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LE PIGEON BLEU
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2 septembre 2011

LA GRECE COULE

Une gaffe! Une erreur lamentable commise par des personnes qui ne disposent  «ni des connaissances, ni de l'expérience, ni de la responsabilité » nécessaires pour évaluer la situation de la Grèce. Dans la panique, le ministre grec des finances, Evangélos Vénizélos, a tenté de circonscrire l'incendie. Sans y parvenir. 

La publication, jeudi matin, par la presse des extraits du rapport d'un comité parlementaire indépendant sur l'état des finances de la Grèce n'a fait que confirmer ce que tout le monde pressentait. Selon ce comité, « la dynamique de la dette grecque est désormais hors de contrôle ». Alors que l'endettement public représentait 120% du PIB en mai 2010, il est en voie de dépasser les 160% aujourd'hui, soit plus de 350 milliards d'euros. Sous l'effet d'une récession qui ne faiblit pas et prive l'Etat de plus en plus de recettes fiscales, le déficit budgétaire ne cesse de s'amplifier. Au premier semestre, il s'est élevé à 14,9 milliards d'euros, alors que dans le plan arrêté par le FMI et l'Europe, il ne devait pas dépasser les 16,6 milliards d'euros pour l'ensemble de l'année. Autant dire que la Grèce est en train de couler.

Evangélos VenizélosEvangélos Venizélos© Reuters

Le ministre des finances a d'ailleurs lui-même reconnu la semaine dernière que rien n'allait comme prévu. Il avait même ajouté que «la Grèce était en grand danger ». Alors que le gouvernement, toujours aidé par l'Europe, prévoyait une récession, pour la troisième année consécutive, de 3,5%, il a annoncé que la chute de l'économie dépasserait les 4,5% en 2011. Prévisions encore optimistes selon certains économistes qui voient plutôt la Grèce finir avec une chute de 5% au moins à la fin de l'année.

 

L'ensemble de l'économie du pays est en voie de paralysie. Les entreprises ferment les unes après les autres. Le chômage dépasse les 15%. Alors que le gouvernement est sur le point de mettre en œuvre une nouvelle hausse de 10 points de la TVA, notamment dans la restauration, pour la porter de 13% à 23%, toute une économie parallèle se développe, le liquide, le troc prenant le pas sur les échanges légaux. Pour l'Etat, c'est autant de recettes en moins, autant de déficits en plus.

Les marchés ont déjà livré leur verdict sur la situation grecque. Pendant que les gouvernements européens se félicitent de l'accalmie survenue depuis la énième réplique de la crise mi-août, qu'ils soulignent les avancées spectaculaires de la gouvernance européenne en quelques semaines, le rendement des obligations grecques à deux ans a franchi le niveau invraisemblable de 46%. Il était à 7% en mai 2010.

Après sept plans d'austérité exigés par l'Europe, ce qu'il advient aujourd'hui à la Grèce était prévisible. Dès le printemps 2010, les économistes atterrés avaient alerté sur les dangers d'une austérité, prônée au nom de la vertu et du bon sens. Celle-ci ne pourrait que  conduire, avaient-ils mis en garde, à une dépression massive de l'économie, la dette venant s'ajouter à la dette jusqu'à ce que la situation devienne hors contrôle. C'est ce que décrit aujourd'hui le comité parlementaire.

De l'autre côté de l'Atlantique, des économistes considérés comme libéraux tenaient à peu près les mêmes propos: les plans d'ajustements classiques mis en œuvre par le FMI s'accompagnent toujours par une dévaluation monétaire forte qui permet d'alléger la charge de la dette et de redonner une compétitivité immédiate au pays. Dans le cas de la Grèce, rien de tel n'est possible, avaient-ils souligné puisque toute dévaluation monétaire lui est interdite du fait de son appartenance à l'euro. Dès lors, il n'y a que l'arme de la déflation interne, qui ne peut qu'aboutir à une grande dépression et à une explosion de l'économie.

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Commentaires
F
[G]Comment s'en étonner, après cette attaque de Cloclo, sabre au clair ???[/G]<br /> [Img]:url://storage.canalblog.com/65/44/341809/68189398.jpg[/Img]
C
La Banque de France pessimiste pour le troisième trimestre<br /> Le 08 septembre 2011 par Barbara Leblanc <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Selon sa deuxième estimation publiée le 8 septembre, la croissance du PIB devrait être encore plus mauvaise que prévu. <br /> <br /> La Banque de France a divisé par deux ses dernières prévisions du mois dernier. Elle table désormais sur une progression de[G] 0,1%[/G] au troisième trimestre. En août, elle estimait que le PIB allait augmenté de 0,2%. <br /> <br /> Le chiffre de la Banque de France est bien moins bon que celui de l’Insee. L’institut prévoit toujours une hausse du PIB de 0,5%. La Banque de France s’appuie sur sa dernière enquête mensuelle de conjoncture. Elle démontre que l’indicateur du climat des affaires dans l’industrie est resté le même qu’en juillet à 98 points. "Les carnets de commandes se sont maintenus à un niveau jugé supérieur à la normale, mais les entrées de commandes ont eu tendance à ralentir", souligne-t-elle. Mais le taux d'utilisation des capacités de production s’est pour sa part dégradé à 78,7% contre 79,4% en juillet. <br /> <br /> Pour l’ensemble de l’année, le Premier ministre François Fillon a annoncé fin août que le gouvernement prévoyait désormais une croissance du PIB de 1,75% contre les 2% prévus initialement. [mmm][mmm]
C
Car si [G]13% [/G]de la population vit en dessous du seuil de pauvreté en France, [G]la proportion atteint 50% à La Réunion[/G]. C’est dire l’ampleur de la crise,[holalala]
C
Un deuxième plan de sauvetage mort-né<br /> <br /> Les gouvernements européens n'ont voulu entendre aucun de ces avertissements. Aujourd'hui encore, malgré les faits et les chiffres plus alarmants les uns que les autres, ils persistent dans leur ligne. Une mission de la fameuse troïka, réunissant experts européens et du FMI, doit se rendre en Grèce dans les prochains jours afin de faire un point d'étape sur le programme d'ajustement annoncé par le gouvernement grec. Avant même d'avoir toutes les données en main, ils ont déjà indiqué que le compte n'y était pas et qu'il fallait d'autres engagements si la Grèce voulait voir débloquer la sixième tranche de prêts du plan d'aide de 110 milliards voté en mai 2010. Pour eux, le gouvernement doit passer à la vitesse supérieure, notamment en accélérant les privatisations, en imposant de nouvelles taxes et en supprimant la plupart des garanties sociales et des règles du droit du travail, qui, toujours selon eux, rigidifient le marché du travail. <br /> <br /> Pas un mot, en revanche, sur la problème majeur de la Grèce : un fardeau croissant de dettes qui a conduit le pays à être totalement insolvable. Lors de la réunion des chefs d'Etat et de gouvernements européens le 21 juillet, une petite prise de conscience semblait s'esquisser. Il avait été admis qu'une restructuration de la dette était nécessaire, et que les créanciers privés devaient y participer. Invités directement à la table du conseil européen, le président de l'institut financier international, représentant le lobby bancaire mondial, et les présidents de Deutsche Bank et de BNP Paribas, les deux principaux établissements bancaires européens, avaient consenti du bout des lèvres à accepter cette renégociation, à la condition qu'elle soit « volontaire ». <br /> <br /> Un mois et demi plus tard, les belles promesses des banquiers se sont envolées. En dépit de toutes les concessions du gouvernement grec pour obtenir l'accord des banques, celles-ci refusent de faire un quelconque sacrifice. La Grèce est dans une telle impasse qu'elle menace purement et simplement d'annuler tout le programme de restructuration de sa dette. Au risque d'aller jusqu'à l'explosion. Pas une voix ne s'est élevée au sein de l'Europe pour protester contre le non-respect des engagements pris par les banques. <br /> <br /> Car l'Union européenne espère toujours trouver une voie de compromis avec les banquiers pour sauver son deuxième plan d'aide. Pour le comité parlementaire grec, celui-ci est déjà mort-né, au vu du tourbillon infernal dans lequel sont prises les finances publiques. Mais cette analyse risque, comme tant d'autres, d'être ignorée. S'entêtant dans leurs analyses et dans leurs choix, les gouvernements veulent s'en tenir à la ligne arrêtée en juillet. Leur seule préoccupation est de la faire accepter par leur parlement. <br /> <br /> Balayant les principes de solidarité au sein de la zone euro, la Finlande a déjà négocié des contreparties bilatérales avec la Grèce, pour le prix de sa contribution. Les Pays-Bas et l'Autriche demandent à leur tour le même traitement de faveur. A la grande colère d'Angela Merkel qui estime ces demandes « déloyales » et contraires aux règles européennes. La chancelière allemande se montre d'autant plus ferme qu'elle n'est pas assurée d'obtenir l'accord de sa coalition à ce nouveau plan d'aide grec. Cherchant à rassembler sa majorité, elle a décidé de se donner du temps. Le débat sur le deuxième plan de sauvetage à la Grèce ne se tiendra qu'à partir du 29 septembre. D'ici là, de nouvelles répliques de la crise risquent de secouer la zone euro, qui pourraient précipiter l'écroulement de la Grèce. <br /> in : Mediapart<br /> cloclo
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