13 novembre 2012
LE POETE A TOUJOURS RAISON
Sonnet du Trou du Cul
Obscur et froncé comme un oeillet violet
Il respire, humblement tapi parmi la mousse
Humide encore d'amour qui suit la fuite douce
Des fesses blanches jusqu'au coeur de son ourlet.
Des filaments pareils à des larmes de lait
Ont pleuré, sous l'autant cruel qui les repousse,
A travers de petits caillots de marne rousse
Pour s'aller perdre où la pente les appelait.
Ma bouche s'accouple souvent à sa ventouse;
Mon âme, du coït matériel jalouse,
En fit son larmier fauve et nid de sanglots.
C'est l'olive pamée, et la flûte câline;
C'est le tube où descend la céleste praline:
Chanaan féminin dans les moiteurs éclos !
Arthur Rimbaud / Paul Verlaine
Octobre 1871.
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