04 juillet 2008
DIS DONC, ESTEBAN...
... toi qui te moque toujours, est-ce que tu peux en faire autant, hein ?!?!?!
Parce que nous les vieux, eh ben on le fait tous les matins en se levant et tout les soirs avant d'aller coucher !
Marcel, y peut t'en remontrer u rayon, lui aussi !
Tu touches même pas le bout du gros orteil avec l'index ! Tu t'laisses aller, tu t'laisses aller ! comme dit Aznavour, le copain de l'aménien Abonessian et du corse Parcimoni !
Allez, réponds, si t'oses ! Ah tu vois t'oses pas !
NOSE
Les putschistes de l’agro-business en Argentine
Après 100 jours de lock-out putschiste, les barons de l’agro-business argentin ont décidé de suspendre les barrages sur les routes et d’autres formes violentes de protestation qui ont causé de graves pénuries dans l’approvisionnement de tout le pays avec l’objectif de déstabiliser le gouvernement démocratiquement élu de Cristina Kirchner. Selon Alfredo Angeli, patron de la FAA ( Fédération Agraire Argentine, syndicat patronal agricole, ndt ), les vieilles oligarchies latifundiaires, aujourd’hui rebaptisées en agro-business, doivent concentrer leurs forces dans la pression sur les parlementaires, qui entament le débat sur le projet de loi visant à taxer les exportations de céréales – que l’on nomme les "retenues". "Nous irons camper à l’Assemblée" menace-t-il ! Le conflit agraire chez nos voisins, riche d’enseignements pour les Brésiliens, reflète la radicalisation de la lutte de classes en Amérique Latine. D’un côté, les quatre organisations rurales ( F.A.A., Sociedad Rural Argentina, Confederaciones Rurales Argentinas et CONINAGRO, organisations patronales, ndt ), avec des intérêts divers, qui refusent de payer plus d’impôts, malgré la fortune amassée avec l’augmentation des prix de leurs productions et la croissance soutenue de l’économie – une moyenne annuelle de 8% ces dernières années. L’agro-business est puissant dans une économie reposant sur l’agriculture. L’Argentine est le troisième plus grand producteur mondial de soja – presque exclusivement transgénique –, ce qui a rapporté l’an passé 13 millions d’US$ sur le marché extérieur. Elle est aussi grande exportatrice de viande et de blé. Médias, généraux, évêques et classe "merdienne"
Les grands propriétaires peuvent compter sur l’appui déclaré des grands média hégémoniques, en particulier l’abject journal "Clarin" ; de vieux généraux putschistes qui ne cherchent même pas à cacher leur sinistre figure lors des défilés de l’opposition ; d’une hiérarchie catholique sclérosée, nostalgique du bon vieux temps de la dictature militaire et la fameuse classe "merdienne" ( jeu de mots du rédacteur sur classe moyenne, ndt ), spécialisée en défilés de casseroles dans les quartiers chics comme Recoleta et Belgrano . Dès le début du conflit le 11 mars, ces secteurs putschistes n’ont pas masqué leur désir d’en finir avec la Présidente Cristina Kirchner. Les plus exaltés vont même jusqu’à appeler de leurs vœux le retour de la sanguinaire dictature militaire, qui a séquestré et assassiné plus de 30 mille Argentins entre 1976 et 83. Pour donner corps à ce projet, les barons de l’agro-business ont opté pour la stratégie du chaos économique. Les barrages criminels sur les routes ont provoqué des pénuries sur les aliments et les combustibles dans plusieurs villes, jusqu’à la capitale. L’industrie a, de son côté, fait planer la menace de 50 000 licenciements en raison des manques de matières premières et d’énergie. L’Union Industrielle Argentine, la plus grande organisation patronale du pays, a prétexté que le mouvement la contraignait à de telles mesures. L’Association des Supermarchés a précisé pour sa part que les barrages avaient affecté le transport de marchandises en général et pas uniquement celui des céréales destinées à l’exportation. Ce désastreux blocus, qui a pratiquement stoppé la vente de céréales à l’exportation, a entraîné une perte de 1 milliard de US$ de taxes pour le gouvernement. Le lock-out des "généraux de la planète médiatique" De l’autre côté, se trouve le gouvernement de Cristina Kirchner, avec toutes ses ambiguïtés. Elle et son mari, Néstor, ont été élus avec l’appui des secteurs agraires et ont appliqué une politique de soutien à l’agro-business – y compris en libéralisant totalement la culture des O.G.M.. Comme le souligne Miguel Croceri, professeur à l’Université de La Plata, les grands propriétaires ont été largement favorisés par le gouvernement actuel, "atteignant des records de profit et de faramineux bénéfices grâce à l’exportation". Avec le retour de l’inflation sur les denrées alimentaires, Cristina a décidé de publier un décret qui relève le montant des "retenues". Voilà la vraie raison de cette violente réaction des grands patrons agraires. Jusqu’à maintenant, malgré quelques hésitations, elle maintient fermement ce cap. Dans une courageuse attitude, Cristina s’est évertuée à mobiliser sur un plan politique la société, par des manifestations. Elle a, à l’occasion d’un rassemblement en avril, rappelé que le coup d’état du 24 mars 1976 avait été lui aussi précédé d’un mouvement du même type de la part des latifundiaires, et elle a dénoncé des figures du mouvement de l’époque aujourd’hui impliquées dans cette campagne. . "Le passé cherche à revenir mais il n’ y parviendra pas", a-t-elle déclaré. Comme elle l’a souligné, le putschisme actuel ne se distingue que par un aspect :"Cette fois, il ne sont pas venus avec des tanks mais portés à bout de bras par les "généraux de la planète médiatique" qui ont confisqué l’information en la triturant et en l’orientant ". Plusieurs centrales syndicales, l’héroïque Association des "Mères de la Place de Mai", la grande majorité du mouvements des "piqueteros" ( mouvement spontané de comités de chômeurs qui s’est formé lors de la grande crise du début des années 2000 et maillon essentiel du mouvement social argentin aujourd’hui, ndt ) et quelques partis de gauche soutiennent ces mesures d’augmentation des "retenues", tout en critiquant les ambiguïtés du gouvernement. Lors de la grande manifestation du 18 juin, où plus de 100 000 personnes ont envahi la place de Mai, les employés de banque ont bloqué les agences de la capitale et plusieurs vols ont été annulés ou retardés. Selon le reporter du journal "Brasil de Fato" ( Journal du Mouvement des Paysans Sans Terre du Brésil – MST, ndt ), "la manifestation a illustré la très grande diversité des soutiens, où nombre d’artistes et d’intellectuels ont défilé au côté des représentants du mouvement social ". Le journal publie également une interview du dirigeant de la Fédération "Tierras y Viviendas" Un manifeste signé par près de 900 intellectuels s’en prend aussi au putschisme de l’oligarchie agraire. Le philosophe Rubén Dri pousse même un cri d’alarme: "le putsch est déjà lancé. Des phrases telles que ‘nous sommes en guerre’ et ‘c’est une révolution’ témoignent de l’état d’esprit de le droite mais aussi de la gauche stupide". La section brésilienne de la LIT ( Liga Internacional de Trabalhadores –4ème Internationale trotskyste, ndt ), le PSTU brésilien a ouvertement soutenu les barrages sur les routes. Le vrai fléau de l’agriculture La suspension temporaire des barrages ne met pas pour autant un terme aux affrontements de classes en Argentine. Les "retenues", crées en 1967, suspendues dans les années 90 par le néo-libéral Carlos Menem et reprises en 2002, ont trois objectifs majeurs : redistribuer les considérables profits du secteur engendrés par le boom sur les produits agricoles ; financer les subsides sur les engrais et le combustible dont les prix sont contrôlés par le gouvernement ; et éviter toute flambée des prix des céréales et de leurs dérivés sur le marché intérieur. Lors de la brutale récession du début de ce siècle, cet impôt a constitué un des piliers du rétablissement économique du pays, apportant les liquidités nécessaires pour le moratoire sur la dette extérieure et pour mettre fin à la parité dollar-peso. Il représente actuellement 13% des recettes fiscales de l’Union Argentine. Même des économistes proches du néo-libéralisme reconnaissent que cet impôt est indispensable pour le pays. Pour Luiz Carlos Bresser Pereira, ex-ministre de Fernando Henrique Cardoso ( dernier Président du Brésil, social-démocrate de droite, ndt ), les "retenues" sont "absolument fondées" et ont permis la "remarquable croissance de l’Argentine ces dernières années". Elles ont empêché que le pays ne dépende trop que de sa production agricole en finançant son industrialisation et autorisant une meilleure redistribution des richesses. L’économiste brésilien rappelle que le Brésil a aussi pratiqué ce type de retenues, intitulées "confisco cambial" ( "retenue de change", ndt ), entre 1930 et 1980, et qui ont permis l’industrialisation nationale. "Le Brésil pourrait doubler son taux de croissance s’il appliquait la même politique, mais, chez nous, personne n’a le courage de s’attaquer au secteur agricole". Avec leur violente et longue campagne de barrages et de blocus, les barons de l’agro-business ont démontré qu’ils se souciaient comme d’une guigne de l’avenir du pays et de son peuple. À l’image de l’oligarchie brésilienne, leurs homologues argentins n’ont comme seule et unique préoccupation l’importance de leurs profits. Leur discours nationaliste, empreint de grands slogans sur le progrès économique, constitue juste une façade masquant leurs appétits capitalistes. Leur attitude putschiste et arrogante est en tous points identique. Lors des élections présidentielles brésiliennes en 2006, beaucoup de ces "saigneurs" de la terre arboraient sur leur véhicule de grands autocollants avec ce slogan : "Lula, le fléau de l’agriculture". N’alimentons donc aucune illusion sur la nature des potentats de ce secteur, qui ne se sont jamais défaits de vieilles habitudes héritées de leur passé esclavagiste.
( Fédération de la centrale syndicale C.T.A. regroupant des paysans sans emploi et des piqueteros, ndt ), l’ex-député Luis D’Elia, qui accuse l’oligarchie médiatique de " chercher à déstabiliser la démocratie afin de créer les conditions propices à la destitution de Cristina". Hebe Bonafini, leader des "Mères de la Place de Mai" appelle le peuple à se mobiliser pour " la défense de la démocratie et de la liberté. Pas de retour en arrière !".
Altamiro BORGES
Journaliste, membre du Comité Central du PcdoB, auteur de nombreux ouvrages sur le syndicalisme
http://altamiroborges.blogspot.com/2008/06/o-agronegcio-golpista-da-argentina.html
Traduction : Pedro DA NOBREGA
SAUVONS L'HOPITAL PUBLIC !!!
L’hôpital public a subi plusieurs attaques : pénurie de personnel médical conséquence d’un numerus clausus trop restrictif poursuivi pendant deux décennies, manque d’infirmières aggravé par les conditions d’application de la loi des 35 heures aux hôpitaux, sous financement délibéré par la tarification dite à l’activité sous évaluant lourdement les activités de l’hôpital public, limitation abusive de l’enveloppe budgétaire nationale. Résultat : 29 des 31 Centres Hospitalo-Universitaires (CHU) ont un compte d’exploitation négatif, le déficit programmé des hôpitaux dépasse, comme prévu, les 350 millions d’euros. Le retour à l’équilibre nécessiterait d’après la Fédération Hospitalière de France la suppression de 20 000 emplois. Pendant ce temps, la Générale de Santé, qui possède 180 cliniques privées, a versé 420 millions d’euros à ses actionnaires. Le secteur des cliniques privées à but lucratif se développe et se restructure sous l’emprise des fonds d’investissements internationaux, exigeant des taux de rentabilité financière entre 15 et 20 %.
Certes, les hôpitaux doivent améliorer leur organisation et leur efficience, mais les réformes en cours et une partie des mesures préconisées par le rapport du sénateur Larcher, vont entraîner une privatisation progressive de l’hôpital public. Bientôt, les médecins et chirurgiens et même les directeurs d’hôpitaux pourront être embauchés sous contrats privés avec intéressement aux bénéfices selon une logique contraire à l’éthique du service public. La prochaine étape sera le changement de statut des hôpitaux pour permettre plus facilement des licenciements, considérés comme une variable de régulation financière. Telle est la logique de « l’hôpital entreprise » et de la marchandisation de la santé. Parallèlement, cette course à la rentabilité entraînera la suppression d’activités médicales jugées peu ou pas rentables, le développement des cliniques privées à but lucratif et la généralisation des dépassements d’honoraires.
Du paiement à l’activité de l’hôpital au paiement à l’acte des chirurgiens et des médecins, du paiement à l’acte aux dépassements d’honoraires, des dépassements d’honoraires à l’entrée des assurances dans le système de soins, voilà l’enchaînement dans lequel nous sommes rentrés. Le système de santé français, basé sur la solidarité, permettant à chacun d’être soigné pour l’essentiel selon ses besoins et pas selon ses moyens, va laisser place à un système mixte où la part de la solidarité sera réduite tandis qu’augmentera la part des financements personnels assurés par la souscription à des assurances privées. Chacun sera alors soigné en fonction de ses moyens. Ce sera la santé, non pas à deux vitesses, mais à dix vitesses ! La carte Bleue remplacera la carte Vitale !
Pour assurer la sauvegarde de l’hôpital public, nous demandons :
1- De renoncer à l’objectif d’un mode de financement identique entre le secteur public et le secteur privé à but lucratif (la soi-disant « convergence public/privé ») qui ne peut se faire qu’au détriment des activités jugées non rentables. Ni les missions, ni la structure des coûts des deux secteurs ne sont comparables. L’objectif annuel de financement des hôpitaux fixé par le gouvernement doit être séparé entre les deux secteurs, hôpitaux publics et établissements privés à but non lucratif d’une part et établissements privés à but lucratif d’autre part.
2- De mettre en place une couverture territoriale sanitaire afin d’assurer l’égalité d’accès à des soins de qualité à tarifs correctement remboursés.
3- D’interdire l’augmentation de la part du privé à but lucratif dans le système hospitalier et la réalisation de monopoles territoriaux des cliniques privées.
4- De décréter un moratoire sur l’extension de la tarification à l’activité (T2A), à des disciplines telle que la psychiatrie (la T2A ne prend en compte que la quantité des soins mais ni leur pertinence ni leur qualité).
5- De définir pour les pathologies chroniques des forfaits de prise en charge ambulatoire au lieu du paiement à l’acte ou d’hospitalisation de jour.
6- De créer une institution indépendante charger d’une révision transparente des tarifs de la T2A .
7- De porter le financement des missions de service public à 50% du budget hospitalier comme le réclame la Fédération Hospitalière de France.
8- De maintenir, à l’opposé de la conception « hôpital-entreprise », un équilibre entre la direction administrative, la direction médicale et la direction en soins infirmiers travaillant de concert.
9- De garantir le maintien des services et unités de soins où les équipes médicales et paramédicales assurent la continuité et la qualité des soins dont ils assument la responsabilité. Les regroupements de services en départements ou pôles doivent se faire sur la base de projets médicaux cohérents et non sur une simple base de gestion.
10- De ne pas introduire dans les hôpitaux le paiement à l’acte et l’intéressement aux bénéfices qui provoqueront des conflits d’intérêts préjudiciables aux usagers et à l’harmonie du travail d’équipe.
-Nous lançons un appel aux professionnels de santé et à l’ensemble des usagers pour qu’ils demandent avec nous que soit organisé un large débat public sur l’avenir de l’hôpital, et que les hôpitaux ne soient pas financièrement étranglés avant d’être progressivement privatisés, sans que les citoyens aient eu à en décider.


























