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LE PIGEON BLEU
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17 janvier 2012

Sarkozy et Fillon sont toujours les garants du triple AAA de leur gouvernement

militants_aaa

 

Rendons-leur justice :

Sarkozy et Fillon sont toujours les garants du triple AAA de leur gouvernement

 – Arnaque, Avidité et Arrogance - !

 

En ces temps où les girouettes médiatiques ne savent plus quel qualificatif apocalyptique utiliser pour caractériser la situation actuelle depuis l’annonce de la dégradation de la note accordée à la France par Standard & Poors, il est intéressant de constater à quelle effarante vitesse les discours des uns et des autres peuvent évoluer et aussi les ravages, qu’en ces temps de campagne électorale, l’amnésie peut provoquer. Il est vrai qu’une agence portant un tel nom aurait déjà du susciter la méfiance quant à ses buts philanthropiques, à moins de considérer que la standardisation de la pauvreté soit le nec plus ultra de l’État-Providence.

 

Mais rendons à César ce qui est à César, et dans ce cas, la couronne de lauriers n’est pas pour Jules mais peut être accordée tant à Sarkozy qu’à Fillon pour l’incroyable numéro de prestidigitateur auxquels ils se sont livrés de concert et en toute impudence ces derniers jours, depuis l’annonce de la dégradation de la note par S&P.

 

Les mêmes qui, ces derniers mois jusqu’à la semaine précédant cette annonce, clamaient avec des trémolos emphatiques qu’il fallait à tout prix sauver le soldat triple A, allant jusqu’à accuser de haute trahison passible de cour martiale ceux qui ne souscrivaient pas à leurs plans d’austérité, retrouvent, par la magie de la décision d’une officine qui n’est rien d’autre qu’un des membres de la Garde Prétorienne du capital financier, en fouillant dans les limbes de leurs vagues souvenirs, des accents gaulliens pour proclamer qu’il n’appartient pas aux agences de notation de définir ce que doit être la politique de la France.

 

Un des accessits revient de droit à l’arrogant Fillon, qui, « fort » de son bilan catastrophique qui a vu exploser les déficits publics, sommait encore la semaine dernière le candidat socialiste de soumettre son programme à S&P pour ensuite affirmer que la politique de la France ne dépendait pas des agences de notation. Cherchez l’erreur ! Le même qui d’ailleurs, face aux profits records annoncés par les sociétés du CAC40, loin d’en remettre en question la légitimité, leur demandait juste de faire dans la discrétion et de ne pas trop pavoiser sur la place publique !

 

Cette soudaine résilience aux accents gaulliens serait-elle le signe d’une prise de conscience de l’inanité de leurs choix politiques pour une austérité implacable qui, non seulement n’offre aucune sortie de crise, mais va même en aggraver les conséquences ?

Bien sûr que non, car toute cette campagne catastrophiste matraquée depuis des mois visait avant tout à essayer de légitimer des politiques de casse et d’injustice sociales dont l’impact électoral risquait d’être important. D’autant que l’expérience d’autres pays et d’autres continents, notamment l’Amérique Latine, montre que ce choix de l’austérité est voué à l’échec et sera synonyme de souffrances sociales aggravées. C’est même pour eux l’occasion d’en remettre une couche, en essayant de verrouiller encore plus les orientations néolibérales pourtant à l’origine de la crise, achevant de vider, dans le cadre européen, ce qui subsiste d’espace démocratique et de souveraineté dans les institutions européennes et anticipant ainsi, d’éventuelles mauvaises fortunes électorales. De règle d’or en sommet pseudo social, tout l’arsenal des grosses ficelles néolibérales est utilisé pour préparer des peuples déjà durement éprouvés à une cure supplémentaire d’austérité et de privations.   

 

Car ces rodomontades soudaines d’indépendance envers le pouvoir financier ne sont que des jeux de dupes, dans la mesure où n’est pas remis en cause le Traité de Lisbonne qui consacre l’asservissement des institutions politiques de l’Union Européenne au pouvoir financier, en octroyant des pouvoirs exorbitants à la Banque Centrale Européenne, hors de tout contrôle démocratique et surtout en rendant les états membres totalement dépendants des puissances financières privées pour l’accès au crédit.

Ce qui permet à la BCE de prêter des fonds publics à des banques privées à des taux très bas tout en s’interdisant de prêter aux États membres, pendant que ces banques privées prêtent ces mêmes fonds à des taux usuriers aux États ou, pire, refusent d’accorder des crédits aux États préférant faire fructifier ces fonds en les redéposant dans les coffres de la BCE.

D’où la place extravagante prise par ces agences de notation pourtant à l’origine de la crise de 2008 aux USA, elles qui avaient avalisé sans coup férir tout le système des subprimes dont l’explosion a déclenche une réaction en chaîne conduisant à la situation actuelle.

Or, ce Traité n’a été approuvé en France que grâce à un tour de passe-passe qui a permis de s’asseoir sur le vote souverain du peuple Français, lors du référendum de 2005.

 

La campagne actuelle pour les Présidentielles va constituer donc une occasion idéale pour évaluer le courage politique de ceux qui sont prêts à affronter ce diktat financier et à remettre en cause l’architecture néolibérale des institutions européennes. « Place au peuple » clame Jean-Luc Mélenchon, le candidat du Front de Gauche. En effet, il faudra que le peuple prenne toute sa place pour faire prévaloir d’autres choix que ceux de rançonner les peuples pour gaver la finance. Et ce ne sont pas les approximations démagogiques d’un FN qui n’a jamais, au Parlement Européen, remis en question ces orientations néolibérales qui peuvent répondre à cette attente. "Je suis le candidat de la résistance face aux agences de la notation" affirme Jean-Luc Mélenchon. L’heure est plus que jamais à l’offensive pour redonner aux mots démocratie et souveraineté tout leur sens. Cela passe par une remise en cause frontale de ce funeste traité et du carcan néolibéral dans lequel est enfermée l’Union Européenne.

 

Pedro DA NOBREGA

17/01/2012

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Commentaires
C
Effet mécanique de la dégradation de la note de l’Etat français, l’agence de notation [G]Standard and Poor’s [/G]vient de dégrader la note de plusieurs entreprises publiques. Ces notes sont censées refléter la capacité de ces entreprises à rembourser leurs créances. Selon le communiqué de presse de l’agence de notation sont concernées : [G]EDF et sa filiale RTE, la SNCF et Aéroports de Paris. [/G]
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