29 janvier 2012
MELENCHON A 2 CHIFFRES...
LES OIES DU CAPITOLE…
Quelles journées ! Que de fortes images encaissées dans le Haut-Doubs, le territoire de Belfort. PSA, Alsthom, les noms de boîtes ont désormais des visages si près de moi. Et leurs voix me suivent à présent dans l’oreille de la mémoire. Retour de Besançon où nous étions si nombreux, je n’ai guère eu le temps de poser sac à terre ! Ne m’en demandez donc pas plus que je peux en écrire dans les conditions où je le fais. Mais n’est-ce pas déjà trop d’ajouter à mes interminables discours ces notes tout aussi longues. Je n’y reviens que pour d’autres sujets que ceux abordés par mes passages télé et mes interventions publiques. Ici quelques mots sur moi-même. Juste un signal d’humanité conservée dans une vie devenue très exclusivement attelée au travail et à la lutte contre le manque de sommeil. Puis je reviens sur le Front National. L’assaut est lancé. Je vous donne des arguments, en les exposant noir sur blanc. Ils sont pris dans les causes du moment. Ma demande est que vous ne me laissiez pas faire tout seul le travail. Il est temps d’aider. Au bouton de veste. Un par un autour de soi, aller au contact pour convaincre et ramener à la République ceux qui s’en éloignent, parfois sans s’en rendre compte.
Ce qu’il y a de très agréable dans l’immense fatigue que je ressens au bout de trois semaines d’activité sans pause c’est que ma sensibilité aux offenses diminue. Les coups qui me sont portés sur un plan aussi personnel que celui auquel se sont risqués certains ne pénètrent plus aussi profondément qu’auparavant. Bientôt, peut-être, ils ne m’atteindront plus du tout.
Dans les comptes de la fin, ces blessures de campagne m’auront alors aidé davantage qu’elles m’auront fait saigner. Je ne parle déjà plus du flot habituel des insultes ordinaires venant au fil de tant de plumes sans dignité qui me font « éructer » telle ou telle petite phrase, c’est-à-dire roter , « tonner », « m’emporter » et ainsi de suite. D’ineptes ignorants, sans culture ni connaissances des sujets que je traite se permettent tout contre moi, et cela ne finira pas, on m’en a prévenu. Il est tout simplement incroyable que ma côte de popularité continue de grimper malgré tout cela. Je ne parle pas de la floraison de portraits photos pris à la tribune, poings et visage fermés par l’effort qui me détruit en ce moment les cordes vocales. Je ne parle déjà presque plus des tentatives incessantes de violation de ma vie privée. Par exemple sur mon appartenance à la franc-maçonnerie.
« L’affaire » fut « révélée » par un « journaliste » du « Parisien », Erick Ackemand. Il commença par écrire que je refusais d’en parler avant de passer outre et de le faire quand même en allant trouver deux ou trois nigauds en mal de se donner de l’importance. Ceux-là firent des « confidences » que le mange-ragots se fit un devoir d’étaler sur son papier. Pensez ! Quelle trouvaille ! Ces bêtises sans intérêt n’aboutirent qu’à augmenter le nombre des curiosités malsaines et des fous qui, depuis, s’en prennent à moi. Quand vinrent mes biographes, que faire ? Eux ne pouvaient faire moins que d’en traiter puisque le fait était ainsi déjà « révélé ». Et moi je ne pouvais faire moins que d’en parler sauf à donner l’impression que j’avais quelque secret honteux à cacher. Je n’ai aucun secret. Je suis discret. Ce n’est pas du tout pareil ! Il n’y a rien de honteux à appartenir à la même histoire que l’auteur de l’Internationale et à celui de la Marseillaise. Il n’y a rien de dérangeant à partager une vision de la République à laquelle se rattachait le quart des membres du conseil de la Commune de Paris de 1871.
Mais j’ai déjà dit cent fois pourquoi selon moi un élu ne doit pas faire acte de ses appartenances philosophiques ou religieuses puisqu’il a vocation à représenter tous les citoyens. Ce viol de ma liberté, qui serait dénoncé à grand cris si un autre le subissait du fait de son homosexualité ou de ses passages à la messe ou à la synagogue, est au contraire un encouragement à en commettre d’autres. Mais c’était bien l’intention de nuire qui animait le voyeuriste Erick Ackemand du « Parisien ». Il se régale depuis, m’ont dit certains de ses collègues, car pour une raison que j’ignore il est extrêmement hostile aux francs-maçons. A présent voici le pire qui est à vivre : l’insistance à m’interroger sur le sujet en commençant par la phrase : « Puisque vous avez décidé de reconnaître votre appartenance » etc. Le mot « reconnaître » suffit à situer ce que l’intéressé pense du sujet et doit donc le situer politiquement à l’égard des maçons qui l’entendent ! Sans oublier « irez-vous à la loge une fois élu » ? Imaginez la question posée à un élu juif : continuerez-vous d’aller à la synagogue ? A un chrétien : irez-vous à l’église ? Et ainsi de suite. Je n’ai jamais décidé de dire quoique ce soit. Cela m’a été imposé de force par Erick Ackemand du « Parisien », contre mon gré. Et depuis je subis l’inquisition de rustres qui souvent ne connaissent rien au sujet, ni au danger auquel ils nous exposent. Mais le plan est ainsi pris.
Quand je dis que je ne veux pas parler de ma vie et de ma famille, on me demande en « off » ce que j’ai à cacher. Quand je réponds publiquement que je dois respecter la liberté des miens qui n’ont pas demandé à avoir une vie publique et que je donne l’exemple de ma fille, une adulte qui a le droit de ne pas vouloir de mon genre d’existence, même si c’est une militante, que se passe-t-il ? Le baveux suivant éructe : «
Puisque vous acceptez de parler de votre fille est-ce que vous ne cédez pas à la pipolisation » ? Les hyènes gémissent du désir d’aller plus loin. Je le sens. Les nouveaux inquisiteurs ont en commun avec leurs ancêtres une dose de perversité sans laquelle ils ne pourraient pas faire ce travail. Que faire ? Comment me défendre et protéger les miens ? Rien n’y ferait si bien que la seule arme qui reste à ma portée. En faire autant. Raconter la vie familiale et affective de ceux qui me violent, « révéler » les noms des francs-maçons des différentes rédactions qui pratiquent le voyeurisme à ce sujet. Ce serait alors tomber aussi bas que ceux qui m’assaillent. Mais quand ai-je choisi le terrain de combat ? Je n’évoque tout cela qu’en relation avec la bataille que je mène en ce moment et le drapeau que je porte. Car je suis engagé jusqu’aux oreilles dans la bataille avec l’extrême-droite. Et pour ceux-là, juifs, arabes et francs-maçons ont beaucoup à craindre si l’on tient compte de ce qui se dit et se lit dans les réseaux. Pour ces exaltés, à ma manière, je suis impliqué par les trois catégories de leurs névroses. Ceux qui m’exhibent de cette façon savent ce qu’ils font et à quoi ils m’exposent. Ne l’oubliez jamais mes chers lecteurs : ce n’est pas un jeu que tout cela.
« Libération » prétendait « alerter » en titrant comme on s’en souvient. On croyait l’hypocrisie à son comble ! Comme si on avait attendu cette « alerte » pour savoir que le danger est là, alors même que « Libération » en a fait un argument récurrent de ses appels au « vote utile » socialiste depuis des mois. Le gros titre fonctionnait comme une banalisation incroyable et même comme une injonction. Mais à présent il y a pire.
C’est « Marianne ». La une en gros titre : « Je vote Le Pen ». Maurice Szafran écrit un éditorial répugnant de bonne conscience pour soi-disant nous « alerter » lui aussi ! Superbe révélation, cher Maurice ! Alors que tout son éditorial fonctionne comme la énième mise en cause « des politiques » qui n’est rien d’autre que la justification du vote contre-républicain de l’extrême-droite. « Je vote Le Pen » est un titre de raccolage hypocrite comme l’a été la une aguicheuse sur la prostitution. Ce qui fait le plus mal, c’est que je croyais tous ces gens amis. Je veux dire, en plus des liens personnels qui peuvent s’établir au fil des ans et des rencontres, je croyais que nous avions le même horizon de valeurs. Je découvre petit à petit qu’il n’en est rien. Qu’ils mènent un autre combat auquel je ne comprends rien mais dont les indices s’accumulent. Pourquoi ces braves gens ne s’interrogent-ils pas sur le point où est rendu le combat antiraciste dans notre pays ? Pourquoi, au lieu de mettre, comme des petits poujades parfumés, tout le monde dans le même sac, ne demandent-ils pas des comptes à ceux qui devraient en rendre ? Pourquoi n’aident-ils d’aucune façon ceux comme nous, qui passons à l’attaque après avoir publié des brochures et des livres d’argumentaires en début de campagne et qui continuons à le faire ? Pourquoi ne viennent-ils pas assister aux séances de formations de nos militants et de ceux de la CGT ? Quelque chose ne tourne plus rond. Vraiment pas rond. Quand l’ambassadeur d’Israël à l’ONU va rendre visite à madame Le Pen et revient joyeux et content, quand toute la presse bien-pensante a voté un blanc-seing de laïcité à la dame alors qu’elle est juste grossièrement anti-arabe et anti-musulmane, quand, sans autre examen, il lui est attribué une position favorable à la retraite à soixante ans et ainsi de suite, sans trêve et sans limite, je m’inquiète de voir tous les anticorps se retourner au service de la maladie. Il y a des raisons de se demander ce qui se passe vraiment. Quand le même « Marianne » et quelques autres trouvent mon vocabulaire « excessif » contre le Front National et essaient même de me tirer des regrets de la bouche, je vois clairement que toute boussole est perdue à cet endroit. Alerte en forme de connivence, titraille aguicheuse, banalisation, protection de flanc-garde, hum, hum : les oies du Capitole commencent mentalement à marcher au pas qui porte leur nom.
Etrange dépêche de l’AFP après un passage média il est vrai spécialement confus de madame Le Pen. On y lisait que Marine le Pen se serait engagée sur la retraite à soixante ans ! Bigre. Après toutes les injures qu’elle avait déversées sur les syndicalistes pendant le mouvement de grève contre la réforme, c’est presque une conversion gauchiste ! En fait, en regardant de plus près, on constate qu’elle invente ses réponses à mesure que lui sont posées les questions. Voyez précisément cet échange sur France Inter ce 25 janvier.
Patrick Cohen : « Autre sujet économique : les retraites. Dans votre programme, vous ne dites pas précisément ce qu’on fait de l’âge légal ou de la durée de cotisation. Est-ce qu’il faut modifier ou non la réforme accomplie par le gouvernement actuel ? »
Marine Le Pen : « Ah si, il me semble au contraire que c’est très clair. J’ai dit clairement que je pense que la meilleure option est la retraite à la carte avec une retraite pleine à 40 annuités… de cotisation. »
Patrick Cohen : « Une retraite à la carte… avec 40 annuités. Donc on reviendrait à 40 annuités de cotisations… »
Marine Le Pen : « Avec une retraite pleine à 40 annuités. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que si vous travaillez moins, deux ans de moins, vous avez une légère décote et vous pouvez obtenir votre retraite avec une légère décote. Si vous travaillez plus, vous pouvez obtenir une retraite qui soit supérieure. »
Patrick Cohen : « Et l’âge légal ? »
Marine Le Pen : « 60 ans ? Je crois que c’est un âge correct ».
Récapitulons. D’abord elle se prononce pour la « retraite à la carte ». Puis le journaliste lui fait dire l’âge préférable pour le départ à la retraite et elle répond « soixante ans ». Puis le journaliste lui demande si c’est l’âge légal de départ et elle répond oui aussi. Soit Le Pen essaye d’enfumer, soit elle n’y connaît rien. Car ce qu’elle dit est contradictoire : on ne peut pas vouloir « une retraite à la carte » et un « âge légal » de départ. Ce sont deux choses contradictoires. Voyons donc par étapes.
Si elle est pour une « retraite à la carte », c’est pire que Fillon ! Si elle est pour l’âge légal à 60 ans avec 40 années de cotisations, il faut qu’elle s’explique sur le niveau de la pension, le salaire de référence pour la calculer et ainsi de suite. Sans oublier le financement de tout cela. Ces points sont décisifs comme le savent tous ceux qui ont participé au mouvement contre la réforme des retraites. On a raison de se méfier et d’être très exigeant.
Car sur la retraite, Le Pen a changé d’avis souvent. Ses réponses sur France Inter signifient-elles un nouveau changement ? Dans le texte, son projet présidentiel pour 2012 fait l’impasse sur la question de l’âge légal et dit seulement : « L'objectif doit être fixé de revenir le plus rapidement possible au principe de 40 annuités de cotisation pour pouvoir bénéficier d’une retraite à taux plein. » Cette définition, c’est bien celle de la « retraite à la carte » où l’on part à taux plein quand on a ses années de cotisation. Cela peut-être à soixante-deux, soixante-cinq et ainsi de suite selon l’âge auquel on a commencé à cotiser et le nombre d’années validées. Dans ce cas il n’y a pas d’âge légal de départ. C’était clair d’ailleurs il y a peu pour le FN. En janvier 2011, alors qu’elle est présidente du FN, le site du parti d’extrême-droite indique que « le FN soutiendra le maintien à 40 annuités maximum de cotisation sans considération d’âge légal de la retraite ». C’est cohérent et correspond à la définition de la « retraite à la carte ». Mais il y a déjà eu autre chose chez ces gens-là. En 2007, Marine Le Pen était la directrice stratégique de campagne de Jean-Marie Le Pen. Ils proposaient de relever l’âge légal à 65 ans. Et le 27 septembre 2010, pendant le mouvement social, le FN avait organisé un colloque sur la question. C’est Jean-Marie Le Pen, alors président, qui l’avait conclu au nom du FN. Il s’était prononcé pour « une retraite à la carte ». Car la « retraite à la carte » et « l’âge légal » sont incompatibles. Ne vous embrouillez pas. Je fais un petit paragraphe d’explications.
Il existe deux âges légaux pour la retraite en France aujourd’hui. Le premier c’est l’âge légal de départ. Il était à 60 ans et il est progressivement relevé à 62 ans d’ici à 2017. Sauf régime spécial, il est impossible de partir à la retraite avant cet âge, même si un salarié a le nombre d’années de cotisations requises.
Le second, c’est l’âge légal pour avoir une retraite à taux plein, même sans le nombre d’années de cotisations obligatoires. Il était à 65 ans. Il passera progressivement à 67 ans d’ici à 2017. A partir de cet âge, un salarié qui n’a pas toutes ses années de cotisations ne subira pas de décote. Faisons le point. L’âge légal de départ est une protection collective. Il ouvre le droit au départ en retraite indépendamment de la durée de cotisation. Un salarié fatigué qui n’a pas cotisé 41,5 années peut choisir de partir à la retraite même s’il n’a pas le nombre d’années de cotisations requises. Actuellement sa retraite sera minorée par la décote, mais il n’est pas obligé de continuer à travailler. En 2010, plus de 8% des salariés partis à la retraite l’ont fait sans avoir cotisé la durée requise. Ils ont préféré partir à la retraite, malgré la décote, car ils étaient épuisés ou parce qu’ils considéraient que le montant de leur retraite serait suffisante pour vivre. C’est donc une liberté. Personne n’est obligé de partir à 60 ans (repoussé à 62). A l’inverse, dans le cadre d’une retraite « à la carte », un salarié qui n’a pas atteint la durée de cotisation requise est obligé de continuer à travailler. Il ne peut pas décider de partir à la retraite, même avec une retraite plus faible. Qui propose la « retraite à la carte » ? L’Institut Montaigne, le MEDEF, François Bayrou. Au total, la proposition de Le Pen est moins favorable aux salariés qui ont 40 années de cotisation après 60 ans. Imaginons un salarié qui a 62 ans n’a pu valider que 35 années de cotisation. Avec Fillon il peut partir avec une décote. Avec le Front de Gauche, il peut partir sans décote. Avec Le Pen, il ne peut pas partir. Avis aux benêts qui la croient : Le Pen c’est pire qu’avec Fillon.
Cette mystification n’est pas la première chez la dame. Voyez plutôt. On a beaucoup entendu parler des 200 euros nets que promet Mme Le Pen aux salariés gagnant jusqu'à 1,4 SMIC. Mais peu se sont penchés sur le détail de cette proposition et ses conséquences. Il faut d'abord préciser qu'il ne s'agit pas d'une augmentation en bonne et due forme du salaire. C’est une exonération de cotisations salariales à hauteur de 200 euros. Elle ne retourne pas au salarié, précisément en raison du fait que cet argent est déjà le sien. Car il faut bien comprendre que les cotisations salariales, qu'elle prétend rendre aux salariés, leur appartiennent déjà. Ils les récupèrent sous forme de « salaire différé », en remboursement de soins, retraites, allocations familiales et ainsi de suite. Cela signifie aussi que le salaire brut versé aux salariés, sur lequel est calculée la retraite, ne bougera pas. Mais surtout, le capitaliste n'aura pas un euro de plus à payer pour les salaires. Et la part du travail n'y gagne pas un centime dans le partage des richesses créées.
Invitée du « club Ethic » de Mme Sophie de Menton le 24 janvier, Marine Le Pen a d'ailleurs confirmé son opposition à toute hausse directe des bas salaires : « Je ne crois pas à une augmentation du SMIC qui repose sur l'entreprise. » C’est clair. Qui donc doit payer les augmentations de salaires ? Réponse de la dame : « C'est pourquoi l'Etat assumera la hausse du pouvoir d'achat. » Incroyable. Les contribuables se cotiseront pour se payer des hausses de salaires ! Inutile de dire qu’une telle trouvaille est déjà applaudie par les dirigeants patronaux ! Ainsi ce porte-parole de l'UIMM, le puissant syndicat patronal de la métallurgie, cité par le magazine « Challenges », qui parle de « propositions très alléchantes ». On le comprend. Comme l’a dit madame Le Pen au cercle des patrons qui l’écoutaient : « Je ne suis pas votre ennemie ! » Dont acte. On devine alors qui va payer les 200 euros de madame Le Pen. Le budget de l'Etat. C'est-à-dire les travailleurs eux-mêmes sous forme d’impôt ! Pourquoi ? Parce que la loi prévoit que toute exonération de cotisation sociale décidée par le gouvernement doit être compensée à l’euro près par un versement du budget de l’Etat à la caisse de sécurité sociale concernée.
Et si le budget de l'Etat compense ces 20 milliards de cotisations perdues, cela signifie que ce sont les travailleurs eux-mêmes qui paieront leur hausse de salaires en impôts. Loin d'augmenter la part de richesses destinée aux salaires, la proposition de Le Pen va donc au contraire mettre en péril la Sécurité sociale. Car elle coûte 20 milliards de recettes en moins aux caisses de Sécurité sociale. Cela reviendrait à doubler le déficit actuel de la Sécu ! Pour avoir une idée du coût de cette trouvaille sur les finances publiques, il faut se souvenir que le pays paye 50 milliards pour sa dette chaque année. La dette supplémentaire créée par Marine Le Pen représente une charge constante égale à 40% de l’actuel service de la dette du pays !
« Ah mais, direz-vous, madame le Pen a prévu de faire financer cette dépense par une nouvelle taxe sur les importations ». Les comptes sont donc censés s’équilibrer. Notons l’absurdité par rapport au programme annoncé par elle. Le FN ne peut pas prétendre d'un côté qu'il compte faire reculer les importations en les taxant et de l'autre, espérer que cette recette sera durablement élevée pour boucher les 20 milliards de trou supplémentaire dans les caisses de la Sécu. D'autant que le produit des droits de douane supplémentaires est estimé par le FN à environ 17 milliards par an. Cela ne suffit déjà pas à boucher le trou. Et cela est d'autant moins crédible que le projet du FN prétend déjà utiliser ces mêmes 17 milliards de droits de douane pour financer d'autres mesures. Comme « combler le déficit de la branche vieillesse », ce qui représente 6 milliards. Ou encore pour « financer la dépendance » ! Donc le FN n'a pas en réalité de solution pour financer ces 20 milliards de trou, à part préparer un nouveau recul de la Sécurité sociale. Avis aux benêts qui la croient : madame Le Pen vous prend votre montre pour vous donner l’heure en échange.
Une fois de plus, ce long développement de Jean-Luc Mélenchon est plein de sentiments humains et vrais... Il est aussi, en matière politique, extrêmement pertinent.
Dans la stratégie de la campagne, JLM vise les classes populaires, notamment celles qui s'abstiennent, pour les remobiliser et leur redonner l'envie de politique au sens noble. Il vise également à neutraliser le recours aux faux votes de protestation tels que le vote Le Pen. Il fait sur ce terrain un travail de fond qui nous aide, nous syndicalistes.
Plus que jamais JLM mérite que nous soyons à ses côtés pour faire avancer la question fon,damentale de la redistribution, de la répartition des richesses créées, les seules richesses que seul le travail créée.
Bon courage à tous et bon courage à Jean-Luc MELENCHON, notre candidat.
NOSE DE CHAMPAGNE
28 janvier 2012
SYRIE: L'OCCIDENT VEUT EN FAIRE UNE CHIERIE !
LETTRE OUVERTE AUX RESPONSABLES DU MOUVEMENT DE LA PAIX SUR EL DIABLO
Avec votre "Infos-Paix 344 du 21 janvier 2012", comme vous l'aviez déjà fait pour la Libye, vous colportez sur la Syrie des informations dont vous ne pouvez ignorer le caractère fallacieux.
Certes, pour la Libye, vous pouviez avoir "l'excuse" d'être manipulés par tout ce que l'OTAN compte de médias à son service. Mais au vu du résultat de votre "soutien au peuple libyen", qui vient d'exprimer sa "satisfaction" en saccageant le siège du CNT à Benghazi, berceau de la "révolution" (1), la circonspection aurait dû être de mise avec la Syrie.
Ainsi, quand le 28 novembre 2011, dans Le Figaro, Georges Malbrunot écrit que "Paris soutient logistiquement les insurgés syriens", vous ne vous demandez pas qui sont ces insurgés que le "démocrate" Sarkozy (celui qui s'est permis un coup d'État face au vote NON majoritaire du peuple de France le 29 mai 2005) peut bien soutenir. Et lorsque le 9 décembre 2011, toujours Malbrunot dans Le Figaro interroge : "L'armée syrienne libre : Couverture turque ? Ou faux-nez islamiste ?", ça ne vous fait pas réfléchir non plus...
C'est donc sans ambiguïté que votre récidive syrienne prouve votre choix : vous avez décidé d'être complices des fauteurs de guerre, ce qui est un comble pour un mouvement de la paix...
Pour vous permettre de rectifier vos "erreurs" auprès des destinataires de votre lettre "Infos-Paix", je vous signale que le 2 janvier 2012, le site qatari The Doha Debates a publié un sondage indiquant que 55 % des Syriens soutenaient leur président Assad (2) ; information reprise par The Guardian du 17 janvier (3) : "Most Syrians back President Assad, but you'd never know from western media. Assad's popularity, Arab League observers, US military involvement: all distorted in the west's propaganda war", article dont vous pourrez lire une traduction en français titrée "Les Syriens sont une majorité à soutenir le président Assad, mais ce n’est pas des médias occidentaux que vous pourriez l’apprendre", sur le site de Réseau Voltaire (4).
D'autre part, au cas où vous auriez "gobé" la fable des iPhone interdits en Syrie (Le Monde, 5 décembre 2011), n'hésitez pas à prendre le temps de découvrir la supercherie de la BBC (5), et souvenez-vous de Joseph Goebbels, ministre de la Propagande de l'Allemagne nazie...
Enfin, s'agissant du rapport de la Mission d'observation arabe en Syrie, il n'est sans doute pas inutile de comparer les informations données par la presse française avec celles publiées en français par l'agence de presse syrienne Sana sous le titre : "La mission d'observation arabe confirme dans son rapport les actes de violence des groupes armés contre l'armée, les civils et les édifices étatiques" (6). Au cas où vous ne sauriez pas ce qui se passerait légalement en France en pareilles circonstances, je vous invite à consulter le "décret n° 2011-795 du 30 juin 2011 relatif aux armes à feu susceptibles d'être utilisées pour le maintien de l'ordre public".
En attendant votre prochaine parution et vos excuses au peuple syrien ainsi qu'aux destinataires de votre lettre "Infos-Paix", je fais suivre ce message à mon carnet d'adresses et vous prie d'agréer mes salutations.
Jean-François Autier,
Ajusteur mécanicien retraité, ancien combattant.
(1) http://www.theatrum-belli.com/archive/2012/01/22/libye-le-siege-du-cnt-a-benghazi-a-ete-saccage-par-des-manif.html
(2) http://www.thedohadebates.com/news/item/index.asp?n=14312
(3) http://www.guardian.co.uk/commentisfree/2012/jan/17/syrians-support-assad-western-propaganda
(4) http://www.voltairenet.org/Les-syriens-sont-une-majorite-a
(5) http://www.voltairenet.org/Les-iPhone-interdits-en-Syrie
(6) http://www.sana.sy/fra/55/2012/01/23/395956.htm
27 janvier 2012
la republique irréprochable
Pense-Bête
Les fonctionnaires sont comme
les livres d'une bibliothèque:
les moins utiles sont les plus
haut placés.
V.I. Lénine
A Toulon, les partis politiques ont-ils le droit de s'exprimer ?
Samedi 21 janvier, des militants politiques républicains ont été verbalisés pour vente de matériel politique sur le marché du Pont-du-Las, à Toulon. Il n’est pas admissible que les différentes contributions au débat politique soient ainsi restreintes par la police municipale, surtout dans ce contexte de proches échéances électorales.
Rien ne pouvait justifier la verbalisation de ces militants : ni un quelconque trouble à l’ordre public, ni vente à la sauvette, ni conflit avec les autres stands politiques présents (dont le FN) qui n’ont d’ailleurs pas été inquiétés par les services de police. > Dans un souci de non-renoncement aux libertés démocratiques, les militants en question ont décidé de réitérer leur démarche dans le même lieu et à la même heure, le mercredi 25 janvier. La LDH de Toulon qui a soutenu cette action était présente.
Vers 9h45 la police municipale est intervenue en nous sommant de quitter les lieux pour cause de « non respect du cadre légal » sans autre justification. Comme nous refusions de quitter les lieux, les policiers nous ont alors demandé de justifier de notre identité ; ce que nous avons également refusé de faire en précisant qu’ils pouvaient prévenir la police nationale s’ils le souhaitaient. Mais, après nous avoir menacé d’aller « jusqu’au bout », ils n’en firent rien. Et pour cause, un élu présent parmi les militants est allé chercher directement l’information à la source du premier magistrat de la ville : la réponse était claire, nous n’étions pas dans l’illégalité ! Au bout d’environ une demi-heure, les policiers ont finalement décidé de laisser les militants distribuer leurs tracts…
Le président de la section toulonnaise de la LDH qui était présent sur les lieux est allé demander poliment à un policier s’il n’avait pas la possibilité de vérifier auprès des autorités de la ville la pertinence de telles interpellations avant de les commettre. Le policier répondant : « Vous savez, on a reçu un appel d’un citoyen, on a fait notre boulot. Après, les ordres et les contres ordres, on a l’habitude … ».
Parce que la police républicaine ne peut et ne doit en aucun cas devenir l’instrument d’intimidation de quelques-uns, la section de la Ligue des droits de l’Homme de Toulon s’indigne fortement de cette atteinte à la liberté d’expression et au processus habituel de communication des partis politiques en campagne.
Nous demandons au maire de Toulon, Monsieur Hubert Falco, de donner les instructions légitimes qui s’imposent afin que ne se renouvellent plus ces pratiques, et que les différentes forces politiques républicaines puissent s’exprimer librement auprès de tous ses administrés.
j'ai trouvé que ce mail expedié par francis , avait sa place ici .
cloclo
26 janvier 2012
Sarkozy, "el gabacho*" parasite de la politique
L’ennemi du peuple gitan, oppresseur colonialiste, traqueur sanguinaire de nations souveraines et valet impérialiste le plus affreux que la France ait pu avoir, assume sa possible retraite prochaine, mais ne veut pas endosser la responsabilité de ses atrocités.
On pourrait se dire que la seule préoccupation de l’actuel président de la république française est, comme dans le cas de l’ex-premier ministre ZP [Zapatero], vivre une préretraite dorée prématurée au moment de se retirer, ou plus précisément lorsqu’il sera expulsé du monde de la politique.
Ce chiot bien dressé par la meute sioniste, ce pro-impérialiste arrogant, atlantiste corps et âme, doublon néfaste du rouleau compresseur germanique, Merkel, et pote inconditionnel de la machine dévastatrice usaméricaine, pense déjà faire ses valises s’il perd aux prochaines élections présidentielles françaises.
Comme les sondages les plus récents le situent loin derrière son principal rival, François Hollande, Don Nicolas, sans plus de vocation politique que celle qui consiste fermement à ne pas servir le peuple, arrive à terme et est prêt à profiter des diverses récompenses, visibles ou non visibles, qu’il va recevoir pour les infâmes services rendus. Il est le sbire idéal de cette Mafia ténébreuse qui tire les ficelles sur la planète, contre ceux qui en ont chaque jour un peu moins.
Sarkozy n’est pas arrivé, là où il est, par ses propres mérites, ni n’a jamais pris de décision sans pression, sans ordre ni ingérence. Pour peu que l’on ait suivi l’histoire récente de la France, on aura pu se rendre compte que le chauvinisme français bien connu, la dignité souveraine et la réticence à la domination diplomatique extérieure ont carrément été jetés aux ordures par celui qui est toujours chef d’état de l’hexagone et d’autres territoires subordonnés extraterritoriaux.
Évidemment, ses dernières déclarations publiques, il les a faites en Guyane française, sans doute, une arrogante démonstration de plus à défendre un honteux colonialisme. Sans parler des sociétés néocoloniales, guerrières, conspiratrices et persécutrices, encouragées apparemment par ce type, dans le but de favoriser l’élite économique et financière nationale, et pour renforcer son alliance avec l’Axe impérial, qui, comme l’on sait, n’a de cesse de contribuer à l’insécurité mondiale.
Toutes ces perfidies et ces ambitions génèrent, en terminologie marxienne, de sérieuses contradictions inter-impérialistes. Mais les perdants sont toujours les masses de travailleurs et les peuples, menacés par l’appauvrissement potentiel ou réel crée par ces contradictions.
Sarkozy assure que lorsqu’il partira, on ne saura plus rien de lui. J’ignore s’il se cachera où s’"ils" le cacheront, s’il vivra un exil doré, commencera une nouvelle vie plus spirituelle ou s’il se fera la chirurgie esthétique.
Ce qui me préoccupe vraiment c’est que, comme d’autres criminels qui l’ont précédé, il ne vienne jamais occuper le banc des accusés et que, par conséquent, il ne soit pas rendu responsable de ses nombreux méfaits - certains d’entre eux encore tout frais - dont le sang déversé l’a été, en grande partie, à cause de ce sieur de l’Élysée.
Et non moins préoccupant, sont les grandes agences mondiales d’information qui vont préférer imiter la presse glamour en pointant du doigt le politicien d’ascendance magyar, avec ce que probablement lui-même ne reconnaîtra pas.
Jilata YooY
Source originale: "Sarkozy, el gabacho vividor de la política"
Article publié le 25 janvier 2012
*Gabacho : Nom péjoratif appliqué aux Français; de l’occitan gavach “montagnard rustre”, "originaire d’une région septentrionale qui parle mal la langue nationale". Strictement "jabot d’oiseau" et "goitre" dû à la fréquence de cette maladie parmi les montagnards des régions occitanes septentrionales. Mot d’origine pré-romain.(…)
(…) sobriquet dédaigneux appliqué aux montagnards des Bas Pyrénées qui arrivaient en Catalogne ou Aragon à la recherche d’un boulot: ils avaient l’aspect de "montagnards grossiers" avec le goitre et furent appelés comme on le faisait chez eux : des gavaches, c’est à dire, gabachos…
LA BARCASSE DE L'ETAT AU SECOURS DU CAPITAINE DE PEDALO !

N'est-elle pas admirable cette solidarité des gens de maire ?
C'est aujourd'hui que Monsieur Hollande nous livre toute la saveur de son fromage dans des comptes qui ménagent ri-gou-reu-se-ment le système libéral.
Notre retraite est en de bonnes mains ! Nos pouvoirs d'achats itout ! Nos services publics et particulièrement la T2A de nos hôpitaux aussi !
Attention au naufrage possible !
NOSE DE CHAMPAGNE
A l'aide : Remue-meninges
j'ai reçu le message ci dessous de ma belle fille , j'en appelle aux pigeons , je sais que vous pouvez etre tres creatifs , aidons la .
cloclo qui a bien quelques idées , mais plus il y en aura et mieux cela sera .
Bjr Claude, Nous cherchons des idées pour la manif du 07 fev pour la manif contre le fn (marine vient vous voir!). il faudrait qqch de visuel. Dans notre brainstorming nous en sommes à : - tous avec des perruques blondes et des pancartes/tee shirts "bleu....blond....ROUGE" ou "etre blond mais pas voter con". -un structure de perruques blondes en forme de flamme qui sera brulée.j'aimais bien, ça faisait un peu kkk, mais les écolos........ -d'autres on dit tous à poil!!!! Toutes les idées sont les bienvenues. Vos (tes!) amis sont surement très créatifs... a bientot magali
25 janvier 2012
2500 arrêts de cars scolaires supprimés dans la Manche !
Pour défendre l'égalité pour tous du service public d'éducation, pour éviter que des élèves aient à marcher sur le côté des routes parfois plusieurs km pour aller jusqu'à un arrêt de car,
Signez la pétition : «REFUSONS LA SUPPRESSION DE 2500 ARRETS DE CARS SCOLAIRES DANS LA MANCHE ! »
http://www.petitionpublique.fr/?pi=P2012N19432
ANNA
Pense-Bête
À notre époque
les vieux cons sont
de plus en plus jeunes.
Frédéric Dard
23 janvier 2012
Ghyslaine, 55 ans, feignasse et fraudeuse
Jeudi, 19 Janvier 2012 14:36
Elle a refusé un travail d'une heure par semaine situé à des kilomètres de chez elle. Sanction : la CAF lui coupe les vivres pendant deux mois.
Mercredi, cette ancienne employée d'une fabrique de vêtements à Bohain (Aisne), au chômage depuis 1999, date de la fermeture de son entreprise, et désormais au RSA, a traversé la RD 643 pour siéger, avec son amie syndicaliste Thérèse-Marie Cardon et d'autres militants, devant l'agence de la Caisse d'allocations familiales de Cambrai. Motif d'un tel déplacement et déploiement, constitué tout au plus d'une dizaine de personnes ? Ghyslaine et ses amis estiment que l'organisme de prestations sociales s'est lancé dans «une chasse aux pauvres».
Au rayon des arguments, ils ont un exemple probant : celui de Ghyslaine, justement. «En juin, Ghyslaine a refusé un travail d'une heure par semaine et qui se trouvait à des kilomètres de chez elle, explique Thérèse-Marie Cardon. Quelques jours plus tard, elle a reçu la visite d'un contrôleur CAF.»
5.000 euros d'économies qu'il fallait déclarer
Un émissaire venu pour mettre le nez dans les comptes de l'ancienne employée. «J'étais choquée, raconte Ghyslaine. J'ai travaillé toute ma vie et je n'ai pas demandé à être au chômage.» La quinquagénaire a donc extirpé de ses classeurs quelques relevés bancaires. Et l'émissaire de découvrir que la Bazuelloise avait quelques milliers d'euros de côté. «5.000 €, lâche Ghyslaine, un peu embarrassée. Après, j'ai reçu un courrier...» Sur lequel était écrit noir sur blanc que la vaillante employée du textile s'était «rendue coupable de manœuvre frauduleuse».
C'est que cette somme, Ghyslaine devait la déclarer à la CAF. Laquelle aurait revu en conséquence les versements du Revenu de solidarité active attribués jusqu'ici.
«Si elle ne l'a pas fait, c'est qu'elle n'y a pas pensé, insiste Thérèse-Marie Cardon. Ce sont des économies réalisées à l'époque où elle travaillait encore ! Et là n'est pas le problème...» Mais où, alors ? Les militants établissent «un lien entre le refus de se voir attribuer un emploi d'une heure par semaine à des kilomètres de chez elle et la visite du contrôleur. Pour nous, il y a eu délation !»
Mais alors qu'un courrier était envoyé au conseiller général du canton, Laurent Coulon, pour demander «la remise gracieuse de la dette» de Ghyslaine — contrainte de verser 45 euros à la CAF pendant deux ans —, deux mois de RSA ont été retirés à la quinquagénaire. Et «je n'en ai pas été avertie !», assure cette dernière. Ce qui constitue aussi les raisons de la colère. «Pourquoi, du jour au lendemain, on lui retire deux mois de revenu sans la prévenir ?» Un procédé que le comité de soutien de Ghyslaine juge déplaisant et injuste.
«Pourquoi faire payer la crise aux chômeurs ?» Ce même comité a donc décidé d'aller frapper à la porte des conseillers CAF pour obtenir des explications. A l'issue de la rencontre, la CAF a déclaré qu'un courrier lui avait été envoyé en novembre...
Source : La Voix du Nord
Note : En vertu de la taxation de 3% de l'épargne disponible des allocataires du RSA, avec 5.000 € de côté, le RSA de Ghyslaine aurait été amputé de 150 € par an, soit 12,50 € par mois. L'allocataire du RSA n'a pas le droit d'avoir des économies : quand il en a, il doit les déclarer et on les taxe d'un pourcentage supérieur à ce qu'elles lui rapportent sur un livret. C'est ça, la justice sociale… un véritable racket.
Et on note qu'en guise de punition, outre la suspension de son RSA pendant deux mois, la CAF réclame à Ghyslaine un remboursement de 45 €/mois pendant deux ans, soit 1.080 €, alors que le "manque à gagner" annuel lié à la non déclaration de ses 5.000 € taxés à 3% s'élève à… 150 € seulement. Le prix net de la "déclaration frauduleuse" s'élève donc à 930 €. Révoltant !
transmis par Pedro
QUE CE PASSE-T-IL AU "GRAND SOIR" (LGS) ?
On nous dit que c'est une affaire de maintenance... Mais çà fait 3 jours que çà dure !
Est-ce que çà peut durer longtemps encore ? Ou alors, est-ce une censure déguisée ? Parce que tous les moyens sont bons en ce moment pour nous la faire fermer !
Soyons vigilants !
NOSE
22 janvier 2012
BOUGE TA CAGOULE, MARINE !
COLLOQUE « LE FRONT NATIONAL DEMASQUE PAR L’HISTOIRE »
Intervention de Bernard THIBAULT, Secrétaire général de la CGT
le 19 janvier 2012, au siège confédéral de la CGT à Montreuil.
Mesdames, Messieurs, Chers Amis, Chers Camarades,
Je voudrais tout d’abord vous remercier d’avoir répondu si nombreux et participé aussi activement, remercier l’ensemble des intervenants pour leurs exposés, c’est avec plaisir que nous relirons vos interventions, et féliciter l’Institut d’Histoire Sociale d’avoir organisé cette rencontre de haute qualité. Nous marquons un peu avant l’heure, ensemble, de bonne manière, l’anniversaire de l’Institut.
L’extrême droite française, actuellement représentée par le Front national et en quelque sorte incarnée par Marine Le Pen, constitue une mouvance politique délétère pour le monde du travail, et je reviendrais brièvement sur la démonstration que nous en avons faite. L’histoire comme science sociale est une dimension fondamentale de la culture et je redis que la critique historique est une ressource précieuse pour notre combat actuel. Cela est vrai aussi pour le sujet qui nous intéresse aujourd’hui. Il est légitime de se demander pourquoi la CGT estime nécessaire de faire ainsi le procès d’un courant d’opinion important susceptible de recueillir de nombreux suffrages.
Une remarque au passage s’agissant du supposé vote ouvrier estimé dans les enquêtes d’opinion et les commentaires qui les entourent. Depuis plusieurs semaines, s’installe l’affirmation d’ouvriers globalement acquis au vote FN. Ce n’est pas le cas. Les enquêtes d’opinion à ce stade disent surtout que, pour l’instant, la moitié des ouvriers n’est pas décidée à voter, ce qui n’est pas du tout la même chose. Cette bataille idéologique s’illustre par cette affirmation ressassée selon laquelle le FN fédèrera naturellement, mécaniquement, le vote des mécontents ou oubliés.
Dans une déclaration de juillet 2001, réaffirmée par tous ses congrès, la CGT a clairement balisé ce que devait être son rapport à la politique et aux partis qui l’animent. Nous y indiquions que « Notre conviction de la nécessité d’une démarche indépendante vis-à-vis du patronat, des gouvernements, des institutions européennes et internationales, des partis, ne signifie pas pour autant notre indifférence au contexte politique. Il signifie encore moins notre désintérêt à l’égard de l’intervention des partis dans le débat démocratique, sur la forme et sur le fond ». Nous y précisions que « nous avons conscience que ce qui est communément appelé « la crise du politique » ne peut pas être sans conséquences sur la réflexion et l’action syndicales », et que par conséquent, « constater une certaine prise de distance entre les citoyens et la représentation politique ne veut pas dire s’en satisfaire, et encore moins prétendre combler un vide en sortant de notre rôle ».
Tous les ingrédients sont là pour justifier que le Front national fasse de notre part l’objet d’une analyse critique rigoureuse et d’une contre-offensive vigoureuse. Ce parti puise son influence dans la persistance de la « crise du politique » et l’accentuation de cette distance entre les citoyens et la représentation politique. Simultanément, en focalisant son programme sur de fausses explications de la crise, en agressant les syndicats qui défendent les revendications des salariés et des retraités (nous l’avons vécu entre autres en 2010 lorsque nous avons été qualifiés d’« émeutiers » lors des manifestations et grèves contre la réforme des retraites de Nicolas Sarkozy), le FN exonère les vrais responsables et éloigne celles et ceux qu’il séduit des solutions réelles.
Toutes les occasions doivent être saisies pour réaffirmer qu’il n’y a aucune place, ni dans notre point de vue, ni dans notre pratique, pour le racisme, la xénophobie, l’autoritarisme, la morgue ou l’étroitesse chauvine. Mais l’histoire nous montre aussi qu’au-delà de ces traits hideux de l’extrême droite, sa force d’attraction tient surtout à sa capacité à s’emparer des problèmes sociaux pour les instrumentaliser et les mettre au service de sa stratégie. A chaque fois, l’extrême droite a surfé sur les peurs de couches sociales malmenées par les mutations sociales qu’imposaient les marchés et la concurrence. D’abord, les paysans avec Dorgères et ses « chemises vertes », les couches moyennes et les Croix de Feu dans la crise de 1929, les artisans et commerçants avec Poujade (et Jean Marie Le Pen qui, déjà, avait à l’époque été élu à l’Assemblée Nationale sous cette étiquette).
C’est bien l’absence de perspectives concrètes pour d’importantes couches de la population qui est à l’origine de cette instrumentalisation et non une conversion à priori pour l’idéologie fascisante, ce qui n’exclut pas qu’il y ait bel et bien des adeptes des thèses fascisantes au FN. L’extrême droite est parvenue ces dernières années à leurrer une partie de l’opinion avec un discours politique prenant notamment comme cible la mondialisation, l’immigration et l’insécurité. Nous devons en avoir conscience et militer en conséquence. Les effets délétères des campagnes de Sarkozy sur l’immigration, la sécurité, le droit d’asile et l’identité nationale ont renforcé les peurs collectives. Nous en mesurons aujourd’hui les dégâts. Le discours du FN est une imposture et donc un déni de démocratie mais il serait cependant illusoire de penser venir à bout du problème par des postures simplement moralisantes.
Comme l’a récemment analysé la CGT, la banalisation du Front national dans le paysage politique français et de ses émules au plan européen, est « portée par la conjonction d’enjeux lourds pour penser le présent et l’avenir, tels que l’absence d’alternatives et de réponses à la crise systémique et la globalisation économique qui isolent et enferment l’Europe ; l’impuissance à faire une place à la jeunesse dans un contexte de vieillissement démographique ; la crise du travail, des finances publiques qui privent les Etats des moyens pour assurer la justice sociale, garantir l’égalité entre les individus par une Sécurité Sociale, des Services Publics, l’égal accès des droits de tous pour tous ».
Une part importante de la population salariée ou retraitée peine à maintenir la tête hors de l’eau ou a déjà perdu pied. Pour beaucoup d’autres, la peur du déclassement, du chômage et de la précarité, en même temps qu’elle représente le frein principal à l’investissement dans le changement de leur vie professionnelle, est devenu l’aliment permanent du potentiel de séduction de l’idéologie frontiste. Le vote FN est sans doute d’abord de la colère qui n’a pas trouvé à s’exprimer positivement. C’est le détournement d’une aspiration à voir la politique reprendre les commandes. Voilà pourquoi celle-ci constitue une menace directe contre l’efficacité de notre combat pour l’unité et la solidarité entre tous les salariés.
Le sentiment s’installe chez beaucoup de salariés qu’ils n’auraient plus d’avenir. Ceux qui sont particulièrement visés sont les plus jeunes, sortis du système scolaire sans diplômes et sans qualifications, les ouvriers, ceux qui vivent les situations les plus difficiles, les plus instables, les moins considérées socialement, nourrissant la désespérance, terreau favorable aux manipulations populistes. Si le travail demeure bien la valeur de référence des couches populaires, le rapport du salarié au travail s’est lui profondément dégradé. Le statut social qu’il procurait s’est effondré.
Pour preuve, les travailleurs sont ramenés à la notion terrible de « ressources humaines », voire pire de « capital humain ». Pensons aux millions de personnes qui ne peuvent accéder au travail. Pensons ensuite aux millions d’autres qui souffrent dans l’exercice quotidien de leur activité pour un salaire qui permet tout juste de survivre. Il y a bien sûr des millions de salariés qui sont heureux de travailler mais qui se heurtent malgré tout chaque jour aux contraintes que fait peser la logique de la rentabilité, accrue par la financiarisation. Les notions de « sureffectifs » puis celle des fameux « licenciements boursiers » qui se sont imposées témoignent d’une approche du travail réduite à une variable d’ajustement.
Le statut du travail est aujourd’hui fort mal en point. C’est même une dimension majeure de la crise. Depuis au moins 25 ans, pour augmenter la rentabilité d’un capital en suraccumulation, les entreprises ont mis une pression sans précédent sur les besoins sociaux et les conditions de travail, elles ont dévalorisé les qualifications, développé la précarité. La Sécurité sociale professionnelle est la base concrète sur laquelle le salarié pourra s’appuyer pour garantir sa place dans la production, dans la répartition des richesses et dans la société elle-même. Nous avons besoin d’une convergence de réformes et d’actions qui donneront consistance à une nouvelle logique économique. Il s’agit de redonner sens au travail et à la production de richesses.
La réponse à la crise du système capitaliste n’est pas l’émergence d’un pouvoir autoritaire avec une cheftaine à sa tête. Comme nous l’enseigne l’histoire, c’est illusoire et dangereux. L’alternative est l’ouverture d’un nouveau chantier démocratique qui permettra de reconstituer les solidarités en faisant reculer les contraintes imposées par les institutions financières aux citoyens et aux salariés.
La question de la démocratie dans la société et l’économie se pose d’une manière très différente d’il y a 40 ans. Mesurons les changements majeurs qui ont affecté la société : le retrait des politiques publiques au profit des logiques de la concurrence ; le poids devenu exorbitant des actionnaires qui a rompu l’équilibre antérieur entre salariés et gestionnaires ; l’évolution des structures de production qui ont intégré la firme classique dans des réseaux et un espace international non régulé. La recherche de la rentabilité s’est imposée comme logique quasi exclusive dans un champ économique élargi soumis à une concurrence sans garde-fous.
Comme nous l’avons entendu cet après-midi, le Front national s’est donné l’objectif de capter durablement la confiance d’une partie importante des salariés les plus modestes qui sont aussi les plus exposés au durcissement de l’exploitation du travail et les plus assujettis à la précarité de l’emploi. Pour y parvenir, il n’hésite pas à maquiller ou à transfigurer certains des registres idéologiques traditionnels de l’extrême droite française. Le passage d’une forme brute et brutale de racisme à une forme plus policée de protection ethnicisée de l’identité nationale en est un des aspects, le trait le plus saisissant étant sa récupération intégriste de la laïcité en vue de diaboliser les immigrés de culture islamique.
Je saisis cette occasion pour attirer l’attention sur le caractère ambigu du concept d’identité. Ambigu parce que, s’il peut être légitimement invoqué pour exiger d’être reconnu dans son existence et ses droits, il est le plus souvent utilisé et même instrumentalisé pour construire un mur entre soi et les autres. Je citerai volontiers ici deux écrivains antillais, Glissant et Chamoiseau : « Changer en échangeant revient à s'enrichir au haut sens du terme et non à se perdre. Il en est ainsi pour un individu comme pour une nation » ; « Aucune culture, aucune civilisation n'atteint à la plénitude sans relation aux autres ». Je raisonnerais de même en ce qui concerne l’identité de la CGT. Celle-ci ne résulte pas de l’attachement à un corpus transmis de génération à génération par un rituel d’initiation : c’est une culture vivante qui se régénère dans le terreau de la réflexion, dans le feu de l’action et dans la confrontation des points de vue et des expériences.
La CGT se réclame de l’internationalisme, de la solidarité entre travailleurs de toutes origines, d’une vision du monde structurée par le clivage de classe et non par celui des frontières nationales. Nous pouvons être fiers d’être le syndicat qui a porté à sa direction Henri Krasucki, métallo né en Pologne, déporté par les nazis et les collaborationnistes de l’extrême droite française pour actes de résistance dans son pays d’accueil. Nous pouvons être fiers d’être le syndicat qui a compté parmi ses membres Missak Manouchian, métallo arménien né en Turquie, mort avec ses camarades immigrés de l’Affiche rouge pour libérer la France de l’oppression nazie. Nous pouvons être fiers et nous revendiquons d’être un syndicat qui a toujours organisé les travailleurs migrants, qui a toujours compté dans ses rangs des salariés venus de tous les continents.
La CGT est le syndicat de tous les salariés et c’est pour cela qu’elle défend les intérêts des travailleurs sans-papiers. Le refus de régulariser les travailleurs sans-papiers, leur maintien dans une zone de non droit, est un facteur d’abaissement des salaires et garanties collectives de tous les salariés. L’existence d’un nombre important de travailleurs sans-papiers est avant tout une arme aux mains des patrons pour faire fructifier leur taux de profit. La réponse n’est pas leur expulsion mais la reconnaissance de leurs droits. Le principe de la préférence nationale, la stigmatisation systématique des immigrés sont un puissant outil de division des salariés et donc d’affaiblissement du rapport de force indispensable face au patronat, notamment dans un pays encore marqué par son histoire coloniale. Ils ont pour objet de dresser les salariés les uns contre les autres, et de réduire leurs capacités de rassemblement et d’intervention pour peser sur les choix économiques et sociaux. Ils visent à cibler une partie de la population pour détourner l’attention de la véritable question, à savoir l’inégale répartition des richesses produites par le travail.
Il n’est donc pas envisageable, qu’au nom de la liberté d’opinion dans la CGT, celle-ci puisse être représentée, à quelque niveau que ce soit, par des militants revendiquant publiquement leur adhésion au concept de « préférence nationale ». J’en profite à ce propos pour vous informer qu’après avoir affirmé vouloir faire condamner la CGT en justice pour discrimination politique en Moselle, le FN ne cesse de faire durer la procédure, pronostiquant sans doute l’échec de sa démarche. Si nous n’avons nulle intention de stigmatiser des salariés séduits par le discours du FN, nous avons la ferme volonté de discuter avec eux de la vraie nature de ce parti et de ses objectifs, et de les convaincre de la nocivité de ses projets. Nous ne pourrons le faire que si nous réussissons aussi le redéploiement de la CGT vers les salariés précaires et les victimes de discrimination pour combattre plus efficacement des politiques qui plombent le mouvement revendicatif et bafouent nos droits sociaux. Nous réussirons d’autant mieux si nous progressons dans notre capacité d’organiser des luttes collectives et solidaires entre travailleurs à une échelle interprofessionnelle. C’est une réponse à l’opposé d’un syndicalisme corporatiste dans sa version frontiste.
L’éclairage historique, ou mieux encore l’élucidation historique de la continuité et du transformisme de l’extrême droite française, est bien de nature à mettre en évidence qu’ils sont ancrés profondément dans le terreau du nationalisme. Celui-ci asphyxie l’inspiration et le potentiel libérateurs d’une nation dès lors qu’il se cramponne à une vision fixiste des civilisations et des mœurs démentie par l’histoire ancienne comme par l’histoire immédiate, se refuse à reconnaître la coexistence de courants de civilisation différenciés mais aptes aux métissages. Il veut ignorer l’interpénétration des échanges et des politiques en Europe et le besoin de solidarités de luttes en Europe et à travers le monde.
L’Europe est entrée dans une profonde crise institutionnelle et politique. Il ne s’agit pas de se replier chacun chez soi comme le propose le FN mais de combattre pour que l’Europe soit un espace de progrès social pour tous. Nous récusons le pacte de compétitivité dit « Euro+ » qui met en concurrence les travailleurs européens et a pour premier objectif de garantir les créances des banques. Ce pacte imposé aux peuples engage sur la voie de l’austérité à partir de procédures anti-démocratiques. L’Europe ne peut être un consortium de gouvernements ignorant les exigences démocratiques. Elle doit écouter les citoyens. L’Union doit devenir un moyen pour maîtriser les flux financiers et réorienter la mondialisation. Elle doit reconnaître le principe de salaires minima, la sécurité de l’emploi, l’amélioration des conditions de travail, l’existence des services publics.
Nous ne sommes pas les seuls syndicats confrontés à l’influence de l’extrême droite : Italie, Belgique, Hongrie, Pays-Bas et tant d’autres, l’expérience montre qu’il ne faut pas faire le dos rond mais affronter les situations, savoir démasquer la démagogie, voire les usurpations d’identité dans le discours. Marine Le Pen a qualifié la « TVA sociale » de Nicolas Sarkozy de « TVA patronale », c’était le titre d’une brochure économique de la CGT en mai 2007. Il y a au FN des militants qui passent du temps à s’inspirer des messages syndicaux pour rendre l’extrême droite présentable.
Pouvoir d’achat, restructurations, délocalisations, dégradation de l’emploi, retraites, services publics, tous ces problèmes perdurent. Ils exigent à tous les niveaux une vigilance de tous les instants, une défense pied à pied dans le cadre des solidarités professionnelles et territoriales, une mobilisation syndicale organisée, orientée vers des mesures immédiates s’inscrivant dans une vision d’avenir et une vision solidaire. Le syndicalisme ne doit pas se tenir à l’écart des débats qui d’ores et déjà participent aux futures échéances électorales.
La CGT avait déjà dit lors du conflit des retraites en 2010 que l’exécutif aurait à payer le prix de son autoritarisme et du refus de prendre en compte l’avis ultra majoritaire des salariés. Les questionnements actuels sur le contenu de la prochaine présidentielle attestent que beaucoup des démarches politiques telles qu’elles sont pour l’instant exposées sont loin de répondre aux défis de l’heure. Les questions sociales, notamment celle du travail, les problèmes du financement, de l’impôt, du crédit sont incontournables, et il y en a bien d’autres.
Si l’on veut contrer l’influence du FN, à notre place d’organisation syndicale, il faut mettre la question du travail au centre de notre réflexion, valoriser notre bataille pour un nouveau statut du travail dont la sécurité sociale professionnelle. Il faut développer nos capacités d’action collective dans le contexte d’aujourd’hui.
Le recul du niveau de vie, l’austérité sans fin, la déconstruction des systèmes sociaux sont présentés comme les seules perspectives crédibles, suscitant un peu partout réactions, révoltes, résistance. Nous entrons dans une nouvelle période. Les enjeux sociaux et les enjeux démocratiques sont de plus en plus fortement imbriqués. On avancera ou on reculera sur les deux terrains. Le choix est entre recul social et autoritarisme d’un côté ou progrès et démocratie de l’autre.
Si le syndicalisme apparaît comme le « dernier rempart » face aux mises en causes, aux reculs sociaux, il apparaît aussi comme l’une des principales forces pour faire barrage aux mises en cause de la démocratie. La CGT a toujours tenu sa place sur ce terrain. Elle ne se dérobera pas.
Je ne doute pas que nous avons trouvé aujourd’hui, les uns et les autres, beaucoup de matière pour nos activités respectives, et ce grâce à l’Institut d’Histoire sociale.
NB : ce document est extrait du site de la confédération CGT à Montreuil, ce soir 21/01/2012. Qu’il nous soit permis par ailleurs de rappeler, que les assassins de notre camarade Pierre MAITRE de la CGT aux VMC à Reims pendant un conflit social avec la direction, très prés de nous il y a quelques années, étaient des militants de cette extrême droite.
Entre eux et nous donc, entre le FN et la CGT, il y le sang de nos camarades qui nous rappelle qu’il ne faut pas laisser sans réponse leurs propos et leurs actes. Il ne faut pas les laisser jamais, enfoncer le coin de la division contre la solidarité de classe entre une partie de la classe ouvrière et une autre, entre une partie des salariés et une autre. C’est vrai partout et de tout temps.
Nous espérons que ce débat, que nous avions déjà tenté d’initier il y a plusieurs semaines, va pouvoir reprendre. Nous publierons les contributions (même critiques) qui seront portées à notre connaissance.
NOSE DE CHAMPAGNE
20 janvier 2012
Tout va bien en Sarkosie
Fadettes : les curieuses pressions du procureur Courroye sur les policiers
|Mis à jour le 20.01.12 | 14h17
Le commissaire attendait cet instant avec un brin d'impatience. Que le procureur Philippe Courroye l'ait entraîné dans cette aventure hasardeuse passe encore ; mais qu'il lui fasse aujourd'hui porter le chapeau, il ne fallait quand même pas exagérer. Ainsi, quand le commissaire divisionnaire Daniel Jacquème a été convoqué, mardi 10 janvier, par la juge Sylvia Zimmermann comme témoin assisté dans l'affaire des fadettes du Monde, il était assez décidé à tout mettre sur la table. Et notamment à raconter les multiples pressions que le procureur de Nanterre a exercées sur son service, l'IGS, l'inspection générale des services, "la police des polices".
C'est que l'IGS a connu des débuts d'année plus riants. Outre l'affaire des fadettes, le service est visé par six enquêtes judiciaires pour avoir manipulé des procès-verbaux afin de faire tomber Yannick Blanc, un haut fonctionnaire soupçonné d'avoir des sympathies pour la gauche. Daniel Jacquème, 50 ans, est numéro deux de l'IGS depuis le 1er septembre 2010, mais il travaille à l'inspection depuis 2004. Lorsque le parquet de Nanterre a demandé le 3 septembre 2010 à son directeur, Claude Bard, d'enquêter sur les fuites du Monde sur l'affaire Bettencourt, c'est lui qui a été chargé du dossier : le directeur partait deux semaines en vacances.
LES HÉSITATIONS DES POLICIERS
Claude Bard lui a assez indiqué d'être prudent : il avait demandé à Philippe Courroye un ordre écrit et dit à M. Jacquème "de n'engager aucun acte positif sans ce document". Le fax de Nanterre n'est arrivé que le 9 septembre, et le commissaire a aussitôt appelé le procureur. Il lui a proposé de travailler comme avec le parquet de Paris, c'est-à-dire de commencer par interroger les policiers qui avaient rédigé les procès-verbaux puis leur hiérarchie, "avant toute investigation technique", avant donc de requérir les fadettes, les factures téléphoniques détaillées. Après tout, l'IGS, c'est la police des polices, pas la police des journalistes.
Philippe Courroye a répondu qu'"il souhaitait que les investigations techniques sur les téléphones des deux journalistes soient réalisées directement", il était pressé, "cette enquête lui tenait à cœur", explique le commissaire. "J'ai dit à M.Courroye que l'IGS n'était pas habituée à traiter des affaires de presse, explique Daniel Jacquème, ces infractions étant de la compétence de la police judiciaire. Il a cependant maintenu sa position et la saisine de l'IGS." Le procureur lui demande de rendre compte aussi souvent que possible, et le commissaire sent qu'il marche sur des œufs: "Une telle fréquence ne se voit que dans les dossiers criminels ou dans les dossiers de flagrant délit lorsque des policiers sont en cause." L'enquête a été remise au parquet le 6 octobre 2010 ; les ennuis ont commencé le 25 octobre, lorsque Claude Bard et Daniel Jacquème ont été convoqués par Philippe Courroye et sa procureure adjointe, Marie-Christine Daubigney.
LE CONTENU DES SMS
Le 25 octobre, le procureur est inquiet. Le Monde a commencé à s'émouvoir de l'espionnage de ses journalistes par le parquet de Nanterre deux jours plus tôt, et un procès-verbal du commissaire Jacquème est un peu gênant: il a fait état, le 30 septembre, d'un coup de fil de MmeDaubigney lui demandant le contenu des SMS échangés entre le journaliste Jacques Follorou et Isabelle Prévost-Desprez, la présidente de la 15e chambre du tribunal de Nanterre.
La magistrate est soupçonnée d'être l'auteur des fuites, elle est en guerre ouverte avec le procureur, et c'est elle la vraie cible de l'enquête. Le point est décisif: Le Monde s'apprête à porter plainte, or les fadettes ne disent rien du contenu des conversations, ce ne sont que la liste des appels. En revanche, si le parquet a demandé le contenu des SMS, le délit de violation des correspondances est constitué. C'est bien pour cela que Philippe Courroye et Marie-Christine Daubigney s'obstinent à répéter qu'ils n'ont jamais demandé le contenu des SMS, que le procès-verbal de l'IGS est "erroné", qu'il s'agit, en somme, d'une initiative hasardeuse des policiers.
QUI A MENTI?
Philippe Courroye l'a répété aux juges, lors de sa mise en examen, mardi 17 janvier. "Je n'ai jamais demandé le contenu de SMS, aucun acte ne figure dans la procédure en ce sens, a déclaré le procureur. Si certaines personnes, rétroactivement, soutiennent le contraire dans leurs témoignages, leurs déclarations sont contraires à la vérité." Ce n'est pas la version du commissaire Jacquème.
Lors de la réunion du 25 octobre 2010, "M.Courroye nous a fait part de sa surprise que Mme Daubigney ait pu me donner pour instruction de demander par réquisitions auprès des opérateurs le contenu des SMS échangés entre Mme Prévost-Desprez et M. Follorou. Selon lui, Mme Daubigney n'avait pas donné une telle instruction. J'ai confirmé les termes de mon procès-verbal en affirmant que c'étaient des instructions reçues de son adjointe." La procureure adjointe proteste, le policier ne cède pas d'un pouce. "Elle a fini par convenir que ses instructions n'avaient peut-être pas été claires."
Le commissaire n'est pas dupe, la juge Zimmermann non plus. "Maintenez-vous formellement que Mme Daubigney vous a bien chargé de rechercher le contenu des SMS?", demande la magistrate. "Oui, répond Daniel Jacquème, qui a eu le temps de réviser. Le 28 septembre 2010 à 11heures, M. Courroye, en déplacement en Suisse, a contacté M. Bard pour savoir si, par réquisitions, il était possible d'obtenir le contenu des SMS. M. Bard entrait en réunion, il lui a demandé de prendre attache avec moi et lui a précisé que, selon lui, ce n'était pas possible car il fallait une commission rogatoire technique." Deux jours plus tard, le 30 septembre à 15 h 50, "Mme Daubigney m'a posé la même question. Je lui ai répondu la même chose". Elle a rappelé à 16 h 15, et "m'a tout de même donné l'instruction de rechercher le contenu des SMS en m'indiquant qu'elle venait de joindre M.Courroye". Les deux versions sont irréconciliables. Du commissaire ou du procureur, qui a menti?
MANŒUVRE D'ARRIÈRE-COUR
Philippe Courroye ne sort pas grandi d'un dernier épisode raconté. "Au mois d'octobre 2011, M. Courroye a pris contact avec M. Bard aux fins de voir si M. Nieto [le commandant de l'IGS qui a fait l'enquête] et moi-même pouvions engager une requête en nullité de votre instruction", annonce le commissaire. La juge Zimmermann et son collègue Alain Nguyen The n'en croient pas leurs oreilles. La manœuvre est limpide, mais manque d'élégance : les deux policiers avaient été ou allaient être entendus comme témoins assistés, ils étaient ainsi partie de la procédure et pouvaient saisir la chambre de l'instruction pour tenter de faire annuler l'instruction de Mme Zimmermann – ce que les avocats de Philippe Courroye ont finalement dû faire eux-mêmes mercredi 18 janvier. En faisant monter les policiers au créneau à sa place, le procureur de Nanterre évitait du même coup d'être mis en examen, et même d'être convoqué.
Les policiers ont eu le net sentiment qu'on les prenait pour des imbéciles. "Après réunion entre MM. Nieto, Bard et moi-même, indique sobrement Daniel Jacquème, il a été décidé d'opposer une fin de non-recevoir à cette demande. M. Bard en a informé M. Courroye." Le commissaire a conclu un peu solennellement: "La procédure a été conduite à l'initiative, sous l'autorité et le contrôle d'un haut magistrat du parquet qui détient un pouvoir hiérarchique, de tutelle, de direction, de contrôle et de sanction à l'égard des fonctionnaires qui officient sous son autorité. L'inspection générale des services n'a fait qu'appliquer les instructions du procureur de la République dans le cadre d'une autorité fonctionnelle."
18 janvier 2012
Marche funèbre pour le AAA
Marche funèbre pour le triple A
Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, bonjour ! Bienvenue sur France Télévisions pour un événement chargé en émotions : l’enterrement du triple A en direct de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Un décès survenu après une longue période d’agonie.
Oui, Robert…, le triple «A» était en état de mort clinique depuis des mois, maintenu en vie artificielle par le gouvernement Fillon à l’aide de mesurettes aussi ridicules qu’inefficaces et puis vendredi 13 janvier, Standard and Poor’s a choisi d’abréger cette mascarade et de débrancher cette lettre qui faisait la fierté de notre pays.
C’est un peu - Jean-Pierre, pardonnez-moi cette comparaison - comme si l’on avait émasculé, notre coq national. Un coq sans couilles qui désormais réveillera notre pays groggy avec un chant de castrat ! Très belle image, Robert… Comme celle de cette cathédrale pratiquement pleine. Une cérémonie retransmise dans les 27 pays de l’Union européenne et qui devrait démarrer d’une minute à l’autre. Alors que François Fillon pénètre à l’instant sous la nef de Notre-Dame de Paris… Entouré d’une partie de son gouvernement… Roselyne Bachelot, très amaigrie, visiblement marquée par cette fin de quinquennat, Xavier Bertrand en larmes, inconsolable depuis vendredi, Nadine Morano tout de noir vêtue, le visage recouvert d’un voile, mais qui continue à envoyer des tweets (un huissier lui demande d’arrêter), David Douillet souriant, faisant des signes de la main à tout le monde comme s’il était au Parc des Princes, on essaye de lui faire comprendre qu’il est dans une église… alors qu’Eric Besson - image incroyable ! -, Eric Besson demande à s’asseoir au milieu du groupe socialiste. Besson qui vient de comprendre que la partie est fichue et qui demande à revenir parmi ses anciens camarades… «Dégage !», lui dit Manuel Valls, premier instant très fort de cette cérémonie. Précisons, Jean-Pierre, que l’heure est aussi à la colère. Jean-Marc Sylvestre me confiait que jamais de toute sa carrière, il n’aurait imaginé que la France vivrait une telle humiliation, un tel désaveu… Un Jean-Marc Sylvestre désormais agenouillé et qui prie aux côtés de Jean-Pierre Gaillard… Il n’y a peut-être plus que ça à faire : PRIER !
Encore une belle image… Que d’émotions ce matin à Notre-Dame… Alors qu’à l’instant la dépouille du triple A pénètre dans la cathédrale, accompagnée de la Marche funèbre de Frédéric Chopin… Un A recouvert de roses blanches et porté par tous les ministres des Finances de ces dix dernières années : de Francis Mer à Christine Lagarde, sans oublier François Baroin, anéanti…
Oui, Robert, un symbole très fort, voulu par le président de la République en personne : «Les ministres des Finances responsables de ce désastre porteront le triple A jusqu’à sa dernière demeure !» Le Président qui fut, lui aussi, ministre du Budget en 2004, ne l’oublions pas, et qui s’apprête à parler…
Absolument, Jean-Pierre, le Président qui, dans un premier temps, a tenté de minimiser la perte du triple «A» et qui aujourd’hui a décidé d’assumer ses erreurs, nous l’écoutons : «Mes chers compatriotes, je ne trouve pas d’autres guides à l’action dans ces temps troublés que ces deux mots : vérité et courage… La vérité, je vais vous la dire : dépenser 176 millions d’euros dans Air Sarko One, pour mon bon plaisir, mon petit confort personnel, dans une période de crise aussi dure, c’était inconscient, égoïste et imbécile de ma part… Dépenser 1 072 437 euros dans un dîner de 200 personnes pour le sommet de la Méditerranée, soit 5 367 euros par couvert, c’était aussi scandaleux… Une gabegie inutile qui envoie des signes négatifs aux agences de notation. Comment voulez-vous que Standard and Poor’s éprouve de la compassion pour un Président qui a autant le souci de lui-même et aussi peu l’intérêt des autres ? Je voudrais maintenant que Christian Blanc, qui s’est fait payer 12 000 euros de cigares par l’Etat, et qu’Alain Joyandet, qui a loué un jet 116 500 euros pour se rendre à Haïti, s’agenouillent comme moi pour demander pardon au triple A.» Magnifique moment de politique, Thierry, un président qui assume ses erreurs, fait son mea culpa, du jamais-vu dans l’histoire de la Ve République… Alors qu’Eric Woerth fait la quête dans l’assistance à l’aide d’une corbeille pour tâcher de renflouer nos caisses, un geste qu’il connaît bien, maintes fois répété en Suisse et chez Madame Bettencourt… Que d’émotions ce matin !
Pardon de vous interrompre, mais on me signale la présence du député socialiste de l’Aisne, René Dosière… Dosière, le Monsieur Propre de la politique, l’homme qui se promène toujours avec sa calculette en poche afin de vérifier centime par centime le bon usage de nos dépenses publiques. Dosière, qui en 2009 avait dénoncé la hausse des dépenses de nos ministères (+ 13 % des salaires, + 20 % des primes), et qui avait écrit : «Ces augmentations démesurées sont incompréhensibles dans la période de crise qui frappe si durement les Français !»
Pardon pour ce très mauvais jeu de mot, Jean-Pierre, mais si, à l’époque, nous avions écouté le député de l’Aisne, nous ne l’aurions pas, aujourd’hui, dans le cul ! Ici Notre-Dame, à vous les studios
Libé ...
relayé par ANNA
un peu long , mais interessant sur Gilles Jacquier
Le journaliste français Gilles Jacquier a été tué lors d’un reportage à Homs, le mercredi 11 janvier. Il était venu couvrir les événements en Syrie pour le magazine « Envoyé spécial. »
Persuadé qu’il n’y avait pas de groupes terroristes, mais une révolution réprimée dans le sang, il avait refusé la protection des services de sécurité et ne portait ni casque, ni gilet pare-balles. Avec des collègues qui partageaient ses convictions, ils avaient loué trois minibus et trouvé des fixeurs, c’est-à-dire des locaux capables de les aider à se repérer, à prendre des rendez-vous, et leur servant de traducteurs.
Tous ensemble avaient demandé à rencontrer des représentants alaouites avant de se rendre dans les quartiers insurgés de Bab Amr et Bab Sbah. Arrivés à l’hôtel As-Safir, ils avaient rencontré par hasard un capitaine qui leur proposa de les accompagner avec son détachement jusqu’au quartier alaouite de Najha où les attendait une assistante du gouverneur de Homs.
Avec son aide, les journalistes purent rencontrer des personnalités et interroger les passants. A 14h45, la représentante du gouverneur leur avait demandé de quitter les lieux au plus vite, le cessez-le-feu de facto prenant fin chaque jour à 15h précises.
Cependant, les journalistes de la radio télévision belge flamande (VRT) s’étant aventurés plus loin chez des particuliers jusque dans le quartier d’Akrama, le groupe fut lent à se mouvoir. Des membres de l’association des victimes du terrorisme qui avaient prévu de manifester devant un car affrété par le ministère de l’Information pour une quarantaine de journalistes anglo-saxons, mais qui ne les avaient pas trouvés, se sentirent utiles en scandant des slogans pour le président Bachar à la vue de quelques caméras.
A 15h, comme chaque jour, la bataille d’Homs reprit. Un projectile explosa sur la terrasse d’un immeuble, détruisant un réservoir de mazout. Un second projectile tomba sur une école, puis un troisième sur les manifestants pro-Assad, tuant deux d’entre eux. Les journalistes montèrent sur la terrasse pour filmer les dégâts. Il y eut une accalmie. Gilles Jacquier, pensa que les tirs étaient finis et descendit avec son cadreur pour aller filmer les cadavres des manifestants. Arrivé dans l’embrasure de la porte, il fut tué avec six militants pro-Assad par une quatrième explosion qui le projeta sur sa fixeuse qui le suivait. La jeune femme fut blessée aux jambes.
Dans la confusion générale, le mort et la blessée furent évacués dans des voitures vers des hôpitaux. Ce seul incident fit 9 morts au total et 25 blessés. La bataille de Homs se poursuivi avec de nombreux autres incidents durant la soirée et la nuit.
Au premier abord, tout est clair : Gilles Jacquier est mort par hasard. Il se trouvait au mauvais endroit au mauvais moment. Surtout ses convictions sur la nature des événements en Syrie lui faisaient croire qu’il ne devait craindre que les forces gouvernementales et qu’il ne courrait aucun risque en dehors de manifestations anti-régime. Il avait donc refusé une escorte, il n’avait pas pris de casque et de gilet pare-balles, et il n’a pas respecté l’heure fatidique de fin du cessez-le-feu. En définitive, il n’a pas su évaluer la situation car il a été victime de l’écart entre la propagande de ses collègues et la réalité qu’il niait.
Dans ces conditions, on ne comprend pas très bien pourquoi, après une première réaction courtoise, la France, qui avait légitimement exigé une enquête sur les circonstances de la mort de son ressortissant, a subitement insinué que Gilles Jacquier avait été assassiné par les Syriens et a refusé que l’autopsie ait lieu sur place en présence de ses experts. Ces accusations ont été publiquement explicitées par un des journalistes qui accompagnait Jacquier, Jacques Duplessy.
Pour la presse française, les faits ne sont pas si évidents qu’il y paraît : un doute persiste sur l’identification des projectiles mortels. Selon la plupart des reporters, il s’agissait de tirs de mortiers. L’armée syrienne confirme que cette arme est quotidiennement utilisée par les terroristes à Homs. Mais selon certains témoins, c’était des roquettes tirées depuis un lance-roquette portatif, et la télévision privée syrienne Ad-Dounia a montré des ailettes de roquette. Des forums se passionnent sur ce sujet, non sans arrières-pensées. En France, les anti-Assad croient au mortier et accusent l’armée syrienne d’avoir tiré. Tandis que les pro-Assad croient à la roquette et accusent les terroristes. En définitive, ce détail ne prouve rien : certes l’armée syrienne utilise des mortiers, mais pas de ce calibre, et les groupes armés utilisent des lance-roquette, mais rien n’empêche chaque camp de varier son armement.
Au demeurant, s’il s’agit de tirs de mortier, les deux premiers ont permis d’ajuster le tir du troisième et du quatrième pour frapper les manifestants qui étaient leur cible. Mais s’il s’agit de tirs de roquette, il était possible de viser beaucoup précisément et de tuer une personne en particulier. La thèse de l’assassinat devient possible.
L’étude des images et des vidéos montre que les corps des victimes ne sont pas ensanglantés et criblés d’éclats, comme lors de l’explosion d’un obus qui se fragmente. Au contraire, ils sont intacts, le sang coulant selon les cas par le nez ou les oreilles, comme lors de l’explosion d’une roquette thermobarique dont le souffle comprime les organes provoquant des hémorragies internes. De même, les points d’impact sur le trottoir ne portent aucune trace de fragmentation.
Notez que certains témoins parlent, eux de grenades, ce qui ne fait guère avancer notre compréhension puisqu’il existe des grenades à souffle et des grenades à fragmentation. En définitive, seule l’hypothèse de l’arme de souffle (RPG ou grenade) est compatible avec les éléments médicaux-légaux visibles sur les photos et vidéos. Accourus sur les lieux, des enquêteurs syriens et des observateurs de la Ligue arabe ont retrouvé deux queues de mortier de 82mm et une queue de roquette de fabrication israélienne.
Par conséquent, les autorités françaises ont raison d’étudier la possibilité de l’assassinat même s’il s’agit pour elles de se saisir d’un drame pour l’instrumenter et justifier leur ambition de guerre contre la Syrie. Pourtant les diplomates français, s’ils ont pour consigne de chercher la vérité, ont manifestement aussi pour consigne de s’assurer que les Syriens ne la découvrent pas. Ainsi, ils ont empêché toute personne francophone d’approcher la photographe Caroline Poiron, compagne du journaliste Gilles Jacquier, qui veillait sa dépouille toute la nuit. La jeune femme, en état de choc, ne maîtrisait plus son comportement et aurait pu trop parler. Puis, ils ont interdit l’autopsie sur place et ont rapatrié le corps au plus vite. Quelle est donc l’hypothèse que la France veut vérifier pour elle-même, mais cacher au grand public ?
Ici commence notre plongée dans le monde des services spéciaux occidentaux qui conduisent en Syrie une « guerre de basse intensité », comparable à celles organisées dans les années 80 en Amérique centrale ou plus récemment en Libye pour préparer et justifier l’intervention de l’OTAN.
Gilles Jacquier était un reporter apprécié de ses confrères, et récompensé par sa profession (Prix Albert Londres, Prix des correspondants de guerre etc.). Mais il n’était pas que cela.…
Dans une lettre à en-tête de France-Télévisions, datée du 1er décembre 2011, les rédactrices en chef du magazine « Envoyé spécial » –l’émission politique la plus regardée du pays– avaient sollicité un visa du ministère syrien de l’Information. Prétendant vouloir vérifier la version syrienne des événements selon laquelle « les soldats de l’armée syrienne sont victimes d’embuscades et de groupes armés qui sévissent dans le pays », elles demandèrent que Jacquier puisse suivre le quotidien des soldats de la 4e division blindée commandée par le général Maher el-Assad (frère du président) et de la 18e division blindée, commandée par le général Wajih Mahmud. Les autorités syrienne furent surprises par l’arrogance des Français : d’une main, ils encadrent les groupes armés qui attaquent les troupes loyalistes, de l’autre ils entendaient infiltrer un agent de renseignement militaire dans leurs troupes pour informer les groupes armés de leurs déplacements. Il ne fut pas donné suite à cette demande.
Aussi, Gilles Jacquier tenta t-il une autre voie. Il sollicita l’entremise d’une religieuse grecque-catholique au franc-parler, estimée et parfois redoutée par le pouvoir, Mère Agnès-Mariam de la Croix, higoumène du monastère Saint-Jacques de l’Intercis. Elle avait organisé le premier voyage de presse ouvert aux journalistes occidentaux depuis le début des événements afin de montrer le soutien patriotique des Syriens chrétiens à l’administration Assad, et leur crainte de voir les Occidentaux placer au pouvoir des fanatiques takfiristes. La célèbre religieuse, qui dispose d’une double nationalité, espéra que la presse française agirait professionnellement et favoriserait la réconciliation nationale. Elle fit donc le siège du ministère de l’Information jusqu’à obtention d’un visa pour Jacquier et son cadreur.
Les choses s’accélérèrent le 20 décembre, d’autres médias prièrent Mère Agnès-Mariam de leur obtenir la même faveur. Gilles Jacquier, quant à lui, sollicita un autre visa pour sa compagne, la photographe Caroline Poiron, et pour la reporter Flore Olive, représentant toutes deux Paris-Match. Ce devait être au total un groupe de 15 journalistes français, belges, néerlandais et suisses. Selon toute vraisemblance, les Français et le Néerlandais étaient pour la plupart, voire tous, des agents de la DGSE. Le temps pressait pour leur mission.
Ici un petit retour en arrière est indispensable.
Pour affaiblir la Syrie, les groupes armés par l’OTAN entreprennent diverses actions de sabotage. Bien que le centre historique de la rébellion des Frères musulmans soit Hama, et que seuls deux quartiers de Homs les soutiennent, l’OTAN à choisi cette ville pour concentrer ses actions secrètes. En effet, elle est au centre du pays et constitue le principal nœud de communication et d’approvisionnement. Successivement, des « révolutionnaires » ont coupé le pipe-line, puis les ingénieurs canadiens qui dirigeaient la centrale électrique ont été rapatriés à la demande des Etats-Unis. Enfin, cinq ingénieurs iraniens chargé de faire re-fonctionner la centrale ont été enlevés, le 20 décembre 2011.
Des médias ont reçu une revendication d’une mystérieuse brigade contre l’expansion chiite en Syrie. Puis, l’ambassade a confirmé avoir débuté une négociation avec les preneurs d’otages. Restaient à ceux-ci à transmettre une « preuve de vie », par exemple une photographie datable des otages en bonne santé.
Contre toute attente, celle-ci ne fut pas envoyée directement à la République islamique, mais publiée par Paris-Match (édition du 5 janvier). Un photographe du magazine, disait-on, avait pu entrer secrètement en Syrie et réaliser ce cliché. Peut-être les lecteurs français se sont demandés si ce reporter était bien humain pour prendre des photos d’otages sans leur venir en aide. Peu importe, le message était clair : les ingénieurs sont en vie et les preneurs d’otages sont contrôlés par les services français. Aucune réaction officielle, ni d’un côté, ni de l’autre. C’est donc que les négociations se poursuivent.
Arrivés à Damas, les médias français et néerlandais furent logés par les autorités dans des hôtels différents, mais Jacquier les regroupa immédiatement au Fardos Tower Hotel. Le manager de cet établissement n’est autre que Roula Rikbi, la soeur de Bassma Kodmani, porte-parole du Conseil national basé à Paris. L’hôtel sert de cache aux services secrets français.
En résumé, un agent de renseignement militaire, ayant pour compagne une photographe dont une collègue a pu entrer en contact avec les otages, a formé un groupe de « journalistes » ayant une mission liée à ces otages, probablement leur remise par des Français à des Iraniens. Ils se sont rendus à Homs après s’être débarrassés des services de sécurité, mais le chef de mission a été tué avant de pouvoir établir le contact prévu.
On comprend que, dans ces conditions, l’ambassadeur de France soit devenu nerveux. Il était en droit d’envisager que Gilles Jacquier ait été assassiné par des membres des groupes armés, inquiets de la dislocation de l’alliance militaire France-Turquie, et jusqu’au-boutistes d’une guerre de l’OTAN. Hostiles à la négociation en cours, ils auraient fait capoter sa conclusion.
L’ambassadeur de France, qui n’avait pas le temps de reconstituer les événements, s’appliqua donc à empêcher les Syriens de le faire. Contrairement aux normes internationales, il refusa que l’autopsie soit réalisée sur place en présence d’experts français. Les Syriens acceptèrent de déroger à la règle à la condition de réaliser une radiographie. En réalité, ils en profitèrent pour photographier le cadavre sous tous les angles. Selon nos informations, le corps porte la trace d’éclats à la poitrine et de coupures sur le front.
Puis, l’ambassadeur prit dans ses voitures blindées les « journalistes » français et le néerlandais, et la dépouille du défunt. Il partit avec eux accompagné d’une lourde escorte, laissant sur le carreau la Mère supérieure stupéfaite et un journaliste de l’Agence France Presse : le diplomate pressé avait récupéré ses agents et abandonné les civils. Le convoi passa récupérer les effets personnels de chacun à l’hôtel As-Safir de Homs, puis rejoignit l’ambassade à Damas. Le plus vite possible, il arriva à l’aéroport d’où un avion spécial affrété par le ministère français de la Défense évacua les agents vers l’aéroport de Paris-Le Bourget.
Les barbouzes ne feignaient plus de réaliser des reportages en Syrie, ils oubliaient avoir obtenu un allongement de leur visa, ils fuyaient juste avant que les Syriens ne découvrent le pot aux roses de cette opération ratée.
Arrivé à Paris, le corps fut immédiatement transféré à l’institut médico-légal et autopsié avant l’arrivée d’experts mandatés par la Syrie. En violant les procédures pénales, le gouvernement français a invalidé le rapport d’autopsie, qui sera tôt ou tard rejeté par la Justice, et a définitivement écarté la possibilité d’établir la vérité.
Afin d’empêcher les journalistes français (les vrais) de mettre leur nez dans cette affaire, les journalistes (les faux) qui accompagnaient Jacquier ont, une fois revenus en France, multiplié les déclarations contradictoires, mentant de manière éhontée pour créer de la confusion et noyer le poisson. Ainsi, bien que 8 manifestants pro-Assad aient été tués, Jacques Duplessis dénonce « un guet-apens tendu par les autorités syriennes » pour l’éliminer avec ses confrères. Vérification faite, M. Duplessy a longuement travaillé pour une ONG réputée avoir servie de paravent …à la DGSE.
Pour les Iraniens et les Syriens, la mort de Jacquier est une catastrophe. En laissant circuler le groupe d’espions français et en le surveillant discrètement, ils espéraient bien remonter aux ravisseurs et, à la fois, libérer les otages et arrêter les criminels.
Depuis un an, les services secrets militaires français sont placés au service de l’impérialisme états-unien. Ils ont organisé un début de guerre civile en Côte d’Ivoire. Par la suite, ils ont manipulé le séparatisme de la Cyrénaïque pour faire croire à une révolution anti-Kadhafi et s’emparer de la Libye. Maintenant, ils encadrent des repris de justice recrutés par le Qatar et l’Arabie saoudite pour semer la terreur, accuser le gouvernement syrien et menacer de venir le changer.
Il n’est pas sûr que le peuple français apprécierait de savoir que Nicolas Sarkozy a rabaissé son pays au niveau d’un vulgaire preneur d’otages. Et il ne faudra pas s’étonner si un Etat qui pratique le terrorisme chez les autres doive un jour le confronter sur son sol.
Par Boris V. - 16 janvier 2012 Article publié par l’équipe de télévision russe dans Komsomolkaya Pravda
cloclo
17 janvier 2012
La dictature des agences de notation
La Jornada – le 15 janvier 2012
Vendredi dernier, l’agence Standard & Poor’s (S&P) a baissé la note de neufs pays de l’Union Européenne (UE), pour certains à des niveaux pouvant être considérés comme humiliants, notamment celle du Portugal dont les bons du Trésor ont été situés au niveau “poubelle”. Cette officine financière a ainsi mis à exécution sa menace, brandie le 5 décembre dernier, de dégrader les notes des principales économies européennes pour les situer dans une perspective négative.
Diverses autorités de la Zone Euro, notamment les françaises, ont cherché à minimiser ce fait: Le Premier-Ministre, François Fillon, a déclaré que cette baisse était une mesure annoncée, “qu’il existe 21 niveaux de notation, et que la France –qui a vu sa note chez S&P passer du très exclusif triple A à AA+ – se situait au vingtième niveau sur 21 ; qu’elle se trouvait donc encore parmi les meilleurs économies du Monde, avec les États-Unis”. En Allemagne – le seul pays de la Zone Euro dont la note n’a pas été abaissée –, la chancelière Angela Merkel s’est abstenue de critiquer la décision de S&P, profitant même de l’occasion pour demander la promulgation de nouveaux dispositifs économiques de choc et de discipline fiscale dans l’Union Européenne.
Si dans un premier temps, les marchés n’ont en effet pas trop réagi, comme l’avait déclaré Fillon, la baisse de ces notes ne manquera pas d’avoir des effets dévastateurs pour l’UE et, en particulier, pour les pays de la Zone Euro, car les gouvernements devront payer des taux d’intérêts plus élevés pour les crédits qu’ils voudront contracter et pour les nouvelles émissions de dette souveraine, ce qui entraînera une augmentation généralisée des taux d’intérêt. Le renchérissement consécutif du coût de l’argent constituera, du coup, un obstacle supplémentaire pour qu’une des trois principales régions économiques du monde recouvre sa stabilité et entraînera de plus grandes souffrances sociales pour les populations concernées, déjà affectées par des restrictions budgétaires généralisées et des politiques d’austérité qui frappent d’abord les couches les plus vulnérables et un chômage qui ne cesse de croître.
Il est révélateur que, tant les agences de notation –S&P, Moody’s, Fitch et consorts– que les banques d’investissement –UBS, Deutsche Bank, Crédit Suisse, Nomura, Goldman Sachs, Merryl Linch, etc.– n’aient cessé de faire pression sur les autorités économiques européennes afin qu’elles approfondissent et élargissent les politiques d’austérité, réduisent les budgets sociaux et vouent aux oubliettes toute idée d’État-Providence, si ce n’est en faveur des intérêts de petites élites financières et commerciales et des grandes multinationales.
Ces faits ne font que souligner, encore une fois, le pouvoir considérable qu’ont acquis ces organismes privés dans la définition des politiques économiques et sociales afin de garantir la soumission de tout gouvernement national aux diktats des organismes financiers internationaux, qui conditionnent tout programme d’aide financière au sacrifice par leurs propres gouvernements des sociétés concernées.
Ces faits ne font ni plus ni moins que mettre entre guillemets les principes fondamentaux de la représentation politique et de la souveraineté nationale, dès lors que la détermination des choix macroéconomiques d’un pays dépendent, in fine, d’une poignée de technocrates au service d’intérêts particuliers qui éditent des diktats basés sur la captation tout à fait abusive d’un pouvoir exorbitant.
Le comble étant que ces officines partagent pleinement la responsabilité de la crise actuelle qui sévit sur le vieux continent, puisqu’elles ont approuvé, en son temps, les taux d’endettement irrationnels du gouvernement grec et ont laissé se développer des dérèglements fiscaux comme ceux qui ont fini par exploser en Europe. Il n’est pas inutile de rappeler, pour souligner leur rôle, que ces mêmes organismes, dans les mois précédents le début de la crise en 2008, avaient accordé les notes les plus élevées aux Junk Bonds et autres Subprimes états-uniennes qui ont contaminé les marchés financiers mondiaux, et qu’ils avaient procédé de même avec la banque Lehman Brothers déclarée depuis en faillite.
L’autre critique qu’il convient d’adresser à ces agences de notation est leur échelle à géométrie variable pour l’évaluation des économies : Bien que l’instabilité et les déséquilibres de l’économie des USA aient contaminé le reste du monde en 2008, et malgré le déficit abyssal de la balance des paiements de la superpuissance, S&P et ses analystes n’ont jamais osé dégrader la note de Washington ; dans le cas de l’Union Européenne, ils le font à contretemps, quand cette décision non seulement n’a plus aucune vertu préventive, mais risque qui plus est de contribuer à l’aggravation de la crise ; pour ce qui concerne les pays d’Amérique Latine, les agences de notation ont pour habitude de récompenser ceux qui se sont docilement pliés au Consensus de Washington (train de mesures d’austérité et de dérégulation imposés, avec l’aval de Washington, par les organismes financiers internationaux à partir du début des années 90, ndt) et de sanctionner tous les projets économiques visant à rétablir la souveraineté nationale, la satisfaction du marché intérieur et l’intégration régionale.
http://www.jornada.unam.mx/2012/01/15/opinion/002a1edi
http://tlaxcala-int.org/article.asp?reference=6627
Traduction Pedro DA NOBREGA
Sarkozy et Fillon sont toujours les garants du triple AAA de leur gouvernement
Rendons-leur justice :
Sarkozy et Fillon sont toujours les garants du triple AAA de leur gouvernement
– Arnaque, Avidité et Arrogance - !
En ces temps où les girouettes médiatiques ne savent plus quel qualificatif apocalyptique utiliser pour caractériser la situation actuelle depuis l’annonce de la dégradation de la note accordée à la France par Standard & Poors, il est intéressant de constater à quelle effarante vitesse les discours des uns et des autres peuvent évoluer et aussi les ravages, qu’en ces temps de campagne électorale, l’amnésie peut provoquer. Il est vrai qu’une agence portant un tel nom aurait déjà du susciter la méfiance quant à ses buts philanthropiques, à moins de considérer que la standardisation de la pauvreté soit le nec plus ultra de l’État-Providence.
Mais rendons à César ce qui est à César, et dans ce cas, la couronne de lauriers n’est pas pour Jules mais peut être accordée tant à Sarkozy qu’à Fillon pour l’incroyable numéro de prestidigitateur auxquels ils se sont livrés de concert et en toute impudence ces derniers jours, depuis l’annonce de la dégradation de la note par S&P.
Les mêmes qui, ces derniers mois jusqu’à la semaine précédant cette annonce, clamaient avec des trémolos emphatiques qu’il fallait à tout prix sauver le soldat triple A, allant jusqu’à accuser de haute trahison passible de cour martiale ceux qui ne souscrivaient pas à leurs plans d’austérité, retrouvent, par la magie de la décision d’une officine qui n’est rien d’autre qu’un des membres de la Garde Prétorienne du capital financier, en fouillant dans les limbes de leurs vagues souvenirs, des accents gaulliens pour proclamer qu’il n’appartient pas aux agences de notation de définir ce que doit être la politique de la France.
Un des accessits revient de droit à l’arrogant Fillon, qui, « fort » de son bilan catastrophique qui a vu exploser les déficits publics, sommait encore la semaine dernière le candidat socialiste de soumettre son programme à S&P pour ensuite affirmer que la politique de la France ne dépendait pas des agences de notation. Cherchez l’erreur ! Le même qui d’ailleurs, face aux profits records annoncés par les sociétés du CAC40, loin d’en remettre en question la légitimité, leur demandait juste de faire dans la discrétion et de ne pas trop pavoiser sur la place publique !
Cette soudaine résilience aux accents gaulliens serait-elle le signe d’une prise de conscience de l’inanité de leurs choix politiques pour une austérité implacable qui, non seulement n’offre aucune sortie de crise, mais va même en aggraver les conséquences ?
Bien sûr que non, car toute cette campagne catastrophiste matraquée depuis des mois visait avant tout à essayer de légitimer des politiques de casse et d’injustice sociales dont l’impact électoral risquait d’être important. D’autant que l’expérience d’autres pays et d’autres continents, notamment l’Amérique Latine, montre que ce choix de l’austérité est voué à l’échec et sera synonyme de souffrances sociales aggravées. C’est même pour eux l’occasion d’en remettre une couche, en essayant de verrouiller encore plus les orientations néolibérales pourtant à l’origine de la crise, achevant de vider, dans le cadre européen, ce qui subsiste d’espace démocratique et de souveraineté dans les institutions européennes et anticipant ainsi, d’éventuelles mauvaises fortunes électorales. De règle d’or en sommet pseudo social, tout l’arsenal des grosses ficelles néolibérales est utilisé pour préparer des peuples déjà durement éprouvés à une cure supplémentaire d’austérité et de privations.
Car ces rodomontades soudaines d’indépendance envers le pouvoir financier ne sont que des jeux de dupes, dans la mesure où n’est pas remis en cause le Traité de Lisbonne qui consacre l’asservissement des institutions politiques de l’Union Européenne au pouvoir financier, en octroyant des pouvoirs exorbitants à la Banque Centrale Européenne, hors de tout contrôle démocratique et surtout en rendant les états membres totalement dépendants des puissances financières privées pour l’accès au crédit.
Ce qui permet à la BCE de prêter des fonds publics à des banques privées à des taux très bas tout en s’interdisant de prêter aux États membres, pendant que ces banques privées prêtent ces mêmes fonds à des taux usuriers aux États ou, pire, refusent d’accorder des crédits aux États préférant faire fructifier ces fonds en les redéposant dans les coffres de la BCE.
D’où la place extravagante prise par ces agences de notation pourtant à l’origine de la crise de 2008 aux USA, elles qui avaient avalisé sans coup férir tout le système des subprimes dont l’explosion a déclenche une réaction en chaîne conduisant à la situation actuelle.
Or, ce Traité n’a été approuvé en France que grâce à un tour de passe-passe qui a permis de s’asseoir sur le vote souverain du peuple Français, lors du référendum de 2005.
La campagne actuelle pour les Présidentielles va constituer donc une occasion idéale pour évaluer le courage politique de ceux qui sont prêts à affronter ce diktat financier et à remettre en cause l’architecture néolibérale des institutions européennes. « Place au peuple » clame Jean-Luc Mélenchon, le candidat du Front de Gauche. En effet, il faudra que le peuple prenne toute sa place pour faire prévaloir d’autres choix que ceux de rançonner les peuples pour gaver la finance. Et ce ne sont pas les approximations démagogiques d’un FN qui n’a jamais, au Parlement Européen, remis en question ces orientations néolibérales qui peuvent répondre à cette attente. "Je suis le candidat de la résistance face aux agences de la notation" affirme Jean-Luc Mélenchon. L’heure est plus que jamais à l’offensive pour redonner aux mots démocratie et souveraineté tout leur sens. Cela passe par une remise en cause frontale de ce funeste traité et du carcan néolibéral dans lequel est enfermée l’Union Européenne.
Pedro DA NOBREGA
17/01/2012
16 janvier 2012
Lettre aux homos tentés par le Front National
L’extrême-droite n’est pas, n’a jamais été, et ne sera jamais gay-friendly
Mes chers frères et sœurs gays et lesbiennes, laissez-moi vous dire que sous son masque de modernité, de dynamisme et de fraîcheur, rien n’a changé ; car l’idéologie de madame Le Pen est la même que celle des dictateurs du temps jadis. Qu’importe qu’elle ait mis de l’eau dans son vin, et de l’humour dans ses discours, grand bien lui fasse ; elle n’en reste pas moins le visage d’un extrémisme fondé sur le fascisme, sur la haine, sur le racisme, l’injustice et l’anti-LIBERTÉ. Et ce n’est pas sa faute, c’est le poids de son éducation, de son identité, d’une culture et d’un mode de vie, qui mes amis, je vous le jure, ne sont pas les nôtres. N’oubliez pas que l’extrême-droite n’est pas, n’a jamais été, et ne sera jamais gay-friendly. Car enfin, comprenez bien que votre Marine ne viendra pas seule ; et que ses fidèles, ses proches, ses disciples, ses électeurs de toujours, eux ne seront absolument pas en osmose avec nos modes de vies ! Vous me dites qu’elle est différente, qu’elle est plus douce, mais comment pouvez-vous m’expliquer qu’elle soit la seule ? Ne voyez-vous pas qu’elle est la jolie fleur au milieu des orties, qu’aller la cueillir c’est aller dans les ennuis ? Que voter Le Pen c’est offrir notre image, notre héritage, notre culture à toutes sortes d’extrémistes, de radicaux, de fanatiques qui n’auront pour seul but que d’imposer leur style de vie et leur haine face à tout ce qui n’est pas comme eux. Dont nous. Que vous arrive-t-il mes amis ? Vous qui vous indigniez, hier encore, des propos à tendance homophobe de madame Boutin, vous vous laissez aujourd’hui séduire par bien pire et bien plus perfide. Vous me faites nerveusement rire, quand je vous entends me dire que rien ne changera car aujourd’hui avec internet, tout est différent. Mais réveillez-vous, internet ce n’est pas naturel, on vous le donne, on peut vous le reprendre, on peut le réduire, le surveiller, le contrôler ; au contraire, c’est un fichage très dangereux dans des mains qui chercheront à assouvir l’élargissement d’une nouvelle idéologie. Comment pouvez-vous croire que le Marais sera épargné du tumulte extrémiste qui naîtra à Paris et ailleurs ? Je suis bien d’accord avec vous, ce n’est pas madame Le Pen qui viendra avec un énorme trousseau fermer les différents bars, boutiques et boîtes gays ; mais pensez à tous les extrémistes qui auront alors droit d’actes et de paroles et qui trouveront bien le moyen de faire le ménage, en grignotant jour après jour nos libertés, nos droits et nos vies. Et personne ne viendra nous soutenir car l’embrigadement de la pensée aura déjà débuté son œuvre. Alors, vous vous rendrez compte qu’il est trop tard, que ça recommence. Que vous avez fait l’erreur de croire que cela serait différent. Tout ceci ce n’est pas moi qui le dis, c’est notre Histoire. Combien de films, combien de témoignages, de documentaires, de romans avons-nous sur la terrible Histoire de l’Europe fasciste ? Comment pouvez-vous aujourd’hui être prêts à confier nos droits homosexuels à des gens qui par le passé ont tout fait pour nous empêcher de les acquérir ? Mes frères, mes sœurs, je vous en prie, ressaisissez-vous. Gay n’est pas Front National.
extraits : in Tétu .
cloclo
15 janvier 2012
NE NAVIGUEZ PAS TROP PRES DES CÔTES !
ATTENTION À LA MAÎTRISE DE VOTRE PERISSOIRE !
La navigation, c'est un métier... C'est comme être prof: çà s'apprend ! Mais il faut une formation de qualité qui allie à la fois la théorie et la pratique... Quand on pilote un pareil monstre des mers, on le fait sérieusement... On joue pas avec sa play-station pendant qu'on frôle les côtes...
Chez Costa, s'ils avaient été sérieux, ils auraient appelé "le Pigeon..." On leur aurait prêté notre Amiral des calanques... Ils les connaît par coeur, lui, notre Esteban !
Et puis, on donne pas un commandement de cette importance à un frangin à Berluskozy ou de Sarkosconi... Sinon on perd sa bouée triple A et tout le tintouin...
Bon maintenant, qu'est-ce qu'on va faire de cette énorme barcasse qui barre l'entrée du port ?
NOSE DE CHAMPAGNE































