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LE PIGEON BLEU
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2 février 2012

SAMUDARIPEN (GENOCIDE)

 Après les camps,

la mise au ban...

Il pleut, l'air est glacé, ils marchent, le long de la "Judenramp", la "Rampe des Juifs", du camp d'Auschwitz-Birkenau, en Pologne, là où marchèrent vers la mort les Juifs et les Tziganes. Et, s'ils marchent c'est que le bus a stoppé net, bien avant le camp. Car les riverains se pleignent de tous ces voyageurs qui viennent se recueillir ici. Oui, il y a des riverains ! Ils habitent de pimpants pavillons neufs, jaune, vert pomme ou beiges, et de petits immeubles face à ces rails maudits. Les voyageurs sont tétanisés: "Je suis sous le choc ! Cette idée, de construire une maison là ! Cela témoigne d'un sens de l'Histoire et de la mémoire exceptionnel !"

Rien que ces images stupéfiantes vaudraient un film, mais celui d'Anna Pitoun a un autre objet. Car, pour la première fois, un petit groupe de Tziganes français s'est joint au pélerinage des Juifs. Unis, proches mais pas égaux dans le souvenir. Seul au monde à être "un peuple sans pays", le peuple de voyageurs est aussi sans mémoire écrite. Pas ou si peu de livres sur le massacre des 250 000 à 500 000 Tziganes assassinés par les nazis. "Nous avons peur que tout s'efface..."

Aussi, tous écoutent Benjamin Orenstein, arrivé à Auschwitz le 4 août 1944 au lendemain de l'extermination des Tziganes. "Avant, les SS venaient les voir jouer de la musique et danser, comme au spectacle." Les manouches devaient être gazés en mai, "mais ils se sont armés de barres de fer, se sont soulevés, battus...". Les hommes valides ont été emmenés. Les femmes, les vieux, les enfants, les malades sont restés. Tous ont fini leur vie, le 3 août, dans les chambres à gaz.

Au Pavillon tzigane d'Auschwitz, il y a la photo d'une fillette sur une balançoire mais aux yeux affolés. Et une carte de France montrant les camps où ils furent internés avant d'être déportés. Il y en a beaucoup, de Compiègne à la Bretagne. Et tous ces noms que les visiteurs photographient fiévreusement, "pour ne pas oublier".

Anna Pitoun suit la petite assemblée dans sa déambulation et ses discussions. Pourquoi les Roms n'ont-ils pas écrit leur histoire ? "On m'avait tout caché, ma mère avait tout oublié", confie une conteuse tzigane à une chanteuse yiddish. "Notre mémoire n'est pas collective mais personnelle, elle n'est pas écrite mais orale".

Aujourd'hui, "soixante-dix ans après Auschwitz, 13 millions d'habitants de l'Europe sont roms, et sont au ban de la société. Pourquoi avons-nous fait l'Europe, alors ?". Cette question, Anna Pitoun la pose aux quatre coins de l'Europe, dans des salles où l'on se presse pour débattre autour de son film étonnant.

Le début du recueil de la mémoire tzigane ?

D.S.

Le Canard enchaîné du 1.02.2012

*DVD "Pologne aller-retour", 12 Euros, c/o Caravane Films, 12, rue Gérando, 75009 Paris, ou sur "Caravanefilms.fr".

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Commentaires
P
C'est bien, avec Nose, on a la météo en direct de Champagne et même les prévisions!<br /> <br /> Et, Anna, bien sûr qu'il faut chauffer la pelouse du stade de France! Tu ne voudrais quand même pas que ces pauvres footballeurs se fassent des entorses! Non mais, tu es vraiment sans pitié! Et comment ils pourraient payer leurs soins, hein?[Ange][houuuuu]
A
il neige !!!!!!!!!!!!!!
A
la pelouse du stade de France !!!!!!!!!!!!!
N
... à c't'heure devant la cuisine. On a rentré les chats, les chiens et mis le chauffage à fond. Ils annoncent - 14°C à Reims au lever du jour demain matin... Très dur pour les SDF...<br /> <br /> <br /> <br /> NOSE
N
... çà s'est réchauffé, parce qu'à la mi-temps de France-Italie, il fait moins 6°C, ici ! Mais si çà descend à 7 béries, les Italiens vont chopper une congestion !<br /> <br /> <br /> <br /> NOSE
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