LE PIGEON BLEU

Le Pigeon Bleu est l'annexe du Merle Moqueur. C'est le rendez-vous solidaire des amis rencontrés au Fou de Bassan. Alors, on rit et on s'amuse au Pigeon Bleu ! NOSE DE CHAMPAGNE

30 juin 2008

IL NE S'EST RIEN PASSE !!!

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Dans la nuit du 14 au 15 juin 2008, à Vitry-le-François, un affreux drame a coûté la vie d'un tout jeune homme et constitué le détonnateur à une émeute ravageuse à la fois de biens de gens modestes et aussi de la confiance entre les différents éléments de ces populations modestes...

Et dans la semaine qui a suivi, le Gouvernement a fait connaître un ennième "Plan Banlieue", cependant que chaque soir à partir de 20 heures les gendarmes et gendarmes mobiles, en tenue de robocop, se déployaient par dizaines à travers la ville, dans les quartiers, aux carrefours et devant les stations service.

L'Humanité, que j'ai personnellement diffusée en quinze exemplaires, a rendu compte de la situation qui génère de telles explosions, dans une enquête de Mina Kaci (que j'ai pilotée une journée à travers la zone industrielle, le centre ville et les quartiers périphériques) présentée le 25 juin, sous le titre: "retour à Vitry-le-François".

La fédération de la Marne du PCF n'a pas fait de déclaration au Conseil général: il n'y a plus un seul élu communiste au CG, bien que nous ayons fait des scores très intéressants au cours des dernières élections cantonales.

La fédération de la Marne du PCF, qui comprend un certain nombre d'élus au Conseil régional de Champagne-Ardenne, n'a pas fait non plus de déclaration dans cette enceinte.

La fédération de la Marne du PCF, qui possède un titre hebdomadaire ("Marne Actualités"), n'a pas rendu compte le moins du monde ni des événements vécus à Vitry-le-François, ni donné un point de vue assorti de proposition à présenter à la population traumatisée.

La fédération de la Marne du PCF, qui figure parmi les quatre formations politiques créatrices du titre régional "L'UNION" et à ce titre dispose d'un droit hebdomadaire aux "Libres Opinions", n'a pas non plus trouvé le temps et l'opportunité de s'exprimer sur ce qui s'est passé...

Mais comme dit Karine Jarry, secrétaire fédérale et présidente du groupe communiste au conseil régional, dans le N°1020 de la livraison de ce jour de "Marne Actualités": "Dans quelques jours commencent les congés d'été..." et nous nous rassurons du fait que "la préparation de la fête de L'Humanité est lancée dans la Marne !

C'est bizarre, mais j'ai le sentiment que dans tout çà, il manque un petit quelquechose !

NOSE DE CHAMPAGNE

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26 juin 2008

COMMUNIQUE.....



La Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et des maternités de proximité tient à faire connaitre sa très vive satisfaction devant la décision du Tribunal Administratif  d’annuler l’arrêté de l’ARH de Bretagne de fermer la maternité et les services d’anesthésie et de chirurgie de l’Hôpital de Carhaix. Cette décision de justice est, comme dans le cas de Lannemezan, une reconnaissance de la légitimité de la lutte menée depuis de nombreuses semaines par le comité de défense et de développement de l’hôpital de Carhaix et par les habitants de Carhaix et du Centre-Bretagne.  Il est en effet impossible d’accepter la création d’une zone blanche et d’un désert sanitaire au Centre-Bretagne autour d’une ville située à 45 minutes au moins de tout autre hôpital. La Coordination demande maintenant à l’ARH de faire rouvrir sans délai, sans tergiversation, et sans autre procédure judiciaire, les services fermés le 6 juin dernier. Elle demande également que soient donnés au comité de défense et au comité de suivi tout le temps et tous les moyens nécessaires pour trouver une solution écartant définitivement la fermeture de services hospitaliers à Carhaix, tout en estimant que cela aurait dû être la tâche de l’ARH, plus occupée par la recherche de la rentabilité que par la satisfaction des besoins de la population. Toute autre attitude ne pourrait que renforcer le mécontentement et donc la mobilisation légitime de la population du Centre-Bretagne.

Pour la Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité,

Poster par Roger bretagne

 

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25 juin 2008

l'Ovoide est de retour !

Bonjour à toutes et à tous ,

je suis enfin rentré chez moi , et cela fait du bien , meme si je sais que dans quinze jours , le chirurgien remet le couvert .

je veux remercier tous les pigeons et pigeonnes qui m'ont accompagné dans cette periode difficile .

Vos lettres , cartes , vos coups de téléphone ,vos petits cadeaux , tout cela m'a fait le plus grand bien .

Je me suis rendu compte de façon concrete , que notre groupe vivait !

je ne cite personne de peur d'en oublier un ou une , merci , je vous embrasse tous .

claude de Toulouse .

que l'on ne pourra pas joindre samedi soir vers 20h30 because : allez les rouges et noirs !!!!!!!!

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24 juin 2008

Stratégie du Département d’État US "Nos bombes tapisseront le cyberespace"

Le Pentagone a décidé de se doter d’une unité spécialisée destinée à détruire sans sommation les sites Internet de ses adversaires, comme mentionné dans le numéro de mai 2008, de la revue de l’Armed Forces Journal, de l’Armée des Etats-Unis.

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« Tapisser de bombes le cyberespace », c’est la stratégie que vient d’annoncer le Département de la Défense nord-américain, ce qui signifie, détruire délibérément les sites Internet qui dérangent le gouvernement nord-américain, en cas de conflit réel ou possible, ce qui lui permet de frapper d’une agression cybernétique n’importe quelle partie du réseau mondial.

Bien que cette stratégie avait été déjà rendue publique grâce à certaines évidences dans les discours officiels des militaires nord-américains, c’est la première fois qu’un haut officiel, le Colonel Charles W. Williamson, Juge de l’Agence d’Intelligence Vigilance et Reconnaissance des Forces Aériennes, vient de l’admettre et a tenté de justifier légalement ces violations à la liberté d’expression dans le Web et les mécanismes de guerre cybernétique, pour laquelle les nord-américains se préparent à toute vitesse.

La « guerre aux réseaux » (network warfare), dans les mains de la 67è brigade de guerre aux réseaux, dispose déjà de 8000 hommes commandés par le colonel Joseph Pridotkas. Cette force complètera le Commando du Cyberespace de la Force Aérienne, qui opère à partir de Los Angeles, Californie, et qui sera opérationnelle en octobre prochain.

Lorsque ces deux forces seront officiellement prêtes, les Etats-Unis pourront compter avec une force impressionnante pour opérer sur Internet. Elle s’unira avec les armées traditionnelles – mer, air et terre – et recevra des moyens importants capables d’éliminer de façon simultanée des milliers de sites Internet.

« L’Amérique du Nord à besoin d’un réseau d’une puissance suffisante pour reprendre le contrôle des ces énormes quantités de trafic sur Internet…que nos adversaires utilisent. L’Amérique du Nord nécessite un grand tapis de bombes dans le cyberespace pour créer la dissuasion qui nous manque », affirme le colonel Williamson dans la revue Armed Forces.

Il admet que les « ramifications politiques peuvent être difficiles à manipuler », faisant allusion que les Etats-Unis ne doutent pas de pénétrer le réseau d’un site, qui appartienne à un pays qui ne soit pas listé dans leurs ennemis politiques : « Évidemment, les EEUU chercheront des alliés, mais nous pourrions être en conditions également de lancer une attaque contre une nation dont nous avons juré de protéger avec un pacte de défense mutuelle. Les EEUU ensemble avec ses alliés peuvent réduire ce risque au moyen d’une coopération afin de maximiser la sécurité informatique », affirme Williamson.

L’industrie militaire a rendu possible que les Etats-Unis se transforment en une puissance de cyber vigilance et dans des opérations couvertes à travers le réseau. Le secrétaire de la Force Aérienne Michael W. Wynne avait annoncé le 2 décembre 2006 que le Pentagone avait décidé de construire une 8è Force Aérienne, « le nouveau commandement du cyberespace de service, qui focalisera son attention sur la lutte contre le terrorisme au plan technologique ».

Le Commando du Cyberespace est sous la direction du Lieutenant Général Robert Elder, un général à trois étoiles spécialisé dans la technologie militaire soviétique – un de ses livres s’intitule Objectif stratégique du Commerce de la Technologie Avancée avec l’Union Soviétique.

Lors de la présentation à la presse du Commando du Cyberespace, Elder avait exprimé : « En définitive, il résulte beaucoup plus d’intérêts d’utiliser le cyberespace comme domaine de combat, contre nos adversaires au moins, et c’est ce que nous sommes en train de compenser. … S’ils veulent se battre contre nous dans le cyberespace, nous sommes disposés à leur livrer le combat  dans ce cercle également».

La mission du nouveau Commando, selon Elder, est "le monde à notre portée, vigilance mondiale, pouvoir mondial ". " Jusqu’à présent –a-t-il dit- nous étions sur la défensive. Le changement culturel fait que nous passons à l’offensive et nous allons traiter le cyberespace comme un domaine de combat…En liaison avec les universités, nous allons former des guerriers du cyberespace qui soient capables de réagir devant n’importe quelle menace 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7… ".

Afin qu’il n’y ait aucun doute sur la gravité de l’ordre du Pentagone, il a ajouté: « Dans ce domaine, et à l’image de n’importe quel scénario de guerre, il n’y a pas de place pour les amateurs ».

Le commando du cyberespace a une contrepartie dans le Département d’État : le Groupe Spécial de Travaux pour la Liberté sur la Globalité d’Internet (Global Internet Freedom Task Force, GIFTF, pour son sigle en anglais), une organisation multi-agences subordonnée à Condoleezza Rice et dirigée par la sous-secrétaire de l’Économie, du Commerce et de l’Agriculture de ce Département, Josette Sheeran Shiner. Ce Groupe de Travaux, Dans lequel participent des agences du gouvernement, des universités et des chercheurs privés qui « sont opérationnels 24 heures sur 24 », avait été dévoilé publiquement le 14 février 2006.

Lors de sa seconde réunion de travail organisée le 3 avril 2006, le GIFTF « a discuté de la pratique et de la construction de stratégies pour aider la liberté sur Internet ». Josette Shiner avait averti, pendant cette rencontre dans laquelle avaient participé de “hauts” fonctionnaires du gouvernement que, « nous nous concentrons spécifiquement sur les défis de la liberté d’Internet en Iran, Cuba et la Chine ».

Cubadebate

Traduction: Esteban

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21 juin 2008

Le gouvernement bolivien dénonce la tentative d'assassinat du Président Evo Morales

Les éléments rassemblés suite à la détention de deux membres de l'organisation d'extrême droite, l'Union de la Jeunesse de Santa Cruz, ce jeudi à l'aéroport El Trompillo, à Santa Cruz, en possession d'une arme à feu, permettent de conclure qu'ils avaient pour objectif d'assassiner le président Evo Morales.

Le vice-ministre de Coordination Gouvernementale avec les mouvements sociaux de Bolivie, Sacha Llorenti, a expliqué que les détenus étaient en possession d'un fusil à lunette télescopique et trois cents cartouches, à l'endroit même où le Président bolivien allait passer quelques minutes plus tard en provenance d'une réunion dans la ville de Bicito.

Llorenti a expliqué qu' « apparemment ces personnes devaient rejoindre le bâtiment du ciné Center, le plus haut du quartier, dont le toit offre une vue panoramique sur l'aéroport El Trompillo. »

« Nous sommes en train de parler d'une situation de très grand danger pour le Président de la République. Tout porte à croire qu'il s'agit d'une tentative d'assassinat ».

Le vice-ministre a précisé que l'un des détenus s'appelle Junior Vaca. Lui et son acolyte ont été remis en liberté par le parquet de Santa Cruz.

“Le plus dramatique, et ce à quoi nous n'avons pas encore de réponse, c'est qu'ils ont été transférés au Parquet de Santa Cruz qui les a remis en liberté immédiatement.”

Situation de violence

La déléguée présidentielle dans le département de Santa Cruz, Gabriela Montaño, a signalé qu'un petit groupe des brigades de choc de l'opposition manifestait avant la détention des snipers contre l'arrivée du Président Morales à El Trompillo.

Selon l'Agence Bolivienne d'Information, des images montrent des membres de ces groupes de choc portant des armes à feu.

Plan de Déstabilisation

Jeudi dernier, le ministre Alfredo Rada, a dénoncé l'existence d'un plan de déstabilisation organisé par les autorités départementales de la « media luna », qui ont ces derniers mois organisé des consultations illégales sur les statuts d'autonomie du département.

Rada a affirmé que l'opposition cherche à provoquer des conflits sociaux et provoquer des foyers de violence dans le pays au travers de lock-out et de manifestations.

Il souligne que certains groupes tentent d'empêcher les déplacements du Président Evo Morales dans certaines parties du pays. Il a cité comme exemple ce qui s'est passé en mai lorsque des groupes d'extrême droite ont agressés des paysans à Sucre, en leur quittant leurs vêtements, en les agenouillant et en les obligeant à crier des consignes contre le Président Morales. (…) (1)

TeleSUR - Abi / ms – AV

Traduction: Romain Migus

(1)     Voir la vidéo de ce lynchage organisé par les brigades fascistes, par le recteur de l'Université de Sucre, et par des employés de la mairie de cette ville:

http://fr.youtube.com/watch?v=5RXUkPrYHcE 

Posté par Pingouin

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20 juin 2008

JE VOUS LAISSE REFLECHIR LA-DESSUS...

SHADOK_3 "Combien y a-t-il parmi nous d'hommes assez sages pour admettre qu'ils sont eux-mêmes l'univers dont ils cherchent à percer le secret, et que l'univers tout  entier est dans l'homme qui cherche à percer ce secret ? Je vous le demande."

d'Oran PAMUK dans "Le Livre Noir" (page 517), éditions Folio N°2897.

Je suis en train de le terminer. C'est passionnant. La Turquie aux confins de l'Orient et de l'Occident, avec tous ses problèmes d'identité, c'est comme nous, "Occident", entre être nous-mêmes avec le génie de nos peuples et la civilisation américanoïde...

NOSE DE CHAMPAGNE

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19 juin 2008

Pour le respect du patrimoine littoral de la Corse

La situation de la Corse s'est aggravée le 17 avril 2008, jour où la présidente du Tribunal Administratif de Bastia a rejeté les requêtes de l'association agréée de protection de l'environnement ABCDE. Cette dernière demandait qu'il soit mis fin aux débuts des travaux des villas de Messieurs Séguéla, Sulitzer et Delsol, sur la côte orientale de Bunifaziu, en application de la loi Littoral et de jugements déjà rendus au cours de ces dernières années.

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Le Collectif pour l'application de la loi Littoral en Corse dont sont membres de nombreuses associations intervenant dans les domaines de l’environnement et de la défense du patrimoine naturel ainsi que des organisations politiques (dont la fédération de Corse-du-Sud du PCF) , est à l’initiative de nombreuses actions (conférences de presse, pétition, rassemblements,..) en vue de faire respecter cette loi.

Voici un extrait du texte qui accompagne la pétition : http://cll-corse.org/ 

« L'Extrême Sud de la Corse est devenu le nouvel eldorado des grandes fortunes qui ont trouvé la meilleure façon de bétonner puisque le tribunal administratif apparaît aujourd'hui à leurs côtés afin que chaque nanti y possède une « toute petite » construction sur une très grande parcelle, à l'abri des regards des voisins et loin des habitants permanents de l'île.

On nous a déjà dépossédés de Cavallu avec ses constructions les pieds dans l'eau sur l'ensemble de son pourtour. C'est aujourd'hui le tour de la côte est de Bonifacio. Ce sera demain l'ensemble du littoral de la Corse, en commençant par les espaces les plus beaux.

En Corse, des maires complaisants, un état défaillant ou complice et sans doute une justice sous influence appliquent un schéma qui prévalait ailleurs il y a trente ans. Alors qu'aujourd'hui, en Sardaigne ou en Espagne, un grand coup de frein est mis à la spoliation du patrimoine, à la spéculation, au béton (en Sardaigne la loi a étendu la bande inconstructible à 2km, en Espagne on s'apprête à démolir des kilomètres de constructions littorales), ici, nos décideurs vendent la terre aux plus offrants : Séguéla, Sulitzer, Delsol... Doit-on les laisser faire ? »

Extraits du discours prononcé par la responsable de l’association ABCDElors du rassemblement du 8 juin :

« Depuis des années et des années nous demandons la stricte application de cette loi.

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Depuis des années et des années nous avons mené de nombreuses actions destinées à alerter l'opinion comme les pouvoirs publics.

Mais la pression spéculative est si forte et la non application de la loi si fréquente qu'il nous faut rester mobilisés en permanence.

Nous avons dénoncé le complexe immobilier de Santa Ghjulia mais ses immeubles et leurs 90 logements dominent la baie malgré un jugement du Conseil d'Etat annulant le permis de construire.

Nous avons dénoncé la constructibilité de villas à Solenzara, à Olmeto, à Serra di Ferro et ailleurs. Nous avions raison mais ces villas existent encore.

Nous avons attaqué en justice des permis de construire accordés à Palombaggia, à Serra di Ferro et le Conseil d'Etat nous a donné raison. Et pourtant les villas sont toujours là, elles n'ont pas été démolies. Toutes ces constructions sont illégales mais elles sont bien réelles et visibles.

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Le Préfet de corse a reçu les associations du Collectif le 6 juin. Il nous a dit préférer les compromis à l'application stricte de la loi. Or un compromis est une décision résultant d'un conflit entre deux personnes. Quand l'une d'entre elles est un personnage puissant c'est toujours elle qui gagne !

Il a également dit à la presse que la loi Littoral pouvait être interprétée différemment selon les territoires. Les conditions actuelles attirent les spéculateurs et la mafia.

Aujourd'hui ça suffit ! Basta ! Y en a marre !

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Nous en avons assez de dire que la loi Littoral doit être appliquée dans cette île et qu'elle doit s'appliquer à tous, Corses ou pas Corses, riches ou modestes.

Nous en avons assez de voir nos paysages détruits et de constater la p rivatisation de nos rivages.
Nous en avons assez de ces violences premières qui privilégient certains aux dépens de notre patrimoine.
15 000 personnes ont déjà signé la pétition lancée fin avril. Nous devons être entendus car le droit est de notre côté, la loi avec nous, la légitimité avec nous.

A terra corsa ùn hè à vende ! »

Francis

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Afrique du Sud : Retour aux fondamentaux

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Retour aux fondamentaux :

Reconstruire l’organisation, s’attaquer au clientélisme et à la corruption

Pour mettre en échec le fléau de la xénophobie

Blade Nzimande, Secrétaire Général du S.A.C.P. ( Parti Communiste Sud-Africain )

La vague actuelle d'agressions xénophobes doit faire l’objet de la condamnation la plus unanime de la part de tous les Sud-Africains. C’est pourquoi le SACP a tenu à exprimer sa plus ferme condamnation de ces attaques. Non seulement ces attaques sont aussi barbares qu’inhumaines, mais elles donnent une image extrêmement choquante et très embarrassante pour les Sud-Africains, tant à l'intérieur du pays qu'internationalement. C'est particulièrement vrai pour ceux d’entre nous qui avons pu bénéficier d’un si vaste élan de solidarité internationale. Peut-être d’ailleurs que l’un des buts de ces barbares agressions perpétrées contre nos frères et sœurs africains, pauvres et ouvriers, consiste à saper le prestige international de l'Afrique du Sud et ses peuples.

Exprimer notre plus vive réprobation ne saurait suffire, il nous faut dès à présent avoir une action puissante et visible tant sur le court que sur le moyen terme. Une des premières mesures à prendre est une application ferme et résolue de la loi ainsi que des mesures préventives légales pour mettre un terme à cette situation.

Cependant, la protection et les mesures de sécurité publique ne constituent pas à elles seules les réponses adéquates. Nos organisations, en particulier l'alliance ( référence à la triple alliance ANC-SACP- COSATU, centrale syndicale – pilier de la Révolution Démocratique Nationale, ndt ) et des formations communautaires progressistes, doivent instamment marquer leur présence dans les secteurs affectés pour contribuer à isoler ceux qui se trouvent derrière ces actions barbares afin de discuter avec eux. Le SACP a effectivement chargé ses structures provinciales d’œuvrer précisément en ce sens. Notre direction nationale engagera des forces au côté des structures provinciales pour s’assurer que ces tâches sont menées à bien.

Nous devrions considérer ces événements comme une piqûre de rappel pour toutes nos formations, mais aussi pour  les structures de sécurité de l'Etat. Ils nous imposent une réflexion profonde très sérieuse, non exempte de critique et d'autocritique. Comment se fait-il qu'aucune de nos structures politiques ou communautaires n’ait pu avoir connaissance de tels plans aussi graves d’agressions contre des « étrangers » ? Comment se fait-il que les services de renseignements de l’Etat aient pu être à ce point pris au dépourvu ? En outre, pourquoi, même après les premiers incidents en Alexandra qui suivaient des événements antérieurs à Tshwane et dans certains secteurs du Cap Occidental, avons-nous été dans l’incapacité d'empêcher de tels actes xénophobes et de les laisser s'étendre à Ekurhuleni et dans d'autres parties de Johannesburg ?

Pour répondre à ces questions, il nous faut analyser certaines des causes sous-jacentes à cette xénophobie et à ses manifestations violentes actuelles.

La violence entre pauvres : les faillites des programmes d’ajustement structurel et du capitalisme prédateur

Comme nous avons pu le déclarer déjà auparavant, les Programmes d'Ajustements Structurels Économiques (ESAPs) imposés par le FMI à pratiquement toute l’Afrique Australe depuis les années 1980, ont été un échec complet.

Depuis 1994, beaucoup d'ouvriers et de paysans immigrés dans notre pays, comme bien d’autres travailleurs, ont émigré (légalement et illégalement) en Afrique du Sud démocratique, surtout comme réfugiés économiques à la recherche de meilleures opportunités pour des gagne-pain durables.

Malgré les nombreux mais modestes acquis de notre démocratie depuis la rupture démocratique de 1994, notre propre programme d'ajustement structurel, GEAR (Growth, Employment and Redistribution – Croissance, Emploi et Redistribution, ndt ), n’a pas réussi à faire reculer le chômage ( le chômage s’est en réalité dramatiquement accru entre 1996 et 2006 ) et a miné notre capacité à construire un état développé. Il a plutôt favorisé l’émergence d’un État-providence, avec maintenant plus de 12 millions de personnes comptant pour vivre sur les aides sociales de toutes sortes.

La confusion politique et économique au Zimbabwe a augmenté la pression migratoire sur l'Afrique du Sud afin d’absorber des réfugiés économiques supplémentaires de ce pays, ainsi que de bien d'autres pays.

La conséquence concrète de ces événements a été de voir les secteurs les plus démunis de la société sud-africaine devoir cohabiter avec les populations pauvres de notre région. C'est arrivé de deux façons. Premièrement, ce sont les communautés les plus vulnérables qui, de façon informelle, ont dû partager leurs maigres ressources spatiales avec ces communautés immigrées miséreuses. La bourgeoisie et les classes moyennes ont été épargnées par l’impact de l'échec de l'ESAPS dans notre pays et par celui particulier de la crise au Zimbabwe et ils se sont littéralement protégés derrière les hauts murs de leurs banlieues cossues. Les élites des autres pays dans notre région n’ont pas eu non plus à supporter le fardeau principal de cette confusion économique et politique.

Deuxièmement, il y a eu une régionalisation rapide des forces du travail en Afrique du Sud, particulièrement pendant les 8 à 10 dernières années, avec une transformation croissante de la division du travail dans certains des secteurs clefs de notre économie. Le capitalisme Sud-Africain a exploité sans relâche la vulnérabilité des ouvriers venant du reste de l’Afrique Australe, le plus souvent aux dépens directement des ouvriers sud-africains, en leur payant des salaires d'esclave et en les soumettant à des conditions de travail en violation flagrante des lois du travail en vigueur en Afrique du Sud.

Ces faits n’ont pas été atténués mais plutôt aggravés par le rôle, non pas de locomotive du développement, mais de prédateur joué par le capital privé Sud-Africain dans la région. Beaucoup d’entreprises Sud-Africaines qui investissent dans le continent ont tiré grand profit des faiblesses du marché du travail local pour maximiser leurs profits et ne contribuent que très peu aux objectifs majeurs de développement de notre région.

Ce ne sont certainement pas les pauvres de l’Afrique Australe qui viennent prendre aux travailleurs et miséreux Sud-Africains leurs emplois et leurs moyens de subsistance, mais les pratiques de prédateur du capitalisme, tant en Afrique du Sud que dans le reste du continent.

L’enseignement que l’on peut en tirer est que tout discours sur la « renaissance africaine » qui ne s’accompagne pas de mesures économiques radicales afin de changer les conditions de vie des pauvres et des travailleurs et de s’attaquer aux méthodes prédatrices du capitalisme sur notre continent, n’est rien d’autre qu’un nouvel et « moderne » opium du peuple, une attitude de complaisance qui ne débouche sur aucune politique de transformation.

L’économie politique au niveau des Etats de l’Afrique du Sud (1)

La flambée de violence actuelle constitue aussi une illustration de la réalité contradictoire de notre système de collectivités locales avec ses avancées et ses reculs. Depuis la rupture démocratique de 1994, notre gouvernement central a en effet mis en place beaucoup de services locaux et changé la nature antidémocratique des collectivités locales que nous avions héritées de l’apartheid.

Ces avancées se sont cependant accompagnées de nouvelles pratiques de corruption et de clientélisme, qui ne concernent hélas pas que le niveau local, mais aussi celui des gouvernements provinciaux et national, et qui les ont remises en question ( 1- L’Afrique du Sud est composée de plusieurs états ou provinces disposant de gouvernements provinciaux en plus d’un gouvernement national, ndt ).

Si la plupart de nos élus accomplissent un travail remarquable au service de nos populations, un nombre significatif d’élus de l’ANC ( Conseil National Africain, parti au pouvoir allié du SACP, ndt ) sont devenus si corrompus que leurs comportements portent sérieusement atteinte aux acquis engrangés depuis 1994. Par exemple, pourquoi des attributions de logement sont faites par des élus plutôt que d’être traitées collégialement par les conseils municipaux et les commissions appropriées ?  Comment se fait-il que dans certains cas, les recrutements pour des projets ou services municipaux soient traités personnellement par des élus ? Dans trop d’endroits, ces élus s’affranchissent du contrôle des conseils municipaux et des organismes concernés et desservent les intérêts de notre peuple.

Ils sont devenus ni plus ni moins que des « caciques » dans leurs collectivités ( le terme Indunas employé fait référence aux chefs coutumiers, ndt ) et ces collectivités ni plus ni moins que des outils à leur service. Il nous faut assumer le fait que beaucoup de ces pratiques ont cours dans des collectivités contrôlées par l’A.N.C.. Certains de nos élus perçoivent indûment des pots-de-vin et attribuent abusivement des logements à des gens qui ne sont pas prioritaires, qu’ils soient Sud-Africains ou non d’ailleurs !

Ces méthodes corrompues créent un terreau fertile pour les conflits intra-communautaires et la xénophobie, attisés par des élites locales réactionnaires et anti-ANC arc-boutées dans la mise en œuvre de leurs mesquins objectifs politiques.

Notre critique principale à l'ANC avant sa 52ème Conférence Nationale de Polokwane ( qui s’est tenue du 16 au 20 décembre 2007 et a vu l’élection à sa présidence de Jacob ZUMA et la défaite de Thabo M’BEKI, ndt ) était qu’il s’est trouvé confisqué par ce que nous avons appelé « le Projet de Classe de 1996 », qui est une alliance entre les secteurs du capitalisme national et mondial, les couches émergentes de la petite bourgeoisie noire, encouragée par des groupes de nos propres cadres occupant des positions clefs au sein de l'Etat. Une des conséquences les plus dommageables de cette situation a été la démobilisation des organisations de l’ANC et la « colonisation » de l'ANC par l’appareil d’Etat. Cela a transformé l'ANC en simple machine électorale et l’a coupé du quotidien des luttes de la majorité écrasante de ses membres et de ses diverses composantes.

La violence actuelle contre des « étrangers » est une singulière illustration de l'affaiblissement et de la « quasi-décrépitude » des structures de l'ANC sur le terrain et de leur incapacité à mener des luttes collectives progressistes comme à détecter les menées réactionnaires contre nos frères et sœurs africains.

Ces événements montrent non seulement un ANC incapable de mobiliser les masses en dehors des campagnes électorales, mais aussi un SACP particulièrement affaibli. La faiblesse du SACP sur le terrain illustre l’effet combiné de la marginalisation du SACP inspiré par le projet de classe 1996 et des politiques globales d’alliances qui ont amené un certain nombre de nos organisations, en collaborant avec le projet de classe 1996 dominant dans l'ANC et l'Etat, à y être finalement assimilées. Cela s'est produit dans de nombreux endroits du pays.

Toutes ces caractéristiques spécifiques de la politique et de l'économie de l'Afrique du Sud ont grandement contribué à l'affaiblissement de nos structures organisationnelles.

La contre-révolution

Il est clair que derrière ces attaques violentes concertées et organisées se trouve un plan d’action contre-révolutionnaire, visant à jeter le discrédit sur l'ANC dans l’optique des élections nationales devant se tenir l'année prochaine. C'est une campagne bien orchestrée, exploitant les frustrations très réelles des plus pauvres de nos concitoyens.

Il est en effet plausible que ces forces contre-révolutionnaires exploitent ce qu'elles considèrent comme des « divisions » dans l'ANC et la relative « incertitude » de cette période transitoire entre la Conférence Nationale de Polokwane et les élections 2009. C’est aussi un moyen de tester la force, la capacité de résistance et l’aptitude tant de l'ANC que de l'Etat à résister à de telles pressions.

La question fondamentale à laquelle nous devons répondre est de savoir dans quelle mesure nous avons réussi à démobiliser les forces contre-révolutionnaires au pouvoir dans les années 1980 au début des années 1990 et à changer les conditions sociales de notre peuple que ces forces du passé ont su exploiter ? La vague actuelle de violence ressemble en beaucoup de points aux flambées de violence du début des années 1990, particulièrement dans le Gauteng ( un des Etats composant l’Afrique du Sud, ndt ).

Comme au début des années 1990, les foyers de travailleurs pauvres ( hostels ) semblent constituer le centre névralgique où sont organisées et déclenchées les violences actuelles.

L'urgence de mettre un terme à cette situation est encore renforcée par le danger réel que ce type d’émeutes puisse se propager sous la forme de conflits inter-ethniques entre les Sud-Africains eux-mêmes.

Il est donc légitime de considérer cette flambée de violence non pas comme simplement de la xénophobie, mais comme s’inscrivant dans une offensive contre-révolutionnaire qui vise notre mouvement et s’attache à miner tous les acquis gagnés par notre démocratie.

Que faire ?

Une action forte et immédiate des forces de sécurité est indispensable pour mettre un terme à ces agissements avec en particulier l’arrestation et la punition des criminels. Il est également essentiel que nos organisations coopèrent avec les services de police dans l'appréhension de ces criminels.

Il est simultanément capital, qu’à la lumière de cette tragédie, nous procédions à une franche et honnête évaluation de l'état de nos organisations, afin d’identifier le déclin qui commençait à les frapper et d’entamer un processus rigoureux de reconstruction de  l’ensemble de nos structures locales dans tout le pays.

Dans ce processus de reconstruction de nos organisations, il est important aussi de savoir quel type de structures et d’organisation nous souhaitons privilégier auprès de nos forces militantes. Faut-il par exemple, revivifier la SANCO ( South African National Civic Organisation – structure nationale regroupant les « civics », associations des habitants des townships et autres quartiers défavorisés, ndt ) ou construire de puissants comités de quartier pour former le nouveau noyau révolutionnaire de l'organisation populaire, ou les deux à la fois ?

Quelle que soit la voie que nous choisirons, il est essentiel de se concentrer sur la construction de comités de quartier, qui représente une nouvelle occasion d'organiser et de mobiliser nos communautés pour combattre la criminalité et de constituer les nouveaux noyaux révolutionnaires qui nous permettront de poursuivre notre programme de développement local.

Il est aussi important que soit intensifiée l'organisation des ouvriers précaires et des travailleurs informels plus vulnérables. Cela suppose une stratégie volontariste visant à s’assurer que tous les ouvriers de chaque région sont organisés dans des syndicats. Voilà qui bâtira un socle plus puissant pour lutter contre ces employeurs exploitant la vulnérabilité de ces ouvriers originaires des autres pays de l’Afrique Australe et contribuera à forger une solidarité de classe entre les travailleurs, sur leurs lieux de travail et au-delà.

Asikhulume!! ( Parlons-en ! ! ! en zoulou )

http://www.sacp.org.za/main.php?include=pubs/umsebenzi/2008/vol7-08.html

Traduction Pedro DA NOBREGA

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16 juin 2008

VITRY-LE-FRANCOIS HEBETEE...

UNE_L_UNION_16_JUIN_08RSC4RSC1RSC5RSC12RSC6RSC13RSC11MANIF_DESCEND_RSC_1MANIF_AU_HAMOIS1LA_MAMAN_DE_MOHAMMEDMANIF_DEPART_RSC

C'est une France pauvre qui a subi la violence de ses voisins aussi pauvres de la même France...

Pendant ce temps, les trusts poursuivent toujours avec le même cynique sang-froid leur politique antisociale !

Demain, on manifeste quand même pour les retraites et les 35 heures !

NOSE DE CHAMPAGNE.

Posté par Le Pigeon Bleu à 23:23 - Commentaires [17] - Permalien [#]

Evo MORALES : Au sujet de la “directive retour”

Evo_Morales

Jusqu'à la fin de la Seconde guerre mondiale, l'Europe était un continent d'émigrants. Des dizaines de millions d'Europe partirent aux Amériques pour coloniser, échapper aux famines, aux crises financières, aux guerres ou aux totalitarismes européens et à la persécution des minorités ethniques.

Aujourd'hui, je suis avec préoccupation le processus de la dite "directive retour". Ce texte, validé le 5 juin passé par les ministres de l'Intérieur des 27 pays de l'Union européenne, doit être approuvé le 18 juin par le Parlement européen. Je perçois qu'il durcit de manière drastique les conditions de détention et d'expulsion des migrants sans papier, quelque ait été leur temps de séjour dans les pays européens, leur situation de travail, leurs liens familiaux, leur volonté et le succès de leur intégration.

Les Européens sont arrivés dans les pays d'Amérique latine et d'Amérique du Nord, en masse, sans visa ni conditions imposées par les autorités. Ils furent toujours bienvenus, et le demeurent, dans nos pays du continent américain, qui absorbèrent alors la misère économique européenne et ses crises politiques. Ils vinrent sur notre continent en exploiter les richesses et les transférer en Europe, avec un coût très élevé pour les peuples premiers de l'Amérique. Comme par exemple dans le cas de notre Cerro Rico de Potosi et de ses fabuleuses mines qui donnèrent sa masse monétaire au continent européen entre le XVIème et le XIXème siècle. Les personnes, les biens, les droits des migrants européens furent toujours respectés.

Aujourd'hui, l'Union européenne est la principale destination des migrants du monde, conséquence de son image positive d'espace de prospérité et de libertés publiques.

L'immense majorité des migrants viennent dans l'Union européenne pour contribuer à cette prospérité, non pour en profiter. Ils occupent les emplois de travaux publics, dans la construction, les services aux personnes et dans les hôpitaux, que ne peuvent ou ne veulent occuper les Européens. Ils contribuent au dynamisme démographique du continent européen, à maintenir la relation entre actifs et inactifs qui rend possible ses généreux systèmes de solidarité sociale et dynamisent le marché interne et la cohésion sociale. Les migrants offrent une solution aux problèmes démographiques et financiers de l'UE.

Pour nous, nos émigrants représentent l'aide au développement que les Européens ne nous donnent pas – vu que peu de pays atteignent réellement l'objectif minimum de 0,7% du PIB d'aide au développement. L'Amérique latine a reçu, en 2006, 68 milliards de dollars de transferts financiers de ses émigrés, soit plus que le total des investissements étrangers dans nos pays. Au niveau mondial, ces transferts atteignent 300 milliards de dollars, qui dépassent les 104 milliards de dollars octroyés au nom de l'aide au développement. Mon propre pays, la Bolivie, a reçu plus de 10% de son PIB en transferts de fond des migrants (1,1 milliards de dollars), soit un tiers de nos exportations annuelles de gaz naturel.

Il apparaît que les flux de migration sont bénéfiques pour les Européens et, de manière marginale, aussi pour nous du Tiers-Monde, vu que nous perdons des millions de personnes de main-d’œuvre qualifiée en laquelle, d'une manière ou d'une autre, nos États, bien que pauvres, ont investi des ressources humaines et financières.

Il est regrettable que le projet de "directive retour" complique terriblement cette réalité. Si nous concevons que chaque État ou groupe d'États puisse définir ses politiques migratoires en toute souveraineté, nous ne pouvons accepter que les droits fondamentaux des personnes soient déniés à nos compatriotes et à nos frères latino-américains. La directive retour prévoit la possibilité d'un enfermement des migrants sans papier jusqu'à 18 mois avant leur expulsion – ou "éloignement" selon le terme de la directive. 18 mois !

Sans procès ni justice ! Tel qu'il est le projet de directive viole clairement les articles 2, 3, 5, 6, 7, 8 et 9 de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme de 1948. Et en particulier l'article 13 qui énonce :

"1. Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l'intérieur d'un Etat.."

"2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays"

Et, pire que tout, il existe la possibilité d'emprisonner des mères de familles et des mineurs, sans prendre en compte leur situation familiale ou scolaire, dans ces centres de rétention où nous savons que surviennent des dépressions, des grèves de la faim, des suicides.

Comment pouvons-nous accepter sans réagir que soient concentrés dans ces camps nos compatriotes et frères latino-américains sans papier, dont l'immense majorité travaille et s'intègre depuis des années ? De quel côté est aujourd'hui le devoir d'ingérence humanitaire ? Où est la "liberté de circuler", la protection contre les emprisonnements arbitraires ?

Parallèlement, l'Union européenne tente de convaincre la Communauté Andine des Nations (Bolivie, Colombie, Équateur, Pérou) de signer un "Accord d'association" qui inclue en son troisième pilier un traité de libre-échange, de même nature et contenu que ceux qu'imposent les États-Unis. Nous subissons une intense pression de la Commission européenne pour accepter des conditions de profonde libéralisation pour le commerce, les services financiers, la propriété intellectuelle ou nos services publics. De plus, au nom de la "protection juridique", on nous reproche notre processus de nationalisation de l'eau, du gaz et des télécommunications réalisés le Jour des travailleurs.

Je demande, dans ce cas : où est la "sécurité juridique" pour nos femmes, adolescents, enfants et travailleurs qui recherchent un horizon meilleur en Europe ?

Promouvoir d'un côté la liberté de circulation des marchandises et des flux financiers, alors qu'en face nous voyons des emprisonnements sans jugement pour nos frères qui ont essayé de circuler librement... Ceci est nier les fondements de la liberté et des droits démocratiques.

Dans ces conditions, si cette "directive retour" devait être approuvée, nous serions dans l'impossibilité éthique d'approfondir les négociations avec l'Union européenne et nous nous réservons le droit d'imposer aux citoyens européens les mêmes obligations de visas qui sont nous ont été imposées le 1er avril 2007, selon le principe diplomatique de réciprocité.

Nous ne l'avions pas exercé jusqu'à maintenant, attendant justement des signaux positifs de l'UE.

Le monde, ses continents, ses océans, ses pôles, connaissent d'importantes difficultés globales : le réchauffement global, la pollution, la disparition lente mais sûre des ressources énergétiques et de la biodiversité alors qu'augmentent la faim et la misère dans tous les pays, fragilisant nos sociétés. Faire des migrants, qu'ils soient sans papier ou non, les boucs émissaires de ces problèmes globaux, n'est en rien une solution. Cela ne correspond à aucune réalité. Les problèmes de cohésion sociale dont souffre l'Europe ne sont pas la faute des migrants, sinon le résultat du modèle de développement imposé par le Nord, qui détruit la planète et démembre les sociétés des hommes.

Au nom du peuple de Bolivie, de tous mes frères du continent et des régions du monde comme le Maghreb et les pays de l'Afrique, je fais appel à la conscience des dirigeants et députés européens, des peuples, citoyens et militants d'Europe, pour que ne soit pas approuvée le texte de la "directive retour". Telle que nous la connaissons aujourd'hui, c'est une directive de la honte. J'appelle aussi l'Union européenne à élaborer, dans les prochains mois, une politique migratoire respectueuse des droits de l'Homme, qui permette le maintien de cette dynamique profitable pour les deux continents, qui répare une fois pour toutes l'énorme dette historique, économique et écologique que les pays d'Europe ont envers une grande partie du Tiers-Monde, et qui ferme définitivement les veines toujours ouvertes de l'Amérique latine. Vous ne pouvez pas faillir aujourd'hui dans vos "politiques d'intégration" comme vous avez échoué avec votre supposée "mission civilisatrice" du temps des colonies.

Recevez tous, autorités, eurodéputés, camarades, un fraternel salut depuis la Bolivie. Et en particulier notre solidarité envers tous les "clandestins".

Evo Morales Ayma

Président de la République de Bolivie

http://www.lalibre.be/debats/opinions/article/427105/une-directive-europeenne-de-la-honte.html

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