1500 € pour les petits Nicolas de nos banlieues ?
Lu dans l’Humanité du 28/11/2008, rubrique « ils ont osé le faire » :
Votre petit Benito vaut 1 500 euros
« Du temps où Benito Mussolini dirigeait l’Italie d’une main de fer, son prénom s’était répandu comme une traînée de poudre dans la péninsule, où le dictateur était devenu le parrain de nombreux bambins. Depuis, le prénom a quasiment disparu. C’est avec cette tradition que veut renouer le parti néofasciste Mouvement social (Flamme tricolore), pour « honorer les racines profondes du parti », explique Vincenzo Mancusi, le secrétaire régional de la formation. Le Mouvement social accordera 1 500 euros à tout enfant qui naîtra dans cinq villages du sud de la Basilicate, au sud de l’Italie. Dans ces contrées, on n’a enregistré aucune naissance ces dernières années. Pour ouvrir droit à cette somme, les filles devront s’appeler Rachele, du nom de la femme de Mussolini. « Nous représentons la vraie droite, et nous n’oublions pas l’histoire (…). Le fascisme n’est pas tout à condamner », justifie Vincenzo Mancusi.
Le parti argumente sa décision par la volonté d’« affronter le problème du dépeuplement de la région », et ne prône que des mesures natalistes. Pourtant, ce sont les vagues migratoires qui ont de tout temps donné sa vitalité à la Basilicate. D’abord la colonisation grecque, puis les Romains. Les invasions normandes et espagnoles ensuite. Et surtout, les Albanais. Ainsi, parmi les cinq villages éligibles, où aucun enfant n’est né ces trois dernières années, figure le village de San Paolo Albanese, fondé en 1534, justement par des réfugiés albanais. Ceux-là mêmes que le Mouvement social n’a eu de cesse de vilipender ces dernières années. »
Gaël De Santis
De source bien informée, notre nouveau ministre ex-militant du mouvement d’extrême-droite « occident » envisagerait très sérieusement, comme mesure phare visant à combattre la crise, le versement d’une prime de 1500 € à tous les petits Nicolas à naître dans nos villes de banlieue.
Pour la version féminine, aucun prénom n’a été pour l’heure arrêté (salope ne semble pas faire l’unanimité au sein du gouvernement).