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LE PIGEON BLEU
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13 mai 2010

MONDIALISATION & MARCHE AUX VIANDES...

En cette matinée froide et grise de l’Ascension, je me suis extirpé de mon monde virtuel du polar. J’ai fait cet effort dans les sonorités bleues et coulantes de ma dernière acquisition avec John Mayall et ses blues breakers.

En inspectant le fouillis de ma bibliothèque, j’ai retrouvé cette foule de héros plus ou moins fatigués de tous les continents avec lesquels je passe une bonne partie de ma vie lorsque ce n’est pas avec mes chats, mon chien et mon épouse ou mes amis et mes camarades.

1073826_gfJe peux vous dire que, concentrés dans tous ces parallélépipèdes de carton et de papier, çà fait du monde et çà fait aussi un sacré voyage à travers la planète ! Parce que pour les suivre par la lecture, il en faut quelques dizaines d’atlas géographiques de la collection des « guides verts »… Suivez-moi dans l’intimité du Pepe Carvalho de Manuel Vasquez Montalban ou celle du Commissaire Montalbano d’Andrea Camillieri et ses drôles d’adjoints. Ou encore, prenez place aux côtés du Commissaire Van In de Peter Aspe, dans sa voiture, ou celle de Varg Veum de Gunnar Staalesen, ou celle du sheriff-adjoint Carl Houseman dans laquelle crachotte la radio de Donald Harstad, ou encore avec le Kurt Wallander d’Henning Mankell. Vous pouvez aussi prendre l’avion avec Erik Winter de Ake Edwardson, ou le Commissaire Martin Beck de Maj Sjowald et Per Wahloo. Vous pouvez écouter les musiques jazzy ou les blues préférés du Harry Bosch de Michael Connelly ou du Fabio Montale de Jean-Claude Izzo. Si vous le préférer, vous pourrez vous échapper pédestrement au petit matin frais pour photographier les oiseaux sauvages avec son fils sourd et l’Inspecteur Jo Faraday de Graham Hurley et vous protéger un instant des turpitudes humaines, ou observer les changements de la nature et des hommes avec Mat Joubert et Thobela Mpayiphélie de Deon Meyer, ou avec Yudel Gordon, le héro psychologue de Wessel Ebersohn . À moins que vous soyez plus familiers des contradictions du Moyen-Orient et que vous préfériez la compagnie du sarcastique Commissaire Llob de Yasmina Khadra ou du Commissaire Michael Ohayon de Batya Gour… Il vous reste encore à rencontrer le déjanté Harry Hole de Jo Nesbo ou le Jean-Baptiste Adamsberg et ses fêlures, de Fred Vargas… Partout, à travers les villes et leurs vitrines, et leur pendant symétrique des cités où explosent toutes sortes de misères économiques, culturelles et affectives, ces hérauts vous diront les difficultés à vivre des hommes, dans la mondialisation marchande et financières où tout s’achète et tout se vend.

IanRankinIl faut maintenant que je vous parle de l’un de mes préférés : l’Inspecteur John Rebus, création du romancier écossais Ian Rankin (50 ans cette année). L’inspecteur John Rebus s’est engagé dans la police et il fait consciencieusement et humainement son travail, après avoir « fait » l’Irlande du Nord, comme d’autres (le Commissaire Paco Martinez de Maurice Attia) ont « fait » l’Algérie. Je viens en effet de terminer la lecture de son dernier paru, depuis mars 2010, au « Livre de Poche » (Collection « Policier », N°31726, pour 627 pages). Il est le 17° de ma collection personnelle et porte ce titre qui n’a rien du hasard : « Fleshmarket Close ». Pour aider ceux qui en auraient éventuellement besoin, ce titre évocateur se traduit littéralement ainsi : « Impasse du Marché aux Viandes »… Et ce titre dit tout. À travers la découverte de deux squelettes scellés dans le béton d’une cave, et aussi l’enquête à propos de l’assassinat d’un journaliste kurde, on s’enfonce (mais rassurez vous c’est en Ecosse, donc toute ressemblance serait purement fortuite !) dans un monde de sans-papiers, de travailleurs clandestins, de demandeurs d’asile et de passeurs très peu altruistes, surtout quand ce sont des gros caïds de la pègre qui se recyclent dans les filières rentables du moment. On fait connaissance avec les dispositifs et les institutions plus ou moins publiques ou privées de prise en charge de ce « cheptel » et qui permettent à la forteresse occidentale de se protéger contre les rêves des malheureux « Damnés de la Terre » de tous les continents et qui ont la faiblesse de croire en la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, et en particulier l’article 13... Cela nous ramène à FRONTEX, cette redoutable officine de chiens de garde de la Communauté Européenne (où siège « l’humaniste démocrate-chrétien » Jacques Barrot en notre nom) que nous finançons tous, parfois malgré nous et dont Pédro nous a fait passerpar courriel récemment, l’effrayant « dépliant publicitaire ». Dans ce livre de Ian Rankin, on en croise quelques éléments avancés et on mesure leur efficacité grâce aux moyens qu’on n’a pas mis en œuvre pour résorber les poches de pauvreté telles que le quartier de Knoxland!

Voilà donc, car je n’en dirais pas plus pour vous permettre de découvrir ce livre auquel RESF fait également référence. À bientôt à tou-te-s et fraternité de votre,

NOSE DE CHAMPAGNE.

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Commentaires
N
Lundi 10 mai à 6H25, une quinzaine de policiers a pénétré dans un centre d’hébergement de la Fondation de l’Armée du Salut - lieu de domicile privé-afin d’arrêter puis d’expulser vers la Pologne une famille kurde yézide originaire de Géorgie. La Fondation de l’Armée du Salut dénonce une expulsion violente dans la manière dont elle s’est réalisée et inadmissible dans son principe. <br /> Le lundi 10 mai 2010 à 6h25, alors que tous les résidents du Nouvel Horizon dormaient encore, une quinzaine de policiers a pénétré dans ce Centre d’Hébergement et de Réinsertion Sociale de la Fondation de l’Armée du Salut à Reims (lieu de domicile privé), afin d’arrêter puis d’expulser une famille kurde yézide. Cette famille, composée de trois enfants de 1 à 10 ans, des parents et de la grand-mère, était arrivée en France via la Pologne, avant de trouver refuge à la Fondation de l’Armée du Salut. <br /> La famille venait de Géorgie, pays où, comme le pointait en avril 2005 un rapport de la Fédération Internationale des ligues des Droits de l’Homme (FIDH), les Kurdes yézides sont parfois victimes d’exactions policières. Après avoir fui la Géorgie, cette famille est entrée dans l’Union Européenne par la Pologne et y a déposé une demande d’asile. <br /> Depuis novembre avait commencé l’accompagnement de la famille par les travailleurs sociaux de la Fondation de l’Armée du Salut. Les enfants étaient scolarisés, les parents avaient déposé une nouvelle demande, demande finalement refusée. Le père avait par ailleurs déjà subi la perte d’un rein et la grand-mère souffrait d’hypertension. Rien de tout cela n’a empêché la mise en marche de leur expulsion vers la Pologne. <br /> La Fondation de l’Armée du Salut dénonce aujourd’hui une expulsion violente dans la manière dont elle s’est déroulée et inadmissible dans son principe. <br /> Alors que la loi l’exige, aucun document judiciaire ou administratif n’a été produit par les forces de police au cours de l’intervention afin de justifier leur action. Les policiers ont ensuite refusé la médiation de la travailleuse sociale présente afin de rendre l’expulsion moins traumatisante pour la famille, pour l’ensemble des personnes accueillies et pour les salariés de l’établissement. Les policiers sont ainsi rentrés dans plusieurs chambres avant de trouver celles où dormait la famille, violant ainsi plusieurs domiciles. L’ensemble de l’arrestation s’est déroulé dans un climat de panique entretenu par le fait que les policiers ont réveillé de force les enfants. La mère fit elle-même plus tard un léger malaise dans l’escalier. <br /> Pour la Fondation de l’Armée du Salut ce mode opératoire porte une grave atteinte aux droits et à la dignité des personnes . Ce type d’intervention policière met en place un rapport de force et d’intimidation entre les associations et les forces de police. <br /> Elle risque également de jeter le discrédit sur les solutions d’hébergement et d’accompagnement proposées par les associations. Il est pour autant capital que chaque personne en situation d’exclusion continue de faire appel aux hébergements existants et s’y sente en sécurité, avant d’entamer un parcours de reconstruction. Il est par ailleurs inadmissible d’expulser vers la Pologne, où elle n’a aucune attache, une famille qui a trouvé en France un hébergement et débuté un parcours d’insertion. <br /> En tant que signataire de la Charte des exilés, la Fondation de l’Armée du Salut rappelle que notre pays se doit de mettre un terme à toutes les formes de violence dont sont victimes les exilés dès lors qu’ils entrent dans l’Union Européenne. Elle affirme l’importance fondamentale des principes de prise en charge effective et sans condition des mineurs, d’hébergement digne et durable, d’accès pour tous à l’éducation, à la formation et à des mesures d’accompagnement systématiques ainsi que le traitement responsable des demandeurs d’asile. <br /> L’Armée du Salut est engagée depuis 128 ans dans la lutte contre toutes les exclusions et pour l’intégration de tous dans la société.<br /> <br /> Contact Presse :<br /> Pierre-Baptiste Cordier <br /> 01 43 62 25 27 ou 06 34 19 43 50
N
Il y avait hier, dans les diaporamas des actualités "Orange" une magnifique sélection sur "les plus beaux ponts du monde"... Les ponts, comme les intersections ou les ports sont pour moi des sujets de rêveries et de longues méditations sur l'humanité et ses activités diverses et variées. Tout çà m'a fait repenser à l'une des dernières phrases du dernier roman d'Henning Mankell que je vous citais sur l'un des postes de ce fil: "... Je sais que le pont que nous avons cru voir, su r cette plage tout au nord de l'Afrique, ce continent que nous fuyions et que nous regrettions déjà - ce pont sera construit un jour. Un jour, la montagne des corps entassés au fond de la mer s'élèvera si haut que le sommet émergera des vagues comme une nouvelle terre, et ce pont de crânes et de tibias fera le lien entre les continents, un lien qu'aucun garde-côte, aucun chien, aucun marin ivre-mort, aucun passeur ne pourra détruire. Alors seulement cette folie cruelle cessera, cette folie où des gens innombrables qui fuient pour leur vie sont contraints de s'enterrer dans des sous-sols et d'être des hommes des cavernes de lèère nouvelle...".<br /> <br /> À bas FRONTEX !!!!!!!!!!!!!!!!!!<br /> L'Internationale sera le genre humain !!!!!!!!!<br /> <br /> Bien fraternellement à tou-te-s,<br /> <br /> NOSE
E
"[I][G]...cette foule de héros (...) avec lesquels je passe une bonne partie de ma vie lorsque ce n’est pas avec mes chats, mon chien et [S]mon épouse[/S] ou mes amis et mes camarades.[/G][/I]"<br /> <br /> L'ordre "croissant"...si Chantal voyait les priorités du Commandant Président...[mmm][mmm]
N
Dans un de ses derniers romans parus, "Tea-Bag", Henning Mankell fait dire au vieux noir Luningi, travaillant dans une fromagerie et secourant la fugitive Tea-Bag:"Tu vis sur une planète parcourue par de grandes vagues de gens en fuite, qui viennent des mondes pauvres et qui ne sont les bienvenus nulle part..." (Points 1887, page 154). <br /> <br /> Ce serait bien que Pedro nous mette en ligne son poste sur Frontex... Fraternitude, <br /> <br /> NOSE
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