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LE PIGEON BLEU
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20 février 2012

Les Dom, et parmi eux la Réunion, coûteraient trop cher à la France.

Les Dom, et parmi eux la Réunion, coûteraient trop cher à la France. La complainte n’est pas nouvelle, mais elle ressort ponctuellement de façon plus vive. Dans son dernier rapport, par exemple, la Cour des comptes demande la suppression de la défiscalisation immobilière dans le logement social outre-mer. Jugé trop coûteux, le dispositif inscrit dans la Lodeom, en 2009, a pourtant fait ses preuves. Représen-tant une manne financière de près de 170 millions d’euros en 2011, il a permis, en complément de la LBU (Ligne budgétaire unique), le financement de 4700 logements sociaux à la Réunion l’an passé, un résultat encore jamais atteint en matière de programmation. Ce pavé dans la mare de la Cour des comptes corrobore le discours ambiant, amplifié par la crise mondiale et l’endettement de la France, sur la cherté des Dom. L’incitation, voire l’exhortation du gouvernement au développement endogène des Dom en général et de la Réunion en particulier n’en est qu’une illustration. Mais viendrait-il à l’idée du gouvernement de réclamer à la Creuse, à la Picardie ou au Limousin de s’en sortir un peu plus par eux-mêmes ? Certes, les chiffres sont sans appel. La Réunion est "perfusée" par la métropole à hauteur de 4,519 milliards d’euros par an (comptes définitifs Insee 2007). Les recettes perçues en impôts et cotisations sociales, soit 2,958 milliards d’euros, ne représentent même pas la moitié des dépenses d’un montant total de 7,477 milliards d’euros (comptes définitifs Insee 2007, voir nos infographies).  Les dépenses courantes de l’Etat représentent 15,3% du PIB, contre 11,3% à l’échelle nationale. Les prestations sociales représentent 26,3% du PIB contre 25% dans l’hexagone. Enfin, l’investissement représente 2,8% du PIB contre 1,8% sur l’ensemble de la France.  "La Réunion est une région assez défavorisée économiquement, relève Michel Brasset, responsable de comptes et des analyses économiques à l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques). Elle a des handicaps. Ces ratios sont liés à la situation locale dégradée de l’emploi et à la jeunesse de la population, explique-t-il. Pour mémoire, la moitié des ménages se situe en dessous du seuil de pauvreté. Des revenus inférieurs localement induisent logiquement des montants d’allocations et de prestations sociales supérieurs à la moyenne du territoire national." Et pourtant, contrairement à une idée reçue, un Réunionnais coûte en moyenne nettement moins cher à l’Etat qu’un métropolitain. Que ce soit en termes de prestations sociales (4584 euros par Réunionnais et par an contre 7406 euros par métropolitain et par an), de salaires des fonctionnaires (2282 euros contre 2837 euros) ou d’investissement (199 euros contre 256 euros). Un décalage qui s’explique, là encore, par des raisons structurelles. "En raison d’une structure des âges différente, l’Etat verse proportionnellement moins de pensions de retraites à la Réunion qu’en métropole, explique Michel Brasset. Or celles-ci constitue, à la Réunion comme en métropole, le gros des prestations sociales. Par ailleurs, poursuit-il, on recense dans les mairies réunionnaises beaucoup de contrats aidés, dont les salaires correspondent au minimum légal, ce qui compense les sur-rémunérations des salaires publics. Cette situation est liée, d’une part, au fait que les collectivité locales n’ont pas les moyens de s’aligner sur les salaires indexés dans la fonction publique d’Etat. D’autre part, les emplois communaux jouent traditionnellement un rôle d’amortisseur social dans le département. Le poids des emplois administratifs est très important dans les petites communes et sert à maintenir une activité économique sur place." Des comptes publics réunionnais structurellement en déséquilibre, et dont les recettes ne couvrent même pas la moitié des dépenses ; un ratio du PIB par tête qui tend à augmenter, alors que le ratio des prestations sociales par tête tend à diminuer, soit une convergence qui traduit le rapprochement du modèle réunionnais de celui de métropole...  Ces phénomènes correspondent à une tendance lourde observée depuis au moins 20 ans. Les chiffres définitifs de 2007 s’inscrivent dans la continuité de ceux de l’étude de l’Insee sur la décennie 1993-2002 sur "L’émergence de nouveaux moteurs de croissance", dont un chapitre était consacré à "Une croissance des dépenses publiques moins rapide que le PIB". Selon l’Insee, l’analyse de l’époque reste totalement d’actualité : "On peut ainsi considérer la dépense publique réunionnaise engagée dans un phénomène de double-rattrapage : rattrapage vers le haut des niveaux français de dépenses par habitant et rattrapage vers le bas du poids moyen de la dépense publique dans l’économie (...) La baisse de la part du secteur des administrations publiques dans le PIB est une transformation notable de l’économie récente réunionnaise (...) Il faut chercher ailleurs que dans l’accroissement quantitatif (du transfert public national vers la Réunion) les moteurs de la croissance réunionnaise sur la période récente." Aujourd’hui encore, Michel  Brasset confirme : "Nous sommes sur la bonne voie du rattrapage à la Réunion, mais nous restons plus mal lotis que la métro-pole.Très lentement, nous nous rapprochons des ratios nationaux, mais les chiffres des dépenses de l’Etat à la Réunion sont loin d’être scandaleux ! Nous sommes sur la bonne voie, mais il va encore falloir quelques dizaines d’années pour que le rattrapage soit effectif." La Réunion, trop chère ? Tout dépend du point de vue où on se place.

Dossier : Séverine Dargent

in : le JIR

 

cloclo

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Commentaires
C
Chômage : tous concernés <br /> <br /> <br /> <br /> 27 février 2012 Sanjiv DINAMA<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Les derniers chiffres concernant le nombre de demandeurs d’emploi à La Réunion viennent d’être publiés. Ils montrent la gravité de la situation. Au total, près de 152.000 Réunionnais sont inscrits au Pôle Emploi en tant que demandeurs d’emploi. Le chômage touche aujourd’hui toutes les catégories de la population. Une forte progression des demandeurs d’emploi de longue durée (un an ou plus) est enregistrée. La situation d’aggravation de crise que connaît La Réunion exige des mesures immédiates : prime de vie chère de 200 euros pendant 4 mois. Chômage, 120.000 illettrés, pénurie de logements, la moitié de la population en dessous du seuil de pauvreté : c’est toute l’illustration de l’impasse de la politique du gouvernement : la conjonction de ces facteurs crée une situation explosive.<br /> <br /> <br /> <br /> in : temoignage Réunion[Héééhooo]
P
Surtout quand il n'y a pas d'arguments, c'est cool...[Youpiii]
J
[I][G][I]pour ma part , je regarderai l'emission , il faut toujours ecouter l'adversaire pour mieux le combattre , et je ne pense pas que les arguments de la marine puissent jouer sur mon subconscient pour que à l'insu de mon plein gré , j'aille voter pour elle [/I][/G][/I]<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> ...ce n'est pas se rendre service que de faire l'aveugle et le sourd, surtout quand on sait ce qu'on ne veut pas avoir chez nous.
C
il ne faut pas lui en promettre !!![mdr][mdr]
C
Selon une enquête menée au quatrième trimestre 2011, UFC Que Choisir a constaté une différence de prix de [G]68%[/G] entre les prix observés en France et à La Réunion. Un tel écart donne une idée de l’ampleur de la crise. Ce ne sont pas de simples astuces qui vont régler le problème.[Help]
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