20 juillet 2008
LES HUIT LECTURES BIAISEES DE JAMES PETRAS SUR DES TEXTES DE FIDEL CASTRO...
Chaque fois que je dois affronter un texte de la nature de celui que vient de nous commettre (au sens universitaire) James Petras : « Fidel Castro and the FARC : Eigth Mistaken Thesis of Fidel Castro », je me demande s'il vaut la peine de répondre : sa lecture et ses arguments sont si biaisés, si sollicités que j'ai du mal à croire que l'auteur, censément intelligent et intellectuel, puisse vraiment croire ce qu'il dit et écrit, et si, derrière cette philippique adressée à Fidel, il n'y a pas en fin de compte des sous-entendus différents, ou plutôt une cible occulte. N'étant pas expert en « pétrasisme », ni en polémiques idéologiques étasuniennes, je ne peux trancher. Je me pose juste la question.
En tout cas, puisque c'est écrit, James Petras mérite qu'on lui réplique. Je reprendrai un par un ses« arguments ». Pour ne pas être éventuellement « trahi » par des traductions, je suis allé chercher son texte original en anglais, toujours dans cette idée qu'il a vraiment mal (je suis gentil) lu les Réflexions de Fidel. Qui font en gros 35 lignes le 3 juillet et 40 le 5 juillet. Soit à peine deux pages et demie. Et dont Petras extirpe rien moins que HUIT THESES ! Commentaires: 21 publiés... Je prie les auteurs des 21 interventions d'excuser un néophyte dans le domaine informatique, qui a reculé devant le travail titanesque que représentait la reprise un par un et le re-copiage/collage de chaque message. Je les ai sacrifié en pensant que le texte proposé ci-dessus était un élément de réflexion dans un débat qui n'est pas clos.
Une première chose me frappe : une volonté entêtée d'élever le niveau des Réflexions de Fidel et de rabaisser la qualité des connaissances de leur auteur. Un professeur universitaire aussi chevronné que lui ne devrait pas tout d'abord confondre, pour ainsi dire, les genres d'écriture : qualifier de « thèses » ce qui apparaît dans les deux textes de Fidel (3 et 5 juillet 2008, et non 4 juillet) implique un mauvais point de départ en matière d'analyse : Fidel les appelle lui-même bien plus modestement (un ton absent de la réaction de Petras) des « réflexions ». Par ailleurs, aux yeux du professeur universitaire, l'élève Fidel devrait réviser sa copie et mieux étudier sa leçon : en effet, il fait chorus « uncritically » (sans faire preuve d'esprit critique) avec ceux qui condamnent les FARC ; il « oublie » que les contre-révolutions sont encore plus cruelles ; il « omet » de commenter ; il « ne fait pas le moindre effort pour comprendre, voire pour analyser » ; il « omet totalement » de sa discussion ; il « ignore absolument »... Qui plus est, non content d'être ignorant, Fidel adopte une fâcheuse attitude, puisqu'il « dénigre », fait preuve de « condescendance », « sous-estime » Bref, on finit par se demander comment quelqu'un d'aussi peu qualifié ose écrire quoi que ce soit...
Thèse nº 1
Une thèse astonishing (étonnante, sidérante), selon Petras. Qui est un bien mauvais lecteur.
Dans ses Réflexions du 3 juillet, Fidel écrit textuellement : « Un chapitre de paix s'ouvrait en Colombie, et c'est là quelque chose que Cuba appuie depuis plus de vingt ans comme ce qu'il convient le mieux à l'unité et à la libération des peuples de Notre Amérique, car il leur faut emprunter de nouvelles voies dans les circonstances complexes et spéciales du moment, après l'effondrement de l'URSS au début des années 90 – que je ne tenterai pas d'analyser ici – très différentes de celles qu'avaient connues Cuba, le Nicaragua et d'autres pays dans les années 50, 60 et 70 du XXe siècle. » Fidel parle ici à l'imparfait, non de la « libération » d'Ingrid Betancourt et des autres otages, le 2 juillet, mais de la libération humanitaire survenue le 10 janvier 2008 de Clara Rojas et Consuelo González, dans le cadre de la Mission Emmanuel. C'est à ce moment-là que s'ouvrait « un chapitre de paix », qui s'est aussitôt refermé parce qu'Uribe a tenu à le refermer par son incursion du 1er mars en Equateur. Je renvoie le lecteur au texte même de ces Réflexions : c'était en janvier qu'un chapitre de paix s'ouvrait, pas le 2 juillet ! Entre temps, a eu lieu la très grave agression de l'armée colombienne en Equateur, menée par Uribe, certes, mais avec, comme Fidel tient à le souligner aussitôt, le concours des USA et de l'administration Bush : « Le bombardement, au petit matin du 1er mars, d'un camp en territoire équatorien où dormaient des guérilleros colombiens et de jeunes visiteurs de différentes nationalités, avec emploi de technologie yankee, occupation du territoire, coups de grâce aux blessés et enlèvement de cadavres, dans le cadre du plan terroriste de l'administration étasunienne, a répugné au monde entier. »
Fidel n'ignore pas Uribe, mais il pointe du doigt l' « auteur intellectuel » des méfaits de Bogota, car tout le monde sait que le gouvernement colombien ne se risquerait pas à de telles équipées s'il ne pouvait compter sur l'appui tous azimuts de la Maison-Blanche et s'il ne servait pas de pion des USA sur l'échiquier latino-américain.
La réaction de Petras tombe donc à faux, d'autant qu'il invente ensuite une vision très sui generis des textes de Fidel : celui-ci, non content de « se garder absolument » de discuter de la terreur massive d'Uribe, « disculpate» (disculpe, innocente) son régime. Il faut vraiment avoir une lecture biaisée des Réflexions de Fidel pour trouver, tant le 3 juillet que le 5 juillet, la moindre « disculpation » d'Uribe ni même la moindre « louange » ou « éloge » à son gouvernement. Quant à son silence sur la décision de la Cour suprême, Petras devrait savoir que Fidel ne se mêle jamais des affaires intérieures des pays latino-américains. Mais il le sait, bien entendu...
Thèse nº 2
Là encore, c'est faire preuve de mauvaise foi. Le lecteur n'ayant pas le texte sous les yeux suppose que Fidel « dénigre » Marulanda à cause de ces attributs mis entre guillemets. Or, à aucun moment, cette citation n'apparaît dans les Réflexions de Fidel, qui écrit le 5 juillet : « Le leader des FARC, décédé récemment, était né le 12 mai 1932, selon le témoignage de son père. Paysan pauvre proche du parti libéral, partisan de Gaitán, il lança la lutte armée voilà soixante ans. Il fut guérillero avant nous, en réaction aux massacres de paysans par l'oligarchie. [...] Marulanda, qui possédait un intelligence naturelle et des dons de dirigeant notables, ne put jamais faire d'études, quand il était adolescent, au-delà du primaire. Il concevait une lutte prolongée, ce qui est là un point de vue que je ne partageais pas. Je n'ai jamais eu la possibilité d'échanger avec lui. » Et qui avait écrit le 3 juillet, le présentant (là oui, la citation susmentionnée entre guillemets apparaît, mais absolument pas dans le contexte que lui donne Petras !) : « Manuel Marulanda, paysan et militant communiste, chef principal de cette guérilla née voilà presque un demi-siècle, était toujours en vie. Il est mort le 26 de ce même mois. »
Où Petras voit-il du « dénigrement » là-dedans ? Fidel fait des constats, dit ses divergences. L'idée est peut-être mal exprimée, mais supposer que Fidel parle « avec condescendance » de Marulanda parce que celui-ci n'a pas fait d'études poussées, pis encore, que son manque d'études l'invaliderait pour être un chef révolutionnaire guérillero digne de ce nom, et que des gens de son espèce seraient juste bons à se mettre aux ordres des « intellectuels et des universitaires mieux appropriés pour conduire la révolution », selon les gloses encore une fois sollicitées de Petras, c'est lui prêter des sentiments et des idées qui n'ont jamais été les siennes en soixante ans de vie politique et révolutionnaire.
Petras se lance ensuite dans une comparaison entre les quarante années de guérilla de Marulanda et le « foco guerrillero castriste », « dans lequel de petits groupes d'intellectuels organiseraient un noyau armé dans l'arrière-pays, entreraient en combat et attireraient le soutien des masses paysannes », mais qui n'est jamais parvenu à mettre sur pied, pourtant où il a été tenté, une « armée nationale populaire politico-militaire ». Notre professeur universitaire devrait savoir qu'on ne peut comparer que des choses comparables : dénigrer le « foco guerrillero » (en en faisant, soit dit en passant, une présentation qui frôle la caricature) pour vanter, corrélativement, la stratégie de la guerre prolongée est absurde, parce que ce sont deux approches différentes, deux conceptions distinctes. L'une cherche la prise du pouvoir ; l'autre, non. Le problème clef est bel et bien le suivant : déclencher la lutte armée, oui, mais pourquoi et pour quoi ? A chacun sa réponse en fonction des circonstances et des objectifs.
Thèse nº 3
Qu'écrit donc Fidel à ce sujet ? Le 3 juillet : « Un sentiment d'humanité élémentaire nous fait nous réjouir qu'Ingrid Betancourt, trois Etasuniens et d'autres captifs aient été libérés. Les civils n'auraient jamais dû être séquestrés, ni les militaires maintenus si longtemps comme prisonniers en pleine forêt vierge. C'étaient là des faits objectivement cruels. Aucune visée révolutionnaire ne saurait les justifier. Il faudra à un moment donné analyser à fond les facteurs subjectifs. / A Cuba, nous avons gagné notre guerre révolutionnaire en libérant aussitôt les prisonniers sans aucune condition. Nous remettions à la Croix-Rouge internationale les soldats et les officiers capturés à chaque bataille et ne gardions que leurs armes. Aucun soldat ne les dépose s'il s'attend à la mort ou à un traitement cruel. » Et le 5 juillet : « J'ai critiqué avec énergie et en toute franchise les méthodes objectivement cruelles de l'enlèvement et de la rétention de prisonniers en pleine forêt vierge. »
Décidément, Petras lie fort mal les copies qu'il a sous les yeux (j'espère qu'il était plus sérieux avec celles de ses étudiants) et ses citations entre guillemets ne sont jamais exactes. A deux reprises, Fidel écrit : « objectivement », et parle de la nécessité d' « analyser à fond les facteurs subjectifs ». Autrement dit, la pensée de Fidel est bien plus nuancée que veut bien nous le faire croire Petras, parce que ça l'arrange : cette « cruauté » objective peut, en fonction des circonstances, s'expliquer, voire se justifier.
Dans les analyses politiques de Fidel, tous les mots comptent. Fidel est bien conscient que les conditions dans lesquelles se battent les FARC sont largement différentes de celles qui avaient prévalu en 1956-1958 quand l'Armée rebelle luttait dans la Sierra Maestra. A cette époque, la technologie militaire et les techniques antiguérillas étaient dans les langes face à la sophistication actuelle des moyens employés et déployés par les Etats-Unis pour liquider les FARC. (Non, je n'ai pas fait une faute de frappe : ce sont bien les Etats-Unis, et non la Colombie, qui font la guerre aux FARC ; penser le contraire, comme le fait Petras, serait se tromper d'analyse et de cible.) La situation interne à Cuba était infiniment moins complexe sur le plan politique qu'en Colombie aujourd'hui, un pays déchiré et ravagé depuis maintenant soixante ans (point de départ, l'assassinat de Gaitán en 1948, mais déjà les combats fratricides y existaient) de guerre civile, à quoi s'ajoutent les paramilitaires, les trafiquants de drogue, etc.
Donc, dans ces conditions si terriblement complexes, les facteurs « subjectifs » doivent entrer en ligne de compte : peut-être les analysera-t-il un jour, mais on peut supposer que, parmi ces facteurs subjectifs, la prise d'otages constitue pour ainsi dire une assurance-vie et peut donc se justifier. Un simple exemple : compte tenu des moyens de détection archisophistiqués utilisés par les Etats-Unis et l'armée colombienne à leur solde, capables, comme le signale Fidel, de percer le feuillage de la forêt vierge, de sorte que les guérilleros sont constamment exposés à des bombardements contre lesquels ils n'ont aucun moyen de défense, avoir des otages avec soi est en quelque sorte un moyen d'empêcher l'ennemi d'ouvrir trop facilement et sans trop y penser la soute à bombes. Et plus les otages sont importants du point de vue politique et du renom, mieux c'est dans ce sens, car la présence de citoyens lambda ne serait vraisemblablement pas un obstacle éthique pour les autorités civiles et militaires étasuniennes et colombiennes quand on voit à quel point les garde-fou moraux n'ont aucune importance pour eux.
C'est juste là une idée de ce que pourrait être le facteur « subjectif ». Les otages sont aussi des monnaies d'échange et aussi une assurance-vie pour les guérilleros enfermés dans les prisons du pays. Bref, contrairement à ce qu'on pourrait croire à partir d'une lecture hâtive, Fidel n'oublie jamais le revers de la médaille : oui, il peut y avoir des circonstances qui expliquent pourquoi les FARC y recourent.
Les gloses suivantes de Petras sont indignes d'un intellectuel sérieux et renommé. Mais il ne peut s'empêcher, en bon professeur, de sermonner Fidel : « Les révolutions sont cruelles, mais Fidel oublie que les contre-révolutions le sont encore plus. » Comme si quelqu'un qui est sur la brèche révolutionnaire depuis soixante ans était assez naïf pour ne pas le savoir !
Thèse nº 4
Fidel a écrit le 5 juillet : « J'ai dit clairement que nous étions partisans de la paix en Colombie. Mais nous ne sommes pas en faveur de l'intervention militaire étrangère ni de la politique de force que les Etats-Unis prétendent imposer coûte que coûte, quel que soit le prix que doive payer le peuple colombien qui a déjà tant souffert. »
Et le 3 juillet : « Nous observons avec inquiétude que l'impérialisme tente d'exploiter ce qui s'est passé en Colombie afin d'occulter et de justifier ses crimes et ses massacres horribles contre d'autres peuples, de faire oublier à l'opinion publique internationale ses plans interventionnistes au Venezuela et en Bolivie, ainsi que la présence de la IVe Flotte venue en renfort de sa ligne politique : liquider totalement l'indépendance des autres pays au sud de ses frontières et s'emparer de leurs ressources naturelles. »
Petras reproche à Fidel de croire que l'intervention en Colombie est imposée par Washington, alors que, selon lui, Uribe et l'oligarchie colombienne sont preneurs dans le cadre de la lutte des es nationale. Décidément, celui qui est plein de « condescendance », c'est Petras, pas Fidel ! Supposer que celui-ci ne le sait pas, c'est se ridiculiser soi-même, pas l'adversaire. Fidel veut tout simplement rappeler que sans les USA derrière, Uribe ne serait pas en mesure de mener son offensive fondée sur la conviction qu'il peut remporter la guerre contre les FARC et les mettre à genou, ce qu'aucun de ses prédécesseurs n'avait jamais eu à l'idée, faute d'avoir le soutien tous azimuts de la Maison-Blanche et dans un contexte de « lutte antiterroriste » mondial imposé par la plus grande puissance militaire de tous les temps. Fidel rappelle toujours et encore où est l'ennemi principal. Ce que Petras oublie un peut trop souvent.
Quant aux commentaires qui suivent, ils sont si indignes d'un intellectuel sérieux qu'ils ne méritent aucune réponse ; on les dirait écrits par un plumitif de Miami ! Les voici donc dans toute leur « vénéneuse laideur » : « Fidel ignore absolument que les escadrons de la mort continuent de tuer des militants désarmés des mouvements sociaux, et le manque de solidarité de Cuba avec tous les mouvements colombiens depuis que La Havane a développé des relations diplomatiques et commerciales avec le régime Uribe. Jongler avec les intérêts nationaux cubains, à savoir les relations diplomatiques et économiques avec la Colombie, et la revendication à des lettres de créance révolutionnaires fait-il donc partie des "complexités" de la politique étrangère cubaine ? »
Accusation médiocre et parfaitement gratuite dont on attend la moindre preuve. Les preuves contraires abondent, en revanche. Un seul exemple : que Petras s'informe auprès des négociateurs étasuniens qui eurent à discuter des conditions de la fin de la guerre en Angola avec les Cubains si ceux-ci « jonglaient », alors que les « intérêts nationaux » en jeu étaient pourtant bien plus cruciaux pour eux en l'occurrence que dans le cas non prouvé qu'il cite, et s'ils ont renoncé à leurs principes et à leurs conditions pour obtenir des concessions de Washington, qui auraient été ravis de leur en faire en ces circonstances-là !
J'oserai simplement rappeler aussi à Petras l'attitude de la Révolution cubaine durant la Crise des missiles en octobre 1962, quand là encore, les intérêts nationaux de Cuba étaient infiniment plus en jeu que dans le cas colombien. Si Cuba avait fait les concessions que les USA lui demandaient, il est certain que Cuba n'aurait pas eu à supporter cinquante ans de guerre tous azimuts de Washington. Même là, la Révolution cubaine n'a pas fait passer ses intérêts nationaux avant ses principes. On ne peut écrire n'importe quoi, James Petras, ni faire dire ce que l'on veut à l'Histoire !
Thèse nº 5
Oui, dont acte, Fidel aurait dû dire explicitement que la libération des otages devait entraîner du fait même celle des prisonniers d'Uribe. Mais de là à supposer que le sort de ces derniers lui importe peu, c'est là encore ne faire aucun cas de sa manière de voir et de penser pendant soixante ans...
Il n'y a aucune vision « moralisante » de la situation colombienne dans l'approche de Fidel. Une simple question d'efficacité politique, tout simplement. S'il demande la libération des otages, ce n'est sans doute même pas par humanisme : c'est qu'elle placerait Uribe et les va-t-en guerre étasuniens et colombiens dans une situation politique terriblement embarrassante, parce que la balle serait dès lors dans leur camp et qu'ils seraient bien obligés de la refaire passer de l'autre côté du filet, faute de quoi ils sombreraient dans le discrédit. Pour Fidel, à partir du moment où les otages – dont il reconnaît la valeur « subjective » - ne sont plus un instrument efficace pour contrer l'ennemi et lui imposer ses conditions, il vaut mieux alors s'en débarrasser en plaçant l'ennemi dans une situation totalement en porte-à-faux. En étant cynique – mais Fidel ne l'est jamais – on pourrait presque dire que les otages sont, dans les circonstances concrètes du moment actuel en Colombie et de l'intervention accrue des Etats-Unis – un instrument politico-militaire bien plus efficace pour les FARC par leur libération que par leur rétention.
Selon Petras, Fidel « se vante » d'avoir libéré les soldats prisonniers dans la Sierra Maestra et « tente d'imposer... ses tactiques... sans faire le moindre effort pour comprendre, encore moins analyser » les conditions spécifiques de la Colombie. Et voilà l'élève Castro de nouveau recalé par le grincheux professeur ! Et moi qui croyais que Fidel était justement un esprit supérieur dont l'acuité d'analyse et la capacité à faire le tour d'une question dans ses moindres détails avaient permis à la Révolution cubaine, entre autres facteurs, de résister à cinquante ans de guerre impérialiste ! Dire et expliquer ce qu'on fait, est-ce donc synonyme de « se vanter », voire d' « imposer » ?
Thèse nº 6
Là encore, je cherche dans les deux Réflexions de Fidel et ne trouve rien d'un prétendu appel à renoncer à la guérilla. Fidel écrit le 5 juillet : « Mais je ne suggère à personne de déposer les armes dans la mesure où ceux qui l'on fait ces cinquante dernières années n'ont pas survécu à la paix. Si j'ose me permettre de suggérer quelque chose aux guérilleros des FARC, c'est tout simplement de déclarer par n'importe quel moyen leur disposition à libérer les séquestrés et les prisonniers en leur pouvoir, sans la moindre condition. Je ne prétends pas qu'ils m'écoutent ; je fais mon devoir en exprimant ce que je pense. Toute autre attitude ne servirait qu'à primer la déloyauté et la trahison. »
Où est donc cet appel à cesser la guérilla ? Décidément, le courroux trouble la vue (et les vues) de Petras ! Et où a-t-il donc vu que Fidel leur « suggère d'accepter l'offre de la France d'abandonner leur pays ou la proposition de Chávez (le "frère" et "ami » d'Uribe) de négocier et d'assurer la mise en place d'une commission faite de notables latino-américains qui superviseraient leur intégration dans la politique colombienne. » Je ne sais si Chávez a fait une telle proposition (Petras lit si mal, apparemment), mais je ne vois rien dans le texte de Fidel qui laisse à penser qu'il la fasse sienne ! Pour un intellectuel qui veut qu'on le respecte, c'est vraiment beaucoup de mauvaise foi !
Devrais-je rappeler à Petras que les FARC sont bien moins papistes que lui et que, dans leur déclaration du 18 décembre 2007 dans laquelle elles annonçaient la libération unilatérale de Consuelo González, de Clara Rojas et de son petit enfant Emmanuel, elles ratifiaient leur décision « de concrétiser un accord humanitaire et de progresser vers un règlement politique du conflit social et armé dans le cadre d'un processus entouré de pleines garanties de la part de l'Etat » ?
Thèse nº 7
Et il cite les cas d'Uribe, de Sarkozy, de Chávez, tous mis dans le même sac (un Sarkozy et un Chávez !). Je me demande bien ce que vient faire ce point dans les « thèses » de Fidel. Là encore la mauvaise foi de Petras face au président vénézuélien est patente, et je laisse le lecteur en juger en parcourant son article... Mauvaise foi tout aussi éclatante au sujet de Fidel : « Cuba, ou du moins Fidel Castro, a utilisé la "libération" de Betancourt pour étaler son hostilité de longue date (au moins depuis 1990) envers les FARC qui gênent sa politique de réconciliation avec le régime colombien. » De nouveau, accusation absolument gratuite et sans fondement ! On aimerait en tout cas que Petras soit plus explicite sur cette « hostilité de longue date » de la Révolution cubaine envers les FARC.
Je sais en tout cas, moi, qu'en juin 2007, Granda, le « ministre des affaires étrangères » des FARC, était à La Havane, « à la demande expresse, non seulement du gouvernement colombien, mais aussi des FARC et de Granda en personne. Il se trouve à Cuba, et nous croyons que notre décision est dans le droit fil de la position historique de Cuba de tenter de contribuer, en respectant la souveraineté de la Colombie, à un règlement négocié du conflit interne » (déclaration en conférence de presse de Felipe Pérez Roque, ministre cubain des Relations extérieures, le 20 juin 2007). Ceci ne colle guère avec la prétendue hostilité de la Révolution cubaine envers les FARC...
Autre preuve : l'accueil dans l'île de guérilleros des FARC fournit au State Department un prétexte parfait pour accuser Cuba, dans ses fameux Livres blancs, de pays « terroriste ». Ainsi, en 2004, on pouvait y lire : « La Havane a autorisé une vingtaine de membres de l'ETA à séjourner à Cuba et a accordé refuge et un certain appui à des membres des FARC et de l'ELN. Bogota était au courant de cet arrangement et y a apparemment donné son assentiment ; les Colombiens ont déclaré publiquement qu'ils continuaient de rechercher les bons offices cubains auprès des agents de l'ELN à Cuba. Dans une déclaration émise par le ministre cubain des affaires étrangères en mai 2003, celui-ci prétend que la présence de membres de l'ETA à Cuba est due à une demande d'aide de l'Espagne et du Panama et qu'il s'agit d'une question bilatérale intéressant Cuba et l'Espagne. La même déclaration défend l'aide apportée aux FARC et à l'ELN comme étant une contribution à une solution négociée avec la Colombie. » Là encore, comment Cuba accueillerait des guérilleros pour leur éviter la mort en Colombie si elle était hostile aux FARC ?
Par ailleurs, pour se « réconcilier » avec Uribe, Fidel (ou Cuba) n'avait pas besoin de laisser tomber les FARC. Uribe était preneur. Et les gouvernements colombiens antérieurs aussi.
Sans doute Petras ignore-t-il cette conversation téléphonique du président colombien avec l'ambassadeur cubain à Caracas, qui avait fait partie des garants internationaux ayant encadré la première tentative de libération humanitaire des deux femmes et de l'enfant. Celle-ci ayant échoué pour les raisons que l'on sait, Uribe dit à Germán Sánchez, l'ambassadeur en question (c'est ce dernier qui le relate dans son livre Transparencia de Emmanuel) : « Cordialement, quoique à la hâte, il remercia par mon intermédiaire le gouvernement cubain d'avoir participé à la mission humanitaire, m'indiquant avoir conversé avec Raúl Castro, Carlos Lage, Felipe Pérez Roque et Ricardo Alarcón. "Je vous prie de dire à Fidel et à Raúl que je leur demande de m'aider à poursuivre cette mission de libération des otages. Je leur demande aussi de nous aider à restaurer les relations entre le Venezuela et la Colombie. Transmettez-leur à tous deux mes meilleurs vœux de Nouvel An". » (p. 114) Quand l'opération humanitaire peut reprendre quelque temps après, Uribe en personne demande que l'ambassadeur cubain soit présent. Carlos Valenciaga, secrétaire du Conseil d'Etat, téléphone à Germán Sánchez, le 9 janvier 2008, pour lui faire savoir ce qui suit : « Notre ambassadeur en Colombie vient de nous informer il y a juste quelques minutes que le président Uribe lui avait fait part de son désir qu'un représentant cubain participe à l'opération de libération des deux captives. Le président Uribe sait qu'il n'est pas prévu cette fois que des garants d'autres pays y participent, mais il veut symboliser par la présence d'un représentant cubain la reconnaissance spéciale de la Colombie à Cuba pour l'aide que nous avons apportée depuis des années à l'avancée des conversations de paix. » (pp. 133-134)
Comme quoi, les choses ne sont pas aussi en noir et blanc que le pense Petras.
Thèse nº 8
Décidément, James Petras doit se hâter de changer de lunettes parce que sa lecture est vraiment, là oui, « astonishing » ! Fidel écrit le 3 juillet : « Un sentiment d'humanité élémentaire nous fait nous réjouir qu'Ingrid Betancourt, trois Etasuniens et d'autres captifs aient été libérés. » Libre à Petras de voir là une « posture humanitaire », à supposer que celle-ci soit critiquable. Par contre, je ne saisis pas très bien ce que veut dire ce « quasi-électoral », mais apparemment, pour lui, tous les coups sont bons.
Je sais que Petras est un politologue, non un linguiste, mais voir un « éreintement » dans les propos de Fidel, c'est vraiment faire dire aux mots ce qu'ils ne veulent pas dire. Fidel a affirmé que les enlèvements étaient « une méthode objectivement cruelle », mais qu'il pouvait l'admettre en certaines circonstances « subjectives » qu'il faudrait analyser, et il l'a fait dans des termes qui ne dénotent ni ne connotent aucun « éreintement ». Par ailleurs, je défie Petras d'indiquer à quel endroit de ses Réflexions Fidel « éreinte » les FARC parce qu'elles résistent les armes à la main au gouvernement colombien !
Enfin, mais c'est beaucoup de lectures biaisées en si peu de lignes, ce n'est pas « la structure autoritaire et la direction dogmatique » des FARC que Fidel signale comme facteur négatif, mais celles du Parti communiste colombien. Je suppose que Petras, qui connaît la langue espagnole, lit les réflexions de Fidel dans l'original. Celui-ci écrit le 5 juillet : « Le Parti communiste – où il [Marulanda] entra ensuite – était soumis, comme tous les autres d'Amérique latine, à l'influence de celui de l'Union soviétique, et non de celui de Cuba. Il était solidaire de notre Révolution, mais non subordonné. [...] Jamais le Parti communiste colombien ne s'est proposé de conquérir le pouvoir par les armes. La guérilla était un front de résistance, non l'instrument fondamental de la conquête du pouvoir révolutionnaire, comme ça s'est passé à Cuba. En 1993, à leur huitième Congrès, les FARC décidèrent de rompre avec le Parti communiste. Leur chef, Manuel Marulanda, prit la direction des guérillas de ce dernier qui s'était toujours caractérisé par un sectarisme hermétique au sujet de l'admission de combattants et par ses méthodes de cloisonnement rigides à la direction. »
« La structure autoritaire et la direction dogmatique » ne sont donc pas le fait des FARC, mais celui du Parti communiste colombien avec lequel Marulanda rompt justement pour les motifs que signale Fidel. Et non pour ceux que cite Petras ! Un petit commentaire sur ce dernier point : il est vraiment curieux et attristant qu'un professeur universitaire prenne tant de libertés avec les citations de l'auteur commenté et qu'il présente ses propres interprétations comme celles, littérales – puisque entre guillemets – de Fidel ! Comme le lecteur peut le constater par lui-même, la phrase « structure autoritaire et direction dogmatique » n'apparaît à aucun moment dans le texte de Fidel dont les analyses sont plus subtiles que celles de son critique...
Enfin, je me demande – mais on sent bien qu'il brûlait d'envie de le dire, même si ça tombe comme un cheveu sur la soupe (là encore, il oublie les règles élémentaires des dissertations universitaires) ! – ce que vient faire la dernière phrase de ce paragraphe, plus digne, là encore, dans ses notations et connotations, d'un plumitif de Miami ou d'un porte-parole de la Maison-Blanche que d'un intellectuel qui se respecte... Je la reproduis : « En revanche, Castro n'a jamais permis de débats ni d'élections libres et ouverts, même entre candidats communistes, dans aucun processus législatif – du moins jusqu'à son remplacement par Raúl Castro. »
Enfin, que Fidel ait « servi ses propres intérêts politiques personnels en cognant sur les FARC et en célébrant Betancourt aux dépens du peuple colombien », c'est là encore une lecture vraiment sollicitée de ses Réflexions. De nouveau, j'en laisse juge le lecteur. Mais évidemment, Petras se fait un malin plaisir, quoique plaisir bon marché, à fourrer dans le même sac Uribe, Sarkozy, Chávez et Castro... Comme si, à ce moment de sa vie, Fidel avaient des « intérêts personnels politiques » à rechercher !
En conclusion
« Castro a-t-il clairement réfléchi aux conséquences désastreuses pour des millions de Colombiens appauvris ou bien n'a-t-il en tête que la possibilité d'une amélioration des relations entre Cuba et la Colombie, une fois liquidées les FARC ? Les articles de Castro contre les FARC ont eu pour effet de fournir des munitions aux médias impériaux afin de discréditer les FARC et toute résistance armée à la tyrannie et d'améliorer l'image d'Uribe, le président des escadrons de la mort. En niant l'histoire et la pratique révolutionnaires d'un mouvement populaire en cours et du brillant dirigeant qui l'a construit, le premier leader révolutionnaire du monde nie aux mouvements à venir un riche héritage de résistance et de construction réussies. L'Histoire ne l'acquittera pas. »
Donc, c'est entendu : Fidel n'a qu'un seul intérêt, améliorer les relations entre Cuba et la Colombie. C'est là le fil rouge des « réflexions » de Petras. Ce qui, quand on sait l'opinion d'Uribe au sujet de Cuba, est un fil erroné. D'où Petras a-t-il sorti ces déductions, nul ne le sait.
Il semblerait que Petras exagère un peu trop la portée des Réflexions de Fidel. Y voir, comme il le dit dans son introduction, des « commentaires critiques sur la politique, la structure, les pratiques, la tactique et la stratégie des FARC », c'est vraiment jouer sur les mots : le lecteur non informé supposera que Fidel a écrit un essai volumineux en bonne et due forme pour aborder tant de points si complexes ; le lecteur informé, lui, sourira de voir un intellectuel de renom mentir si mal et tant chercher à tirer la couverture à soi.
Il est enfin un dernier point que Petras ne semble pas bien saisir : le rôle que l'impérialisme étasunien est en train de jouer, par Uribe interposée, en Amérique latine en vue d'y contrer les nouveaux gouvernements qui ont modifié du tout au tout le visage politique du sous-continent. Washington y est en pleine offensive et cherche à rattraper le temps perdu, et le gouvernement colombien est bel et bien son fer de lance. On constatera que Fidel parle presque toujours – ce qui chagrine Petras – des USA, et quasiment jamais du gouvernement colombien. C'est un bien trop fin et trop vieux renard politique pour se laisser duper : cette « obsession » de Fidel, cette « fixation » sur les Etats-Unis peuvent relever pour un James Petras d'une mentalité parano ou à manie de la persécution. L'histoire de Notre Amérique dit, bien entendu, toute autre chose : la superpuissance n'a cessé d'être là, maléfique, dans tous les événements du sous-continent. L'important, pour Fidel, ce n'est pas le gouvernement colombien, dont les moyens de nuisance extérieure sont limités, mais Washington qui est en train de livrer au sous-continent une guerre de moins en moins larvée et dont les moyens de nuisance sont, eux, infinis. Comparer le rôle que la Colombie est en train de jouer en Amérique latine avec celui d'Israël au Moyen-Orient n'est pas du tout une figure de , mais bel et bien le constat d'une triste réalité. La politique de la Révolution cubaine, mais aussi celle des gouvernements latino-américains « progressistes » est par conséquent de rogner le plus possible les griffes du régime d'Uribe pour l'empêcher de servir de fer de lance de l'Empire contre eux. Et de le faire en marge des Etats-Unis (par exemple la réunion du Groupe de Rio qui a désamorcé les conséquences de l'attaque uribienne contre l'Equateur). Quand Chávez accepte de rencontrer Uribe et que tous deux relancent des projets énergétiques bilatéraux favorables à l'ensemble de la région latino-américaine, il ne le fait sûrement pas sans un haut-le-cœur, mais il le fait parce que ces activités d'Etat sont un moyen d'impliquer un peu plus Uribe dans des relations normales avec ses voisins, et donc de lui faire retourner vers l'Amérique latine l'œil qu'il a toujours tourné vers Washington. C'est, encore une fois, lui rogner les griffes qu'il a, fort aiguisées, au service de la Maison-Blanche et de l'oligarchie colombienne.
Car, par un fantastique renversement de l'histoire latino-américaine, alors que, dans les années 60, les USA avaient alors eu derrière eux tous les gouvernements latino-américains (sauf le Mexique) pour jouer ce rôle de traîtres contre la Révolution cubaine, il n'y a plus maintenant qu'un Uribe pour leur servir de fantoche (comme on disait dans les temps). Ou, plus discrètement, un Pérou, où l'on vient d'apprendre, malgré les démentis d'Alan García, que les USA étaient en train de construire un espace au Callao pour accueillir les bâtiments de la IVe Flotte.
Maintenir en respect le « géant aux bottes de sept lieues », pour reprendre l'image de Martí, implique des stratégies et des tactiques bien plus subtiles que celles que semble proposer le pur et dur James Petras. Et une volonté d'union, si souvent absente à ce jour.
Libre à Petras de critiquer Fidel. Mais qu'il le fasse en le lisant correctement et en ne dénaturant pas si ouvertement ses propos. A moins, encore une fois, – parce qu'un intellectuel de renom n'a pas le droit de se rabaisser à de telles « lectures » – que ces « diatribes » ne visent une autre cible et qu'il y ait anguille sous roche.
Par Jean-François BONALDI dans http://socio13wordpress.com/.
transmis par NOSE DE CHAMPAGNE
Commentaires
Tenue correcte exigée!
[G]Tata Denise et ses trois petits derniers en couches-culottes.[/G]
[Img]:url://strasbourg.campusanuncios.com/picanuncio/comunidad/comunidad-511287419.jpg[/Img]
[olléééé]
PRESENTATION !!!
Il fallait que je rétablisse l'origine de l'article... Mais voilà, le bazar, çà recommence: tout est souligné alors qu'il n'y a que les annonces numérotées des "thèses" qui devraient l'être, et je m'aperçois qu'un paragraphe a changé de place...
Un "pro" peut-il rétablir tout çà ? (6° manipulation).
NOSE
Ah, les pipelettes...
[Img]:url://medias.blog.lemonde.fr/files/2007/02/conciergeronis.1172069972.jpg[/Img]
[olléééé]
Bouuuuu
Tata, il a viré les photos....
Brico-Pingouin
Peut-être devrais-tu interroger le Docteur Cricri qui vient de rentrer de brousse avec sept points de sutures... il lui manquait que quelques tuiles à poser et v'lan, patatras!. Aussi doué que Nose le gommeux...
[mdr][mdr]
Cricri
Si tu mets Cricri là-dedans avec sa tronçonneuse, on ferait plus court en fermant le Pigeon tout de suite!
Sinon NOSE, c'est plus joli quand tout est souligné puisque tout est important. C'est Tata qui l'a dit...[Youpiii]
Mais je me demande bien comment tu as pu faire pour supprimer les commentaires seulement en ajoutant un lien... C'est vrai que, dans le genre, c'est assez fort...[mdr][mdr][mdr]
Ducs
Pigeons, merles, pingouins... Tata Denise n'aimes pas les zoziaux...
[Img]:url://img516.imageshack.us/img516/1315/chasseur219sy5.jpg[/Img]
IL ME SEMBLE...
... qu'on ne peut pas "ajouter", comme çà. Il faut tout enlever et tout remettre... et en plus ajouter le lien.
C'est la manoeuvre que j'ai cru devoir faire...
Dîtes-moi si c'est possible de faire autrement et dîtes ce qu'est cet autrement. Là j'angoisse !
NOSE
Ben non
Il te suffit de reprendre ton texte en faisant "éditer", tu fais ta modification et tu valides. Et le tour est joué...
Bon, sinon, il n'y a rien de dramatique... On trouveras d'autres photos pour Tata...[olléééé]
Comme son nom l'indique
[Img]:url://www.lescancans.fr/Images/Cancans8.jpg[/Img]
[c est bon]
Cancan
Vive le french cancan! Tata prend des vacances...
[Img]:url://img509.imageshack.us/img509/8751/cancanjo0.jpg[/Img]
Tonton Denis et Pingouin
[Img]:url://trempet.uqam.ca/oeuvres/Annales2001/Dec10-Dec16-01_fichiers/image002.jpg[/Img]
[Danser]
Le penseur (de haut niveau)
[Img]:url://antoine.comiti.free.fr/specisme/VisageAnimal/1Chimpanze.jpg[/Img]
[mmm]
Manager à l'écoute du CAC40
[Img]:url://tubeaessai.blogs.nouvelobs.com/media/00/01/6fd56e6595448ea7d92660ed5d8fb1c4.jpg[/Img]
La vie d'artiste...
[Img]:url://www.cyrildupuy.com/images/cymbalists/tziganes.jpg[/Img]
Questionnement
[Img]:url://australopitheque.ifrance.com/page_vierge_5_fichiers/humour10.jpg[/Img]
[mmm][mmm]
Solistes bonobos
[Img]:url://images2.hiboox.com/images/4707/f6rz3hkh.jpg[/Img]
[G]-Cucurucucu...
- Palomaaaaaa![/G]
[c est bon]
EN REGARDANT UN PEU TROP VITE...
... j'avais lu "socialistes bonobos"...
Il aurait mieux valu remplacer par un bonobo, Jack LANG, et renvoyer ce dernier dans les bois de Boulogne.
NOSE
D'une certaine façon
Ta lecture n'était pas si mauvaise que ça puisque les socialistes n'ont pas arrêtés de nous baiser...
Bonobos à l'intellect (trop???) développé
[Img]:url://storage.canalblog.com/63/95/341809/28157027.jpg[/Img]
























