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LE PIGEON BLEU
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27 juin 2011

HENNING MANKELL, L’UN DES PLUS GRANDS ECRIVAINS CONTEMPORAINS PREND LE BATEAU POUR GAZA !

 

"Je veux contribuer à briser le blocus illégal de Gaza"

Après la tentative de mai 2010 violemment stoppée par Israël (9 morts), une nouvelle "flottille de la liberté" doit appareiller de Grèce ces jours-ci pour apporter de l'aide humanitaire à Gaza. L'écrivain suédois Henning Mankell sera à bord, comme en mai dernier. Il explique le sens et l'importance que cette démarche a pour lui.

2706-Henning-Mankell-ALa "flottille pour Gaza" est une grande action de solidarité qui fait beaucoup réagir, et par conséquent beaucoup de choses arrivent. Des gens me transmettent des messages griffonnés sur des bouts de papier. La dernière fois que cela s'est produit, c'était dans le train entre Stockholm et Göteborg. Une femme entre deux âges m'a glissé un bout de papier entre les doigts au moment où je passais, une tasse de thé à la main. On pouvait y lire : "Il est important que cela soit fait." Ou bien des gens m'arrêtent dans la rue. Ils me parlent normalement, sans baisser la voix. Les marques de sympathie pour l'initiative prennent bien des formes, et les plateaux s'équilibrent sur la balance entre ceux qui, d'un côté, expriment en secret leur répugnance et leur désespoir face à la situation et ceux qui, de l'autre, affichent ouvertement leur sympathie pour cette action.

Mais qu'est-ce qui me pousse à monter à bord ? Pourquoi la flottille pour Gaza ? Pourquoi grimper à bord d'un cargo, pourquoi ne pas se contenter de dire sa compassion avec des mots ? Pourquoi ne pas rester à terre ?

Une des réponses pourrait prendre la forme suivante : j'essaie de mettre en pratique une sorte de credo intellectuel selon lequel "ce sont les actes qui viennent étayer les mots, et non l'inverse". Naturellement, écrire aussi est un acte, et un acte important. August Strindberg disait que les mots étaient "en [son] pouvoir". Mais il est rarissime qu'un livre, un article, un tableau ou encore un morceau de musique parvienne à lui seul à changer une réalité politique. Il est rare qu'un livre ait un impact aussi fort que le Printemps silencieux de Rachel Carson, par exemple [ce livre de 1962, qui traitait des effets négatifs des pesticides sur l'environnement, et plus particulièrement sur les oiseaux, a contribué à lancer le mouvement écologiste dans le monde occidental]. J'ai tendance à tenir le raisonnement inverse et à penser que l'on ne peut rien changer sans la culture et sans la conscience intellectuelle.

J'estime donc qu'il est également de ma responsabilité d'intellectuel de m'exprimer par d'autres moyens. Ces moyens peuvent être de différentes natures. Cela peut être, par exemple, comme aujourd'hui – ou comme l'année dernière – de participer activement à une traversée dont l'objectif est de briser le blocus illégal de la bande de Gaza.

Quelles sont les raisons qui me poussent à monter à bord ? La première est bien sûr que le blocus israélien est une violation flagrante du droit international. Les agissements d'Israël sont contraires à toutes les définitions internationales du droit. Ce faisant, Israël rejoint le camp des dictatures militaires et des régimes totalitaires.

Je n'ai pas besoin d'entrer dans le détail des incidences de ce blocus. Elles sont suffisamment et tristement connues. Mais ce qui est plus grave encore est que ce blocus ruine tous les espoirs d'une solution future pour les peuples palestinien et israélien. Le fait que les Israéliens ne s'en rendent pas compte est à mes yeux l'un des plus grands mystères de la situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd'hui. Ne voient-ils vraiment pas ce qui est bon pour eux ? Où se situe leur intérêt ? Pourquoi creusent-ils le trou dans lequel ils tomberont tous seuls ?

Devant cette situation, la flottille pour Gaza fait la proposition suivante : brisez le blocus, refusez d'accepter cette violation du droit international pour envoyer un message clair aux peuples du monde entier et à leurs dirigeants politiques ; traduisez vos discours en actes ; faites le nécessaire pour que cesse ce répugnant blocus.

Dans le même temps, cette action envoie un autre message aux Palestiniens : vous n'êtes pas seuls ; quelqu'un vous voit et vous entend.

En tenant ce discours, on peut dire que je prends place sur la passerelle. Mais je ne suis pas encore à bord. Je suis également très sensible à l'axiome selon lequel "personne ne sera véritablement libre tant que tous les hommes ne seront pas libres". Bien sûr, on peut penser que c'est une chimère d'idéaliste. Mais, pour moi, c'est une vérité complètement élémentaire. Naturellement, je n'imagine pas voir ce jour de mon vivant. Ce que je peux voir, en revanche, c'est une amélioration de la situation par rapport à ce qu'elle est aujourd'hui ! Se révolter face à l'oppression est un droit immuable et intemporel.

Enfin, je suis conscient que tous les gens qui prennent part à cette initiative peuvent avoir des raisons différentes d'agir. Dans mon cas, c'est bien entendu parce que cette situation me rappelle le régime infect de l'apartheid en Afrique du Sud, dont j'ai été le témoin pendant les nombreuses années que j'ai passées au Mozambique. J'ai vu ce que cela signifiait pour les Noirs d'être considérés et traités comme des citoyens de seconde zone dans leur propre pays. Mais j'ai aussi vu ce régime odieux s'effondrer et finir dans les poubelles de l'Histoire sans que ce pays ne sombre pour autant dans la guerre civile.

Aujourd'hui, je vois un régime d'apartheid émerger en Israël. Aussi odieux, aussi inhumain. Ce n'est bien sûr pas une copie conforme de ce qui s'est produit en Afrique du Sud. L'histoire ne se clone pas. Mais le fond – l'oppression de citoyens dans leur propre pays – reste le même.

Peut-être Israël aurait-il eu besoin aujourd'hui d'un Frederik De Klerk ou d'un Nelson Mandela ? Hélas, ce n'est pas le cas. C'est un vœu pieux. Une chimère de romantique. Mon objectif est de contribuer dans la mesure de mes moyens à créer les conditions nécessaires d'un dialogue constructif entre les Palestiniens et les Israéliens, dans lequel aucune des deux parties ne se trouverait en position d'infériorité – c'est ce que j'espère, et que je pense également possible.

Si je monte à bord, c'est en signe de non-violence et de solidarité. Larguer les amarres n'est pas un acte de guerre !

Aujourd’hui, sur le site de COURRIER INTERNATIONAL,

relayé par NOSE DE CHAMPAGNE.

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Commentaires
J
Eh bien voilà, quand on est submergé parce qu'on est subjugué, il arrive ce qui doit arriver : le subjectivisme. La flottille ne peut pas partir !
J
Il y a un truc que je ne comprends pas : pourquoi la flottille ne s'élance pas au large, dans les eaux internationles ? Après, elle peut dévier, non ?
N
[G]TOUS A L’AMBASSADE DE GRECE VENDREDI A PARIS ![/G]<br /> <br /> Face à la collaboration avec Israël du gouvernement grec, qui s’oppose au départ de la Flottille de la Liberté en direction de Gaza, l’heure est à la mobilisation générale, ont annoncé jeudi à Athènes les responsables de la Flottille.<br /> <br /> Pour la France, le porte-parole de la Flottille Thomas Sommer-Houdeville nous appelle à intervenir, sans plus tarder, auprès de l’ambassade de Grèce et de ses consulats en France (détails à la fin de ce message).<br /> <br /> A Paris, la coalition appelle à une manifestation VENDREDI 1ER JUILLET A PARTIR DE 18 HEURES DEVANT A L’AMBASSADE DE GRECE 17 RUE AUGUSTE VACQUERIE 75016 PARIS (Métros : Kléber, ligne 6 ou Charles-de-Gaulle/Etoile, lignes 1, 2, 6 ; RER A)<br /> <br /> La majorité des bateaux de la Flottille pour la Liberté de Gaza sont actuellement regroupés dans le port d’Athènes.<br /> <br /> Et tandis que l’Etat terroriste israélien a réussi à saboter deux d’entre eux, en toute impunité, et déclenché une campagne d’appel au meurtre de nos camarades, le gouvernement grec, avec le silence complice de tous ses alliés de l’Otan, dont la France, multiplie les embûches pour retarder le départ de la Flottille.<br /> <br /> En résumé, « Le gouvernement grec importe à Athènes le blocus de Gaza ».<br /> La solidarité avec le peuple palestinien passe par le départ de la Flottille.<br /> [G]Mobilisons-nous tous dès maintenant :[/G] <br /> A Paris devant l’ambassade <br /> A Marseille devant le Consulat Général de Grèce, 38 rue Grignan 04 91 33 08 69 cons.g.gr.mars@wanadoo.fr <br /> <br /> Et partout en France, occupons l’espace public, devant les mairies ou les préfectures, car devant la lâcheté et la complicité criminelle de nos gouvernants, il ne reste que la mobilisation citoyenne.<br /> <br /> [G]TELEPHONER, ECRIRE :[/G]<br /> Appelez l’ambassade et le Consulat de Grèce avec un seul message : Le gouvernement grec importe le blocus de Gaza à Athènes ! http://www.youtube.com/watch?v=wrZbeIhf8hU&feature=player_embedded<br /> <br /> Contactez les ambassades grecques avec un seul mot d’ordre : [G]LAISSEZ PARTIR NOTRE FLOTTILLE DE LA LIBERTÉ ![/G]<br /> Ambassade de Grèce<br /> 17 rue Auguste Vacquerie<br /> 01 47 23 72 28 mfapar@wanadoo.fr<br /> Bureau de Presse et de Communication 01 56 59 09 87 info@amb-grece.fr<br /> Consulat Général Marseille : 38 rue Grignan 04 91 33 08 69 cons.g.gr.mars@wanadoo.fr<br /> <br /> Fait le jeudi 30 juin à 16 heures<br /> <br /> [G]CAPJPO-EuroPalestine[/G], relayé par [G]NOSE[/G]
N
... par tant de subjugation, Juju !<br /> <br /> NOSE
J
tu as pensé à la mettre dans le bateau pour Gaza, pour servir de monnaie d'échange ? [mmm] [mdr]
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