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LE PIGEON BLEU
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7 février 2008

IMPORTANTE INFORMATION

 

ALGÉRIE: 3ème volet de La Trilogie d'Exil


De Jean-Pierre LLEDO

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TRILOGIE D’EXIL

En 1993, comme de nombreux intellectuels et artistes algériens, le cinéaste Jean-Pierre Lledo se voit contraint, face aux menaces du terrorisme islamiste, de quitter son pays pour venir en France.

De ce côté-ci de la Méditerranée, il entreprend de présenter ses films dans différentes villes françaises et s’aperçoit rapidement qu’un même sentiment soude la grande majorité des spectateurs qui viennent débattre avec lui. Qu’ils soient d’origine berbère, arabe, juive ou européenne, ils expriment tous un grand attachement pour l’Algérie. Cette Algérie d’où ils se sentent pour beaucoup, eux aussi, en exil ; la fin du système colonial français en 1962 ayant eu pour conséquences immédiates son indépendance, mais également l’exode de plus d’un million d’hommes et de femmes qui y étaient nés.

Optant pour le cinéma documentaire, il renoue alors avec une mémoire refoulée, celle de la coexistence des trois communautés algériennes d’origine musulmane, juive et chrétienne, avec cette question obsédante : " L’Algérie était devenue indépendante, pourquoi n’avait-elle pas réussi à être fraternelle ? ".

A partir de cette question, et avec la volonté de n’exclure aucune des sensibilités, Jean-Pierre Lledo va réaliser sa " trilogie d’exil ", revisitant ainsi une histoire algéro-française jusque-là engluée dans de multiples stéréotypes et caricatures.

1er volet : le rêve

Tout d’abord, il interroge ce rêve qui l’habite toujours et que partagèrent de nombreux combattants anticoloniaux de toutes origines et de toutes confessions, pour qui l’Algérie se devait de devenir indépendante et multiethnique. Sur ce sujet, il réalise deux films en compagnie de 2 figures historiques, incarnant ce combat.

-   Pour la télévision, en 1996 : " Lisette Vincent, une femme algérienne " dresse le portrait de cette fille de " colon " oranais, institutrice, militante infatigable d’une Ecole ouverte à tous les enfants, notamment arabes… Mais qui quitte l’Algérie en 1970.

-   Pour le cinéma, en 2003, " Un rêve algérien " propose à Henri Alleg (auteur de " La Question " / premier témoignage censuré sur la torture infligée par l’armée française) de retrouver en Algérie ses anciens amis de la famille communiste, seule famille politique ethniquement mixte durant la colonisation. Et notamment les anciens journalistes d’ "Alger Républicain", quotidien mythique qu’il dirigea de 1950 à 55, puis co-dirigea de 1962 à 1965 : le coup d’Etat de Boumédienne met fin au quotidien et pousse son directeur à quitter l’Algérie.

2e volet : les fantômes

Parallèlement, Jean-Pierre Lledo décide de filmer, au gré de ses voyages en France, le témoignage d’autres exilés : harkis, juifs et pieds noirs des années 60 et intellectuels algériens des années 90. " Algéries, mes fantômes " (2004) leur donne la parole et leurs différents témoignages se répondent en écho, dessinant une longue histoire d’exclusions politiques successives. Au fil de leurs réflexions et au bout de toutes les nostalgies s’exprime, en creux, le sentiment d’une formidable occasion manquée d’une Algérie multiethnique et multiculturelle.

3e volet : les absents

En ce début d’année 2008, " Algérie, histoires à ne pas dire " est réalisé comme le contrechamp du film précédent, puisque tourné entièrement en Algérie. Là, ce sont les Algériens d’origine musulmane dont Jean-Pierre Lledo sollicite la mémoire pour évoquer l’Absent parti en 1962, et se demander si cette fin tragique sanctionnait une impossibilité à vivre ensemble.
En compagnie des 4 personnages principaux qui reviennent sur les années de guerre 1954-1962, nous prenons conscience que le nationalisme, définissant l’algérianité sur des critères ethno-religieux, eut aussi sa part de responsabilité.

Comme l’écrit l’historien Gilles Manceron en employant l’image qui renvoie à ces portes blindées à plusieurs clés : " Elles ne s'ouvrent que si on introduit et fait tourner simultanément deux clés différentes. Dans le cas de l'histoire franco-algérienne, c'est à cette nécessité que nous sommes confrontés. Les tabous d'une rive servant à conforter et à renforcer ceux de l'autre. "

Pour l’instant, " ces histoires à ne pas dire " pourront être vues et entendues en France à partir du 27 février prochain alors qu’en Algérie, le film, dont les avant-premières de juin 2007 et de janvier 2008 ont été interdites, n’a toujours pas reçu de visa d’exploitation.


Dans le débat très actuel et l'ardente nécessité de trouver les voies d'élaboration d’'une mémoire commune entre la France et l'Algérie, Jean-Pierre Lledo, par ses films, propose que chacun puisse apporter sa part de vérité au service d'une histoire plurielle.

Son nouveau long-métrage documentaire " Algérie, histoires à ne pas dire ", 3e volet de sa Trilogie d'exil, sortira en France le 27 février prochain en partenariat avec le quotidien Le Monde, RFI ainsi que les associations Coup de Soleil et ACID (Agence du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion).

Une projection spéciale en direction des associations, des syndicats, des partis politiques et des chercheurs des régions PACA et Languedoc Roussillon aura lieu, avec le soutien des associations Cinémas du Sud et Rendez-vous des quais, en présence du réalisateur,

Le dimanche 24 février 2008 à 14h (durée 2h40)
au CRDP d’'Aix-Marseille – Rendez-vous des Quais
31 boulevard d’'Athènes
13 001 Marseille.


Contact pour
invitations à la projection film débat:
Pour Colifilms
Philippe Hagué
philippe.hague@wanadoo.fr
06 07 78 25 71


TZ.

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Commentaires
E
Les ami(e)s,<br /> <br /> Si vous pouvez contacter des associations culturelles, syndicats, qui ont des contacts et sont intéressés par cette projection unique et un débat avec le réalisateur Jean-Pierre LLEDO, transmettez.
C
Salut ma soeur ,[Bouquet]<br /> <br /> je crois que ton analyse est bonne , mais dans les faits , la segregation sociale dressait de tels murs , que chaque communauté ou sous element de chaque communauté vivait dans son gettho , plus ou moins agreable à vivre , et plutot moins pour les arabes .[copain]
M
mon frère, la ségrégation était sociale et non ethnique. Je ne vais pas te citer les noms des familles de la grande bourgeoisie tunisienne qui fréquentaient des européens, mais il y en avait. <br /> Il existait des colons qui ne fréquentaient ni les juifs ni les arabes,mais c'était une minorité, ils ne fréquentaient pas d'avantage les "français" du peuple.<br /> De même qu'il y avait une ségrégation sociale entre la bourgeoisie juive "livournaise" et les juifs autochtones. ( Ils n'habitaient pas les mêmes quartiers, évitaient les mariages entre eux.)<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> En revanche il y avait peu de mariages entre "communautés"( la première femme de Bourguiba était française.)<br /> <br /> Je pense qu'employer le terme apartheid pour ce qui concerne la Tunisie avec tout ce que cela implique de référence à l'Afrique du Sud peut égarer le lecteur.
C
Dans la Tunisie du protectorat , nous n'étions pas chez nous , et nous vivions dans une societé d'apartheid .<br /> Les francais entre eux , les italiens itou , les maltais idem , les juifs à part , les arabes invisibles !<br /> Ce n'est qu'a partir de l'independance en 54 et jusqu'a mon départ en 58 , que j'ai connu , les arabes , à l'ecole , et l'arabe que j'ai étudié , mais quand j'avais un tableau d'honneur en arabe , si les autres notes n'etaient que moyennes , je prenais quand meme une rouste !!![holalala]
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