LE PIGEON BLEU

Le Pigeon Bleu est le rendez-vous solidaire des ami(e)s rencontré(e)s au Fou de Bassan. Alors, on rit et on s'amuse au Pigeon Bleu ! NOSE DE CHAMPAGNE

09 décembre 2008

Proclamation de Sao Paulo: Le socialisme est l’alternative!

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Le monde fait face à une crise économique et financière grave et de grande ampleur. C’est une crise capitaliste, qui ne peut pas être dissociée de la nature et des contradictions insolubles du système capitaliste. Il s’agit probablement de la crise la plus grave depuis la Grande Dépression qui avait commencé par le crash de 1929. Comme toujours, les travailleurs et les peuples sont les principales victimes.

La crise actuelle est l’expression d’une crise plus profonde, inhérente au système capitaliste. Elle illustre les limites historiques du Capitalisme et la nécessité de son renversement révolutionnaire. La crise actuelle représente aussi une lourde menace de régression sociale et démocratique. Elle fournit, comme l’Histoire l’a montré, une base pour des mouvements autoritaires et militaristes. Cela exige plus de vigilance de la part des partis communistes et de toutes les forces démocratiques et anti-impérialistes.

Tandis que des milliards des ressources publiques sont mobilisés pour sauver ceux qui sont responsables de cette crise (grand capital, haute finance et spéculateurs), travailleurs, petits paysans, couches moyennes, et tous ceux qui travaillent pour vivre suffoquent sous le poids des monopoles et vont subir encore plus d’exploitation et de chômage, la réduction de leurs retraites salaires, l’insécurité, la faim et la pauvreté.

De puissantes campagnes idéologiques de diversion cherchent à dissimuler les véritables origines de la crise et de bloquer la voie vers des solutions qui seraient dans l’intérêt des masses populaires, qui favoriseraient un nouvel équilibre du pouvoir, un nouvel ordre international en faveur des forces populaires, de la solidarité internationale et de l’amitié entre les peuples. Les principales puissances capitalistes, à commencer par les USA, l’Union Européenne et le Japon, utilisent les organisations internationales qu’elles dominent, FMI, Banque Mondiale, Banque Centrale Européenne, OTAN et autres.

Elles manipulent également l’ONU pour qu’elle se conforme à leurs besoins. Elles travaillent frénétiquement sur des " solutions ", qui sont elles-mêmes les germes de nouvelles crises, et tentent de secourir le système à court terme et de renforcer les mécanismes de l’exploitation impérialiste et de l’oppression.

En recourant à des boucs émissaires et en insistant sur des options erronées pour la " régulation ", l’ " humanisation " et la " réforme " du capitalisme, elles cherchent à sauver les apparences en laissant les choses en l’état. Les partis qui soutiennent le capitalisme ont accepté en hâte les dogmes du " Consensus de Washington " qui a nourri le financement spéculatif brutal de l’économie. La social-démocratie, dissimulant sa complaisance pour le néolibéralisme et sa transformation en pilier de l’impérialisme, tente un retour tardif vers une " régulation " de type keynésien qui laisse intacte la nature de classe du pouvoir et des rapports de propriété. Elle cherche précisément à éviter l’affirmation des alternatives révolutionnaires pour les travailleurs et les peuples.

Mais cette perspective n’est pas inévitable.

Comme l’histoire l’a montré à d’autres moments, les travailleurs et les peuples, s’ils s’unissent, peuvent agir sur le cours des événements économiques, sociaux et politiques. Ils peuvent arracher, dans leur intérêt, d’importantes concessions au grand capital, éviter les fuites en avant vers le fascisme et la guerre, ouvrir le chemin à de profondes transformations à caractère progressiste et même révolutionnaire.

Le panorama international est celui d’une lutte de classes qui s’aiguise de plus en plus. L’humanité traverse l’un des moments les plus difficiles et les plus complexes de son histoire : une crise économique globale qui coïncide simultanément avec une crise énergétique et alimentaire et une crise environnementale sérieuse, un monde de profondes injustices et d’inégalités, de guerres et de conflits. La scène est celle d’un carrefour historique que traversent deux tendances contradictoires. Il y a, d’un côté, de grands dangers pour la paix, la souveraineté, la démocratie, pour les droits des peuples et des travailleurs. Il y a, de l’autre, un immense potentiel pour les luttes et la progression de la cause de l’émancipation des travailleurs et des peuples, la cause du progrès social et de la paix, la cause du socialisme et du communisme.

Les Partis Communistes et Ouvriers qui se sont rassemblés pour leur 10ème Rencontre tenue à Sao Paulo saluent les luttes populaires qui émergent à travers le monde contre l’exploitation impérialiste et l’oppression, contre les attaques croissantes sur les conquêtes historiques du mouvement des travailleurs, contre l’offensive militariste et anti-démocratique de l’impérialisme.

Nous insistons sur le fait que la banqueroute du néolibéralisme représente non seulement un échec de la politique de gestion du capitalisme mais l’échec du capitalisme lui-même. Nous sommes confiants dans la supériorité du projet et des idéaux communistes. Nous affirmons que la réponse aux aspirations des travailleurs et des peuples à l’émancipation ne peut être trouvée que dans la rupture avec le pouvoir du grand capital, avec les blocs et les alliances impérialistes, et à travers de profondes transformations libératrices et anti-monopolistes.

Nous affirmons notre conviction que le socialisme est l’alternative et la voie qui mène vers une indépendance réelle et totale des peuples, la voie pour affirmer les droits des travailleurs, la voie unique pour mettre un terme aux crises destructrices du capitalisme. Nous appelons la classe ouvrière, les travailleurs et les peuples à travers le monde à se joindre à la cause des communistes et des révolutionnaires et, unis autour de leurs intérêts de classe et de leurs légitimes aspirations, à prendre en main la construction d’un avenir de prospérité, de justice et de paix pour l’Humanité. Dans ce sens, des conditions apparaissent pour la convergence des luttes et des résistances des peuples dans un large mouvement contre la politique capitaliste mise en œuvre dans la crise ainsi que contre les agressions impérialistes qui menacent la paix.

Certains de la possibilité d’un autre monde, un monde libéré de l’exploitation de classe et de l’oppression par le capital, nous déclarons notre engagement à poursuivre notre marche sur le chemin historique de la construction d’une société nouvelle débarrassée de l’exploitation de classe et de l’oppression, une société socialiste.

Sao Paulo, 23 novembre 2008

Traduction PADS

http://www.vermelho.org.br/base.asp?texto=47208

transmis par Pedro

Posté par Le Pigeon Bleu à 17:12 - Commentaires [5] - Permalien [#]

Commentaires

    ENFIN !

    Des déclarations sensées ! Notre parti, celui qui sortira du 34° congrès sera-t-il capable de prendre cela en compte ?

    Je vois bien des aspects contradictoires dans ce congrès. S'il est vrai que sur un certain nombre de données théoriques et politiques nous avançons, sur d'autres nous n'avons pas décollé par rapport à l'Assemblée Générale Nationale de l'an passé. En particulier, nous nous étions donné le temps intermédiaire entre l'AG et le congrès pour reprendre contact avec tous les communistes et les anciens actuellement sans carte, du fait des défaillances de l'organisation... Or, là-dessus nous n'avons pas fait un millimètre de bougé.

    Bien sûr, une génération de nouveaux secrétaires fédéraux arrive aujourd'hui à la tête du parti dans les départements. Mais rien ne les "vaccine" encore de ce qui a coûté si cher au parti. C'est la 1° fois, pour ce qui me concerne, depuis 1968, que se tient un congrès du parti sans que j'ai été en capacité de participer dans mon environnement proche à une réunion préparatoire aux débats qui vont s'ouvrir.

    Ceux qui ont pu, tant mieux... Ceux qui n'ont pas pu, va-t-on leur dire (ou faire comme si) "tant pis" ?
    Pour moi, cela marque les limites de ce qui se passe dans le parti.

    Je pense que notre parti va devoir se situer à l'égard du mouvement communiste international qui semble gagner en vivacité et en combativité ces derniers temps. J'espère, sans trop y croire que notre parti ne va pas trouver dans le PGE et la bataille des Européenne une échapatoire à la nécessaire resolidarisation du mouvement communiste.

    Voilà donc mon état d'esprit.

    NOSE DE CHAMPAGNE

    Posté par NOSE, 09 décembre 2008 à 20:18
  • Et pourtant cela bouge!

    Rien ne va jamais aussi vite que nous le souhaiterions, nous autres révolutionnaires,avons souvent une vision du peuple qui souffre, de la misère qui nous entoure, des souffrances au travail, d'une multitudes d'injustices que nous voudrions corriger immédiatement!
    Nous sommes communistes et donc profondément humanistes, notre impatience est légitime face à ce monde corrompu et inhumain, et pourtant aujourd'hui nous assistons dans le monde entier, mais aussi dans notre pays à un recul des idées reçues du capitalisme.
    Si il y a eu une période ou certains ont cru à la mort du communisme ce temps s'éloigne au fur et à mesure que la crise globale est expliquée et décortiquée...Les communistes du monde entier jouent dans cette partition une musique aussi forte que les orgues de Staline à la bataille de Stalingrad, de Kiev, ou devant Berlin en 1945!
    Notre situation individuelle ne devrait jamais nous conduire à une vision globale, car si la bataille des idées progresse, c'est bien que quelle que part des hommes et des femmes se sont investis dans cette bataille et comme répétait un grand révolutionnaire du siècle passé "Lorsque le peuple s'empare d'une idée elle devient une force que rien ne peut arrêter!".
    Pour ma part je ne me joindrais pas au cœur des pleureuses, de celles qui crient à l'exclusion ou à la purge! Ni de celles qui ayant, à un moment donné, contribué activement à cette dérive droitière en tant que membre du Comité Central (c'est à dire membre de la direction du Parti), voudraient aujourd'hui se considérer comme "vierge et pure"... L'Histoire du Parti Communiste appartient à tous les communistes qui doivent collectivement s'en sentir responsables. Les critiques permanentes quelles soit "réformistes ou opportunistes" ne font pas avancer d'un iota l'action révolutionnaire, c'est au quotidien que le Parti se restaure et certainement pas comme cette prose(que je n'ai pas demandé à lire mais qui m'a été envoyée) d'une ancienne membre du CC, aujourd'hui "victime" du parti qu'elle prétend défendre en jetant plus bas que terre ses dirigeants.
    Rien ne va jamais aussi vite que nous le voudrions, mais sur ce site je connais au moins deux anciens camarades qui ont fait cette démarche d'aller voir ce qui se passait à l'intérieur, ce premier pas qui permet de dire oui j'ai apporté ma pierre pour reconstruire !

    Fraternellement
    Roger[Héééhooo]

    Posté par Roger bretagne, 10 décembre 2008 à 11:07
  • Contribution

    Ma contribution au débat en ruches de demain...
    [Img]:url://img99.imageshack.us/img99/4032/abeillesmortagneap9.jpg[/Img]

    Posté par Pingouin, 11 décembre 2008 à 19:35
  • 34ème congrès en direct

    Si comme moi vous avez eu la possibilité de suivre le congrès, vous aurez sans doute apprécié le sérieux et l’esprit constructif qui a régné lors des débats.
    Je me suis pleinement retrouvé dans beaucoup des améliorations apportées au texte, adoptées à une large majorité (j’ai même entendu mot pour mot certains des amendements que nous avons échangés…).
    J’ai apprécié cette initiative de l’organisation du congrès de nous permettre le suivi de la séance plénière en direct sur internet.
    La souveraineté des communistes a été évoquée tout au long des discussions, de même que la nécessité de favoriser transversalement les échanges d’expériences (il me semble que c’est un peu ce que nous avons fait, sans pour autant constituer la tendance « Pigeon bleu » !). MGB a insisté sur la nécessité d’une nouvelle étape dans la vie démocratique de notre parti.
    Je rejoins totalement NOSE (et il est particulièrement fondé à en vouloir à sa fédé, au moment où la direction prône la promotion de cdes investis de responsabilités syndicales !) pour dire qu’il n’est pas tolérable aujourd’hui de laisser isolés dans la nature des membres du parti : on les prive de débat en même temps que le collectif se prive de leurs compétences. L’utilisation d’internet, dont l’accès, sans être général est suffisamment répandu, doit permettre au moins de maintenir un lien avec chacun.
    Cela bien entendu n’invalide pas la souveraineté des décisions prises dans nos organisations de base… mais pour les reconstruire partout, il y a du boulot !

    Le plus gros reste à faire… Le rapport de la commission et le débat sur les directions n’ayant pu faute de temps avoir lieu aujourd’hui. Rendez-vous demain à 8h30 ![Héééhooo]

    Posté par Francis, 13 décembre 2008 à 20:16
  • Bzzzzz, Bzzzzzz....

    Le parallèle avec la ruche utilisé pour le congrès du PCF m'a conduit à relire [I]l'Encyclopédie, ou Dictionnaire Raisonné des Sciences, des Arts et des Métiers [/I]de [I]Diderot et d'Alembert[/I].

    Je cite :

    "[I]Une ruche ne peut subsister, s'il n'y a une abeille mere; & s'il s'en trouve plusieurs, les abeilles ouvrieres tuent les surnuméraires.

    Une mere abeille est en état de conduire un essaim quatre ou cinq jours après qu'elle est métamorphosée en mouche. S'il s'en trouve deux, il arrive souvent que l'essaim se partage en deux pelotons, dont l'un est beaucoup plus petit que l'autre; chacun a sa reine, mais les mouches du petit peloton se réunissent peu - à - peu à l'autre, & la reine elle - même les suit & s'y mêle; mais il ne doit en rester qu'une dans l'essaim, l'autre est bientôt tuée[/I]."

    Les Encyclopédistes étaient assurément des visionnaires : on n'a aucun mal à reconnaître la reine MGB qui domine la ruche et la prétendante MPV qui regarde ailleurs où poser son essaim.

    Voici l'expérience qui est relatée plus loin :

    "[I]On a tiré de la ruche des abeilles meres, & on les a mises avec des mâles dans des bocaux pour voir ce qui s'y passeroit.

    Dès qu'on présente un mâle à une mere abeille bien choisie, aussitôt elle s'en approche, le lêche avec sa trompe, & lui présente du miel: elle le touche avec ses pattes, tourne autour de lui, se place vis - à - vis, lui brosse la tête avec ses jambes. Le mâle reste quelquefois immobile pendant un quart - d'heure; & enfin il fait à peu près les mêmes choses que la femelle; celle - ci s'anime alors davantage. On l'a vûe monter sur le corps du mâle; elle recourba l'extrémité du sien, pour l'appliquer contre l'extrémité de celui du mâle, qui faisoit sortir les deux cornes charnues & la partie recourbée en arc. Supposé que cette partie soit, comme on le croit, celle qui opere l'accouplement, il faut nécessairement que l'abeille femelle soit placée sur le mâle pour la rencontrer, parce qu'elle est recourbée en haut; Il y eut plusieurs accouplemens, après quoi le mâle resta immobile, la femelle lui mordit le corcelet, & le soûleva en faisant passer sa tête sous le corps du mâle; mais ce fut en vain, car il étoit mort. On présenta un autre mâle: mais la mere abeille ne s'en occupa point du tout, & continua pendant tout le reste du jour de faire différens efforts pour tâcher de ranimer le premier. Le lendemain elle monta de nouveau sur le corps du premier mâle, & se recourba de la même façon que la veille, pour appliquer l'extrémité de son corps contre celui du mâle[/I]."

    Les faux-bourdons NM et AG n'ont qu'à bien se tenir!... et pour ceux qui sont candidats à former le nouvel essaim, (PZ, RM, PCS, RH...?), sauront-ils assurer?

    Remarquons que l'allégorie apicole a tout de même ses limites, ne serait-ce qu'en matière de parité... et je ne parle pas des "tueuses"!...

    Posté par Francis, 14 décembre 2008 à 21:34

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