LA JONCTION DU 20 NOVEMBRE 2007…





Ça avait mal commencé. La pluie dégoulinait d’un ciel gris, en flaques grises sur la ville grise. Pourtant les radios et les journaux disaient moins de conneries que d’habitude. Sur France-Inter, c’était musique ininterrompue, quant à la presse écrite, elle n’était pas parue. Donc, ce 20 novembre, pas d’histoire belge du genre « la grève s’effrite » ! Ou encore de billet aussi logique disant que malgré la baisse nette et continue du nombre de grévistes, il y avait toujours aussi peu de trains, de bus et de métros ! C’est à se demander ce que fabriquent les non-grévistes !
Mais ça avait mal commencé parce que le journal monopoliste régional, « héraut champenois de la concurrence libre et non-faussée », L’UNION n’avait passé ni le communiqué de l’UL CGT du Pays Vitryat, ni de commentaire édulcoré comme il a l’habitude. Il avait pourtant reçu notre courriel le 17 novembre à 11 heures. Ses lecteurs ne savaient donc pas qu’ils pouvaient se regrouper avec les salariés du privé comme du public dès 9H 15 entre les grilles d’entrée de Vallourec Précision Etirage et celles de Vallourec Composants Automobiles pour aller manifester.
Nos quatre voitures chargées ont donc pris la direction de Châlons en Champagne, l’un des 3 lieux de manifestations marnaises du jour, avec Reims et Epernay. La grève était bien suivie, jusque parmi les personnels de Préfecture et de Sous-Préfectures, si bien que je n’avais pas ma nouvelle carte grise.
Arrivés à Châlons, nous avons vite compris que nous vivions une journée exceptionnelle, devant la forêt de drapeaux multicolores : rouges, bleus, violets, jaunes, orangés, ou bariolés blanc - bleu - rouge et jaune. Bien sûr c’était loin du score marseillais et leur marée humaine de 60 mille manifestants… Mais avec de nombreux militants CGT arborant drapeaux et badges, des militants FSU, des militants FO, des militants SUD/Solidaires moins nombreux, ainsi que quelques CFDT et CFTC… Contrairement au 18 octobre, pas de CGC-CFE… Mais beaucoup de gens contents de se retrouver, dans l’unité. Les porteurs d’autocollants CGT et PCF côtoyaient aussi nombreux ceux qui portaient des autocollants CGT et PS. C’est la première fois que je suis témoin de ce genre d’événement… Le Conseiller général PCF Bernard Barberousse voisinait le candidat PS (PRS) à la mairie de Châlons Gérard Berthiot.
Il y avait surtout beaucoup de cheminots, d’employé-e-s de Leclerc, d’enseignants, de métallos… Il y avait beaucoup de jeunes et de retraités… C’était une palette à l’image de la vraie vie…
Pendant le défilé vers la place de l’Hôtel de Ville, Alida, une jeune collègue de mon collège est venue me retrouver. J’étais stupéfait. Nous avons travaillé ensemble pendant 15 ans sans qu’elle ne participe jamais à une seule manifestation et elle était là, fière de me montrer qu’elle avait compris… Après une longue station, et le discours offensif du secrétaire général de l’Union Locale CGT de Châlons, Daniel Garda, nous avons repris notre marche vers la Préfecture, puis nous avons bloqué le grand rond point de la Porte Sainte Croix, devant la clinique Priolet et le Conseil Régional. La capitale de la Champagne a été, dès lors, totalement paralysée pendant une bonne demi-heure. Nous, nous pouvions nous réchauffer d’un vin chaud et nous restaurer d’un sandwich à la fourgonnette de l’UL, pendant le siège …
Une délégation intersyndicale a été reçue par le Préfet, qui a écouté les syndicalistes et les a assurés qu’il transmettrait… J’ai fait des photos de Zanzan, Michel et Cricri de VPE, ainsi que de Jean-Marie, qui m’a reconduit chez moi après la manifestation et une violente douleur à hauteur des reins qui m’a tenu jusque dans la soirée, m’empêchant de rendre visite aux Pigeons. Je vais devoir reprendre rendez-vous avec mon médecin… Mais bon sang que cette journée a été belle ! Dans notre département, avec 3 mille manifestants à Reims, 1000 à Châlons et 500 à Epernay, c’est le double de participants que nous avons recensé par rapport au 18 octobre ! Nul doute qu’on ne devait pas être loin du million dans la rue ce 20 novembre. Ce n’est qu’une étape, continuons le combat !
Ciao et fraternité,
NOSE DE CHAMPAGNE.