Canalblog Tous les blogs
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
LE PIGEON BLEU
Publicité
6 février 2012

Logement : Lettre réponse de M. Bourgoin, Maire de Gennevilliers à M. Cantona

dessin_placide_20_ans_fap_xl

 

Monsieur,

 

Je vous remercie pour votre courrier à l’adresse des Maires que j’ai lu avec une grande attention. Vous écrivez vouloir placer la question du logement au cœur du débat des élections présidentielles. Je partage pleinement votre approche et votre combat.

Je suis Maire de Gennevilliers, une ville populaire du département des Hauts-de-Seine, située dans la première couronne de la région parisienne. Avec tous les élus, nous recevons de plus en plus de familles confrontées à des problèmes de logement : habitat insalubre, mal-logement, et qui sont contraintes d’attendre pendant des années un logement social.

Cette crise du logement n’est pas une simple conséquence de la crise financière. Elle est le résultat de politiques volontaires renforcées par ce gouvernement, qui ont transformé le logement en marchandise et en outil spéculatif, bien loin de la conception fondamentale du droit au logement.

Avec 64 % de logements sociaux dans ma commune, nous menons une politique volontariste visant à permettre à chacun de pouvoir se loger dignement et sans exclusion.

Et pour ce faire, nous réalisons une programmation globale de l’habitat équilibrée avec 50 % de logements sociaux et 50 % de logements en accession. De 2011 à 2016, nous avons prévu de construire, chaque année, 750 logements par an (objectif inscrit dans notre PLH). C’est en ce sens que notre futur écoquartier accueillera 1 720 logements diversifiés. Depuis plusieurs années, Gennevilliers est une ville pilote dans l’éradication de l’habitat insalubre. Nous avons signé, en 2009, un deuxième protocole de coopération avec l’État pour éradiquer l’habitat indigne. 913 logements indignes ont été répertoriés et à ce jour 587 traités (527 fermés définitivement et 60 mis en conformité). Et nous avons relogé, à Gennevilliers, 290 ménages, représentants 571 personnes, dont 156 enfants.

En 2014, c’est notre objectif, et nous le tiendrons, il n’y aura plus de logement indigne sur notre ville. Ce résultat est le fruit de notre politique volontariste et prouve qu’il est possible de mettre fin à l’habitat insalubre.

Le droit au logement pour tous et partout est bien une question fondamentale pour notre société. Plus que jamais, Il est urgent de se mobiliser contre la politique désastreuse du gouvernement : baisse du budget en faveur du logement social de -20 % sur la période 2008-2011 et augmentation du soutien à l’investissement spéculatif au travers de dispositifs fiscaux qui ponctionnent sur le budget de l’État de 10,7 milliards d’euros.

Afin d’en juger, je vous invite à observer ce qui est fait dans notre département, véritable laboratoire de mise en place des politiques nationales qui créent de nombreuses disparités, comme la vente des logements sociaux initiés par Monsieur Nicolas Sarkozy quand il était président du Conseil général des Hauts-de-Seine.

Aujourd'hui, se loger dans notre département est de plus en plus difficile, car les prix de l'immobilier et des loyers explosent. En tout, ce sont près de 100 000 familles qui restent en attente d'un logement social.

La création de logements sociaux est la seule solution efficace pour régler le problème dans son ensemble parmi lesquels les problèmes récurrents de l’hébergement d’urgence, du mal-logement et notamment chez les jeunes.

10 ans après la loi de Solidarité et Renouvellement urbain (loi SRU), force est de constater que de nombreuses villes ne respectent toujours pas cette loi. C'est le cas de 14 communes sur 36 dans les Hauts-de-Seine, qui préfèrent payer de faibles amendes plutôt que d'accueillir des logements sociaux.

Certaines municipalités, qui se vantent de construire du logement social, ne font aucun effort pour en construire de vraiment abordables, à savoir des PLAI et des PLUS. Elles font uniquement du PLS inaccessible aux couches populaires.

L’argument du manque de foncier disponible est très souvent brandi par ces villes comme explication objective.

Pourtant, le nombre de programmes de constructions de bureaux ou de logements de standing n’a jamais été aussi important.

Entre 1999 et 2006, le nombre de logements a augmenté de 8,5 % (+ 53 129 logements) mais le nombre de logements sociaux a, lui, diminué de 3,82 % (- 6 975 logements sociaux).

Le Conseil Général des Hauts-de-Seine est un des départements les plus riches de France et a largement les moyens de mener une autre politique en faveur du logement. Pourtant, il choisit d’adopter une attitude discriminatoire sur le financement de nouveaux logements sociaux vis-à-vis des villes qui ont plus de 40 % de logements sociaux.

Enfin, concernant l’encadrement des loyers du privé, il est inadmissible qu’aucune réglementation plus ferme ne soit appliquée : dans l’agglomération parisienne, les loyers ont augmenté de 30 % en 10 ans alors que nos concitoyens vivent des situations de plus en plus précaires, que les revenus n’ont pas augmenté, voire sont en baisse.

Vous l’aurez compris, ma position d’élu local confronté au problème de logement quotidien de nos concitoyens, mon expérience de mise en place d’actions novatrices dans le domaine avec de nombreuses luttes menées pour obtenir les financements pour le logement social, m’amène à partager avec vous l’urgence du débat, la nécessité de répondre aux besoins du logement et de faire d’autres choix pour nos concitoyens.

Mais nous ne pouvons pas nous contenter d’un simple saupoudrage pour palier les défaillances de ces dernières années. Nous ne pouvons pas attendre que chaque candidat ajoute un paragraphe sur le logement dans son programme sous prétexte que les médias mettent, momentanément, la lumière sur ce thème.

C’est un combat de longue haleine qui est mené depuis des années par différents acteurs, dont fait partie la Fondation Abbé Pierre.

Il s’agit de porter un autre choix de société : celui du droit pour tous contre celui de préservation des droits des privilégiés, celui du droit à la ville pour tous contre celui de la spéculation qui entraîne l’exclusion.

C’est pourquoi, j’ai fait le choix de m’engager dans un rassemblement large de forces politiques, associatives et de citoyens : le Front de Gauche. Le Front de Gauche porte sur le fond cette question et propose des solutions concrètes pour un véritable changement : un plan d’urgence nationale pluriannuel de 200 000 logements sociaux par an pendant cinq ans, comprenant un volet spécifique de logements étudiants et pour les jeunes ; un budget du logement à hauteur de 2 % du PIB ; un encadrement des loyers du public et du privé pour atteindre l’objectif que le loyer ne représente pas plus de 20 % des revenus des familles.

Dans l’espoir que ces quelques éléments livrés à partir de mes expériences locales puissent donner un autre éclairage sur les problèmes du logement, je vous propose de porter ensemble des alternatives, en construisant un front uni pour un véritable changement.

Je vous prie de croire, Monsieur, à l’assurance de ma considération distinguée.

 

 

Jacques BOURGOIN Maire de Gennevilliers - Conseiller Général des Hauts-de-Seine

 

 

Copyright © Elunet.org, Portail de l'action des Elus et de la vie citoyenne

 

Transmis par Pedro

Publicité
Commentaires
J
[I]L'extrême gauche crie beaucoup mais ne mord pas[/I], qu'elle dit la Marine !<br /> <br /> <br /> <br /> Oui, nous le savions déjà que pour être de gauche il faut faire fonctionner ses neurones et son coeur aussi.<br /> <br /> Etre de droite c'est beaucoup plus facile, il suffit de laisser aller ses bas instincts. La différence fondamentale est là ! Le combat éternel de l'homme confronté à son animalité !<br /> <br /> <br /> <br /> En tout cas hier soir, j'ai eu très grand plaisir de pouvoir suivre pratiquement dans son entier à la télé le meeting du FDG, avec un Mélenchon qui tient le haut du pavé ! Les sondages l'affublent d'un 8 %. Quelle tricherie ! Il fait très probablement un score à deux chiffres ! Vous avez vu, il y avait pas mal de jeunes dans l'assemblée, un plus. Bref, toutes les générations adultes étaient là ! Il y avait autant de personnes qu'au Bourget pour le PS !
J
Félicitations aux Réunionnais d'avoir accueilli la Marine comme il se doit : un petit bouquet de fleurs d'un côté et des hué de l'autre ! [Bravo] Eux au moins ne sont pas dupes de ce genre de VRP qui s'auto-proclame politique, alors qu'elle n'est qu'une marchande de sommeil et grande distributice de martinet quand ce n'est pas de fouet !
C
Dans un long billet intitulé [G]«Mes recommandations face au froid»,[/G] publié vendredi dernier sur son site, [G]Nora Berra «[/G]rappelle, dans le cadre de la vague de froid qui s'abat actuellement et encore pour plusieurs jours sur la France, les principales mesures à adopter en cas de grand froid, [G]notamment pour les populations vulnérables [/G]( Quelques lignes plus loin, après avoir détaillé les risques du froid pour la santé, la secrétaire d'Etat «recommande aux [G]sans-abris, nourrissons, personnes âgées ou présentant certaines pathologies chroniques cardiovasculaires, respiratoires ou endocriniennes)».[/G]personnes les plus vulnérables [G]d’éviter de sortir».<br /> <br /> [/G]
F
[I]Mercredi après-midi, la Fondation Abbé Pierre rassemblait 3000 personnes pour lutter contre le mal-logement à l'occasion de la publication de son 17ème rapport. [G]L'Express [/G]compare les exigences de la Fondation avec les propositions des candidats.[/I] <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Tous les présidentiables, à l'exception de Marine Le Pen, avaient été conviés afin de parler de la crise du logement mercredi. Au final, François Hollande (PS), Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche), Eva Joly (EELV) et François Bayrou (Modem) ont répondu présent, ainsi qu'Henri Guaino, conseiller de Nicolas Sarkozy. La Fondation Abbé Pierre souhaite qu'ils s'engagent sur un programme de sortie de crise pour le logement. <br /> <br /> <br /> <br /> L'Express a passé les programmes et propositions des présidentiables au peigne fin, et les a jugé à l'aune des exigences avancées par la Fondation Abbé Pierre... <br /> <br /> <br /> <br /> [G][S]Programmer 500 000 logements par an, pendant 5 ans, dont 150 000 logements vraiment sociaux[/S][/G] <br /> <br /> <br /> <br /> 10,5/10: Eva Joly , la candidate d'Europe Ecologie-Les Verts projette de bâtir 500 000 logements par an, dont 160 000 sociaux. <br /> <br /> <br /> <br /> 10/10: François Hollande, qui s'est engagé à faire construire en 5 ans "2,5 millions de logements intermédiaires, sociaux et étudiants, soit 300 000 de plus que lors du quinquennat précédent, dont 150 000 logements très sociaux, grâce au doublement du plafond du livret A." <br /> <br /> <br /> <br /> 9/10: Jean-Luc Mélenchon, le candidat Front de gauche promet 200 000 constructions de logement par an "comprenant un volet spécifique de logements étudiants et pour les jeunes". <br /> <br /> <br /> <br /> 6/10: Hervé Morin, le candidat Nouveau Centre propose de construire 120 000 à 130 000 logements sociaux chaque année. Il ne précise pas combien il souhaite ériger de nouveaux bâtiments au total. <br /> <br /> <br /> <br /> 4/10: Dimanche soir, Nicolas Sarkozy annonçait l'augmentation de 30% du coefficient d'occupation des sols. Selon Benoist Apparu, l'UMP espère avec cette nouvelle règle, construire 40 000 logements supplémentaires par an. En 2010, seuls 124 028 logements sociaux ont été financés, pour un total de 600 000 en 5 ans. Même avec 40 000 éventuels logements supplémentaires, le compte n'y est pas. <br /> <br /> <br /> <br /> 4/10: Dominique de Villepin, candidat de République Solidaire évoque la création d'un "service public du logement" qui obligerait, entre autre "Les propriétaires de logements multiples (plus de 10) à réserver un quart de leurs logements à un cadre de logement social.". En revanche, pas de chiffrage précis pour le moment, et aucune nouvelle construction n'est évoquée. <br /> <br /> <br /> <br /> 3/10: François Bayrou, leader du Modem, envisage lui de faire construire des "logements de transition ou de type "mobile-home" à durée de vie limitée". Il ne précise pas de nombre. <br /> <br /> <br /> <br /> Bonnets d'ânes pour Marine Le Pen, Christine Boutin, Nicolas Dupont-Aignan qui ne parlent pas de ce point dans leur programme ou projet. <br /> <br /> <br /> <br /> [G][S]Lutter contre la vacance injustifiée des logements[/S][/G] <br /> <br /> <br /> <br /> 13/10: Nathalie Arthaud (candidate Lutte Ouvrière) et Jean-Luc Mélenchon ex-aequo en tête. Tous deux proposent de réquisitionner les logements laissés vides sans raison par leur propriétaire. Une solution que l'un des responsables de la Fondation estime même un peu excessive, lui préférant le recours à la conciliation. <br /> <br /> <br /> <br /> Bonnets d'ânes pour tous les autres qui sont plus ou moins fermement opposés à l'expropriation et n'avancent pas réellement d'autre solution. <br /> <br /> <br /> <br /> [G][S]Libérer des terrains à bâtir à un prix raisonnable[/S][/G] <br /> <br /> <br /> <br /> 13/10: Nathalie Arthaud et Jean-Luc Mélenchon se laissent la possibilité d'expropriation (voir au-dessus), ce qui donnerait aux collectivités des terrains gratuits. <br /> <br /> <br /> <br /> 10/10: François Hollande encore parmi les bons élèves, puisqu'il propose de mettre gratuitement à la disposition des collectivités locales les terrains de l'Etat disponibles et ce dans un délai de 5 ans. <br /> <br /> <br /> <br /> 7/10: François Bayrou désire créer "une vraie Haute Autorité Régionale chargée du logement et de l'hébergement" qui permettrait de dégager des surfaces constructibles. <br /> <br /> <br /> <br /> 4/10 : La mesure de Nicolas Sarkozy sur le COS, censée libérer de nouveaux espaces constructibles, risque de n'occasionner que la multiplication des vérandas et pourrait se voir opposer de nombreux recours de permis de construire. D'autre part, les prix des terrains pourraient grimper en flèche si les promoteurs peuvent y construire plus, et donc gagner plus. <br /> <br /> <br /> <br /> Bonnets d'ânes pour Christine Boutin, Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan, Dominique de Villepin qui n'envisagent pas d'intervention de l'état dans ce domaine. <br /> <br /> <br /> <br /> [G][S]Encadrer les loyers/Réguler les prix de l'immobilier[/S][/G]<br /> <br /> <br /> <br /> 15/10 : Alors que revoilà... Jean-Luc Mélenchon ! Le meneur du Front de Gauche veut non seulement encadrer tous les loyers, il pense aussi orchestrer leur baisse, à marche forcée s'il le faut. "On calcule la moyenne des loyers dans le bassin et on ne permet à personne d'être au-dessus", dit-il. <br /> <br /> <br /> <br /> 11/10: La candidate écolo Eva Joly prévoit, en plus d'un encadrement des loyers à la relocation, un "moratoire de trois ans sur les hausses de loyer". Elle espère aussi endiguer la folle spéculation avec une "contribution de solidarité urbaine sur les plus-values immobilières." <br /> <br /> <br /> <br /> 10/10: François Hollande encadrera lui aussi les loyers à l'aide à la première location ou relocation à l'aide d'un "dispositif souple qui s'assure notamment que les prix des loyers à la relocation soient dans la moyenne des foyers environnants dans les zones tendues", précise Thierry Repentin, chargé des questions de logement pour le candidat PS. <br /> <br /> <br /> <br /> 5/10: Nicolas Dupont-Aignan. Pour le candidat de Debout la République, il est souhaitable d'encadrer les loyers, mais uniquement pour "les propriétaires qui abuseraient", terminologie floue s'il en est. <br /> <br /> <br /> <br /> Bonnets d'ânes à Christine Boutin, qui veut "garantir le risque locatif pour espérer une baisse des loyers", à l'UMP qui exclut cette possibilité et à Dominique de Villepin qui souhaite modérer les loyers grâce à une incitation fiscale. <br /> <br /> <br /> <br /> [G][S]Donner une priorité absolue à l'accès au logement des personnes en difficulté[/S][/G] <br /> <br /> <br /> <br /> 10/10: Sur ce point, tous les candidats ou presque sont d'accord, et ils prévoient tous un accès prioritaire pour les jeunes, les étudiants, les handicapés ou les familles monoparentales. <br /> <br /> <br /> <br /> 10/10 (si vous êtes Français) 0/10 dans le cas contraire. Bémol de taille au Front national, où Marine Le Pen conditionne cette accession à la nationalité. Pas de logement donc pour les immigrés illégaux, et un traitement au cas par cas, même pour les immigrés légaux. <br /> <br /> <br /> <br /> [G][S]Renforcer les obligations de la loi SRU en imposant 25% de logements sociaux[/S][/G]<br /> <br /> <br /> <br /> 12/10: Eva Joly prévoit de relever à 25% le taux de logement sociaux pour chaque commune, et même jusqu'à 30% en Ile de France, l'une des régions où la demande est la plus forte.<br /> <br /> Jean-Luc Mélenchon est sur la même ligne, avec 30% pour toutes les "zones de tension". <br /> <br /> 10,5/10: François Hollande propose lui aussi de monter le pourcentage inscrit dans la loi SRU (solidarité et renouvellement urbain) à 25%, et de l'assortir d'un net durcissement des sanctions, multipliées par 5. <br /> <br /> Bonnet d'âne à tous les autres candidats qui oscillent entre le status quo et la régression, à l'instar de Marine Le Pen qui souhaite assouplir la loi SRU en fonction des communes. <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> [S][G]LE PODIUM, selon les exigences de la Fondation Abbé Pierre[/G][/S] <br /> <br /> <br /> <br /> [G]1:Jean Luc Mélenchon avec 13.8/10 de moyenne, et pas un seul bonnet d'âne[/G] <br /> <br /> <br /> <br /> 2:Eva Joly récolte 10.6/10, et un bonnet d'âne sur le sujet des réquisitions<br /> <br /> <br /> <br /> 3:François Hollande culmine à 10.1/10 avec lui aussi un bonnet d'âne sur les expropriations éventuelles.<br /> <br /> <br /> <br /> http://www.lexpress.fr/actualite/politique/logement-le-crash-test-des-candidats_1077998.html
Publicité
Derniers commentaires
Publicité
Publicité