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L'ignorance,
l'inculture, l'irresponsabilité, l'obstination dans l'erreur des
responsables européens et américains au sujet du Kosovo, ont de quoi
scandaliser. Les uns, en s'érigeant justiciers, déclarent sur un ton
vindicatif qu'il faut déposséder les Serbes du Kosovo et reconnaître
l'indépendance de ce dernier, afin de les punir pour les crimes
qu'aurait commis le régime de Milosevic ! Les autres profèrent
sottement que le Kosovo constitue un cas unique dans l'univers et qu'il
ne saurait avoir aucun lien avec d'autres revendications séparatistes
des minorités en Europe et dans le reste du monde ! D'autres encore,
comme Javier Solana, le cacique de la diplomatie européenne, poussent
la dérision jusqu'à affirmer que les Albanais du Kosovo méritent d'être
récompensés, puisque ils auraient été ethniquement nettoyés par les
Serbes, bien que des siècles d'histoire démontrent le contraire de
façon irréfutable. Certes, on ne peut s'attendre à autre chose de
la part de l'ancien Secrétaire de l'OTAN qui, obéissant au couple
scélérat Clinton-Albright, "ordonna'', le 24 mars 1999, les
bombardements de la Serbie pour le compte des terroristes albanais de
l'UCK qui avaient précédemment mis la province à feu et à sang, mais
que les forces serbes étaient sur le point de neutraliser. Rappelons
que l'UCK, quelques mois plutôt, avait été qualifiée d'organisation
terroriste par le gouvernement américain lui-même. Mais il faut bien
que Solana, pendant qu'il est encore au gouvernail de l'Europe,
justifie ses sinistres exploits, en transgressant aujourd'hui les
bornes du droit international et de la Charte des Nations Unies par la
promotion en Etat du Kosovo occupé par les Albanais, tout comme il a
franchi à l'époque les bornes de l'humanité et de l'éthique
élémentaires en lançant les escadrilles de la mort sur la Serbie. Crime
inexpiable que les consciences ne cessent et ne cesseront pas de
flétrir !
Le plus incroyable dans cette affaire, c'est que Solana avec les autres
coryphées de la dite communauté internationale, ne retienne du conflit
multiséculaire serbo-albanais qu'une minime fraction de temps allant de
1987 à 1999, durant laquelle se serait exercée la terreur serbe sur les
Albanais, et ignore complètement des siècles de la terreur réelle
albanaise sur les Serbes, de persécutions, de massacres, d'exodes,
d'albanisation forcée ou de d'oppression la plus noire, rapportés par
toutes les sources historiques. Outre les Serbes, les victimes en ont
été également les Grecs, les Macédoniens et les Bulgares, puisque les
Albanais avec les Bosniaques, par leur conversion massive à l'islam, se
sont faits l'instrument de la domination turque sur les chrétiens
balkaniques. Et comme tous les convertis, ils ont poussé leur zèle
apostats jusqu'à mériter le titre de "meilleurs fils du Sultan".
En fait, tout s'oppose à doter le Kosovo d'aujourd'hui des attributs
d'un Etat : aussi bien l'histoire, la géographie, la culture, la
morale, la civilisation que la situation actuelle caractérisée par la
conduite des affaires de la province par d'anciens criminels de guerre,
par la violation totale des droits de l'homme, par l'absence de toute
légalité, par le crime organisé et le règne de la mafia adonnée aux
trafics en tout genre, par la poursuite de l'effacement des témoignages
de la présence serbe, par l'impossibilité absolue pour un quart de
million de réfugiés serbes, chassés en 1999 par les Albanais sous
l'égide de l'OTAN, de regagner leurs foyers, par la pénétration dans la
province de l'islam radical, comme le prouve la construction de
nombreuses mosquées wahhabites à la place des églises détruites, par le
risque d'un bouleversement balkanique et européen que provoquerait la
reconstitution de la Grande Albanie du temps de Hitler et de Mussolini,
enfin par l'encouragement qu'un tel acte inconsidéré donnerait aux
autres mouvements séparatistes en Europe et dans le monde. Comme on le
voit, le Kosovo actuel est en effet un cas unique certes, non pas comme
une réussite de la communauté internationale, mais comme son monstrueux
avorton. Telle mère, tel enfant !
Pour qu'il y ait un Etat, il faut, pour paraphraser Renan, qu'il existe
une nation, un ensemble cohérent façonné par des siècles d'histoire
dans un cadre géographique, et marqué par des œuvres de civilisation.
Or il n'existe pas une nation albano-kosovare, tous les Albanais du
Kosovo y étant venus en intrus prédateurs en provenance d'Albanie, à
l'ombre de diverses tyrannies, turque, germano-italienne fasciste,
communiste et otano-onusienne. Au fond tout est serbe au Kosovo, la
terre, l'histoire, la civilisation, et il n'existe rien d'albanais
hormis le nombre et la violence. Consacrer un tel état de choses,
reviendrait à récompenser les Albanais pour la dictature serbe qu'ils
auraient subie durant la dernière décennie du XXe siècle, avant que
l'OTAN ne vole à leur rescousse, et à punir les Serbes pour avoir
enduré l'oppression albanaise la plus cruelle sous tous ces régimes
esclavagistes aux cours des époques précédentes. Pour comble
d'aberration, les démocraties de l'Ouest infligent, d'abord en les
bombardant, le châtiment aux Serbes qui combattirent avec elles le
fléau nazi, pour les mutiler, ensuite, de leur Jérusalem et l'offrir en
cadeau aux Albanais qui furent des auxiliaires du nazisme jusqu'à la
dernière heure, notamment avec la Division Waffen-SS Skanderbeg à la
sinistre renommée, et dont les derniers soldats tombèrent devant
Berlin.
Bien évidemment, si la raison et la justice guidaient les décideurs du
sort du Kosovo, la solution serait de préserver celui-ci dans le cadre
de la Serbie dont il fait partie territorialement, historiquement,
spirituellement depuis près d'un millénaire, de tempérer les ardeurs
albanaises, au lieu de les flatter et de s'en faire le glaive, d'œuvrer
au rétablissement de l'équilibre ethnique rompu de la province,
notamment en y faisant revenir 250.000 réfugiés serbes et 50.000
autres, en leur restituant leurs biens usurpés et en reconstruisant
leurs lieux de culte détruits, bref de créer pour tous, comme le
prévoit la résolution 1244 du Conseil de sécurité de juin 1999, les
conditions d'une vie normale garanties par la communauté internationale
qui, seulement, en agissant ainsi, serait digne de ce nom et
justifierait sa présence au Kosovo.
Komnen
Becirovic est l'auteur de "La Trilogie kossovienne", publiée aux
éditions de L'Age d'Homme : "Le Kossovo dans l'âme" (2001), "Le Kossovo
de l'absolu" (2007), et "Le Kossovo sur le calvaire" sur le point de
sortir, ainsi que d'une longue préface à la traduction de "l'Epopée de
Kossovo" par Adolphe d'Avril (1868), rééditée par l'association Un
infini cercle bleu (2006). |