Exemplarité !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
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Pour leur comportement indigne sous le maillot de l’équipe de France, quatre footballeurs ont été tancés par une grande majorité de Français et font l’objet d’une convocation devant le conseil de discipline de la fédération.
Dans un autre registre, d’autres représentants de la Nation se sont montrés tout aussi affligeants eu égard à leurs fonctions. Mais ils n’encourent aucune sanction. Jeudi soir, à l’Assemblée nationale, des députés de droite ont poussé de drôles exclamations au moment où Cécile Duflot prenait la parole. Motif de cette agitation : la ministre du logement portait une robe. Si bien que le président de l’assemblée, Claude Bartolone, a dû intervenir pour remettre de l’ordre.
Hier, le secrétaire général de l’UMP a réagi en jugeant "profondément choquants" les "propos machistes" de ses collègues. Jean-François Copé avait bien du mal à dissiper le malaise provoqué par cet épisode consternant. Car il dirige un parti qui a préféré payer 4 millions d’euros de pénalités plutôt que présenter autant de femmes que d’hommes aux législatives. Et dans ses rangs, certains ne sont pas du tout choqués par ces remarques déplacées sur la robe bleue et blanche de la ministre. Selon Le Parisien, la députée de la Moselle, qui est pourtant présidente de la délégation aux droits de la femme, a préféré sourire de cette "blague de potache". Quant au député UMP de la Somme, Alain Gest, il estime que ce chahut était une réponse à Cécile Duflot qui a "provoqué cela en arrivant les fois précédentes en jean dans l’hémicycle".
L’explication pourrait être convaincante si de nombreuses élues ne racontaient comment elles font régulièrement l’objet de remarques sexistes, salaces ou méprisantes. Le monde politique ne compte pas forcément plus de beaufs ou de ringards que le reste de la société. Mais on est en droit d’attendre des représentants du peuple qu’ils montrent l’exemple au moment ou des textes de loi cherchent à faire évoluer notre société, à lutter contre les discriminations, le poids des préjugés.
Les députés oublient-ils ce qu’ils sont censés incarner ? On peut se le demander. Car un autre épisode, cette semaine, ne vient pas redorer leur image. L’amendement visant à la transparence de leur frais de représentation (6 412 euros brut en plus de leur indemnité de parlementaire de 7 100 euros brut et du crédit pour l’emploi de collaborateurs de 9 138 euros) a été rejeté. Le texte n’était pas adapté, a jugé Bruno Le Roux du PS. Certes. Mais les dégâts sont là.
Ce refus laisse le sentiment que les députés veulent avant tout préserver leurs petits privilèges. Le genre de position qui va à contre-courant des discours dominants sur le contrôle des dépenses publics et l’exemplarité des gouvernants ou des élus. Ce genre de désaccords entre parlementaires ne fait que renforcer la suspicion à leur égard alors que leur cote de confiance dans l’opinion n’est déjà pas très élevée. Et qu’il existe toujours dans un pays un vieux fond anti-parlementaire. C’est ce qui s’appelle tendre le bâton pour se faire battre.
Jérôme Talpin in : le JIR .
cloclo