23 juin 2009
Le temps de vivre
Il a dévalé la colline
Ses pieds faisaient rouler des pierres
Là-haut entre les quatre murs
La sirène chantait sans joie
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Il respirait l'odeur des arbres
Avec son corps comme une forge
La lumière l'accompagnait
Et lui faisait danser son ombre
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Pourvu qu'ils me laissent le temps
Il sautait à travers les herbes
Il a cueilli deux feuilles jaunes
Gorgées de sève et de soleil
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Les canons d'acier bleu crachaient
Des courtes flammes de feu sec
Pourvu qu'ils me laissent le temps
Il est arrivé près de l'eau
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Il y a plongé son visage
Il riait de joie il a bu
Pourvu qu'ils me laissent le temps
Il s'est relevé pour sauter
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Pourvu qu'ils me laissent le temps
Une abeille de cuivre chaud
L'a foudroyé sur l'autre rive
Le sang et l'eau se sont mêlés
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Il avait eu le temps de voir
Le temps de boire à ce ruisseau
Le temps de porter à sa bouche
Deux feuilles gorgées de soleil
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Le temps de rire aux assassins
Le temps d'atteindre l'autre rive
Le temps de courir vers la femme
Il avait eu le temps de vivre
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Boris Vian
Du même, sur un ton « plus léger » :
Elle sentait distinctement et décidément le savon. Au diable! Autant coucher avec une machine à laver.
La femme est ce que l'on a trouvé de mieux pour remplacer l'homme quand on a la déveine de ne pas être pédéraste.
Francis
Commentaires
superbe Francis !!!!
je ne connaissais pas ce texte de Vian , c'est magnifique , merci francis , pour avoir ouvert la journée avec une telle musique .[olléééé][Héééhooo]
Etreinte estivale
[Img]:url://blog.clairedessens.net/public/Natur-elle-ment_erotique/nature-6.jpg[/Img]
[Chaud]
Proposition de pub
Faite par l'individu :
"[G]ÉVIAN, L'EAU DES VIAN[/G]"
Mais la marque ne l'a pas retenu...
Le cheval rouge
[Img]:url://images1.hiboox.com/images/1507/bf106d6b.jpg[/Img]
[I][/I][G]Jacques Prévert
1900 - 1977[/G]
[G]LE CHEVAL ROUGE
Dans les manèges du mensonge
Le cheval rouge de ton sourire
Tourne
Et je suis là debout planté
Et je n'ai rien à dire
Ton sourire est aussi vrai
Que mes quatre vérités.[/G]

























