libéral et libre penseur. Les écoles de Francisco Ferrer sont mixtes. Il n’y a ni récompense, ni sanction. Ni les enfants, ni les parents ne participent à l’élaboration des programmes qui restent sous le contrôle entier des instituteurs. Les matières enseignées vont de l’arithmétique et la lecture à l’histoire de l’art en passant par les sciences naturelles, l’Histoire universelle et la géographie.
Notre enseignement n’accepte ni les dogmes, ni les usages, car ce sont là des formes qui emprisonnent la vitalité mentale dans les limites imposées par les exigences des phases transitoires de l’évolution sociale. Nous ne répandons que des solutions qui ont été démontrées par des faits, des théories ratifiées par la raison et des vérités confirmées par des preuves certaines. L’objet de notre enseignement est que le cerveau de l’individu doit être l’instrument de sa volonté. Nous voulons que les vérités de la science brillent de leur propre éclat et illuminent chaque intelligence, de sorte que, mises en pratique, elles puissent donner le bonheur à l’humanité, sans exclusion pour personne, sans privilèges odieux ».
De 1901 à 1906, une cinquantaine d’écoles ouvrent en Espagne, sous le label de l’Ecole Moderne, un succès considérable dans la situation sociale et économique du moment marquée par un grand obscurantisme.
En Juin 1909 la guerre entre l’Espagne et le Maroc suscite un vaste mouvement populaire de protestation qui se termine par une grève générale, organisée par le mouvement ouvrier, une véritable insurrection. Une répression féroce s’abat sur la capitale de la Catalogne. Arrestations, exécutions, perquisitions…On cherche des meneurs. Francisco Ferrer est arrêté, bien qu’il ne participe pas aux évènements.
Quelques jours plus tôt, en la cathédrale de Barcelone, le chef de la hiérarchie catholique de Catalogne, Monseigneur Casanes, avait désigné le coupable en ces termes :
« (…) Le principal responsable de ces choses vous le connaissez. Il est bien en évidence, il agit au vu et au vu de tout le monde. Pourtant, la Préfecture se tait, la police ne bouge pas, la municipalité non plus. Aucune autorité gouvernementale n’a encore prononcé son nom. La parole de Dieu dans ma bouche signalera donc, sans avoir à prononcer son nom en ce lieu saint, celui qui est le coupable de la puissance accrue du laïcisme et du rationalisme, le véritable déclencheur du fléau qui ravage notre Sainte Eglise et qui met à feu et à sang l’Espagne toute entière. »
C’est un tribunal militaire qui, au terme d’une parodie de procès, condamne à mort Francisco Ferrer le 12 octobre 1909. Il sera fusillé dès le lendemain, le 13 octobre 1909, malgré une impressionnante campagne internationale à laquelle participent les organisations du mouvement ouvrier en Europe mais aussi des Etats-Unis, les mouvements libre penseurs et maçonniques, de nombreux universitaires et hommes politiques de bords différents.
La commémoration du centenaire de son exécution doit être une nouvelle occasion de puiser dans l’étude de sa vie et de son travail des enseignements précieux pour des combats actuels et à venir.
En Hommage à Francisco Ferrer,
Participez au rassemblement et prises de parole
Vendredi 30 octobre 2009 à 18h
Rue Francisco Ferrer à Limoges
(devant l’établissement de restauration rapide)
Libre Pensée
Ligue des Droits de l’Homme
Ligue de l’Enseignement
Association Ateneo Republicano
Transmis par Pedro de la LDH87
26 octobre 2009
PAUL CARPITA EST MORT
Dimanche 25 octobre 2009 (19h35)
« À tous ceux qui l’ont côtoyé comme militant, ami, camarade, ce réalisateur nous a quittés, toujours plein de projet, dans la nuit de vendredi à samedi.
Victime de la censure lors de la sortie de son premier film "le rendez-vous des quais", Paul a continué malgré l’oubli de beaucoup, son métier d’instituteur, tout en filmant avec ses propres moyens des courts métrages d’anthologie sur l’enfance, le rêve et le deuil causé par la perte de ce premier film.
Abandonné, son caractère entier, joyeux et humaniste n’a jamais sombré dans une quelconque amertume ou ressentiment à l’égard de quiconque.
Paul après la redécouverte à la fin des années 80 de son premier film a tourné deux longs métrages "engagés" "Les sables mouvants et les homards de l’utopie" prouvant qu’il n’avait jamais abdiqué.
Un créateur, militant, de la Résistance à nos jours, Paul restera pour nous autres amateurs du cinéma des luttes sociales, un réalisateur de la classe ouvrière, de ses doutes, espoirs et luttes.
D’autres le diront mieux que moi.
Jean-Pierre L Bordeaux le 25/10/2009, sur Bellaciao. »
Relayé par NOSE DE CHAMPAGNE
Moi, je connais cet admirable résistant communiste depuis les années 80-90, comme homme bien engagé dans son époque, à travers le film réalisé aux côtés d’Alain PELOSATO, en collaboration avec le MNLE Rhône-Alpes « Le Rhône, la mer : danger, pollutions ».
REGIONALES: LE PCF PRÔNE L’AUTONOMIE DU FRONT DE GAUCHE VIS-A-VIS DU PS.
Orange-Actualités, Paris, AFP le 25/10/2009 à 19H08
REGIONALES: LE PCF PRÔNE L’AUTONOMIE DU FRONT DE GAUCHE VIS-A-VIS DU PS.
Le PCF a largement voté dimanche en faveur de l'autonomie vis-à-vis du PS au premier tour des régionales en souhaitant élargir le Front de gauche créé avec Jean-Luc Mélenchon, mais des alliances à la carte avec les socialistes pourraient être décidées par les militants en région.
Selon l'"offre nationale" adoptée à 80,3% par le Conseil national, les listes, "en ouvrant un autre choix à gauche que celui porté par le PS ou Europe-Ecologie, visent à lever une dynamique de rassemblement et de victoire à gauche".
Il s'agit donc de poursuivre l'alliance avec le Parti de gauche (PG) de Jean-Luc Mélenchon et la Gauche unitaire de Christian Picquet (ex-NPA) au sein du Front de gauche créé pour les européennes, et de l'ouvrir à de "nouvelles forces" issues notamment du mouvement syndical, social ou associatif.
Pour Marie-George Buffet (PCF), le Front doit être un "levier pour faire bouger le curseur à gauche". Au deuxième tour, il faut "des majorités dans les régions" en fusionnant avec PS et Europe-Ecologie mais "à l'exclusion du MoDem".
Le NPA d'Olivier Besancenot, pour qui "existent deux gauches dotées de programmes contradictoires qui interdisent de gérer ensemble les régions", semble donc écarté. Une quatrième réunion "unitaire", peut-être la dernière, se tient mercredi entre PCF, PG et NPA.
"Les amis du NPA" doivent "faire l’effort qui est attendu d’eux" et ne "plus bloquer tout le rassemblement sur la question de la participation" aux exécutifs régionaux, demande dimanche sur son blog M. Mélenchon, saluant l'offre du PCF comme une "très bonne nouvelle".
Malgré cette "offre nationale", des listes PCF-PS pourraient se constituer au premier tour car, selon les statuts du PCF, les militants doivent valider la stratégie par région, dans un parti qui compte 185 conseillers régionaux.
Des conférences régionales auront lieu les 7 et 14 novembre avant une ratification des militants par région (19-21 novembre).
Une décision délicate dans de nombreux endroits: en partant indépendamment du PS, le Front de gauche devra dépasser la barre fatidique des 5% pour pouvoir fusionner ses listes avec ses partenaires. En 2004, le PCF avait franchi ce seuil dans cinq des huit régions où il se présentait sans le PS (Picardie, Ile-de-France, Nord/Pas-de-Calais, Auvergne et Corse).
Aux européennes, les listes Front de gauche sont restées sous les 5% dans sept régions (Alsace, Basse-Normandie, Champagne-Ardennes, Franche-Comté, Lorraine, Pays-de-Loire, Poitou-Charentes). Trois dépassaient tout juste ce plancher (Bourgogne, Bretagne et Rhône-Alpes).
Ces données doivent "rentrer en compte dans la réflexion des communistes", a reconnu Mme Buffet, appelant à "faire en sorte qu'il y ait plus d'élus communistes et d'élus non-communistes" du Front de gauche.
Quant à l'Ile-de-France, où circulent les noms de Jean-Luc Mélenchon (PG), Patrick Braouezec et Pierre Laurent (PCF), Mme Buffet verrait plutôt comme tête de liste "un homme ou une femme issu du PCF".
L'autonomie pourrait donc faire long feu dans plusieurs régions, d'autant que de nombreux élus n'en veulent pas. "Ce n'est pas une bonne stratégie", juge Jean-Claude Gayssot, vice-président PCF en Languedoc-Roussillon.
Soulignant le "risque de faire le jeu de la droite qui, elle, va partir unie", l'ancien ministre des Transports souhaite "poursuivre avec le PS et Georges Frêche" dans sa région. Une possibilité vivement exclue par Mme Buffet: "nous ne serons pas avec George Frêche ni au premier, ni au second tour", il faut de l'"éthique en politique".
Relayé par NOSE DE CHAMPAGNE
25 octobre 2009
«Amputons les voleurs, arrachons le foie des chauffards !
La justice en France, vue de suisse :
France : «Amputons les voleurs, arrachons le foie des chauffards !» talion |
Un syndicat de magistrats prône ironiquement l’amputation des mains des voleurs et du foie des conducteurs ivres. Il réagit à une proposition «moyenâgeuse» de Michèle Alliot-Marie sur les délinquants sexuels.
Un syndicat de magistrats français a ironiquement prôné vendredi l’amputation des mains des voleurs, de la langue pour les escrocs et du foie pour les conducteurs surpris en état d’ivresse. Les juges réagissaient à des propos de Michèle Alliot-Marie sur les délinquants sexuels.
Le Syndicat de la magistrature, classé à gauche, répondait ainsi à une déclaration de la ministre de la Justice, Michèle Alliot- Marie, envisageant un débat sur la castration physique des délinquants sexuels qui le demandent.
Qualifiant cette idée «d’hommage au Moyen âge», le syndicat propose d’ouvrir la réflexion plus largement.
Il suggère l’amputation d’une main pour les voleurs et de l’autre main pour les voleurs récidivistes, l’ablation de la langue pour les escrocs, le prélèvement du foie pour les conducteurs sous l’empire d’un état alcoolique, ainsi que la lapidation des casseurs.
Il propose aussi «le supplice dit du ’croc de boucher’ pour les auteurs de dénonciations calomnieuses». «S’agissant des infractions économiques et financières, un simple retrait des boutons de manchette en place publique devrait suffire», ajoute le Syndicat de la magistrature.
Plus sérieusement, le SM estime que l’idée de Michèle Alliot- Marie illustre à ses yeux une philosophie de la justice pénale visant à éliminer les délinquants et les criminels, qui est selon lui éloignée des principes fondamentaux.
«Ces reculs de civilisation expriment la frustration de ceux qui n’ont jamais pu se résoudre à l’abolition de la peine de mort. Il est d’ailleurs significatif d’observer que le président du Front national Jean-Marie Le Pen n’a pas manqué cette occasion pour réclamer la ’castration de la tête’ des criminels les plus dangereux», conclut le syndicat.
Michèle Alliot-Marie présentera ces prochaines semaines un projet de loi contre la récidive criminelle, le troisième sur le sujet depuis l’élection de Nicolas Sarkozy. La castration «chimique», un traitement réversible, y sera développée mais la castration physique n’y figurera pas, a-t-elle précisé dans un entretien accordé au Figaro Magazine.
De : ATS
samedi 24 octobre 2009
Cloclo
19 octobre 2009
ONU: ISRAEL CRIMINEL DE GUERRE A GAZA !
Rapport Richard Goldstone (Juge Sud-Africain du TPI Ex-Yougoslavie)
Communiqué du Collectif National pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens : Paris le 16 octobre 2009 – Communiqué Rapport Goldstone : la décision de remettre la justice à plus tard dessert la cause d’une paix fondée sur le droit. Le gouvernement français doit œuvrer pour que les criminels de guerre soient poursuivis. Nos organisations sont indignées par le report du vote du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies concernant le rapport Goldstone. Ce rapport est l’aboutissement d’une enquête approfondie, et il révèle la justesse de nos mobilisations : Israël s’est manifestement montré responsable de crimes de guerre, voire de crimes contre l’humanité. Ce rapport a permis aux Palestiniens d’espérer à nouveau, après la guerre contre Gaza, que la justice internationale pouvait enfin s’appliquer. Nous avons espéré avec eux que le droit l’emporterait sur la culture de l’impunité qui prédomine quand il s’agit d’Israël. Nos dirigeants en ont voulu autrement. Encore une fois, la France et l’Union Européenne se sont alignées sur les exigences d’Israël et des Etats-Unis, soumettant les Palestiniens à une pression terrible. L’Autorité Palestinienne y a cédé. Elle s’est résolue à demander le report du vote, provoquant la colère de sa population et l’indignation de ceux qui s’étaient mobilisés pour que les crimes de guerre ne restent pas impunis. Ces faits constituent un nouvel exemple de l’impuissance volontaire dont font preuve nos dirigeants face à Israël. Au nom de la "poursuite du processus de paix", dont les résultats se font attendre, la justice a été remise à plus tard. Sans doute pour que le rapport du juge Goldstone finisse comme ceux qui l’ont précédé : dans l’oubli et la poussière. Nous l’affirmons : il ne saurait y avoir de paix réelle tant que le droit du plus fort l’emportera sur la force du droit. Nous constatons hélas que ce n’est pas l’avis du président français Nicolas Sarkozy : non content de manœuvrer pour le retrait du rapport Goldstone, le gouvernement a donné son aval au Chef d’état major des armées Georgelin pour qu’il reçoive le même jour le responsable direct des crimes commis contre la population de la bande de Gaza, le chef d’état major israélien, Gabi Ashkénazi. Ce dernier a été reçu comme un allié et comme un ami, au lieu d’être tenu pour ce qu’il est : responsable de ces crimes. Cette politique irresponsable de soutien inconditionnel à Israël fait le jeu des promoteurs de la thèse du "Choc des Civilisations". Elle renforce la frustration et la colère de tous les citoyens qui ont participé par centaines de milliers, sous l’impulsion de notre Collectif, aux mobilisations historiques contre les massacres à Gaza et pour des sanctions contre Israël. Nous demandons au gouvernement français, et notamment au Ministre des Affaires Etrangères Bernard Kouchner, de clarifier sa position concernant les poursuites contre les crimes commis et d’œuvrer pour que les violations du droit international soient enfin sanctionnées. Il en va de la crédibilité des valeurs dont la France et l’Europe se réclament. Signataires du Collectif National pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens : AFD (Alliance for Freedom and Dignity), AFPS, AJPF (association pour les jumelages entre les camps de réfugiés palestiniens et les villes françaises), Les Alternatifs, Americans Against War, ATMF, CCIPPP, CMF, CVPR-PO, Femmes en Noir, GUPS, Génération Palestine, MRAP, NPA, PCOF, Solidaires, PCF, PSM, UJFP, Les Verts, WILPFL Organisations locales : CPPI Saint-Denis (collectif Paix Palestine Israël), Collectif Judéo-Arabe et Citoyen pour la Paix, La Courneuve-Palestine, Solidarité Palestine 18ème Relayé par NOSE DE CHAMPAGNE |






La position du Collectif National est particulièrement importante aujourd’hui sachant que les Palestiniens ont finalement obtenu que le Conseil des Droits de l’Homme se réunisse à Genève en session extraordinaire. La France n’a pas annoncé la position qu’elle adopterait. Il faut faire pression, vite, pour que justice soit rendue.
























