LE PIGEON BLEU

Le Pigeon Bleu est le rendez-vous solidaire des ami(e)s rencontré(e)s au Fou de Bassan. Alors, on rit et on s'amuse au Pigeon Bleu ! NOSE DE CHAMPAGNE

06 juin 2012

SYRIE : "La paix en Syrie sera sauvée quand chacun dira la vérité"

[contre la salade de la presse occidentale, les capitulards de gauche et les faibles d'esprits] - EG.

Par Mgr Philippe Tournyol du Clos

Le dispositif de communication occidental accentue la pression médiatique sur les populations d’Europe et des États-Unis pour les contraindre à accepter une guerre au Proche-Orient. Afin de faire passer de nouveau une agression pour une intervention humanitaire, il est nécessaire de cacher les vrais enjeux et de maintenir le débat dans le registre émotionnel via des campagnes choc. Dans ce contexte, le témoignage de Mgr Philippe Tournyol du Clos est précieux. Lorsque l’on met les événements qui secouent la Syrie en perspective, il ressort que les crimes dont on accuse le gouvernement syrien ne profitent qu’aux partisans du conflit de civilisation.

La paix en Syrie pourrait être sauvée si chacun disait la vérité. De retour à Damas en ce mois de mai 2012, il me faut bien constater qu’après une année de conflit, la réalité du terrain ne cesse de s’éloigner du tableau catastrophiste qu’en imposent les mensonges et la désinformation occidentale.

Le mois de février a marqué un coup d’arrêt aux provocations des islamistes radicaux. Les troubles, en majorité circonscrits à Hamma et à Homs, auraient d’ailleurs été plus vite résorbés si la pression internationale n’avait freiné l’intervention de l’Armée. Les zones frontalières de la Turquie, de la Jordanie et du Liban — par lesquelles s’infiltrent les mercenaires — restent encore sensibles. Dans la capitale, ce que l’on appréhende le plus sont les voitures piégées et les attentats à la bombe, la plupart du temps, le fait de kamikazes alléchés par l’appât du gain, le désir du paradis d’Allah, ou bercés du rêve sunnite de la fin des alaouites au terme de 40 ans de règne et l’avènement de Jésus au haut du minaret, accompagné du dernier prophète Al-Mahadi pour le Jugement dernier.

Il faut dire et redire que l’idéologie fanatique est d’importation étrangère et que la Syrie n’a jamais été confrontée à un cycle de manifestations/répression, mais à une déstabilisation sanguinaire et systématique par des aventuriers qui ne sont pas syriens. Cette information, qui va à l’encontre des journaux et des reportages télévisés, l’ex-ambassadeur de France, Éric Chevallier, n’avait eu de cesse de la faire entendre à Monsieur Juppé ; mais le ministre français refusa toujours de tenir compte de ses rapports et falsifiait sans vergogne ses analyses pour alimenter la guerre contre la Syrie [1].

Nos lecteurs ont encore en mémoire l’invitation du Patriarche maronite à Paris, Sa Béatitude Bechara Raï, par Nicolas Sarkozy qui, s’étant renseigné sur le nombre des chrétiens au Liban et en Syrie, lui proposa de les installer en Europe. La réponse indignée et courageuse du haut prélat qui prit la défense de Bachar Al-Assad — et qui devait, selon le protocole, être décoré de la légion d’honneur — lui valut d’en recevoir l’écrin de la main sèchement tendue de l’ex-président français [2].

Arrivée à Damas

L’on respire à Damas un autre air qu’on voudrait nous le faire croire partout ailleurs.

Certes, depuis quatre mois, dans la banlieue, les voitures piégées ont fait de sanglants dégâts ; plusieurs fanatiques suicidaires se sont fait exploser dans la foule d’innocentes victimes. L’on entend parfois, la nuit, des échanges de coups de feu, c’est l’armée qui veille à la protection des habitants et parvient souvent à empêcher les attentats meurtriers. Ces jours-ci, deux minibus bourrés de TNT ont explosé simultanément selon un schéma terroriste désormais classique. Toujours disposée à proximité d’une cible d’intérêt stratégique, la première charge est destinée à semer la panique et à attirer le plus grand nombre d’intervenants pour déclencher la seconde explosion. Cette fois-ci, c’était le Quartier Général du contre-espionnage syrien, où avaient été détenus les étrangers pris les armes à la main et que les salafistes projetaient de faire évader. Leur tentative échoua mais se solda par un bilan terrible : 130 morts (dont 34 chrétiens), 400 blessés et autant de logements endommagés.

La consternation est générale, le chagrin indescriptible et les nombreuses funérailles déchirantes. Pourtant, en ce mois de Marie les églises abondamment fleuries se remplissent chaque soir et j’ai vu les mosquées bondées le vendredi à midi ; la concentration de la prière aux Omeyyades évoquait pour moi celle des coptes en Égypte ; tandis que les espaces verts sont régulièrement envahis par des familles heureuses de se retrouver pour des piqueniques qui se prolongent tard dans la nuit. Le peuple syrien est un peuple simple et enjoué. Malgré l’insécurité et les dramatiques difficultés économiques engendrées par les sanctions internationales (l’inflation de la livre syrienne, l’anéantissement total du tourisme, la croissance du chômage et la cherté grandissante des denrées de base), la vie continue normalement.

Les chrétiens vivent en paix

Bien que partageant avec leurs congénères l’inquiétude générale, les chrétiens avouent volontiers qu’ils ne se sont jamais sentis aussi libres par le passé. Ils attribuent ce sentiment à la pleine reconnaissance de leurs droits lors de l’accession à la présidence de la famille Assad. Certains s’estiment même mieux traités aujourd’hui qu’à l’époque où ils étaient pris entre les deux feux des partisans opposés de De Gaulle et de Vichy. Un ami damasquin évoque pour moi le souvenir de son grand-père qui, suivant une coutume alors répandue, avait échangé le sang d’une légère blessure faite à la main avec celui d’un cheikh musulman pour devenir frères de sang ; il me confie : « Les ennemis de la Syrie ont enrôlés les Frères Musulmans dans le but de détruire les relations fraternelles qui existaient depuis toujours entre les musulmans et les chrétiens. Pourtant, à ce jour, ils n’y sont pas parvenus : ils ont même provoqué une réaction contraire et rapproché comme jamais auparavant tant les communautés que les individus. »

Petit rappel historique. La conquête de la Syrie par les arabes (636) n’a jamais été sanglante. À Damas, tandis que les chrétiens byzantins tentaient de leur résister, les chrétiens syriaques leur ouvraient les portes de la ville et leur offraient spontanément leurs services pour construire des habitations. Sait-on que pendant 70 ans, chrétiens et musulmans prièrent ensemble dans l’Église Saint Jean-Baptiste ? Quand celle-ci fut devenue trop petite, sur la demande des musulmans, elle devint la Mosquée des Omeyyades (705) que l’on admire encore aujourd’hui ; et pour dédommager les chrétiens, les musulmans leur construisirent les quatre premières églises damascènes.

La première impression qui me frappe est donc de retrouver Damas pareille à elle-même, son charme désuet, ses souks hauts en couleurs aux effluves d’épices, l’animation égayée des ruelles de la vieille ville et sa circulation qui n’a rien à envier à celle du Caire ; dans les quartiers verdoyants des bords du Barada, les restaurants sont pleins. La seconde, c’est la dignité et la modestie du petit peuple de la rue : guère de mendicité, d’apitoiement ou de plainte de la part des pauvres qui fourmillent pourtant et cachent bien leur misère derrière leurs murs lézardés. On n’imaginerait jamais ici personne dormant dans la rue, comme à Paris.

Sur le terrain

L’Armée n’est intervenue que plusieurs mois après le commencement des événements. L’insurrection s’est caractérisée par une cruauté d’une sauvagerie oubliée en Syrie depuis les massacres de 1860 où 11 000 chrétiens furent assassinés par des fanatiques mahométans encouragés par les ottomans.

Les turcs d’alors étaient pires que les salafistes d’aujourd’hui. Petite évocation historique. Qui se rappelle qu’en 1859, la maladie du ver à soie avait provoqué la disparition de sa culture tant en Chine qu’en France ? Seule la Syrie avait échappé au fléau. (Le brocart, inventé par la famille Boulad avait déjà conquis le monde). Or tous les soyeux syriens étaient chrétiens. Il n’en fallut pas plus pour que le gouvernement français du Second Empire « suggère » à l’occupant ottoman de provoquer — par musulmans exaltés interposés — les troubles sanglants que l’on sait et la persécution contre les chrétiens qui se solda par l’expatriation de tous les soyeux vers la France et le rachat à bas prix de leur production.

Un militaire, actuellement sous les armes au sud du pays, me fait part de sa stupéfaction quand il s’est trouvé affronté à des combattants qui n’étaient pas syriens mais étrangers, et me rapporte quelques faits surprenants dont il a été témoin : « Quand nous avons commencé à nous battre, nous avons trouvé en face de nous des Libyens, des Libanais (mercenaires sunnites de Saad Hariri), des Qatari, des Saoudiens et, bien sûr, des Al Qaeda. Quand nous avons fait des prisonniers, nous avons constaté que beaucoup d’entre eux ne parlaient pas l’arabe, c’étaient des Afghans, des Français, des Turcs ». Chacun s’attend, ici, à des révélations de nature à mettre en porte-à-faux bien des pays.

Parmi ces étrangers, me dit-il, « bon nombre d’entre eux ne savent pas où ils sont : on fait passer les Libyens par le Golan à proximité de la frontière israélienne pour leur montrer le drapeau israélien et les convaincre qu’ils sont bien sur la route de Gaza où ils vont combattre avec leurs frères musulmans… À Homs, a été arrêté un Libyen persuadé de se trouver en Irak pour combattre les Américains. »

Près de la frontière israélienne, de nuit, des voitures télécommandées bourrées d’explosifs ont pu être interceptées, exemple parmi d’autres des interventions sporadiques de commandos qui traversent chaque jour les frontières jordanienne, israélienne, libanaise et turque.

Homs, ville martyre

À Homs, il est faux de dire que les alaouites centralisent dans leurs mains tous les pouvoirs ; au nombre de 24, les notable comptent 18 sunnites, 4 chrétiens et 2 alaouites.

Homs a toujours été la ville du pays la plus peuplée de chrétiens. Ceux-ci occupaient à 98 % deux quartiers, Bustan El Diwan et Hamidieh (le Vieux Souk), où se trouvent toutes les églises et les évêchés. Le lacis de ses ruelles et les nombreux passages souterrains rouverts pour la circonstance ne permirent pas aux mercenaires d’y pénétrer avant la reprise de Baba Amro. Le spectacle qui s’offre maintenant à nos yeux est celui de la plus absolue désolation : l’église de Mar Élian est à demi détruite et Notre-Dame de la Paix saccagée (près de laquelle on a trouvé plusieurs personnes égorgées) est encore occupée par les rebelles. Les maisons, très endommagées par les combats de rue sont entièrement vidées de leurs habitants qui ont fui sans rien emporter ; le quartier d’Hamidieh constitue encore aujourd’hui le refuge inexpugnable de bandes armées indépendantes les unes des autres, fournies en armes lourdes et en subsides par le Qatar et l’Arabie Saoudite.

Tous les chrétiens (138 000) ont pris la fuite jusqu’à Damas ou au Liban ; ceux qui n’y avaient pas de parents se sont réfugiés dans les campagnes avoisinantes, chez des amis, dans des couvents, jusqu’au Krak des Chevaliers. Un prêtre y a été tué ; un autre, blessé de trois balles dans l’abdomen, y vit encore ainsi qu’un ou deux autres, mais ses cinq évêques se sont prudemment réfugiés à Damas ou au Liban. On dit que les chrétiens amorcent un timide mouvement de retour.

Aujourd’hui, mis à part quelques coups de feu nocturnes, la ville a retrouvé le calme. C’est le cas d’Arman, quartier où les alaouite sont aussi proportionnellement plus nombreux que dans les autres villes, où l’on peut circuler en voiture. Quant au quartier sunnite, on peut y pénétrer (même un étranger, s’il est accompagné d’un sunnite), mais c’est à ses risques et périls car les tireurs isolés ne sont pas rares. Les magasins sont fermés et les destructions impressionnantes. Je trouve étrange de n’apercevoir dans toute la ville aucune présence militaire, aucun soldat en armes. Ceux-ci se contentent d’en contrôler les accès et d’occuper des casernes, à l’extérieur.

Les villages chrétiens de la campagne d’Homs

Puisqu’on n’est pas éloigné de la frontière du Liban, les points de contrôle et les barrages sont nombreux, ainsi que le mouvement des véhicules de l’armée loyaliste. Du haut de ses sept ans, Jacques s’époumone auprès de moi : « Dieu protège l’armée !  » ; je le verrai ce soir prier pour elle comme il le fait chaque jour avec ses frères et sœurs. Dans le village chrétien où je passe les nuits, les grand-mères se font un devoir de porter de la nourriture aux soldats. Un habitant me confie : « Si l’armée quitte notre village, nous risquons d’être égorgés. Si la répression sauvage dont l’accusent vos médias était réelle, pourquoi les militaires seraient-ils les bienvenus dans nos villages ? ». Ils sont, j’ai pu le constater de mes yeux, sous la protection attentive des troupes fidèles au président Bachar. Pourtant, le jour de l’Ascension, une roquette est arrivée dans le jardin, heureusement sans faire de dégâts, mais l’explosion a terrifié les enfants. Le village, pour la première fois, a été la cible de trois RPG dont l’un a provoqué la mort d’un grand-père et de ses deux petits enfants (14 et 13 ans).

La campagne jouit donc d’un calme très relatif. On entend des échanges de tirs, la nuit : c’est que nous ne sommes qu’à une quinzaine de kilomètres de la frontière libanaise. Douze personnes qui se rendaient à Kafr Nam en minibus ont été kidnappées contre rançon. Un autobus a été mitraillé sur la route. Au village, un cousin a été enlevé quelques heures, le temps de lui voler son taxi (habilité à passer la frontière libanaise). Tout cela relève d’actions isolées des bandes armées.

Rappel des faits récents…

On se souvient que pendant huit longs mois, les Homsiotes avaient réclamé l’intervention de l’Armée, qui se refusait à prendre le risque d’atteindre la population civile.

Après avoir essayé sans succès de s’établir à Daraa, (près de la frontière jordanienne), puis à Idleb (près de la frontière turque) dont ils furent également délogés, les opposants au régime avaient choisi Homs pour sa proximité avec le Liban, comme Quartier Général. Dès lors, on ne compta plus les exactions et les crimes d’une férocité tout-à-fait étrangère au comportement syrien. Pour exemple, l’enlèvement de 200 alaouites, en août de l’an dernier, à fin de les égorger pour la fête de l’Aid al-Adha. En provenance du Liban, un armement sophistiqué considérable, suffisant pour approvisionner toute la rébellion, avait été stocké dans le quartier de Baba Amro autoproclamé Émirat Islamique Indépendant. De nombreux combattants y avaient d’ailleurs été enrôlés de force, sous menace d’éliminer leur famille. Parmi des atrocités sans nom, on a retrouvé les corps de 48 jeunes hommes égorgés parce qu’ils voulaient rendre les armes ; c’est ce que m’a personnellement raconté un survivant qui avait perdu dans cette circonstance son père et ses deux frères. Il faut savoir que, pour le fanatique sunnite extrémiste, égorger son ennemi manifeste sa fierté d’être en Guerre Sainte ; et c’est un acte de vertu qu’il offre aux yeux d’Allah.

Lorsque des terroristes veulent vérifier l’identité religieuse d’un suspect, s’il se dit chrétien, ils lui font réciter le Je crois en Dieu et le laissent partir (les chouans l’exigeaient en latin). S’il se dit ismaélite, il lui est demandé de donner les généalogies qui remontent à Moïse. S’il se dit sunnite, ils exigent qu’il récite une prière dont les alaouites, eux, ont retiré un passage. Les alaouites n’ont aucune chance de s’en tirer vivant. Nombre d’entre eux ont été kidnappés sur simple présentation de leur carte d’identité ; quand des chrétiens l’ont été, c’était par erreur. Depuis les temps immémoriaux, en effet, les chrétiens vivent en paix dans les quartiers sunnites et alaouites, heureux de leur présence.

Toujours au contact avec la population, Bachar Al-Assad (dont on sait que la mère a été l’élève d’un collège de Latakieh tenu par des religieuses) s’est rendu personnellement sur place après les événements et a promis de reconstruire les quartiers martyrs.

Le dessous des événements

Que l’on nous permette de revenir quelque peu sur les événements d’Homs présentés par la presse française et internationale à la honte du « barbare » Bachar El-Assad.

9 février 2012. Après épuisement de toutes les tentatives de médiation, l’Armée loyaliste syrienne donne l’assaut à « l’Armée syrienne libre » qui s’était emparé du quartier de Baba Amro et avait pris ses habitants en otage. Lorsqu’au terme de batailles qualifiées de « répression sanguinaire » par la presse internationale, les Forces gouvernementales vinrent à bout des rebelles, une partie d’entre eux trouva refuge dans le labyrinthe du quartier chrétien, tandis que les derniers éléments armés de l’Émirat prenaient la fuite, en massacrant les chrétiens des deux villages qu’ils traversèrent avant de trouver refuge au Liban. Mais qu’advint-il des journalistes-combattants de l’émirat islamique autoproclamé ?

Deux y trouvèrent la mort, Marie Colvin et Rémi Ochlik qui furent identifiés sur des vidéos par les ambassadeurs de France et de Pologne, en tenue de combat. Le « photographe » Paul Conroi appartenait à une agence de renseignement britannique [3] ; Édith Bouvier était entrée clandestinement en Syrie aux côtés des rebelles. Elle, qui aurait dû tomber sous le délit d’immigration illégale, osa à l’époque manipuler la compassion des téléspectateurs français en réclamant la création d’un « couloir humanitaire », se faisant la porte-parole d’Alain Juppé qui cherchait par là à exfiltrer les mercenaires de l’Armée Syrienne Libre et leurs instructeurs occidentaux. D’autres éléments laissent à imaginer que l’envoyée du Figaro Magazine travaillait pour la DGSE [4].

La veille de l’assaut final, s’échappant nuitamment les dits journalistes gagnèrent le Liban où ils furent récupérés à un point de passage illégal par l’ambassadeur de France à Beyrouth, Denis Pietton, le même qui avait insolemment pris position contre Sa Béatitude Bchara Raï, trop bacharisé à son goût. Sous le faux prétexte de visiter les alentours de Baalbek, à l’est du Liban, le diplomate avait rejoint le nord de la Bekaa , (région frontalière limitrophe de la province de Homs) avec une équipe sécuritaire française. Là, il récupérait les exfiltrés français ; comme, en vertu de la Convention de Vienne, les voitures diplomatiques ne peuvent être perquisitionnées, le convoi ramena les agents français à l’ambassade, au nez et à la barbe de la police [5].

La frontière évanescente du Liban

L’Armée Nationale syrienne renforce son dispositif pour empêcher les infiltrations. Mais des combattants étrangers se regroupent toujours aux frontières turque et jordanienne ; après avoir transité par Amman, des centaines de Libyens d’Al-Qaïda takfiristes (ex-groupe islamique agressif en Libye) continuent d’affluer, tandis que plusieurs milliers d’autres sont rassemblés à Hattay (en Turquie) et encadrés par l’Armée turque ; ces jours-ci, sont arrivés en renfort plus de 5 000 Libyens.

Les incidents se multipliant, on dit que l’Armée libanaise aurait démantelé un camp de regroupement et une base de communication sur son territoire. Pourtant les preuves prolifèrent sur la responsabilité de certains milieux libanais dans la transformation du Liban en base arrière pour frapper la Syrie et y commettre des actes de violences. En collaboration avec des ambassades occidentales, un vaste trafic d’armes a été mis en place via Tripoli (où arrivent par cargos des milliers de tonnes d’armement lourd) grâce à l’installation de bases logistiques et médiatiques notamment animées par le Courant du futur de Saad Hariri et les Forces libanaises de Samir Geagea. La tâche de ces cellules est de former et d’entraîner les groupes terroristes syriens. Tout se passe comme si, sur décision américaine, le Liban était devenu une plateforme pour agresser la Syrie [6].

Damas, une écharde dans la chair

Alors que la Syrie semblait trouver sa place dans le concert des nations, voici qu’un nombre inattendu de protagonistes s’intéresse à elle, pas toujours de façon cordiale ou désintéressée. L’homme de la rue se demande si une nouvelle guerre mondiale n’a pas commencé dans son pays. Et les conjectures vont bon train.

La Russie n’a-t-elle pas besoin de la région comme débouché indispensable vers les mers libres ? Comment l’Amérique pourrait-elle supporter l’idée de son émergence au rang des puissances mondiales ? La Chine elle-même ne nourrit-elle pas le projet d’une ligne de chemin de fer en direction du Golfe et de l’Afrique ? L’acheminement du pétrole et du gaz iraniens à destination de Banyias se fait à travers l’Irak, mais les hydrocarbures du Qatar à destination d’Haïfa ne seraient-ils pas programmés pour transiter par la Syrie ? Poursuivant le plan sioniste ourdi de longue date de découpage confessionnel du Moyen-Orient, Israël considère que sa sécurité exige à n’importe quel prix la chute de Bachar, dont la force est devenue une menace. Nul n’ignore que lorsqu’il devint Premier ministre, le sunnite Saad Hariri (dont la fortune doit beaucoup aux fonds américain, saoudiens et qataris) n’était libanais que depuis huit ans. Son alliance avec l’Arabie Saoudite s’explique aisément par le fait qu’il est le fils de l’épouse que son père, Rafic, a offert en présent au roi Abdallâh. Saoudiens et Qataris sont alliés des USA qui les soutiennent à cause du pétrole mais leur tiennent la bride courte, en menaçant — par des troubles populaires qui ont déjà commencés — la stabilité de leurs trônes. On peut noter qu’il y a aussi du pétrole dans la région de Deir Ezzor, à l’est de la Syrie (où vient d’exploser un véhicule contenant 1000 kg de TNT), et beaucoup de gaz dans la région de Qara et au large des côtes de Latakieh. En fait, tout ce beau monde ne s’est-il fédéré contre la Syrie que lorsqu’elle a commencé d’émerger au niveau des grandes puissances et Washington ne provoquerait-il les changements de régime du monde arabe que pour réaliser ses objectifs géopolitiques concernant la maîtrise de l’énergie ?

Quand — à l’appui de la Russie et de la Chine, au soutien de l’Iran et celui du Hezbollah libanais (qui menace directement Israël) — la Syrie ajoute sa puissance de feu et l’efficacité de la protection de son territoire (par des moyens électroniques capables d’intercepter toutes communications ou de mettre en panne tout appareillage électronique), Bachar devient une écharde insupportable dans la réalisation du plan sioniste de dépècement du Moyen-Orient destiné à assurer la survie d’Israël.

Les chrétiens ne sont pas persécutés comme en Égypte

Mon hôte me dit : « Avant le commencement des événements, nul n’aurait jamais eu l’idée de revendiquer son appartenance religieuse. On vivait tous ensemble, sans toujours savoir quelle religion l’autre pratiquait. On était syrien, et cela nous définissait. C’est en 2011 que tout a commencé de changer et que nous y avons prêté attention. »

On pourrait presque dire que les malheurs des chrétiens relèvent des dommages collatéraux. En effet, les incidents dont ils ont été victimes ne se sont produits que dans la région d’Homs, (précédés des affrontements entre sunnites et alaouites), mais l’on n’en déplore à ce jour aucun dans les autres provinces.

Ils sont inquiets, bien sûr, mais leur peur n’a vu le jour qu’avec le Printemps arabe et la crainte de la prise du pouvoir par les Frères musulmans. Avec l’immense majorité des Syriens, ils aiment leur Président dont on sait aujourd’hui qu’il ne tient plus au pouvoir mais, ne voulant pas céder à la pression actuelle, attend les élections de 2014 sans intention de se porter candidat. Ils jugent enfin les bandes armées fanatisées pour ce qu’elles sont, la plupart du temps, composées de jeunes délinquants entre 18 et 26 ans à peine sortis de prison. Avec tous les Syriens et comme le Président lui-même, ils désirent des réformes. Mais pas sa chute qui entraînerait immédiatement l’irakisation de la Syrie (qui a accueilli, faut-il le rappeler, plus de trois millions de réfugiés irakiens).

Il a fallu attendre cette guerre pour que les chrétiens soient personnellement menacés par des combattants salafistes encouragés et excités chaque soir à la télévision par le « cheikh » Al Araour. Ancien officier de l’Armée syrienne, ce personnage peu recommandable a été jugé et condamné aux geôles syriennes pour ses mœurs dépravés ; mais il a pris la fuite et s’est réfugié au Qatar d’où il ne cesse d’inciter ses troupes à massacrer alaouites et chrétiens.

Il y a, pour l’observateur, une évolution évidente des « révolutions ». Les troubles avaient commencé en Tunisie, puis ce fut le tour du Yémen, de l’Égypte et de la Libye, avec le « succès » que l’on sait. Il restait la Syrie. Pourtant il faut reconnaître ceci : si les chrétiens ne sont pas directement persécutés dans leur pays, c’est leur existence même qui est menacée de l’extérieur par les alliés du Golfe et les prises de position iniques de nations comme la France, à la remorque des États-Unis, eux-mêmes assujettis à Israël.

Bilan des victimes, la torsion des chiffres

Au début du mois, la presse officielle faisait état d’un Rapport de la Syrie à l’ONU daté du 21 mars qui recensait les victimes du conflit depuis le début des affrontements.

Le nombre des victimes des rebelles s’élevait à 6 000 et se décomposait ainsi : 3 000 soldats de l’Armée régulière et 3 000 civils, (500 policiers abattus, 1 500 enlèvements et 1 000 disparus). Dans le même temps, l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme évaluait le nombre de Syriens tués à 11 000. Les rebelles — rebaptisés « déserteurs » par l’OSDH — ne comptabilisaient que 600 pertes et ne mentionnaient évidemment pas les nombreux combattants étrangers tombés en martyrs du djihad.

Même compte tenu de la difficulté de l’exactitude en la matière, la marge entre les deux chiffres était démesurée. Mais la manipulation ne s’arrêtait pas là puisque la responsabilité des 11 000 morts devait incomber à la répression gouvernementale, les médias de masse occidentaux se faisant immédiatement l’écho indigné des chiffres de l’OSDH.

Printemps syrien

Il plane dans le petit peuple chrétien le sentiment qu’une renaissance doive suivre les événements actuels, leurs ennemis conjugués n’ayant obtenu d’autres résultats que des destructions partielles et celui de souder les Syriens autour de leur président ; les attentats des derniers kamikazes sont même perçus comme des combats d’arrière-garde.

C’est sous les murs de Damas que saint Paul, futur Apôtre des Nations, a été saisi par le Christ Jésus, Lumière du Monde. Ni à Jérusalem, ni autre part.

Et le terme singulier d’orientalité (proche d’authenticité) n’exprimerait-il pas la qualité de convivialité historique qui a toujours existé entre chrétiens et musulmans ? On sait que la Mosquée des Omeyyades abrite le crâne de saint Jean-Baptiste, que vénèrent côte-à-côte chrétiens et musulmans. Mais sait-on que beaucoup de musulmans cultivés prient le Christ ? Pèse-t-on à leur juste mesure les visites régulières du président Bachar au monastère de Notre-Dame de Sayidnaya, comme à l’humble Sanctuaire de Saint Ananie où il a lui-même demandé de l’huile bénite ? ; et sait-on que l’image miraculeuse de la Vierge de Soufanieh — devant laquelle viennent se recueillir des cheikhs musulmans — fut rapportée du Kazanska, où musulmans et chrétiens honorent depuis toujours l’icône prodigieuse de Notre-Dame de Kazan ?

Enfin, ne faudrait-il détruire la Syrie que parce qu’elle apparaît comme le cœur d’un Islam modéré ? Pour justifier sa politique de domination, l’Occident ne veut avoir affaire qu’à l’Islam pur et dur qu’il suscite, alimente et bouffit. En opposant au monde occidental (soi-disant chrétien) un monde de barbus fanatiques, il peut justifier sa guerre pour le pétrole.

Les politiciens font des plans. L’ultime raison d’espérer des chrétiens de Syrie — comme de tout le Proche-Orient — repose sur leur foi dans le plan du Seigneur. La terre d’Orient est gorgée d’Espérance. N’a-t-elle pas engendré au cours des siècles passés des victoires aussi fulgurantes que mystérieuses : David face à Goliath, Cirrus face à Nabuchodonosor, Gédéon face aux Madianites ? N’oublions pas que le sort du monde se joue autour du mont Moriah, à portée de canon de Damas.

Mgr Philippe Tournyol du Clos

[1] « Alain Juppé accusé par sa propre administration d’avoir falsifié les rapports sur la Syrie », Réseau Voltaire, 20 mars 2012.
[2] « L’Église maronite s’inquiète des intentions de l’Occident » et « Le Patriarche maronite s’oppose au plan de morcellement du Machrek arabe », par Pierre Khalaf, New Orient News (Liban), Réseau Voltaire, 12 et 19 septembre 2011. « Les chrétiens d’Orient s’érigent en remparts face au nouveau colonialisme occidental. Entretien avec Mère Agnés-Mariam de la Croix », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 7 octobre 2011.

[3] « Le « journaliste » Paul Conroy, agent opérationnel du MI6 », Réseau Voltaire, 6 mars 2012.
[4] « Les journalistes-combattants de Baba Amr », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 3 mars 2012.
[5] « La France exfiltre ses agents restés en Syrie », Réseau Voltaire, 1er mars 2012.
[6] « Au Liban, le scandale vient par le gouvernement », par Pierre Khalaf, New Orient News (Liban), Réseau Voltaire, 12 mars 2012.

Source : "Le témoignage d'un religieux français"
Article publié le 2 juin 2012 sur Réseau Voltaire

EG

Posté par Le Pigeon Bleu à 19:29 - Commentaires [14] - Permalien [#]

Commentaires

    QUELQU'UN REPONDRA-T-IL ?

    Pourquoi ne lit-on plus rien dans la marge de droite ? Y a-t-il eu une manoeuvre inédite ou erronée ? Bref, que se passe-t-il au Pigeon ?

    NOSE

    Posté par NOSE, 06 juin 2012 à 22:15
  • cher nose

    la marge de droite est tout à fait normale !!!
    bonne soirée à vous [Héééhooo]

    Posté par cloclo, 06 juin 2012 à 22:25
  • MERCI CLO...

    ... mais moi je n'ai plus rien dans la marge de droite... Donc c'est dans mon ordi qu'un élément a dû être modifié lorsque nous avons viré le virus... scheisse !

    NOSE

    Posté par NOSE, 07 juin 2012 à 01:17
  • Un peu de clarté

    [G]Syrie : quelle issue ? par Jacques Fath[/G]

    En déclarant qu’il n’excluait pas une intervention militaire en Syrie, François Hollande a suscité de vraies inquiétudes. Certes, il la conditionne à une délibération du Conseil de sécurité. Une telle intervention ne sera donc pas pour demain : Russie, Chine, Allemagne et même États-Unis ont exprimé opposition ou franches réserves.
    D’ailleurs, le groupe des amis du peuple syrien (plusieurs dizaines d’États favorables aux sanctions contre Damas) doit se réunir à Paris début juillet. S’il y avait urgence à régler le
    problème militairement, le calendrier ne serait pas celui-là… Pourtant, envisager publiquement une opération militaire n’est pas anodin. Au fond, F. Hollande nous dit à sa
    façon que toutes les options sont sur la table…

    [G]Le Parti communiste français s’oppose totalement à une intervention militaire en Syrie, avec ou sans résolution des Nations unies.
    [/G]

    Mesurons bien, d’abord, de quoi on parle. La Syrie n’est pas la Libye. Elle dispose de plusieurs centaines de milliers de militaires actifs, de réservistes et de paramilitaires. Il serait impossible d’en rester à des bombardements
    aériens. Ce serait une guerre au sol. De grande ampleur. Quelque chose comme une troisième guerre du Golfe. Les victimes et les destructions d’une telle opération
    confineraient au désastre alors qu’il faut déjà compter plus de 12 000 morts, conséquences tragiques de la répression criminelle du régime et de la militarisation de la confrontation. Il faut aussi comprendre la nature des risques : un éclatement et une guerre au Liban, une déstabilisation régionale nouvelle…
    Qui pourrait se permettre de planifier une telle opération sans avoir le sentiment de préparer une catastrophe au Proche-Orient ? Et pour quels résultats en Syrie ? Une
    explosion du pays et un effondrement de l’Etat ?
    Ceux qui, aujourd’hui, oseraient planifier une guerre en Syrie feraient le choix d’une irresponsabilité dramatique.
    [G]
    Alors, quelle solution ?[/G]

    La réponse est tout sauf simple. La situation actuelle est une impasse et aucun des protagonistes ne peut l’emporter. Le Parti communiste français est solidaire de l’ensemble
    des forces démocratiques et progressistes qui veulent un changement de pouvoir, une solution qui assure un nouveau régime de libertés, de démocratie, de pluralisme avec l’ouverture du champ politique afin d’en finir avec l’autocratie policière et violente d’aujourd’hui : un régime qui n’a cessé, depuis 14 mois, de tirer à vue sur les manifestations, de bombarder les populations civiles, de torturer dans les prisons…
    Mais il faut le réaffirmer avec force : la guerre n’est jamais une issue. C’est toujours l’exacerbation d’une crise, une montée aux extrêmes. Les guerres en Irak, en Afghanistan, en Libye n’ont réglé aucune question sur le fond. Elles ont chacune provoqué des déstructurations sociales et institutionnelles, des reculs de la sécurité internationale, des
    déstabilisations majeures, des mutations de la violence politique, du terrorisme…Une des responsabilités de la France - après 5 ans d’un sarkozysme néo-conservateur à la George Bush – serait précisément d’alerter sur ces engrenages funestes et destructeurs.
    Concernant la Syrie, il existe un plan de règlement en 6 points accepté par le régime de Damas, par l’opposition et approuvé par le Conseil de sécurité. Ce plan prévoit un cessez-le-feu, le retour de l’armée dans les casernes, la libération des prisonniers, le respect du droit de manifester, l’ouverture d’un dialogue opposition/pouvoir, la libre circulation de la presse et des médias. Ce plan doit servir de base à un travail diplomatique intense afin de créer le consensus international nécessaire, en particulier avec la Russie et les États-Unis pour obtenir sa mise en œuvre. Rien ne doit être négligé : négociations multilatérales, arrêt de toutes les livraisons d’armes, renforcement de la mission des observateurs de l’ONU, sanctions ciblées, aide à l’opposition démocratique et progressiste, soutien au dialogue interne et à la négociation pour un règlement politique.
    La France doit prendre des initiatives pour entraîner ses partenaires et les protagonistes syriens dans un processus politique qui ferme la porte à la militarisation du conflit et à la guerre civile. De ce point de vue, les pressions à la militarisation exercées par la Turquie, l’Arabie Saoudite et le Qatar doivent être fermement contrées. Les risques sont d’une telle dimension que la France et les autres pays impliqués jouent leur propre crédibilité. En faisant décider une guerre en Libye en instrumentalisant le Conseil de sécurité, les autorités françaises, la Grande-Bretagne, les États-Unis ont encore affaibli l’ONU et sa capacité à être le cadre du règlement politique des conflits. C’est cela aussi qu’il faut sérieusement corriger. La France doit montrer une grande détermination à redonner de la
    force et de la légitimité au multilatéralisme et à la responsabilité collective au sein des Nations unies. La crise syrienne oblige à poser tout autrement la question : comment construire de nouveaux rapports de sécurité internationale et dépasser les logiques de puissances ? Ceux qui privilégient la force et la guerre sont aujourd’hui dans l’impasse. Un monde de sécurité et de paix pour les peuples, c’est d’abord le fruit du développement dans toutes ses dimensions, de la démocratie, du désarmement, de la démilitarisation des économies, des stratégies et des politiques mises en œuvre, mais aussi des esprits… Personne ne dit que c’est un chemin facile. Mais c’est la seule façon d’ouvrir une perspective positive dans le monde d’aujourd’hui.
    [G]Jacques Fath
    Responsable des relations
    internationales pour le PCF


    [/G]
    relais Roger[Héééhooo]

    Posté par Roger bretagne, 07 juin 2012 à 09:48
  • AH purée !

    "[I]Mesurons bien, d’abord, de quoi on parle. La Syrie n’est pas la Libye. Elle dispose de plusieurs centaines de milliers de militaires actifs, de réservistes et de paramilitaires.[/I]"

    [G]Pourquoi si la Syrie avait été comme la Libye ON aurait pu appliquer le même "remède" ?[/G]

    [I]"...[/I][une nouvelle guerre, ce serait] [I]Quelque chose comme une troisième guerre du Golfe. Les victimes et les destructions d’une telle opération confineraient au désastre alors qu’[G]il faut déjà compter plus de 12 000 morts, conséquences tragiques de la répression criminelle du régime[/G] et de la militarisation de la confrontation."[/I]

    [G]Pas besoin d'être "responsable des relations internationales" pour resservir les plats toujours chauds du grand monopole de la presse impérialiste.[/G]

    [I]"Qui pourrait se permettre de planifier une telle opération sans avoir le sentiment de préparer une catastrophe au Proche-Orient ? Et pour quels résultats en Syrie ? Une explosion du pays et un effondrement de l’Etat ?"[/I]

    [G]Toujours les mêmes assassins : LA FRANCE, LES USA, L'ANGLETERRE ET TUTTI QUANTI...[/G]

    [I]"Ceux qui, aujourd’hui, oseraient planifier une guerre en Syrie feraient le choix d’une irresponsabilité dramatique."[/I]

    [G]Et alors ? Qu'est-ce qu'ils s'en branlent. Qui leur dira ou leur fera quelque chose ? Les assassins et les gendarmes sont les mêmes. Et vous le savez bien.[/G]

    [I]"Le Parti communiste français est solidaire de l’ensemble [G]des forces démocratiques et progressistes qui veulent un changement de pouvoir[/G], une solution qui assure un nouveau régime de libertés, [G]de démocratie[/G], de pluralisme avec l’ouverture du champ politique afin d’[G]en finir avec l’autocratie policière et violente d’aujourd’hui : un régime qui n’a cessé, depuis 14 mois, de tirer à vue sur les manifestations, de bombarder les populations civiles, de torturer dans les prisons…[/G]"[/I]

    [G]Mais qui sont ces "[I]forces progressistes[/I]" pour VOULOIR ?...
    La police syrienne serait autocrate et violente ? En France et ailleurs, elle est disciplinée et tendre ?[/G]

    [I]"...il existe un plan de règlement en 6 points accepté par le régime de Damas, par l’opposition et approuvé par le Conseil de sécurité."[/I]

    [G]Oui le plan date du 27 mars 2012. Nous sommes le 7 juin 2012...[/G](*)

    [I]"...soutien au dialogue interne et à la négociation pour un règlement politique."[/I]

    (*)[G]...et l'opposition "syrienne" n'a toujours pas accepté la proposition de s'asseoir autour d'une table et de dialoguer avec les autorités syriennes.[/G]

    1- [I]"La France doit prendre des initiatives pour entraîner ses partenaires et les protagonistes syriens dans un processus politique qui ferme la porte à la militarisation du conflit et à la guerre civile."[/I]
    2- [I]"François Hollande a suscité de vraies inquiétudes. Certes, il la conditionne [l'intervention] à une délibération du Conseil de sécurité. Une telle intervention ne sera donc pas pour demain."
    [/I]

    France Hollande, président de la France n'est plus à une contradiction près au niveau national, Au niveau international, ça lui réussit aussi, il fait fort .
    L'intervention n'est pas pour demain...mais elle est totalement envisagée...quand on sait ce qu'est le Conseil de sécurité...[I]"instrumentalisé"[/I] ligne 31, dernier paragraphe du responsable Fath.

    [I]"La France doit montrer une grande détermination à redonner de la force et de la légitimité au multilatéralisme et à la responsabilité collective au sein des Nations unies."[/I]

    [G]La France comme les autres pays "progressistes" n'a plus aucune crédibilité. La voracité des donneurs d'ordres l'ont enterrée corps et âme ![/G]

    Je suis étonné, Roger, que toi un garçon qui pèse toujours les mots, tu nous présentes ce papier d'une nullité incomparable et que tu nous le serves comme "[I]un peu de clarté[/I]"... [mmm]

    Posté par Esteban, 07 juin 2012 à 15:47
  • Les points sur les i et bla bla bla

    [G]Ceux qui prendront le temps de lire le texte éloquent de Mgr Philippe Tournyol du Clos, comprendront aisément la manipulation mensongère éhontée et le matraquage quotidien dont ils sont la cible de la part de la dictature médiatique occidentale au service de l'Empire, ne vise que la destruction de la Syrie . Tout le reste n'est que faribole, comme les déclarations irresponsables de certains "responsables" politiques ![Clin d oeil]
    [/G]

    [Img]:url://a3.sphotos.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-ash4/205976_10150282356963938_814223937_7756922_7148258_n.jpg[/Img]

    Posté par TZ., 07 juin 2012 à 16:01
  • Peut-on toujours discuter au pigeon ?

    J'ai publié cet article de J. Fath, responsable au PCF des questions internationales, car il me semble que son contenu est intéressant et ceci à plus d'un titre :
    il pose le problème de la Syrie en terme géostratégique qui peut se résumer en une guerre civile, rapidement généralisée qui risque de devenir la troisième guerre du Moyen Orient, avec les conséquences que l'on peut imaginer. « Il faut aussi comprendre la nature des risques : un éclatement et une guerre au Liban, une déstabilisation régionale nouvelle… »
    Il exprime et ce pour la première fois la position claire du PCF [G]« Le Parti communiste français s’oppose totalement à une intervention militaire en Syrie, avec ou sans résolution des Nations unies. » [/G]
    il explicite une voie pour une solution « négociée » entre les manifestants, les représentants des organisations démocratiques et progressistes de Syrie et le pouvoir en place
    il condamne avec force les puissances qui poussent à l'affrontement armé et propose l'embargo sur les armes.
    Il pose avec force la responsabilité de ceux qui prendraient une décision de l'intervention armée : [G]« Qui pourrait se permettre de planifier une telle opération sans avoir le sentiment de préparer une catastrophe au Proche-Orient ? [/G]Et pour quels résultats en Syrie ? Une explosion du pays et un effondrement de l’Etat ?
    Ceux qui, aujourd’hui, oseraient planifier une guerre en Syrie feraient le choix d’une irresponsabilité dramatique. »
    Enfin et ce n'est pas la moindre des choses, il rappelle quel rôle la France devrait jouer « [G]La France doit prendre des initiatives pour entraîner ses partenaires et les protagonistes syriens dans un processus politique qui ferme la porte à la militarisation du conflit et à la guerre civile.[/G] De ce point de vue, les pressions à la militarisation exercées par la Turquie, l’Arabie Saoudite et le Qatar doivent être fermement contrées. » Cette position va bien sur à l'encontre de la politique du nouveau Président.

    Bien sur l'on peut toujours considérer que cela ne va pas assez loin, mais ce texte est un pas important, qui à mon avis va dans le bon sens, sans se substituer aux syriens... mais ce n'est que mon avis.
    Roger[Héééhooo]

    Posté par Roger bretagne, 07 juin 2012 à 16:51
  • Peut-on toujours discuter au pigeon ?

    OUI on peut !

    Esteban avec le temperament qu'on lui connait force parfois le trait , mais pour discuter il faut bien que les avis divergent !!!

    sinon on opine .[Héééhooo]

    Posté par cloclo, 07 juin 2012 à 17:33
  • Communiqué du Collectif communiste Polex

    Deux poids, deux mesures !
    Le massacre de populations civiles en Syrie est criminel. Mais il est abject d’en attribuer la responsabilité au seul pouvoir de Bachar el-Assad, alors que certains insurgés multiplient les attaques armées et les attentats, et d’utiliser l’émotion pour des objectifs de conquête territoriale en faveur de l’Occident.
    Non, Monsieur Fabius, ce n’est en aucun cas à l’Occident et à l’OTAN de choisir le gouvernement syrien, et surtout pas à la France et à l’Angleterre, ex-puissances coloniales à Damas. Ce choix relève du seul peuple syrien, sans ingérence extérieure, et surtout pas militaire.
    Non, Monsieur Hollande, il n’est pas acceptable d’envisager en Syrie une intervention armée contre le régime de Bachar el-Assad, de multiplier les déclarations et les actes provocateurs comme l’expulsion de France de l’Ambassadrice de Syrie, alors que Paris n’a pas bronché quand les dirigeants israéliens massacraient impunément des civils, femmes et enfants palestiniens, lors de leur intervention à Gaza.
    Nous regrettons de voir le nouveau pouvoir socialiste français tourner ainsi le dos aux aspirations pacifiques de ses électeurs et reprendre le chemin des bellicistes sarkoziens, après le résultat désastreux de l’aventure libyenne.
    Nous nous félicitons par contre de la déclaration commune de 35 partis communistes et ouvriers contre l’OTAN (ci-dessous). Nous espérons que la signature de ce texte par le PCF permettra enfin de développer un vaste mouvement unitaire en France pour exiger la sortie de notre pays de l’OTAN.

    [G]Collectif communiste Polex[/G]
    Paris, le 31 mai 2012

    Posté par NOSE, 07 juin 2012 à 21:24
  • Cher Roger,

    Je ne vais pas insister car tu vas penser que je t'agresse, ce qui n'est pas le cas. J'enrage "seulement" contre les politiques de tous poils qui se mettent au service, directement ou indirectement, de la propagande des vautours de notre planète.

    Le texte de ce Jacques Fath, n'apprend rien de plus ou de mieux, suivant où l'on se positionne, de ce que les "informateurs" pourris nous enfoncent à saturation dans la cervelle.

    Ce responsable international, nous "apprend" donc qu'il existe un plan en 6 points que le PCF soutient. Bien. Les autorités syriennes n'ont pas attendu l'annonce de Fath, donc du PCF pour encourager cette voie avec l'opposition SYRIENNE, tout en se méfiant naturellement de l'opposition "syrienne" qui rejette manifestement tout accord sans le départ de Bachar al-Assad. Ma question reste toujours entière :
    - Qui est donc et, qui représente cette opposition "syrienne" ?
    [S]j'affine[/S]: Cette opposition "syrienne" qui réclame le départ (mort ou vif) de Bachar al-Assad avant toute négociation ?...Puisque la véritable opposition citoyenne syrienne, elle, a participé au référendum, organisé par Bachar al-Assad, pour un changement de la Constitution. Référendum dont le taux de participation était de 57,5% et qui s'est soldée par un oui à 89%.

    - Qui est donc, démocratiquement, le plus légitime pour s'asseoir à la table des négociations intérieures de la Syrie, "[I]le boucher de Damas aux 12.000 exécutions[/I]" ou bien l'opposition "syrienne" armée par la France de Sarkozy, le démocrate à 31% des 87% de votants au premier tour en 2007, qui s'est permis en 2008 par voie parlementaire de court-circuiter le peuple français pour faire passer "le traité de Lisbonne".

    Ce double langage qui m'exaspère. Ça vient de la tête du PCF, c'est dommageable. On défend (en retard) la voie par la négociation et en même temps, avant de négocier, on isole en insultant une partie de tout ce que les médias essaient de nous inculquer.

    Je me demande si cet édile du PCF a pris la peine de lire le Rapport du chef de la Mission des observateurs de la Ligue Arabe en Syrie, du 24 déc 2011 au 18 janv 2012, présenté le 22 janvier 2012 au Caire. Pourtant, cette Ligue Arabe que tout le monde connait pour son positionnement contre la Libye. Certes le Barhein, le Qatar et l'Arabie Saoudite se sont vite empressés d'enterrer ce rapport...[bon ok]

    Posté par Esteban, 07 juin 2012 à 22:10
  • Jacques Fath...

    [G]...fut aussi un grand couturier-accessoiriste des années 1950 ![/G][Ange]

    [Img]:url://2.bp.blogspot.com/_zxpDzpBNaO0/THu91YyP4oI/AAAAAAAABIA/ealgJUKeF9w/s1600/jacques_fath_equivoque_bag.jpg[/Img]

    Posté par TZ., 08 juin 2012 à 08:18
  • En soutien au peuple grec...

    [Img]:url://a1.idata.over-blog.com/354x265/1/17/94/94/kke-communist-greece.jpg[/Img]

    ...l'Université d'été du PCF aura lieu en Grèce !
    [Victoire]

    Posté par Pipelette, 08 juin 2012 à 12:25
  • En direct d'Athènes **

    http://youtu.be/q_mHjFQiBfQ

    [G]** Voir l'article du Grand Soir: "Le porte-parole du Parti grec néo-nazi s'attaque à deux députées à la télévision en direct".[/G]

    Posté par TZ., 09 juin 2012 à 11:58
  • ils finissent

    toujours par dévoiler leur vrai visage !!! de facho ....[houuuuu][houuuuu][houuuuu]

    Posté par anna, 09 juin 2012 à 12:06

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