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LE PIGEON BLEU
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3 juin 2011

CONFERENCE NATIONALE DU PCF: IL FAUT FAIRE LA CLARTE, SI NOUS VOULONS PROGRESSER...

 

imagesL’INTERVENTION D’ANDRE GERIN À LA CONFERENCE NATIONALE DU PCF LES 3, 4 & 5 JUIN 2011

Chers Camarades,

Chacun d’entre nous – j’en suis sûr – mesure la responsabilité qui est la sienne dans les choix que nous avons à faire. Une rupture historique est engagée.

Y aura-t-il un candidat communiste ou non à l’élection présidentielle ? Les communistes auront-ils le dernier mot ou allons-nous leur imposer une candidature non communiste qu’ils n’auront qu’à ratifier ?

Sous la Vème République, deux fois nous avons renoncé à présenter un candidat. En 1965, lors de la première élection au suffrage universel du Président de la République. Notre inexpérience pouvait être une excuse que nous avons rattrapée en 1969 avec le score historique de Jacques Duclos. En 1974, pour la seconde fois, nous avons choisi de soutenir le candidat socialiste dès le premier tour. Nous étions alors embarqués dans le programme commun de gouvernement, à propos duquel François Mitterrand disait qu’il était une arme pour affaiblir le Parti communiste. Les résultats ont dépassé son espérance.

Tirant les leçons de ces expériences, nous en avions conclu que plus jamais nous ne nous effacerions lors de ce scrutin, quand bien même la bipolarisation que les institutions nous imposent nous rende cette élection difficile.

Pour autant notre fourvoiement dans les accords de sommets avec le PS et les politiques de renoncement auxquels nous avons participé notamment avec le gouvernement Jospin, ont continué de saper notre crédibilité, tout particulièrement auprès de l’électorat populaire. Tout le monde se souvient du séisme de 2002, résultat de la désillusion et du désarroi que nous avons contribué à semer et qui explique, élection après élection, la montée massive de l’abstention, du vote FN, des forces xénophobes et nationalistes. Pourtant, il n’y avait pas de fatalité à la baisse de notre influence. Il suffit de se rappeler les 9 % aux présidentielles de 1995. Nous avons payé le prix fort de notre alignement sur le social libéralisme de la gauche plurielle.

Et alors que nous propose-t-on depuis ?

En 2007, ce fut les collectifs antilibéraux. Lorsque l’élection présidentielle est venue, nous étions à la recherche de l’oiseau rare qui incarnerait ce mirage politique. Le résultat, vous le connaissez. Nos concitoyens n’ont rien perçu de cette tentative de construction illusoire, de ce rassemblement de groupuscules fantomatiques. Et je n’aurai pas la cruauté de rappeler le score de Marie-George Buffet.

Aujourd’hui, il nous est proposé de poursuivre dans une voie qui a la même configuration. Franchement, ce Front de gauche est un OVNI politique. Pensons-nous un seul instant que nous allons redonner de l’espoir et impulser une dynamique en agglomérant le Parti communiste à des formations microscopiques, sans assise populaire et électorale, issues de la mouvance socialiste et trotskyste et en en confiant le flambeau à un ex-dirigeant socialiste ?

C’est ridicule et suicidaire !

Et d’ailleurs, on nous propose un marché de dupes. Si Mélenchon n’est pas le porte-drapeau de cette nébuleuse à la présidentielle, il n’y a plus de Front de gauche car tel est l’accord de départ qui a été scellé. Le préalable de l’accord dit « global » a toujours été la candidature de Jean-Luc Mélenchon. On se moque de nous et des communistes.

Il est aisé d’en juger à la lumière des impasses, des manques du prétendu programme partagé, héritier des choix de François Mitterrand et du PS en faveur de l’Europe ultralibérale : le marché unique, Maastricht, l’abandon industriel. Ce qui est le plus choquant encore, ce sont les silences sur les privatisations du gouvernement Jospin à propos desquelles nous nous sommes tus.

Si Mélenchon est le chef de cet orchestre de chambre, comme convenu, ses exigences pour les législatives seront à la mesure de son ego surdimensionné, du destin national auquel il se croit promis. Les dites exigences se manifestent d’ailleurs déjà dans les négociations sur les circonscriptions. Après nous avoir fait disparaître du paysage présidentiel, il s’efforcera de nous éloigner du paysage parlementaire. Et nous devrions mettre nos militants à son service, comme nous l’avons fait pour les européennes car c’est grâce à nous qu’il est député européen et que ses candidats aux régionales ont été élus.

Soyons lucides : le Front de gauche devenu propriété du parti de gauche, c’est l’effacement du PCF avant sa disparition. Mélenchon est là pour finir le travail de Mitterrand et pour l’heure, drainer les voix obtenues vers le candidat socialiste et obtenir quelques strapontins ministériels.

Le programme ripoliné qu’on nous présente, ne répond pas du tout aux dérives de la société française, aux enjeux face auxquels nous sommes, au combat de classes pour changer la société, nécessaire contre la grande bourgeoisie qui préfère la lutte ethnique à la lutte des classes.

C’est le laissez faire généralisé vis-à-vis des trafiquants de drogue, des mafias, des intégristes qui pourrissent la vie des quartiers au plus grand profit du capitalisme prédateur.

Où est le cri d’alarme pour les ghettos de la République, contre ces élites qui ignorent les banlieues, abandonnées, méprisées, avec des habitants en dehors du système politique et en dehors de la République?

Où est la promotion de la jeunesse, la politique de l’immigration, la place de l’Islam ? Je ne vois pas émerger le combat nécessaire pour refuser la décomposition sociale, économique et morale de la société.

Le Parti socialiste a choisi de servir le Front national en abandonnant les classes populaires. Il rêve d’un 2002 à l’envers. Allons-nous nous inscrire dans ce choix suicidaire avec Jean-Luc Mélenchon ? Ou bien aller à la reconquête des classes populaires, réduire le Front national et l’abstention. Le choix est clair : Ou changer la société, ou disparaître.

Ne laissons aucun espace, aucun thème au Front national. Engageons une lutte intellectuelle, culturelle, en donnant la primauté à l’engagement politique.

Quelle ambition affichons-nous pour la France avec une stratégie qui a montré ses limites en 2002 et 2007?

Quelle orientation nouvelle pour redonner à la France, aux yeux du monde, son image d’héritière de la Révolution de 1789 ?

Faire le choix d’un candidat communiste c’est affirmer notre volonté de transformation sociale. Mais c’est aussi exiger une refonte démocratique de nos institutions. Depuis le début de la Vème République, nous avons voulu nous fondre dans le piège institutionnel de l’élection du Président de la République au suffrage universel. C’est ainsi que trop souvent, nous nous sommes effacés. Il nous faut affronter l’obstacle autrement en nous mobilisant pour la suppression de l’élection du Président de la République au suffrage universel grâce à un référendum qui annulerait celui de 1962. La monarchie républicaine qui s’est instaurée est insupportable. Elle viole en permanence la souveraineté populaire.

Aujourd’hui, avec le pétainiste Sarkozy, hier avec François Mitterrand en habit de monarque.

Un candidat communiste pour un choix historique aura des répercussions à l’échelle internationale pour tous les partis communistes et progressistes.

Je refuse d’avoir les pieds et mains liés avec le PS. Je refuse de recommencer ce qui a échoué ces 30 dernières années.

Ouvrons les yeux. Il est encore temps. Un vaste champ s’ouvre au déploiement de l’activité communiste.

André GERIN

NOTES COMPLEMENTAIRES : DES CONDITIONS EXORBITANTES IMPOSEES AU PCF ?

(Réflexions de Nicolas MAURY)

La réalité des objectifs de Mélenchon et du Parti de Gauche apparait de plus en plus clairement. Le communiqué du 30 mai du PG retraçant ses exigences pour un accord du Front de Gauche sont un coup de canon contre les communistes qui va détruire toutes les illusions de ceux qui croyaient avoir affaire à un partenaire cherchant à élargir un rassemble populaire.

Le PG soumet 10 conditions à un accord dont certaines sont déjà connues, comme la candidature de Mélenchon aux présidentielles, mais dont certaines contredisent tous les discours tenus par la direction du PCF aux militants communistes pour les convaincre de renoncer à choisir eux-mêmes leur candidat.

En résumé, le FG n’est plus une alliance, mais une nouvelle force politique fusionnant PCF, PG et GU, présentant ses candidats sous son seul nom FG et globalisant ses finances avec sa propre association de financement.

7 – Les partenaires du Front de Gauche doivent avoir pour volonté partagée de permettre à minima la réélection des actuels parlementaires du Front de Gauche, ou de leurs successeurs, à l’Assemblée nationale et au Sénat. C’est pourquoi nous devons avoir pour principe de « réserver » les circonscriptions de nos sortants dès lors qu’ils se revendiqueront clairement de l’étiquette commune du Front de Gauche. En conséquence, le Parti de Gauche demande que soient impérativement validé-e-s, les candidat-e-s qu’il désignera dans les trois circonscriptions de ses sortants. Cette logique doit se décliner pour le Sénat où l’existence d’un groupe Front de Gauche sera déterminante à condition qu’il représente le plus possible notre diversité politique. C’est pourquoi la condition d’un accord aux sénatoriales implique de présenter partout en France, dans les configurations d’alliance qui seront choisies localement, des candidatures Front de Gauche en adoptant le même principe que les législatives soit la reconduction de nos sortant-e-s lorsqu’ils ou elles se présentent ce qui est notre cas en Essonne.


Apparemment le PG accepte la reconduction des députés sortants, mais à une condition... qu’ils ne se présentent pas comme député PCF, mais comme député Front de Gauche... Pour ceux qui pensent que ce n’est qu’une clause de style, il faut vérifier la liste des circonscriptions que le PG réclame, dans laquelle on trouve la 14ème du Rhône, circonscription du député sortant André Gerin !

 

8 – Sur les questions du financement des partis politiques qui dépend du résultat aux législatives, le Parti de Gauche propose à toutes les forces actuelles et à venir du Front de Gauche de mettre en place une association de financement commune technique qui pourrait permettre de déconnecter les questions financières des questions de répartition de circonscription. Nous sommes y compris prêts à mettre en place cette solution avec les seules forces qui le souhaiteraient.


Mais bien sûr, déconnectons ! Pendant que les militants communistes seront la principale force militante pour mener la campagne et... collecter des sous pour la financer, les dirigeants du FG négocieront au sommet la répartition des sous entre eux... Il faut espérer que beaucoup de communistes se rappelleront comment l’ont fait les députés communistes du groupe parlementaire "technique" avec les verts qui ont sabordés le groupe communiste avec un partage en trois tiers !

 

9 – Pour prétendre représenter le Front de Gauche, l’ensemble des candidatures intégrées dans l’accord national du Front de Gauche devront obligatoirement se déclarer sous l’étiquette politique commune « Front de Gauche soutenu (ou proposé) par le PCF, PG, GU (plus les autres forces qui pourraient nous rejoindre) » comme cela a été acté dans les négociations en cours.


On ne peut être plus clair. Le FG n’est plus une alliance entre parti, mais la force qui présente les candidats. Un député sortant communiste n’est pas un candidat communiste dans le cadre du Front de Gauche, mais un candidat FG soutenu par le PCF, le PG, la GU... Il s’agit d’empêcher de compter, comme pour les cantonales le résultat propre de chaque parti, son nombre d’élus, et d’installer à la place partout un nouveau parti politique, le FG.

 

On sait que c’est sur cette question qu’ont éclaté en Espagne de nombreux conflits entre les sections et fédérations locales du PCE et les dirigeants du Front de Gauche Espagnol (Izquierda Unida).


D’ailleurs, le PG choisit sans honte d’attaquer systématiquement les sections communistes connues pour s’opposer à la stratégie de la direction du PCF. Il ne s’agit pas seulement de peser pour gagner le maximum de places, mais d’aider la direction du PCF à éliminer les communistes réfractaires. A l’évidence, le PG ne peut gagner la 14eme du Rhône contre les communistes sans l’aide des socialistes et des verts... Il ne peut espérer gagner la circonscription du secrétaire de section de Béziers, ni du secrétaire fédéral du Var. Par contre, en s’imposant dans ces circonscriptions où les communistes opposés à l’orientation nationale du PCF sont connus, le PG sert d’outil contre les points de résistance à la mutation du PCF, d’outil contre l’unité des communistes qui reste toujours possible sur d’autres bases que celle du renoncement au PCF.


Mélenchon devrait méditer la fable de la grenouille qui se voyait plus grosse que le bœuf. Il va exploser en vol !


Faites circuler ces informations le plus largement possible et intervenez auprès de vos délégués à la conférence nationale !

 

Publié par Réveil Communiste - dans : élections 2012

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Commentaires
B
Une erreur de manipulation du clavier, concernant le titre du précedent commentaire, il fallait lire: J'ai peur de voir ressurgir le scénario catastrophe des comités antilibéraux.
B
Je m'associe au dernier propos de cloclo, n'ajoutant aucun autre commentaire, considérant que les dernieres contributions arrivées à la veille du scrutin interne, comme par hasard, ne me semblent pas contribuer pour un débat serein.<br /> Serait-ce que c'est le dernier qui parle qui aurait raison ?
C
Ne jouons pas les naifs , lorsque nous disons à gauche de la gauche , nous entendons à la gauche du parti socialiste , qui pour nombre d'entre nous n'est plus un parti de gauche , au mieux un parti social-liberal !!<br /> je regrette pour ma part que le FdG ne s'elargisse pas au NPA ,mais à ma connaissance la majorité du NPA ,ne veut pas entendre parler du FdG !!!<br /> il faudra faire sans !!!!!!!!![Héééhooo]
R
On entend de ci delà, une multitude d'argumentations tendant faire en sorte que les Communistes penchent en faveur de tel ou tel candidat à la présidentielle, pour ma part je partirais d'un postulat qui consiste à reconnaître au sein du Parti Communiste chaque adhérent comme un militant capable de décider librement de son choix en fonction des informations qu'il a en sa possession! Sa capacité d'analyse en fait un être unique dans la mesure ou il confronte son point de vue à celui des autres militants qu'il côtoie, déterminant ainsi une pensée collective ou chacun peut s'exprimer et est tolérant avec l'autre, c'est en ce sens que le Parti Communiste construit sa démarche à partir du réel, afin de déterminer la meilleure stratégie à mettre en œuvre, et bien sur la tactique qui en découle.<br /> Nous sommes loin d'un déterminisme sentimental, et sauf éléments cachés qui obligeraient à un choix « raisonnable » loin aussi d'une obligation de raison!<br /> <br /> Pour ma part il s'agit d'abord de partir de la démarche du Front de Gauche, ratifiée par les Communistes en congrès elle consiste à constituer un ou des fronts dans le but de créer un rassemblement majoritaire capable de proposer une alternative démocratique, sociale, écologique et citoyenne, à la politique ultra libérale du pouvoir de la droite et du MEDEF. <br /> Si le programme partagé, initié par les communistes et aujourd'hui porté par les composantes du Front de Gauche, répond sous forme de compromis à l'aspect programmatique, il n'en reste pas moins que son appropriation par le rassemblement majoritaire reste à construire et c'est là qu'intervient le problème de stratégie sur la conception du Front de Gauche.<br /> Jean Luc MELANCHON, se situe dans une démarche « à gauche de la gauche » ce qui par essence exclue une partie de cette gauche et bien sur les citoyens qui se reconnaissent dans celle-ci, cela m'apparait restrictif de la démarche initiale du front de gauche...<br /> André CHASSAIGNE , lui se situe dans une optique, ou le Front de gauche doit être au cœur de la gauche , à l'exemple de ce qui s'est passé dans la région Auvergne, ou encore dans le Limousin, réalisant pour ces deux régions les meilleurs scores du Front de Gauche ou de l'alliance élargie au NPA et autres ( 14 et 18%). Cette conception me semble mieux répondre à la construction indispensable d'un rassemblement majoritaire. <br /> Aujourd'hui le Front de gauche rassemble le Parti communiste français, le Parti de Gauche, la Gauche unitaire ainsi que de nombreux acteurs du mouvement syndical, social, altermondialiste, écologique et associatif ; <br /> des scientifiques, des économistes, des philosophes,  <br /> des hommes des milieux littéraires et du monde du spectacle ; et des citoyens de gauche. <br /> Il est ouvert à toutes celles et tous ceux qui souhaitent s’engager pour une transformation sociale, économique, écologique et démocratique de la société ; qui souhaitent que cette transformation s’inscrive dans un programme répondant aux besoins immédiats de la population. Peut-on à partir de là le situer « à gauche de la gauche »? Non bien sur me répondrez vous, cela va bien au delà, et ni le cœur, ni la raison, n'y seront pour quelque chose, seule la prise de conscience des enjeux feront la différence!<br /> Roger[Héééhooo]
B
Bernard Delaitre<br /> J'engage toutes celles mes ami(e)s (virtuels ou concrets) où qu'ils, qu'elles se trouvent, de sensibilité humaniste, à rejoindre la Ligue des Droits de l'Homme.<br /> JT Midi Champagne-Ardenne du 13/06/2011 - Toute l'information en vidéo de France 2, France 3, France<br /> info.francetelevisions.fr
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